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Parc national de la Comoé

Côte d'Ivoire
Facteurs affectant le bien en 2007*
  • Activités illégales
  • Guerre
  • Identité, cohésion sociale, modifications de la population locale / des communautés
  • Incendies (d’origine naturelle)
  • Production de semences
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Troubles civils
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Conflit et instabilité politique ;

b) Insuffisance du contrôle de gestion et de l’accès ;

c) Braconnage ; occupation humaine et pression de l’agriculture ;

d) Feux de brousse.

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril
  • Impacts potentiels des troubles civils ;
  • Déclin des populations de grands mammifères dû au braconnage croissant et incontrôlé ;
  • Absence de mécanismes de gestion efficaces.
Mesures correctives pour le bien

Les mesures correctives suivantes ont été identifiées lors de la mission UNESCO-UICN de 2006 et adoptées par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006) :

a) Créer d’urgence un système efficace de contrôle et de patrouille pour l’ensemble du bien, en étroite collaboration avec les forces armées, et donner la priorité au développement et à la réhabilitation des infrastructures nécessaires ;

b) Mettre en place et lancer la mise en œuvre d’un plan de gestion du bien fondé sur le plan type de gestion établi pour le réseau national d’aires protégées. Le plan de gestion devra veiller en particulier à :

(i) Mettre en place un système de zonage révisé pour le bien afin d’orienter les activités de gestion dans un sens qui tienne compte du statut de bien du patrimoine mondial et de Réserve de biosphère ;

(ii) Mettre en place des dispositions de gestion participative avec les communautés locales pour réduire les pressions et les impacts associés à la gestion de zones situées en particulier à la périphérie du bien ;

c) Étendre les activités de la structure de gestion pour inclure l’ensemble du bien. 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Calendrier échelonné sur cinq ans pour la mise en œuvre des mesures correctives :

  • 2007 Travail préparatoire et prise de contacts pour une assistance financière et technique, ainsi qu’une mise en application des mesures d’urgence liées, en particulier, à la surveillance du bien ;
  • 2008 -2009 Préparation d’un plan de gestion et mise en œuvre d’activités prioritaires ;
  • 2009 - 2011 Mise en œuvre et suivi des activités dans le cadre du plan de gestion
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2007

Montant total accordé au bien : Le bien a reçu 20.000 dollars EU en 2006 au titre du programme de l’UNESCO sur l’Homme et la biosphère (MAB) pour des actions de sensibilisation et d’application de la loi. 

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2007
Demandes approuvées : 3 (de 1988-1999)
Montant total approuvé : 97 000 dollars E.U.
1999 Strengthening the Protection of the Comoe National Park (Approuvé)   50 000 dollars E.U.
1993 Purchase of an all-terrain vehicle for Comoe National ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
1988 Purchase of a vehicle for Comoe National Park (Approuvé)   17 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2007**

Mission de suivi UNESCO/UICN en 2006

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Du 10 au 23 juin 2006, une mission UNESCO-UICN de suivi a visité le bien. Les conclusions de la mission ont été présentées oralement au cours de la 30e session du Comité et sont résumées ci-après.

La mission a confirmé que l’État partie contrôlait seulement 20 % du bien, 15 % étant sous le contrôle de la force de maintien de la paix des Nations Unies et le reste sous le contrôle des forces rebelles. La mission a identifié le braconnage comme étant la menace principale avec l’exploitation illégale du Parc, notamment pour l’agriculture. Toutefois, la mission a noté que la Valeur universelle exceptionnelle pour laquelle le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial existait encore. La majeure partie de l’équipement et de l’infrastructure de base du parc a été détruite et il est nécessaire de mettre en place un mécanisme de patrouille commun pour l’ensemble du parc avec l’aide de la force onusienne de maintien de la paix. La mission a émis nombre de recommandations, dont certaines ont été adoptées par le Comité à titre de mesures correctives, et a proposé un plan d’action avec un échéancier.

L’État partie a soumis un rapport le 23 janvier 2007. Le rapport reprend certains éléments d’information sur l’état de conservation du bien inclus dans le rapport de la mission de suivi de 2006, et fait brièvement le point sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives adoptées.

a) Mettre en place un système de contrôle et de patrouille efficace pour l’ensemble du bien

Suite aux recommandations de la mission, les discussions sont maintenant en cours avec le PNDDR (Programme national de désarmement, de démobilisation, et de réinsertion) afin d’identifier dans les villages situés autour du parc des gardes qui pourraient faire office d’éco-gardes chargés d’assurer le suivi et la surveillance. Toutefois, jusqu’à présent, aucun système de réglementation n’est en vigueur dans les zones non contrôlées par l’État partie. En ce qui concerne le sud du parc géré par l’État partie, un financement est actuellement sollicité pour subvenir aux besoins d’une brigade de 24 agents et former les gardes originaires des communautés voisines du parc.

b) Mettre en place et lancer la mise en œuvre d’un plan de gestion du bien, comprenant un zonage du bien et des dispositions de gestion participative avec les communautés locales afin de réduire les pressions et les impacts

L’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) a commencé à élaborer le plan de gestion. La définition des zones, des unités, et des rôles de gestion sera mise au point lors d’un atelier qui réunira les parties prenantes évoluant dans la périphérie du parc. Cependant, rien n’indique tout à fait clairement que les zones non contrôlées par le Gouvernement y seront incluses. Aucun nouveau progrès n’a été constaté quant à la recommandation de la mission de 2006 visant à clarifier le cadre juridique et à harmoniser les statuts et les limites de zonage qui se rapportent au bien en tant que Réserve de biosphère, bien du patrimoine mondial, et Parc national.

c) Étendre les activités de la structure de gestion pour inclure l’ensemble du bien

Aucun progrès n’a été constaté.

d) Avancement des autres recommandations de la mission UICN de 2006 :

En conformité avec le calendrier proposé par la mission de 2006, l’État partie est à la recherche de financement pour permettre la restauration et la prise en main effective du parc. Une proposition de plan d’urgence a été élaborée et soumise à l’Agence allemande de coopération pour le développement (KfW/GTZ). L’OIPR a aussi organisé, en novembre 2006, une visite du parc pour des bailleurs de fonds potentiels (y compris les ambassadeurs d’Allemagne et de la Norvège).

En réponse à la recommandation relative à la création de couloirs de migration reliant le bien aux aires protégées du Burkina Faso et du Ghana, l’UICN aide l’État partie à recueillir des fonds pour instaurer la cogestion et la conservation de couloirs de faune sauvage à travers son projet transfrontalier des 3 IC, ‘Espace Comoé.’ Une réunion de planification régionale a été organisée en décembre 2006 avec des représentants de l’État partie, de l’UICN et du Burkina Faso.

Le rapport de l’État partie ne donne pas de statistiques sur les populations de faune sauvage dans le parc, bien qu’il signale en effet la migration de grands mammifères vers la zone centrale de biodiversité et vers les pays limitrophes. La récente cessation des hostilités dans le parc a vu le retour des éléphants, des buffles, des hippopotames et des bubales dans le sud. L’absence de données écologiques sur le parc pose de sérieuses difficultés pour évaluer l’état actuel de conservation du bien et pour assurer l’efficacité du plan de gestion, le zonage et les couloirs de protection de la faune sauvage. Ce problème est cependant difficile à régler tant que l’État partie ne contrôle pas intégralement le bien.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN estiment que le travail avec les communautés locales devrait être une priorité. L’État partie devrait centrer son action sur l’instauration de la confiance et sur la sensibilisation des communautés qui bénéficient des ressources du parc. La mission de suivi de 2006 a identifié une pression croissante sur la zone centrale causée par les animaux domestiques et les nouveaux agriculteurs, à laquelle il conviendrait de répondre par la cogestion et l’application de directives précises sur les pratiques autorisées. L’État partie devrait instaurer des relations formelles entre l’autorité en charge de la gestion du parc et les communautés environnantes afin de parvenir à un accord sur les droits, les obligations et les possibilités d’aide offertes à ces communautés. 

Décisions adoptées par le Comité en 2007
31 COM 7A.2
Parc national de la Comoé (Côte d’Ivoire) (N 227)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 30 COM 7A.2, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),
  3. Note que l'État partie a commencé à mettre en œuvre les mesures correctives adoptées par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006), mais qu'il n'a pas encore pu mettre en place un système de contrôle et de patrouille efficace pour l'ensemble du bien;
  4. Prie instamment l'État partie de mettre en œuvre les mesures correctives conformément au calendrier adopté, en particulier les mesures d'urgence liées à la surveillance de l'ensemble du bien, ainsi que les autres recommandations de la mission de suivi UNESCO-UICN de 2006;
  5. Lance un nouvel appel aux bailleurs de fonds internationaux pour qu'ils continuent à soutenir les efforts de l'État partie dans la préparation et la mise en œuvre du plan d'action et du plan de gestion;
  6. Demande à l'État partie de recueillir, dès que la situation le permettra, les données écologiques nécessaires pour évaluer l'état de conservation du bien et aider à définir les limites des zones de gestion;
  7. Encourage l'État partie à poursuivre ses efforts en vue de créer un couloir migratoire transfrontalier pour la faune sauvage avec le Burkina Faso et le Ghana, en coopération avec l'UICN;
  8. Demande à l'État partie, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, d'établir un projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle pour le bien, mentionnant les conditions d'intégrité, pour examen par le Comité à sa 32e session en 2008;
  9. Demande également à l'État partie, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, d'établir un projet de déclaration de l'état de conservation souhaité pour le bien, fondé sur sa valeur universelle exceptionnelle;
  10. Demande en outre à l'État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2008, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et les progrès réalisés dans la mise en œuvre des mesures correctives fixées par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006), ainsi que sur les autres recommandations de la mission de suivi de 2006, pour examen par le Comité à sa 32e session en 2008;
  11. Décide de maintenir le Parc national de la Comoé (Côte d'Ivoire) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
31 COM 8C.2
Mise à jour de la liste du Patrimoine Mondial en péril - maintien

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-07/31.COM/7A et WHC-07/31.COM/7A.Add, WHC-07/31.COM/7A.Add.2 et WHC-07/31.COM/7A.Add.3),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril:

  • Afghanistan, Minaret et vestiges archéologiques de Djam (décision : 31 COM 7A.20)
  • Afghanistan, Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan (décision : 31 COM 7A.21)
  • Allemagne, Vallée de l'Elbe à Dresde (décision: 31 COM 7A.27)
  • Azerbaïdjan, Cité fortifiée de Bakou avec le palais des Chahs de Chirvan et la tour de la Vierge (décision : 31 COM 7A.26)
  • Chili, Usines de salpêtre de Humberstone et de Santa Laura (décision : 31 COM 7A.29)
  • Côte d'Ivoire, Parc national de la Comoé (décision : 31 COM 7A.2)
  • Côte d'Ivoire / Guinée, Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (décision : 31 COM 7A.3)
  • Égypte, Abou Mena (décision : 31 COM 7A.16)
  • Ethiopie, Parc national du Simien (décision : 31 COM 7A.9)
  • Inde, Sanctuaire de faune de Manas (décision : 31 COM 7A.11)
  • Iraq, Assour (Qal'at Cherqat) (décision : 31 COM 7A.17)
  • Jérusalem, Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (décision : 31 COM 7A.18)
  • Niger, Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (décision : 31 COM 7A.10)
  • Pakistan, Fort et jardins de Shalimar à Lahore (décision : 31 COM 7A.24)
  • Pérou, Zone archéologique de Chan Chan (décision : 31 COM 7A.30)
  • Philippines, Rizières en terrasses des cordillères des Philippines (décision : 31 COM 7A.25)
  • République centrafricaine, Parc national du Manovo-Gounda St. Floris (décision : 31 COM 7A.1)
  • République démocratique du Congo, Parc national des Virunga (décision : 31 COM 7A.4)
  • République démocratique du Congo, Parc national de Kahuzi-Biega (décision : 31 COM 7A.5)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Garamba (décision : 31 COM 7A.6)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Salonga (décision : 31 COM 7A.7)
  • République démocratique du Congo, Réserve de faune à okapis (décision : 31 COM 7A.8)
  • République islamique d'Iran, Bam et son paysage culturel (décision: 31 COM 7A.22)
  • République-Unie de Tanzanie, Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara (décision 31 COM 7A.15)
  • Serbie, Monuments médiévaux au Kosovo (décision: 31 COM 7A.28)
  • Venezuela, Coro et son port (décision : 31 COM 7A.31)
  • Yémen, Ville historique de Zabid (décision : 31 COM 7A.19)
Projet de décision : 31 COM 7A.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7A,

2. Rappelant la décision 30 COM 7A.2, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),

3. Note que l’État partie a commencé à mettre en œuvre les mesures correctives adoptées par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006), mais qu’il n’a pas encore pu mettre en place un système de contrôle et de patrouille efficace pour l’ensemble du bien ;

4. Exhorte l’État partie à mettre en œuvre les mesures correctives conformément au calendrier adopté, en particulier les mesures d’urgence liées à la surveillance de l’ensemble du bien, ainsi que les autres recommandations de la mission de suivi UNESCO-UICN de 2006 ;

5. Lance un nouvel appel aux bailleurs de fonds internationaux pour qu’ils continuent à soutenir les efforts de l’État partie dans la préparation et la mise en œuvre du plan d’action et du plan de gestion ;

6. Demande à l’État partie de recueillir, dès que la situation le permettra, les données écologiques nécessaires pour évaluer l’état de conservation du bien et aider à définir les limites des zones de gestion ;

7. Encourage l’État partie à poursuivre ses efforts en vue de créer un couloir migratoire transfrontalier pour la faune sauvage avec le Burkina Faso et le Ghana, en coopération avec l’UICN ;

8. Demande à l’État partie, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN, d’établir pour le bien des repères de référence fondés sur sa Valeur universelle exceptionnelle ;

9. Demande également à l’État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, au plus tard le 1er février 2008, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et les progrès réalisés dans la mise en œuvre des mesures correctives fixées par le Comité à sa 30e session (Vilnius, 2006), ainsi que sur les autres recommandations de la mission de suivi de 2006, pour examen par le Comité à sa 32e session en 2008 ;

10. Décide de maintenir le Parc national de la Comoé (Côte d’Ivoire) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Année du rapport : 2007
Côte d'Ivoire
Date d'inscription : 1983
Catégorie : Naturel
Critères : (ix)(x)
Liste en péril (dates) : 2003-2017
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 31COM (2007)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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