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Petra

Jordanie
Facteurs affectant le bien en 2010*
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • impact des nouveaux hôtels en cours de construction à proximité du site du patrimoine mondial de Pétra  
  • insuffisance ou l'inexistence des systèmes d'évacuation des eaux usées 
  • développement incontrôlé des villages à proximité du site 
  • prolifération des commerces 
  • conservation insuffisante des antiquités 
  • projets de construction ou d'élargissement de route conduisant au site
  • autres atteintes à l'intégrité du site 
  • importantes inondations en 1996 (problème résolu) 
  • absence de plan de gestion du bien
  • absence de limites précises du bien
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2010
Demandes approuvées : 4 (de 1987-2010)
Montant total approuvé : 167 079 dollars E.U.
2010 Urgent Investigation of the Rock Stability in the Siq ... (Approuvé)   67 579 dollars E.U.
2001 World Heritage Skills Development Workshop for Young ... (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
1995 Flash flood control at Petra (Approuvé)   29 500 dollars E.U.
1987 Contribution towards research work on weathering and ... (Approuvé)   50 000 dollars E.U.
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

À la demande du Centre du patrimoine mondial, suite à des informations reçues faisant état de menaces affectant le bien, l'État partie a soumis, le 12 avril 2010, un rapport rédigé par le Département des antiquités. Le rapport signale que l'Autorité régionale pour le développement du tourisme de Petra a été créée, suite à une loi gouvernementale (Loi N°15) adoptée en août 2009, afin de développer la région de Petra d'un point de vue touristique, économique, social et culturel ainsi que pour contribuer au développement local. Alors que cette nouvelle Autorité reprend les prérogatives de l'ancien Conseil du Parc archéologique de Petra, la Loi sur les antiquités qui régit la protection et la gestion des sites archéologiques du pays reste en vigueur.

a) Problèmes de sécurité liés à la fissure observée sur le coté sud du Siq

L'État partie déclare que le risque de chute de pierres constitue une grave menace pour le site : un large bloc est tombé dans le Siq en mai 2009 et, en mai 2010, la façade d'une tombe s’est effonfrée. L'État partie précise que le département des antiquités avait bien constaté les risques liés à la fissure du rocher du coté sud du Siq et que des travaux préventifs temporaires avaient été entrepris afin d'éviter d’avantage de dommages immediats et d'éliminer tout risque pour la sécurité des visiteurs. Le rapport signale que la fissure a été scellée afin d'éviter toute infiltration d'eau au cours de l'hiver 2009/2010. Par ailleurs, une étude détaillée, menée par l'Arab Consultants Bureau, a été achevée en janvier 2010. Ses conclusions étaient, entre autres, qu'il serait nécessaire d'intervenir pour éviter le risque d'une augmentation de la fissure et/ou le développement de fissures complémentaires. Des échafaudages temporaires permettant l'accès sont en place et le rapport de l'État partie note que des travaux temporaires d'étayage doivent être entrepris avant la stabilisation.

Depuis que la fissure a été détectée en mars 2009, trois missions d'expertise de l'UNESCO se sont déroulées (avril, juin et août 2009). Ces missions ont déterminé que le rocher est extrêmement instable et constitue une très grave menace pour la sécurité des visiteurs car il est situé dans le Siq qui est la seule voie d'accès au site. L'expert de l'UNESCO a préparé, en collaboration avec un expert local, le cahier des charges des différentes étapes des travaux nécessaires et a également fait une première évaluation visuelle des risques géologiques du Siq.

Suite aux recommandations de l'expert, le Bureau de l'UNESCO d'Amman a aidé le Département des antiquités à rédigé une demande d'Assistance internationale pour une évaluation des risques géologiques de l’ensemble du Siq. Le Bureau de l'UNESCO d'Amman a effectué plusieurs visites sur le site et a remarqué que les nécessaires travaux de fixation du rocher instable n'ont pas encore commencé malgré le grand risque pour la sécurité que représente ce rocher.

b) Construction d'un centre de conférences et de bâtiments associés dans la zone de Dara

Le rapport de l'État partie signale que le Département des antiquités n'a aucune information à ce sujet et qu'auparavant, des règlementations étaient en vigueur dans cette zone interdisant toute construction. Un centre de conférences et des bâtiments associés situés juste à la limite du Parc ne constitueraient pas seulement un grave empiétement sur le territoire du parc mais se trouveraient également dans un secteur identifié comme zone tampon potentielle du bien. Une telle situation s'explique par le fait qu'aucun plan de gestion définitif n'a été ni mis en place formellement, ni officiellement adopté et ce, malgré la préparation de deux projets de plans de gestion depuis 1994.

c) Actions envisagées pour améliorer la qualité des services offerts aux touristes

Le Département des antiquités signale qu'il a été informé du projet de l'Autorité régionale pour le développement et du tourisme de Petra d'entreprendre une série d'actions concernant les services et les équipements touristiques proposés sur le site. Le Département des antiquités a cependant exprimé sa préoccupation quant à la mise en place de telles activités et leur impact potentiel sur le site. C'est à cette fin qu'une demande d'Assistance internationale a été soumise au Centre du patrimoine mondial afin qu'une mission d'expertise fasse une étude d'évaluation d'impact et rédige des recommandations sur la mise en place d'un service de voitures électriques pour les touristes, sur l'extension d'un câble électrique le long de la route entre le village de Um Sayhun et la zone centrale, sur l'installation d'une unité électrique mobile et sur un marché touristique intégré à Petra.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont préoccupés par l'état de conservation du Siq et estiment que les travaux de réparation nécessaires devraient être entrepris dès que possible afin d’assurer la sécurité des visiteurs et de limiter tout dégât supplémentaire. Ils sont également préoccupés par l'absence de progrès accomplis dans l'élaboration, l'adoption et la mise en place d'un plan de gestion du bien malgré les nombreux projets et études entrepris. Alors que l'État partie doit encore soumettre au Centre du patrimoine mondial la définition précise des limites du bien, demandée depuis 2006 dans le cadre de l'Inventaire rétrospectif, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent également que soit définie une zone tampon qui protégerait le bien des aménagements à venir. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont par ailleurs inquiets de l'absence de mécanisme de coordination entre les différentes parties prenantes, en particulier entre la nouvelle Autorité régionale et le Département des antiquités, qui pourrait avoir des conséquences sur la conservation d’ensemble du bien.

 

Décisions adoptées par le Comité en 2010
9 EXT.COM 4.1
Examen des demandes d'assistance internationale

Le Comité du patrimoine mondial,

1.         Ayant examiné le document WHC-10/9 EXT.COM/4,

 2.         Décide d'approuver la demande suivante :

           Jordanie : Étude urgente de la stabilité de la roche dans le Siq de Petra, pour            un montant de 67 579 dollars EU, dans la catégorie "conservation & gestion".

 

34 COM 7B.56
Petra (Jordanie) (C 326)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B.Add,

2 Prend note des informations fournies par l'État partie et exprime sa préoccupation quant à l'État de conservation du Siq et à l'absence de politique globale de conservation et de gestion du bien coordonnée entre les différentes parties prenantes;

3. Demande à l'État partie de prendre, dès que possible, toutes les mesures appropriées afin de garantir que les travaux nécessaires sur le rocher instable de la face sud du Siq soient entrepris afin d'assurer la sécurité des visiteurs et de limiter tout dégât à venir ;

4. Demande également à l'État partie d'entreprendre les études appropriées afin de déterminer l'impact sur le bien des activités liées au tourisme, d'informer le Centre du patrimoine mondial de tout projet de construction dans la zone de Dara pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et de s'abstenir de toute action qui pourrait affecter l'intégrité du bien ;

5. Prie instamment l'État partie de finaliser le plan de gestion du bien, en y intégrant les projets et études successifs, de le faire adopter officiellement et de le mettre en œuvre ;

6. Prie également instamment l'État partie d'élaborer un mécanisme de gestion clairement identifié et sa structure appropriée, ayant pour priorité le maintien de la Valeur universelle exceptionnelle du bien ;

7. Demande en outre à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à Petra afin d'évaluer l'État de conservation du bien, l'avancement des travaux dans le Siq et les actions prévues ainsi que les progrès accomplis dans la finalisation du plan de gestion;

8. Demande par ailleurs à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur la mise en œuvre des recommandations ci-dessus évoquées pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.

34 COM 8E
Adoption des déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le Document WHC-10/34.COM/8E,

2. Adopte les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle, telles que présentées dans l'Annexe I des Documents WHC-10/34.COM/8E, WHC-10/34.COM/8E.Add et WHC-10/34.COM/8E.Add2 pour les biens du patrimoine mondial suivants:

  • Afrique du sud: Sites des hominidés fossiles de Sterkfontein, Swartkrans, Kromdraai et les environs ;
  • Algérie: La Kalâa des Béni Hammad; Vallée du M'Zab; Djémila; Tipasa; Tassili n'Ajjer; Timgad; Casbah d'Alger;
  • Autriche: Centre historique de la ville de Salzbourg; Palais et jardins de Schönbrunn; Paysage culturel de Hallstatt-Dachstein / Salzkammergut;
  • Bulgarie: Église de Boyana; Cavalier de Madara; Tombe thrace de Kazanlak; Églises rupestres d'Ivanovo; Monastère de Rila; Ancienne cité de Nessebar; Tombeau thrace de Svechtari;
  • Côte d'Ivoire: Parc national de la Comoé;
  • Danemark: Tumulus, pierres runiques et église de Jelling; Cathédrale de Roskilde;
  • Espagne: La Cathédrale, l'Alcázar et l'Archivo de Indias de Séville;
  • Ethiopie: Parc national du Simien;
  • Israël: Masada; Vieille ville d'Acre; Ville blanche de Tel-Aviv - le mouvement moderne; Route de l'encens - Villes du désert du Néguev; Tels bibliques - Megiddo, Hazor, Beer-Sheba;
  • Jordanie: Petra; Qusair Amra; Um er-Rasas (Kastrom Mefa'a);
  • Liban: Anjar; Byblos; Baalbek; Tyr; Ouadi Qadisha ou Vallée sainte et forêt des cèdres de Dieu (Horsh Arz el-Rab);
  • Malawi: Parc national du lac Malawi;
  • Maroc: Ksar d'Aït-Ben-Haddou; Ville historique de Meknès; Site archéologique de Volubilis; Médina d'Essaouira (ancienne Mogador); Médina de Fès; Médina de Marrakech; Médina de Tétouan (ancienne Titawin); Ville portugaise de Mazagan (El Jadida);
  • Mauritanie: Parc national du Banc d'Arguin; Anciens ksour de Ouadane, Chinguetti, Tichitt et Oualata;
  • Niger: Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré; Parc national du W du Niger;
  • Oman: Fort de Bahla;
  • Ouganda: Tombes des rois du Buganda à Kasubi;
  • Portugal: Forêt laurifère de Madère;
  • République arabe syrienne: Ancienne ville de Damas; Site de Palmyre; Ancienne ville de Bosra; Ancienne ville d'Alep; Crac desChevaliers et Qal'at Salah El-Din;
  • République démocratique du Congo: Réserve de faune à okapis;
  • République-Unie de Tanzanie: Réserve de gibier de Selous; Parc national du Kilimandjaro;
  • Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord: Saltaire ; Littoral du Dorset et de l'est du Devon; Usines de la vallée de la Derwent; Jardins botaniques royaux de Kew; Liverpool - Port marchand; Paysage minier des Cornouailles et de l'ouest du Devon;
  • Sénégal: Parc national du Niokolo-Koba; Ile de Gorée;
  • Seychelles: Atoll d'Aldabra; Réserve naturelle de la vallée de Mai;
  • Soudan: Gebel Barkal et les sites de la région napatéenne;
  • Tunisie: Site archéologique de Carthage; Amphithéâtre d'El Jem; Parc national de l'Ichkeul; Médina de Sousse; Kairouan; Médina de Tunis; Cité punique de Kerkouane et sa nécropole; Dougga/Thugga;
  • Yemen: Ville Historique de Zabid

3. Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue en priorité;

4. Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l'ordre dans lequel elles seront passées en revue suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que:

  • biens du patrimoine mondial dans les États arabes;
  • biens du patrimoine mondial en Afrique;
  • biens du patrimoine mondial en Asie et Pacifique;
  • biens du patrimoine mondial en Amérique latine et aux Caraïbes;
  • biens du patrimoine mondial en Europe et Amérique du Nord.
Projet de décision: 34 COM 7B.56

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B.Add,

2 Prend note des informations fournies par l'État partie et exprime sa préoccupation quant à l'état de conservation du Siq et à l'absence de politique globale de conservation et de gestion du bien coordonnée entre les différentes parties prenantes ;

3. Demande à l'État partie de prendre, dès que possible, toutes les mesures appropriées afin de garantir que les travaux nécessaires sur le rocher instable de la face sud du Siq soient entrepris afin d'assurer la sécurité des visiteurs et de limiter tout dégât à venir ;

4. Demande également à l'État partie d'entreprendre les études appropriées afin de déterminer l'impact sur le bien des activités liées au tourisme, d'informer le Centre du patrimoine mondial de tout projet de construction dans la zone de Dara pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et de s'abstenir de toute action qui pourrait affecter l'intégrité du bien ;

5. Prie instamment l'État partie de finaliser le plan de gestion du bien, en y intégrant les projets et études successifs, de le faire adopter officiellement et de le mettre en œuvre ;

6. Prie également instamment l'État partie d’élaborer un mécanisme de gestion clairement identifié et sa structure appropriée, ayant pour priorité le maintien de la Valeur universelle exceptionnelle du bien ;

7. Demande en outre à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à Petra afin d'évaluer l'état de conservation du bien, l'avancement des travaux dans le Siq et les actions prévues ainsi que les progrès accomplis dans la finalisation du plan de gestion;

8. Demande par ailleurs à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2011, un rapport sur la mise en oeuvre des recommandations ci-dessus évoquées pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.

 

Année du rapport : 2010
Jordanie
Date d'inscription : 1985
Catégorie : Culturel
Critères : (i)(iii)(iv)
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 34COM (2010)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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