1.         Ensemble historique du Palais du Potala, Lhasa (Chine) (C 707ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (i)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/707/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/707/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2001, mission de suivi ICOMOS; avril 2003, mission d’expertise UNESCO/ICOMOS ; mai 2005, mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; Avril 2015 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/707/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM s’est déroulée en avril 2015 (le rapport de mission est consultable à https://whc.unesco.org/fr/list/707/documents). Le 25 novembre 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, dont un résumé est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/707/documents.

Les progrès réalisés dans la réponse aux préoccupations exprimées par le Comité du patrimoine mondial sont évoqués comme suit dans les deux rapports :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Dans l’ensemble, le bien est dans un bon état de conservation et des projets de restauration sont mis en œuvre en permanence afin de répondre à la vulnérabilité du tissu des composantes du bien. Des mesures de prévention contre l’incendie, un risque aux graves conséquences, sont en vigueur. Elles complètent un suivi renforcé de l’érosion du sol et de l’état des fondations du palais principal et des mesures destinées à anticiper de potentiels problèmes de stabilité structurelle. La finalisation et l’adoption des PCPC seront une étape essentielle qui permettra de disposer d’une feuille de route précise afin de relever les défis à long terme mais également de concevoir une philosophie de conservation commune aux trois composantes du bien.

Les efforts entrepris afin de protéger les techniques traditionnelles de construction et d’assurer la participation d’artistes et d’artisans originaires de la région sont particulièrement remarquables et témoignent de l’importance qu’il convient d’accorder à la promotion des systèmes de connaissances traditionnelles afin de soutenir la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Les plans de conservation devraient prévoir des dispositions visant à garantir que ces pratiques se perpétuent et font bien partie des modalités de gestion.

Des mesures réglementaires et des projets mis en œuvre tels que le Projet de protection de la vieille ville sont essentiels afin d’améliorer l’état actuel des zones tampons des composantes et de leur environnement plus large. Par ailleurs, au vu du rythme et de l’ampleur du développement urbain que connaît actuellement Lhasa, une application stricte des mesures réglementaires est nécessaire. S’agissant, entre autres aspects, des hauteurs acceptables, des qualités visuelles, des façades et des toits, des dispositions claires et précises sont indispensables. Comme l’a recommandé la mission de suivi réactif de 2015, le Plan directeur urbain devrait prendre en considération ces aspects et encourager les liens spatiaux et les corridors visuels entre les composantes, le contexte historique et le cadre général qui donnent à Lhasa son caractère unique. En outre, un soin tout particulier devrait être accordé à la conservation de la structure et du tracé urbains traditionnels de la zone tampon. Un plan de gestion de l’environnement culturel, qui prévoirait des mesures additionnelles, pourrait compléter le plan urbain. Les projets de développement devraient être soumis à des évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) et une attention toute particulière devrait être accordée aux sites archéologiques d’importance historique. Un système visant à coordonner les autorisations accordées aux projets de développement devrait être mis en place afin de garantir l’application adéquate des réglementations existantes. Tous ces aspects doivent être mieux définis dans le plan d’urbanisme du bien qui sera élaboré et adopté par toutes les parties prenantes et entités en charge de la gestion du bien, et ce, afin d’éviter des situations semblables à celle connue avec la tour du télégraphe qui a des impacts sur les caractéristiques visuelles du Palais et sa prédominance dans le paysage.

De plus, le contexte sacré de Lhasa, qui demeure un important lieu de pèlerinage, doit s’articuler de manière très précise avec les mesures de gestion propres au bien. Cela peut éventuellement impliquer des compromis à trouver face aux demandes croissantes de la part de l’industrie touristique. Cet attribut essentiel du bien mérite qu’on lui accorde une attention toute particulière.

Enfin, conformément à la décision 33 COM 8B.47 (Séville, 2009), il a été demandé à l’État partie de soumettre à nouveau une proposition de modification mineure des limites afin de définir des zones tampons pour le bien et de les faire coïncider avec les limites définies lors de l’inscription. Il a également été demandé à l’État partie de fournir des cartes à l’échelle et des éléments détaillés sur les restrictions de hauteur pour les trois zones tampons qui prennent en considération les perspectives protégées. Le 28 mars 2014, l’État partie a confirmé qu’il définirait les trois zones tampons telles qu’inscrites respectivement en 1994, 2000 et 2001. Des cartes à l’échelle doivent être fournies dans le cadre de la procédure officielle de clarification des limites, ainsi que les détails des réglementations relatives aux restrictions de hauteur des bâtiments.

Décision adoptée: 40 COM 7B.31

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 33 COM 8B.47, 35 COM 7B.65 et 38 COM 7B.10, adoptées respectivement à ses 33e (Séville, 2009), 35e (UNESCO, 2011) et 38e (Doha, 2014) sessions,
  3. Constate avec satisfaction les mesures prises afin d’atténuer l’impact du centre commercial Shenli sur les qualités visuelles du corridor reliant le temple de Jokhang au Palais du Potala, notamment la destruction de toute la serre sur le toit du centre commercial et la rénovation de la façade dans un style architectural tibétain traditionnel ;
  4. Constatant les actions de conservation actuellement mises en œuvre sur le territoire du bien, félicite l’État partie pour les efforts entrepris afin d’intégrer les systèmes de connaissances traditionnelles et l’artisanat aux travaux de conservation, et encourage l’intégration formelle de cette approche aux modalités de conservation et de gestion du bien ;
  5. Constate également que les Plans de conservation du patrimoine culturel (PCPC) pour les trois composantes du bien et que le Plan directeur urbain pour Lhasa sont en cours d’élaboration et réitère sa demande que des exemplaires de ces documents, avec une synthèse en anglais, soient soumis au Centre du patrimoine mondial avant leur finalisation et adoption, pour examen par les Organisations consultatives ;
  6. Prend note des conclusions de la mission de suivi réactif d’avril 2015 qui s’est rendue sur le territoire du bien, et prie instamment l’État partie de prendre en considération et de mettre en œuvre les recommandations suivantes :
    1. Prévoir des dispositions dans les PCPC afin que se poursuive le suivi de l’érosion du sol et de l’état des fondations du Palais du Potala, et que soit identifiée toute mesure nécessaire afin d’anticiper de potentiels problèmes de stabilité de la structure ;
    2. Prévoir des dispositions dans le Plan directeur urbain afin de maintenir les liens spatiaux et les corridors visuels entre les composantes du bien, leur contexte historique et leur cadre général, et de garder la structure et le tracé traditionnels urbains des zones tampons. Ces dispositions devraient au moins prévoir, mais ne sauraient pour autant se limiter aux réglementations sur les hauteurs de bâtiments acceptables, les qualités visuelles, les façades et les toits ;
    3. Prévoir dans le Plan directeur urbain des mécanismes d’adoption des projets de développement, avec la nécessité de réaliser des évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) et (le cas échéant) des fouilles archéologiques, et la création d’un système coordonné d’autorisations de développement ;
    4. Veiller à ce que le caractère sacré et l’utilisation de Lhasa en tant que lieu de pèlerinage s’articulent parfaitement avec les mesures de gestion mises en œuvre pour le bien ;
    5. Si nécessaire, élaborer un Plan de gestion de l’environnement culturel afin que des mesures particulières complètent celles du Plan directeur d’urbanisme ;
    6. Envisager d’autres emplacements pour la tour du télégraphe qui impacte actuellement les qualités visuelles du Palais du Potala et sa prédominance dans le paysage ;
  7. Demande à l’État partie de fournir, conformément à la procédure relative aux clarifications des limites prévues par les Orientations, des cartes à l’échelle des zones tampons des composantes du bien coïncidant avec les limites approuvées lors de l’inscription, ainsi que des détails concernant les restrictions de hauteur dans les zones tampons, tels que demandés par la Décision 33 COM 8B.47 ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.