Faites une recherche à travers les informations du Centre du patrimoine mondial.

Ancienne ville de Damas

République arabe syrienne
Facteurs affectant le bien en 2016*
  • Activités de gestion
  • Guerre
  • Habitat
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Avant le conflit :

  • Piètre état de conservation 
  • Techniques de restauration inadéquates
  • Absence de zone tampon 
  • Absence de plan de gestion 
  • Projets d’aménagement menaçant le tissu historique emblématique

Depuis 2011 :

  • Dommages dus au conflit armé
Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Destruction et menaces avérées et potentielles à la suite du conflit armé en Syrie qui a démarré en mars 2011.

Mesures correctives pour le bien

Pas encore identifiées

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives
Pas encore identifié
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2016

10 000 dollars EU du Fonds-en-dépôt italien.

Montant total accordé aux six biens syriens du patrimoine mondial : 2,46 millions d’euros de l’Union européenne (pour le patrimoine mondial, le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel) ; 200 000 dollars EU du Centre régional arabe pour le patrimoine mondial à Bahreïn (pour le patrimoine culturel en situation de conflit) ; 170 000 dollars EU du gouvernement flamand (pour le patrimoine mondial, le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel) ; 63 000 euros du gouvernement autrichien (pour le patrimoine mondial, le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel)

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2016
Demandes approuvées : 6 (de 1981-2001)
Montant total approuvé : 156 050 dollars E.U.
2001 Photo exhibition on Syrian cultural heritage (Approuvé)   1 250 dollars E.U.
1998 Conservation Project for the Ancient City of Damascus ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
1998 Conservation project for Tekiya Suleymaniah in the ... (Approuvé)   18 000 dollars E.U.
1994 Equipment for the restoration of the Citadel of Damascus (Approuvé)   19 500 dollars E.U.
1993 Financial contribution to the consolidation works in ... (Approuvé)   19 500 dollars E.U.
1981 Conservation work in the City of Damascus (Approuvé)   67 800 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2016**

Mars et décembre 2007 : missions du Centre du patrimoine mondial concernant le projet de la rue du Roi Fayçal ; avril 2008 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; avril 2016 : mission d’évaluation rapide du Centre du patrimoine mondial.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Le 5 février 2016, l'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation des six biens du patrimoine mondial en Syrie, consultable à l’adresse https://whc.unesco.org/fr/list/20/documents.

L'État partie indique que, en plus des dommages rapportés en 2015, le bien continue d’être visé et le toit de la mosquée des Omeyyades et la maison Sakka Amini ont été endommagés par des tirs de mortier en février 2015.

En ce qui concerne le plan d’intervention d’urgence de décembre 2013 (recommandé par le Centre du patrimoine mondial en coopération avec l’ICOMOS, l’ICCROM et Interpol) mis en œuvre comme rapporté en 2015, l’État partie a mis en place certaines mesures, notamment prévention des constructions illégales et des démolitions non autorisées, évaluation et documentation des dommages en coopération avec l’ensemble des parties prenantes, sensibilisation des populations locales aux valeurs du site et au rôle des résidents dans les travaux de conservation, préservation et restauration, ainsi que mise à disposition de compétences expertes et de soutien pour ces travaux. Toutefois, et malgré l’accent mis par le plan d’intervention d’urgence sur la prévention incendie, le 26 avril 2016, un important incendie s’est déclaré, à cause d’un incident électrique, et a grandement endommagé le quartier d’al-Asrooniya situé à l’ouest de la vieille ville, où les magasins et entrepôts contenaient des produits hautement inflammables. Les boutiques et tous les bâtiments environnants ont été détruits par le feu. La « Banque ottomane » (1895) a subi de graves dégâts ; son toit s’est effondré et seule sa façade en pierre est restée debout. Un bref rapport sur les dommages a été soumis par l’État partie en mai 2016 ; un compte rendu plus détaillé de l’État partie est attendu.

Le rapport de l’État partie indique également que des travaux de restauration ont commencé sur la citadelle (consolidation structurelle et restauration des huitième et dix-huitième tours) et que la Direction Générale des Antiquités et des Musées (DGAM) a rejoint le projet Anqa, une initiative d’enregistrement et d’archivage d’urgence conjointe CyArk/ICOMOS, mise en œuvre en collaboration avec l’UNESCO et dont la première phase a débuté au sein de Damas en janvier 2016. En mars 2016, l’État partie a envoyé un rapport distinct sur la mise au jour et restauration d’une importante mosaïque et fresque dans la salle de prière de la mosquée des Omeyyades (datée des XIe-XIIIe siècles), au nord de la nef axiale.

La DGAM a également rapporté qu’un membre de son personnel, a été tué le 18 août 2015 à la suite de tirs de mortier sur Damas.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2016

Voir Décision générale 40 COM 22 de ce document sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne.

La mission d’évaluation rapide du Centre du patrimoine mondial d’avril 2016 a visité plusieurs éléments importants du bien, notamment la mosquée des Omeyyades, la citadelle, le palais el-Azem et le Khan Assad Pasha, et a parcouru les rues de la vieille ville. Toutefois, la mission n’a pas pu accéder au site touché par l’incendie à al-Asrooniya, le feu n’étant pas éteint lors de la visite de la mission, plus de 12 heures après son départ.

Les dommages infligés à l’ancienne ville de Damas en raison du conflit sont limités mais ont touché des monuments très importants comme la mosquée des Omeyyades, la citadelle et la madrasa al-Adiliye, ainsi que des parties du tissu urbain qui comprennent des structures et des maisons historiques importantes. La ville a fait l’objet de récents pilonnages et le bien demeure vulnérable.

La mise au jour de la mosaïque dans la mosquée des Omeyyades et sa restauration sont une bonne chose. Toutefois, la mission d’évaluation rapide a noté que, même si la qualité de la restauration semble bonne, le traitement des lacunae pourrait profiter de meilleures techniques de restauration.

L’important incendie qui a ravagé al-Asrooniya au sein du bien a causé de sérieux dégâts et montre que les mesures d’atténuation prises en matière d’incendie par la DGAM et Maktab Anbar, l’entité municipale en charge de la gestion du bien, sont insuffisantes. Le bien doit être nettoyé de tous matériaux hautement inflammables ; la prévention et l’extinction des incendies exigent des mesures plus efficaces. En règle générale, l’État partie se doit d’adopter les mesures de prévention et d’atténuation des risques visées au plan d’intervention d’urgence de décembre 2013 et toutes mesures complémentaires jugées nécessaires. Un rapport sur ces mesures doit être demandé à l’État partie. De plus, des actions immédiates doivent être entreprises pour sauver les structures restantes, à travers des mesures d’étaiement et de consolidation adéquates.

Afin de restaurer la vie socio-économique du quartier d’al-Asrooniya et des autres zones, il est nécessaire d’élaborer, en collaboration avec les Organisations consultatives et le Centre du patrimoine mondial, des orientations en matière de reconstruction des édifices qui prennent en compte la documentation et les études existantes avant et après l’incendie.

Étant donné le potentiel impact négatif sur le bien de décisions hâtives prises lors du conflit, les projets de conservation et restauration devraient être limités aux interventions de première nécessité ; les projets de reconstruction et de restauration dans le quartier d’al-Asrooniya devraient être soumis au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’ICOMOS et approbation par le Comité du patrimoine mondial, avant que ne débutent de quelconques travaux.

En attendant que les conditions de sécurité s’améliorent, les principaux éléments architecturaux du bien, tels que les minarets des mosquées Suleymaniye et des Omeyyades, ne devraient pas être utilisés à des fins militaires.

Une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM en Syrie pour évaluer l’état de conservation des biens et élaborer, en consultation avec l’État partie, un plan d’action prioritaire pour leur restauration, est actuellement prévue fin 2016, conformément à la décision 39 COM 7A.36 du Comité.

22.     Décision générale sur les biens dupatrimoine mondial de la République arabe syrienne
  • Problèmes de conservation actuels

Le conflit armé en Syrie a débuté en mars 2011 et n’a cessé de s’intensifier en conduisant à une grande violence et à la détérioration des conditions humanitaires. Depuis la 39e session du Comité du patrimoine mondial (Bonn, 2015), le conflit armé a causé de sérieux dommages aux biens inscrits, tout comme aux douze sites inscrits sur la Liste indicative, liés aux tirs d’artillerie, aux combats de rue, aux explosions souterraines, aux fouilles illégales étendues, à un usage militaire, aux violations de construction, aux exploitations de carrières, ajouté à des destructions intentionnelles et à une utilisation inappropriée de sites archéologiques par les populations déplacées à l’intérieur de leur pays. 

L’État partie a soumis un rapport actualisé pour l’Ancienne ville d’Alep en 2015 et le 5 février 2016, un rapport sur l’état de conservation contenant des informations détaillées sur la destruction et les dommages causés aux six biens du patrimoine mondial. Ces rapports représentent une déclaration officielle des autorités syriennes et rassemblent les informations dont disposent les services de la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM), les communautés locales et les médias sociaux jusqu’au 31 décembre 2015. L’État partie a également soumis un rapport d’évaluation des dommages à Palmyre le 4 mai 2016, puis un autre le 11 mai 2016 sur le quartier d’al-Asrooniyah dans l’Ancienne ville de Damas, qui a été détruit par un incendie ; tous ces rapports sont disponibles à : https://whc.unesco.org/fr/sessions/40COM/documents. L’État partie note que l’accès sur le terrain en Syrie est limité pour les experts du patrimoine et qu’il est impossible de mesurer avec précision toute l’ampleur du préjudice qu’ont subi les biens du patrimoine mondial. Par conséquent, les rapports ne donnent pas d’informations de première main sur tous les sites, en particulier l’Ancienne ville d’Alep et l’Ancienne ville de Bosra, et ne permettent donc pas d’avoir une bonne compréhension de l’étendue du dommage causé aux biens. Pour la préparation des rapports sur l’état de conservation pour le Comité du patrimoine mondial, un complément d’information a été sollicité auprès des organisations de la société civile, des organisations internationales, des experts locaux et des médias afin de compléter les données officielles.

L’État partie a rendu compte du travail réalisé par la DGAM en dépit des conditions de travail difficiles, pour surveiller les biens du patrimoine mondial et le patrimoine culturel en général, évaluer les dégâts, entreprendre des actions d’urgence en matière de conservation et d’atténuation des risques chaque fois que possible et inventorier le patrimoine bâti et mobilier.

Le 28 mars 2016, l’État partie a fourni des informations à jour à propos de la conservation des sites inscrits sur la Liste indicative, indiquant ce qui suit :

  • Le site de ‘Ebla (Tell Mardikh)’ a été occupé par des groupes armés et affecté par l’installation de casernes et par des fouilles illégales ;
  • D’autres sources montrant l’imagerie satellite révèlent que le tell qui est dans une position défensive stratégique, a subi les plus gros dégâts entre janvier 2013 et août 2014, avec un mouvement militaire au sol et des actes de pillage. Les images d’août 2014 montrent le démontage des tentes et l’abandon de bermes militaires, ainsi que l’érosion naturelle sur l’ensemble du site ;
  • Le site de ‘Mari (Tell Hariri)’ est sujet à d’importants pillages effectués à l’aide de gros engins, notamment à la porte sud du Palais royal. Outre les dommages signalés l’an dernier, le rapport indique la destruction du temple de Dagon, des murs du temple d’Ishtar et de pans de mur du Palais royal, ainsi que la plateforme (la structure rouge) de la statue de la Déesse du printemps ;
  • D’autres sources montrant l’imagerie satellite dénombrent 165 puits creusés jusqu’en mars 2014 et 1 268 puits observés six mois après la prise de contrôle du site par les groupes armés en 2014. Le site de ‘Dura Europos’ a connu un regain d’actes illicites après un répit de plusieurs mois, le site étant sous le contrôle de groupes armés qui ont encouragé les communautés locales à tirer profit d’actes de pillage. Des milliers de puits ont été signalés ainsi que la destruction de vestiges archéologiques. Les fouilles illicites dans la zone du cimetière hors les murs de la ville se sont multipliées. Des groupes armés de pillards ont utilisé des engins lourds pour réaliser de profondes excavations qui ont révélé des vestiges archéologiques. Les murs de fortification du site risquent de s’écrouler. Il y a davantage de constructions illégales dans le sanctuaire, au sud du village voisin d’al-Safsafa ;
  • D’autres sources montrant l’imagerie satellite indiquent que 76 % de la cité fortifiée ont été très endommagés. La zone de la ville hors les murs paraît moins lourdement frappée. Toutefois, près de 3 750 fosses de pillage ont été observées dans cette zone ;
  • Sur le site de ‘Maaloula’, la DGAM, en coopération avec la Municipalité de Damas rural et les communautés locales, a entrepris d’évaluer et de documenter le préjudice, et a entamé des travaux de restauration, en particulier le nettoyage, le tri de fragments et de matériaux réutilisables, et la restauration d’artefacts mobiliers tels que les icônes ;
  • Le site de ‘Raqqa-Rafiqa : la cité abbasside’ est sous le contrôle de groupes armés. Outre les dommages constatés l’an dernier, on signale des actes de vandalisme sur le mur de la ville. Sa dégradation naturelle provoque aussi l’écroulement des briques ;
  • D’autres sources rendent compte des dégâts dans la ville, près du musée de Raqqa ;
  • Le site d’‘Apamée (Afamia)’ a été largement pillé depuis le début du conflit, ce qui a entraîné la destruction de murs, de sols et de mosaïques, de repères archéologiques et de l’ancien réseau d’assainissement. Des couches archéologiques intactes, le théâtre romain et le cimetière à l’est du musée ont été détériorés ; bon nombre d’artefacts et de mosaïques ont été pillés. Les façades sud et nord de Qalaat al-Madiq ont été touchées et la mosquée ottomane d’Apamée a été frappée par des bombardements qui ont causé un trou dans sa façade sud ;
  • Aucun autre préjudice n’est constaté sur les sites des ‘Noréas de Hama’, ‘Ugrarit (Tell Shamra)’, ‘Tartus: citadelle-cité des Croisés’, ‘l’île Arwad’ et ‘Qasr al-Hayr ach-Charqi, château du désert’ (occupé par des groupes armés depuis 2013) ;
  • D’autres sources montrant des images satellite confirment qu’il n’y a aucun dommage apparent sur les sites des ‘Noréas de Hama’ et ‘Ugrarit (Tell Shamra)’.

Activités entreprises par l’UNESCO

Depuis la 39e session du Comité du patrimoine mondial (Bonn, 2015), l’UNESCO a poursuivi ses actions afin d’aider l’État partie dans ses efforts soutenus et incessants visant à sauvegarder le patrimoine culturel.

Au niveau international, l’UNESCO continue à sensibiliser la communauté internationale à la destruction du patrimoine culturel en Syrie, notamment à travers la campagne #Unite4Heritage et dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 2199 du Conseil de Sécurité des Nations Unies (UNSC), adoptée le 12 février 2015.

Au niveau national, l’UNESCO a poursuivi ses activités afin de surveiller la situation du patrimoine culturel syrien, sensibiliser à sa protection, entreprendre des actions à court, moyen et long terme pour le sauvegarder et coordonner le travail des instances nationales et internationales qui agissent en faveur de sa sauvegarde.

Dans le cadre du projet financé par l’Union européenne “Sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel syrien” (2,46 millions d’euros), cofinancé par la Flandre et l’Autriche, lancé en mars 2014 et mis en œuvre en partenariat avec l’ICOMOS et l’ICCROM, les activités suivantes ont été entreprises :

  • Le deuxième cours de formation sur les “Premiers secours au patrimoine culturel bâti en Syrie” a été organisé par l’équipe du projet de l’UNESCO à Beyrouth, avec l’ICCROM ATHAR et cofinancé par le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARC-WH), en juin 2015, afin de constituer des équipes nationales capables de mener des interventions d’urgence pour sécuriser le patrimoine culturel bâti en péril, mais aussi former d’autres équipes dans le pays ;
  • Un atelier avec la DGAM et l’Institut archéologique allemand de Berlin s’est tenu à Berlin le 30 juillet 2015 sur l’harmonisation des systèmes de base de données et d’inventaire pour le patrimoine bâti et mobilier syrien ;
  • Des vidéoclips de sensibilisation sur la destruction et la perte de patrimoine culturel et les dangers du trafic illicite des biens culturels syriens seront disponibles d’ici la fin juillet 2016 puis diffusés aux niveaux national et international ;
  • Un jeu spécialement conçu pour sensibiliser les enfants et les aider à renouer avec leur patrimoine culturel bâti et immatériel doit sortir avant la fin de juin 2016 ;
  • Parmi les autres activités figurent la sauvegarde de la musique traditionnelle, traitée lors de la réunion d’experts qui s’est tenue au Siège de l’UNESCO le 13 mai 2016, ainsi que la numérisation de manuscrits arméniens et la numérisation des cartes, études, photos et documents de l’Institut français du Proche-Orient (IFPO).

Le Centre du patrimoine mondial a organisé une réunion technique avec un groupe d’experts multidisciplinaires pour réfléchir au problème de la reconstruction post-conflit dans le contexte du Moyen-Orient et dans l’Ancienne ville d’Alep en particulier, au Siège de l’UNESCO, les 18 et 19 juin 2015. La réunion a formulé des recommandations fondamentales et des recommandations opérationnelles dans le cadre d’un plan d’action.

L’UNESCO a effectué une mission d’évaluation rapide à Palmyre le 25 avril 2016, au cours de laquelle a également eu lieu une visite de l’Ancienne ville de Damas. La mission a permis de discuter de l’évaluation du préjudice, de la documentation et des mesures de première nécessité à Palmyre et au musée de Palmyre et a proposé des actions à court, moyen et long terme.

L’UNESCO a organisé, avec l’appui du Gouvernement allemand, la deuxième réunion pour la sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel de la Syrie, à Berlin, du 2 au 4 juin 2016. La réunion avait pour but de faire le point sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d’action de l’UNESCO, adopté par la réunion internationale d’experts intitulée “Mobiliser la communauté internationale pour sauvegarder le patrimoine culturel de la Syrie” qui s’est tenue au Siège de l’UNESCO en mai 2014. La réunion était également destinée à rassembler toutes les parties prenantes afin d’identifier les lacunes dans la sauvegarde du patrimoine bâti, mobilier et immatériel syrien, coordonner la documentation actuelle au niveau national et international, l’évaluation du préjudice et les efforts en termes de renforcement des capacités et définir les prochaines étapes axées sur les futurs plans d’urgence et de protection.

  • Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La situation du conflit armé en Syrie dont l’escalade est incessante a eu une incidence sur les six biens du patrimoine mondial et a considérablement limité les capacités d’assurer de manière adéquate le maintien et la protection de leur valeur universelle exceptionnelle (VUE). Les biens sont de plus en plus menacés par un danger prouvé précis et imminent, en particulier l’Ancienne ville d’Alep dont la destruction s’est étendue et accélérée et qui court le risque de subir d’autres destructions irréversibles. De plus, Palmyre est restée sous le contrôle de groupes armés du 21 mai 2015 au 27 mars 2016, qui ont infligé une violence insupportable à la population et des pertes inestimables au bien et ont assassiné le Dr Khaled al-Assaad, ancien directeur du site.

Les fouilles illégales menées sur les tells et les sites archéologiques en Syrie sont l’une des principales sources du trafic illicite d’objets culturels et causent des dommages importants et irréversibles à ces sites, qui figurent pour la plupart sur la Liste indicative de la Syrie, de même qu’elles procurent des artefacts pillés et vendus au marché noir régional et international.

Il est recommandé de saluer les efforts soutenus que la DGAM et tous les professionnels du patrimoine en Syrie et les communautés locales ont déployés pour protéger le patrimoine culturel et le surveiller de près.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultative continueront à soutenir l’État partie dans l’identification des mesures correctives nécessaires et la mise au point de l’État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), dès que la situation le permettra. Une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS se rendra à Damas fin 2016 et inclura d’autres biens accessibles selon les règles de sûreté et de sécurité des Nations Unies.

Par ailleurs, il est recommandé qu’une documentation systématique de tout le préjudice causé aux biens du patrimoine mondial soit dûment poursuivie dès que la situation le permettra et que le Comité du patrimoine mondial réitère son appel à l’État partie pour qu’il sauvegarde le bien endommagé grâce à des interventions minimales de premiers secours pour prévenir les vols, d’autres effondrements et dégradations naturelles et s’abstenir de prendre d’autres mesures jusqu’à ce que la situation permette le développement d’une stratégie globale et d’un plan d’action qui répondent aux normes internationales et à des méthodes scientifiques de haute qualité.

S’agissant des interventions post-conflit, il est recommandé que le Comité appelle l’État partie à planifier l’avenir des biens du patrimoine mondial, en pleine concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives.

Il convient de noter que la DGAM suit les décisions et les recommandations du Comité du patrimoine mondial et a entamé un dialogue direct et transparent concernant les futures interventions, notamment à Palmyre. Il est recommandé d’inviter les professionnels du patrimoine aux niveaux international et national de rester unis pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie.

Jusqu’à ce que les conditions s’améliorent, il est également recommandé que le Comité du patrimoine mondial exhorte toutes les parties associées au conflit en Syrie à s’abstenir de tout acte susceptible de porter davantage préjudice au patrimoine du pays, en particulier aux biens du patrimoine mondial et à tous les sites inclus dans la Liste indicative et à remplir leurs obligations en vertu du droit international en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, y compris l’évacuation des biens du patrimoine mondial utilisés à des fins militaires et l’arrêt de toutes les dégradations qui résultent du fait de cibler des biens du patrimoine mondial. Il est en outre recommandé que le Comité du patrimoine mondial appelle toutes les parties associées au conflit en Syrie et la communauté internationale, en particulier les pays voisins de la Syrie, à assurer des mesures effectives pour la lutte contre le trafic illicite d’objets culturels, conformément à la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Décisions adoptées par le Comité en 2016
40 COM 7A.18
Ancienne ville de Damas (République arabe syrienne) (C 20 bis)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 7B.57, 38 COM 7A.12 et 39 COM 7A.36, adoptées à ses 37e (Phnom Penh, 2013), 38e (Doha, 2014) et 39e (Bonn, 2015) sessions respectivement,
  3. Prenant en compte la décision 40 COM 7A.22 sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne, adoptée à sa 40e session (Istanbul, 2016),
  4. Exprime sa vive préoccupation quant aux dommages causés par le conflit et l’incendie dans le quartier d’al-Asrooniya au sein du bien et demande à l’État partie de soumettre un rapport détaillé sur les dommages causés par l’incendie ;
  5. Demande également à l’État partie de s’engager à communiquer avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives et de régulièrement les consulter à propos des interventions de première nécessité sur le bien et des futurs plans d’urbanisme pour le quartier d’al-Asrooniya ; et en particulier de :
    1. limiter la conservation ou la restauration aux interventions de première nécessité jusqu’à ce que les conditions de sécurité s’améliorent,
    2. entreprendre des actions immédiates pour sauver les structures restantes, à travers des mesures d’étaiement et de consolidation adéquates,
    3. afin de restaurer la vie socio-économique des quartiers d’al-Asrooniya et autres, élaborer, en collaboration avec les Organisations consultatives et le Centre du patrimoine mondial, des orientations en matière de restauration et de reconstruction qui prennent en compte la documentation et les études existantes, avant et après l’incendie, et les besoins sociaux et économiques particuliers des zones,
    4. soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’ICOMOS et approbation par le Comité du patrimoine mondial, les projets de reconstruction et de restauration du quartier d’al-Asrooniya, avant que ne débutent de quelconques travaux ;
  6. Prie instamment l’État partie de prévoir et mettre en œuvre tous les plans de prévention et d’atténuation nécessaires visés dans le plan d’intervention d’urgence de décembre 2013 et de rendre compte au Centre du patrimoine mondial des progrès accomplis en la matière ;
  7. Prie aussi instamment toutes les parties liées à la situation en Syrie de s’abstenir de toute action susceptible d’endommager davantage l’Ancienne ville de Damas, notamment en empêchant l’utilisation du bien culturel et des éléments architecturaux majeurs, en particulier les minarets des mosquées Suleymaniye et des Omeyyades, à des fins militaires ;
  8. Prend note que l’État partie a invité une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM pour évaluer l’état de conservation du bien et identifier les mesures nécessaires pour enrayer le délabrement et garantir la conservation et protection du bien, et que la mission est prévue fin 2016, sous réserve que les conditions de sécurité le permettent ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017 ;
  10. Décide de maintenir l’Ancienne ville de Damas (République arabe syrienne) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
40 COM 7A.22
Décision générale sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 7B.57, 38 COM 7A.12 et 39 COM 7A.34 adoptées respectivement à ses 37e (Phnom Penh, 2013), 38e (Doha, 2014) et 39e sessions (Bonn, 2015),
  3. Déplore la situation conflictuelle qui prévaut dans le pays, la perte de vies humaines et la dégradation des conditions humanitaires ;
  4. Prend acte du rapport présenté par l’État partie sur l’état de conservation des six biens du patrimoine mondial syrien et des rapports actualisés sur l’évaluation des dommages à Palmyre et l’incendie de l’Ancienne ville de Damas et exprime sa profonde inquiétude face au préjudice causé et les menaces qui pèsent sur ces biens et le patrimoine culturel en général ;
  5. Prie instamment toutes les parties prenantes dans la situation en Syrie de s’abstenir d’entreprendre toute action qui pourrait causer d’autres préjudices au patrimoine culturel du pays et de remplir leurs obligations en vertu du droit international en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, y compris l’arrêt de toutes les dégradations qui résultent du ciblage de biens du patrimoine mondial, de sites inclus dans la Liste indicative et d’autres sites du patrimoine culturel, ainsi que la réutilisation illégale de matériel archéologique et de constructions neuves inappropriées ;
  6. Exhorte également l’État partie à adopter des mesures contre l’utilisation des biens du patrimoine mondial à des fins militaires ;
  7. Prie en outre l’État partie de sauvegarder les biens endommagés en menant des interventions minimales de première nécessité, prévenir les vols, d’autres effondrements et dégradations naturelles et s’abstenir d’entreprendre des travaux de conservation et de reconstruction jusqu’à ce que la situation permette de mettre au point des actions et des stratégies de conservation globales, en pleine concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  8. Lance un appel à tous les États membres de l’UNESCO pour qu’ils coopèrent à la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel venant de Syrie, en application de la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée en février 2015 ;
  9. Réitère sa suggestion à l’État partie d’envisager de ratifier le deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé ;
  10. Salue la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) et tous les professionnels du patrimoine et les communautés locales en Syrie qui travaillent au suivi et à la protection du patrimoine culturel, pour leurs efforts soutenus dans des conditions extrêmement difficiles et adresse ses très sincères condoléances aux familles des professionnels du patrimoine qui ont perdu la vie ;
  11. Demande à l’État partie de poursuivre la documentation systématique de tous les dommages qu’ont subis les biens du patrimoine mondial dès que les conditions le permettront et d’appliquer toutes les mesures d’atténuation des risques possibles, étudier l’État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) et l’identification de mesures correctives pour les six biens qui devraient être examinées par la deuxième réunion proposée pour la sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel de la Syrie et la mission conjointe proposée Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif et élaborées en consultation avec les Organisations consultatives, dès que la situation sécuritaire le permettra ;
  12. Fait appel à la communauté internationale pour continuer à soutenir la sauvegarde du patrimoine culturel syrien grâce à des fonds réservés ;
  13. Appelle également les professionnels du patrimoine culturel international et national à s’unir pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie et à poursuivre leurs initiatives en coordination avec l’UNESCO ;
  14. Prend acte de l’invitation de l’État partie d’une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif en Syrie afin d’évaluer l’état de conservation des biens accessibles, en application des règles de sécurité des Nations Unies, et élaborer, en consultation avec l’État partie, un plan d’action priorisé pour leur récupération ;
  15. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, des rapports actualisés sur l’état de conservation des biens et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.
40 COM 8C.2
Mise a jour de la Liste du patrimoine mondial en péril (biens maintenus)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/16/40.COM/7A, WHC/16/40.COM/7A.Add et WHC/16/40.COM/7A.Add.2),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :
  • Afghanistan, Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan (décision 40 COM 7A.26)
  • Afghanistan, Minaret et vestiges archéologiques de Djam (décision 40 COM 7A.27)
  • Belize, Réseau de réserves du récif de la barrière du Belize (décision 40 COM 7A.32)
  • Bolivie (État plurinational de), Ville de Potosí (décision 40 COM 7A.1)
  • Chili, Usines de salpêtre de Humberstone et de Santa Laura (décision 40 COM 7A.2)
  • Côte d'Ivoire, Parc national de la Comoé (décision 40 COM 7A.35)
  • Côte d'Ivoire / Guinée, Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (décision 40 COM 7A.36)
  • Égypte, Abou Mena (décision 40 COM 7A.9)
  • États-Unis d'Amérique, Parc national des Everglades (décision 40 COM 7A.50)
  • Éthiopie, Parc national du Simien (décision 40 COM 7A.43)
  • Géorgie, Cathédrale de Bagrati et monastère de Ghélati (décision 40 COM 7A.28)
  • Honduras, Réserve de la Biosphère Río Plátano (décision 40 COM 7A.33)
  • Îles Salomon, Rennell Est (décision 40 COM 7A.49)
  • Indonésie, Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (décision 40 COM 7A.48)
  • Iraq, Assour (Qal'at Cherqat) (décision 40 COM 7A.10)
  • Iraq, Hatra (décision 40 COM 7A.11)
  • Iraq, Ville archéologique de Samarra (décision 40 COM 7A.12)
  • Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (site proposé par la Jordanie) (décision 40 COM 7A.13)
  • Madagascar, Forêts humides de l’Atsinanana (décision 40 COM 7A.44)
  • Mali, Tombouctou (décision 40 COM 7A.6)
  • Mali, Tombeau des Askia (décision 40 COM 7A.7)
  • Niger, Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (décision 40 COM 7A.45)
  • Palestine, Lieu de naissance de Jésus : l’église de la Nativité et la route de pèlerinage, Bethléem (décision 40 COM 7A.14)
  • Palestine, Palestine : pays d’olives et de vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir (décision 40 COM 7A.15)
  • Panama, Fortifications de la côte caraïbe du Panama : Portobelo – San Lorenzo (décision 40 COM 7A.3)
  • Pérou, Zone archéologique de Chan Chan (décision 40 COM 7A.4)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville d'Alep (décision 40 COM 7A.16)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Bosra (décision 40 COM 7A.17)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Damas (décision 40 COM 7A.18)
  • République arabe syrienne, Villages antiques du Nord de la Syrie (décision 40 COM 7A.19)
  • République arabe syrienne, Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (décision 40 COM 7A.20)
  • République arabe syrienne, Site de Palmyre (décision 40 COM 7A.21)
  • République centrafricaine, Parc national du Manovo-Gounda St Floris (décision 40 COM 7A.34)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Garamba (décision 40 COM 7A.37)
  • République démocratique du Congo, Parc national de Kahuzi-Biega (décision 40 COM 7A.38)
  • République démocratique du Congo, Réserve de faune à okapis (décision 40 COM 7A.39)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Salonga (décision 40 COM 7A.40)
  • République démocratique du Congo, Parc national des Virunga (décision 40 COM 7A.41)
  • République-Unie de Tanzanie, Réserve de gibier de Selous (décision 40 COM 7A.47)
  • Sénégal, Parc national du Niokolo-Koba (décision 40 COM 7A.46)
  • Serbie, Monuments médiévaux au Kosovo (décision 40 COM 7A.30)
  • Ouganda, Tombes des rois du Buganda à Kasubi (décision 40 COM 7A.8)
  • Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, Liverpool – Port marchand (décision 40 COM 7A.31)
  • Venezuela (République bolivarienne du), Coro et son port (décision 40 COM 7A.5)
  • Yémen, Ville historique de Zabid (décision 40 COM 7A.23)
  • Yémen, Vieille ville de Sana’a (décision 40 COM 7A.24)
  • Yémen, Ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte (décision 40 COM 7A.25).
Projet de décision : 40 COM 7A.18

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 7B.57, 38 COM 7A.12 et 39 COM 7A.36, adoptées à ses 37e (Phnom Penh, 2013), 38e (Doha, 2014) et 39e (Bonn, 2015) sessions respectivement,
  3. Prenant en compte la décision 40 COM 7A.22 sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne, adoptée à sa 40e session (Istanbul, 2016),
  4. Exprime sa vive préoccupation quant aux dommages causés par le conflit et l’incendie dans le quartier d’al-Asrooniya au sein du bien et demande à l’État partie de soumettre un rapport détaillé sur les dommages causés par l’incendie ;
  5. Demande également à l’État partie de s’engager à communiquer avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives et de régulièrement les consulter à propos des interventions de première nécessité sur le bien et des futurs plans d’urbanisme pour le quartier d’al-Asrooniya ; et en particulier de :
    1. limiter la conservation ou la restauration aux interventions de première nécessité jusqu’à ce que les conditions de sécurité s’améliorent,
    2. entreprendre des actions immédiates pour sauver les structures restantes, à travers des mesures d’étaiement et de consolidation adéquates,
    3. afin de restaurer la vie socio-économique des quartiers d’al-Asrooniya et autres, élaborer, en collaboration avec les Organisations consultatives et le Centre du patrimoine mondial, des orientations en matière de restauration et de reconstruction qui prennent en compte la documentation et les études existantes, avant et après l’incendie, et les besoins sociaux et économiques particuliers des zones,
    4. soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’ICOMOS et approbation par le Comité du patrimoine mondial, les projets de reconstruction et de restauration du quartier d’al-Asrooniya, avant que ne débutent de quelconques travaux ;
  6. Prie instamment l’État partie de prévoir et mettre en œuvre tous les plans de prévention et d’atténuation nécessaires visés dans le plan d’intervention d’urgence de décembre 2013 et de rendre compte au Centre du patrimoine mondial des progrès accomplis en la matière ;
  7. Prie aussi instamment toutes les parties liées à la situation en Syrie de s’abstenir de toute action susceptible d’endommager davantage l’Ancienne ville de Damas, notamment en empêchant l’utilisation du bien culturel et des éléments architecturaux majeurs, en particulier les minarets des mosquées Suleymaniye et des Omeyyades, à des fins militaires ;
  8. Prend note que l’État partie a invité une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM pour évaluer l’état de conservation du bien et identifier les mesures nécessaires pour enrayer le délabrement et garantir la conservation et protection du bien, et que la mission est prévue fin 2016, sous réserve que les conditions de sécurité le permettent ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017 ;
  10. Décide de maintenir l’Ancienne ville de Damas (République arabe syrienne) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Projet de décision : 40 COM 7A.22

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 7B.57, 38 COM 7A.12 et 39 COM 7A.34 adoptées respectivement à ses 37e (Phnom Penh, 2013), 38e (Doha, 2014) et 39e sessions (Bonn, 2015),
  3. Déplore la situation conflictuelle qui prévaut dans le pays, la perte de vies humaines et la dégradation des conditions humanitaires ;
  4. Prend acte du rapport présenté par l’État partie sur l’état de conservation des six biens du patrimoine mondial syrien et des rapports actualisés sur l’évaluation des dommages à Palmyre et l’incendie de l’Ancienne ville de Damas et exprime sa profonde inquiétude face au préjudice causé et les menaces qui pèsent sur ces biens et le patrimoine culturel en général ;
  5. Prie instamment toutes les parties prenantes dans la situation en Syrie de s’abstenir d’entreprendre toute action qui pourrait causer d’autres préjudices au patrimoine culturel du pays et de remplir leurs obligations en vertu du droit international en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, y compris l’arrêt de toutes les dégradations qui résultent du ciblage de biens du patrimoine mondial, de sites inclus dans la Liste indicative et d’autres sites du patrimoine culturel, ainsi que la réutilisation illégale de matériel archéologique et de constructions neuves inappropriées ;
  6. Exhorte également l’État partie à adopter des mesures contre l’utilisation des biens du patrimoine mondial à des fins militaires ;
  7. Prie en outre l’État partie de sauvegarder les biens endommagés en menant des interventions minimales de première nécessité, prévenir les vols, d’autres effondrements et dégradations naturelles et s’abstenir d’entreprendre des travaux de conservation et de reconstruction jusqu’à ce que la situation permette de mettre au point des actions et des stratégies de conservation globales, en pleine concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  8. Lance un appel à tous les États membres de l’UNESCO pour qu’ils coopèrent à la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel venant de Syrie, en application de la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée en février 2015 ;
  9. Réitère sa suggestion à l’État partie d’envisager de ratifier le deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé ;
  10. Salue la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) et tous les professionnels du patrimoine et les communautés locales en Syrie qui travaillent au suivi et à la protection du patrimoine culturel, pour leurs efforts soutenus dans des conditions extrêmement difficiles et adresse ses très sincères condoléances aux familles des professionnels du patrimoine qui ont perdu la vie ;
  11. Demande à l’État partie de poursuivre la documentation systématique de tous les dommages qu’ont subis les biens du patrimoine mondial dès que les conditions le permettront et d’appliquer toutes les mesures d’atténuation des risques possibles, étudier l’État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) et l’identification de mesures correctives pour les six biens qui devraient être examinées par la deuxième réunion proposée pour la sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel de la Syrie et la mission conjointe proposée Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif et élaborées en consultation avec les Organisations consultatives, dès que la situation sécuritaire le permettra ;
  12. Fait appel à la communauté internationale pour continuer à soutenir la sauvegarde du patrimoine culturel syrien grâce à des fonds réservés ;
  13. Appelle également les professionnels du patrimoine culturel international et national à s’unir pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie et à poursuivre leurs initiatives en coordination avec l’UNESCO ;
  14. Prend acte de l’invitation de l’État partie d’une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de suivi réactif en Syrie afin d’évaluer l’état de conservation des biens accessibles, en application des règles de sécurité des Nations Unies, et élaborer, en consultation avec l’État partie, un plan d’action priorisé pour leur récupération ;
  15. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, des rapports actualisés sur l’état de conservation des biens et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.
Année du rapport : 2016
République arabe syrienne
Date d'inscription : 1979
Catégorie : Culturel
Critères : (i)(ii)(iii)(iv)(vi)
Liste en péril (dates) : 2013-présent
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2016) .pdf
arrow_circle_right 40COM (2016)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


top