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Archipel de Socotra

Yémen
Facteurs affectant le bien en 2019*
  • Cadre juridique
  • Déchets solides
  • Espèces envahissantes/exotiques marines
  • Gouvernance
  • Infrastructures de transport de surface
  • Pêche/collecte de ressources aquatiques
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Tempêtes
  • Troubles civils
  • Élevage de bétail / pacage d’animaux domestiques
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Cadres juridiques, gouvernance et systèmes de gestion
  • Développements incontrôlés notamment infrastructure de transport terrestre : réseau routier
  • Utilisation non durable des ressources naturelles
  • Absence de mesures de biosécurité adéquates pour éviter l’introduction d’espèces exotiques envahissantes
  • Élevage de bétail / pâturages d’animaux domestiqués ; pêche/exploitation des ressources aquatiques
  • Déchets solides : essentiellement à l’intérieur et autour des principaux lieux de peuplement
  • Troubles sociaux empêchant la gestion du bien, la venue d’experts internationaux et le soutien au renforcement des capacités
  • Événements météorologiques extrêmes : cyclones
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2019
Demandes approuvées : 1 (de 2017-2017)
Montant total approuvé : 75 000 dollars E.U.
2017 Mitigation of hurricanes impacts on endemic and ... (Approuvé)   75 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2019**

Décembre 2012 : mission de l’UICN ; juin 2014 : mission UICN/Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARC-WH)

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 12 février 2019, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/1263/documents/ et faisant part des informations suivantes :

  • L’État partie déclare qu’en dépit des défis auxquels le Yémen est confronté, la protection de l’environnement de Socotra demeure une priorité absolue ;
  • Par décision du Président, plus de pouvoirs ont été transférés aux autorités insulaires et au gouverneur afin qu’ils puissent protéger sa fragile biodiversité ;
  • Il est répondu au développement incontrôlé par l’application du plan directeur et de zonage de Socotra et du décret du Conseil des ministres de 2017 interdisant la vente de terres, ainsi que par la création d’un nouveau comité chargé d’inventorier les terres illégalement vendues ;
  • Des constructions « anarchiques » limitées en nombre sont signalées dans les zones qui incluent la plage de Delisha et le lagon de Serhin. Une visite de site réalisée en conséquence par un comité spécial d’institutions gouvernementales locales a recommandé de cesser immédiatement les activités près du lagon, de mettre en œuvre des mesures de répression et de poursuites judiciaires, d’interdire les constructions en dehors des zones de développement et de procéder à des évaluations d’impact environnemental (EIE) pour toute construction. Le gouverneur est en train d’examiner ces recommandations et devrait prendre des mesures prochainement ;
  • Des inventaires de la biodiversité de Socotra ont été réalisés et le plan directeur de Socotra va être actualisé ;
  • En février 2019, la Khalifa Foundation (KF) et l’Autorité de protection de l’environnement, agence de Socotra (APE) ont débattu de diverses activités écologiques sur Socotra, dont un financement de la KF pour la préparation d’un plan environnemental quinquennal ;
  • L’État partie répète que la pêche demeure saisonnière et traditionnelle et que les activités de pêche sont en baisse en conséquence d’opportunités d’emploi dans le secteur public, ce qui se traduit par une pression moindre sur l’environnement marin. La réouverture de l’établissement de transformation du poisson n’a pas entraîné une augmentation de la pêche mais continue d’améliorer les moyens de subsistance locaux. Les autorités locales ont mis un terme à la récolte de concombre de mer par des investisseurs qui ne sont pas socotris ;
  • Les mesures de contrôle des espèces exotiques envahissantes (EEE) passent par une interdiction d’importation et d’exportation de matières vivantes sans permis spécial de l’APE, des contrôles au moyen de patrouilles maritimes et aériennes, et l’élimination des EEE assortie d’une sensibilisation à leur problème. L’État partie reconnaît qu’en raison de lacunes dans l’application liées à l’instabilité politique et à la précarité des conditions de sécurité, quelques essences d’arbres EEE ont été plantées, mais cela a été stoppé et corrigé.

L’État partie accueille favorablement la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN et soutient son organisation. Une réunion technique sera coordonnée avec le Centre du patrimoine mondial à la suite de la mission.

Malgré l’invitation de l’État partie pour une mission conjointe sur le bien comme demandé par le Comité (décisions 40 COM 7B.86, 41 COM 7B.23 et 42 COM 7B.100), la mission n’a pas encore été possible pour des questions d’accès logistique et de sécurité.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2019

L’engagement déclaré de veiller à ce que la protection de l’environnement de Socotra demeure une priorité et les mesures prises pour réduire le développement illégal, gérer les EEE et lutter contre la pêche illégale du concombre de mer au sein du bien sont appréciés.

Néanmoins, rappelant la demande du Comité de s’abstenir d’autoriser tout nouveau développement sur le bien, tant que les activités et projets envisagés à l’intérieur du bien et de sa zone tampon n’ont pas été soumis au Centre du patrimoine mondial (décision 42 COM 7B.100), les constructions non réglementées signalées notamment sur la plage de Delisha et le lagon de Serhin sont inquiétantes. Si les recommandations du comité spécial pour remédier à ce problème sont à saluer, leur application reste à confirmer. Il est par conséquent recommandé que le Comité demande à l’État partie de prendre d’urgence des mesures pour faire catégoriquement cesser toute activité de construction. Aucune information n’a été fournie sur les inquiétudes soulevées dans les précédents rapports à l’égard de projets de tourisme et de loisirs existants dans des zones écologiquement vulnérables ni de leurs potentiels impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, y compris notamment l’extension du port maritime d’Hawlaf réalisée sans EIE.

Il est noté que le rapport ne fait part d’aucune information visant à évaluer l’état général des ressources naturelles et la gestion du bien, en dehors de la réalisation d’inventaires de biodiversité et de la révision du plan de gestion de Socotra. Tout en prenant acte de l’information selon laquelle la pêche demeure saisonnière et traditionnelle et diminue en conséquence d’autres opportunités d’emploi, il est noté qu’aucune information n’est donnée sur l’impact actuel d’une potentielle pression halieutique non durable sur l’activité de pêche locale, signalé comme préoccupant en 2018.

Les efforts déployés pour lutter contre les EEE sont les bienvenus. Rappelant les impacts potentiellement dévastateurs des EEE sur l’environnement naturel particulièrement unique de Socotra, il est important de renforcer davantage l’application des lois pour promouvoir la biosécurité.

Notant que l’archipel a été touché par trois cyclones lors des quatre dernières années, et que les événements météorologiques extrêmes en rapport avec le changement climatique devraient aller en augmentant, il est essentiel que l’État partie gère de manière efficace la capacité d’adaptation du bien notamment au moyen de mesures d’adaptation et d’atténuation. Aucune information n’a été donnée sur l’impact du cyclone de 2018 sur la VUE du bien.

La volonté de l’État partie à inviter et organiser la mission conjointe de suivi réactif sur le bien est appréciée mais il est regrettable que cette mission n’ait toujours pas été possible en conséquence d’inquiétudes sécuritaires et logistiques. Il est espéré que cette mission puisse être organisée prochainement, en étroite coopération avec la mission des Nations Unies au Yémen. Étant donné l’urgence à examiner l’état de conservation de Socotra, la mission et la réunion technique proposée par l’État partie demeurent une urgence absolue. Le conflit en cours continue d’empêcher la gestion du bien, les efforts de coopération internationale et la venue d’experts sur le bien.

Enfin, il est recommandé que le Comité exprime de nouveau sa plus vive inquiétude quant aux multiples menaces signalées pour le bien et rappelle la nécessité urgente pour la mission de pleinement évaluer l’état de conservation actuel et de déterminer si le bien satisfait les critères d’une inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, conformément au paragraphe 180 b) des Orientations.

Décisions adoptées par le Comité en 2019
43 COM 7B.1
Archipel de Socotra (Yémen) (N 1263)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B.Add.2,
  2. Rappelant les décisions 40 COM 7B.86, 41 COM 7B.23 et 42 COM 7B.100, adoptées à ses 40e (Istanbul/UNESCO, 2016), 41e (Cracovie, 2017) et 42e (Manama, 2018) sessions respectivement,
  3. Accueille favorablement les invitations répétées de l’État partie pour une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien demandée lors de ces précédentes sessions, et regrette que cette mission n’ait pu être entreprise en raison des conditions sécuritaires actuelles au Yémen et de contraintes logistiques ;
  4. Reconnaît les efforts de l’État partie pour répondre à la question du développement illégal dans le bien mais note avec inquiétude les constructions anarchiques signalées notamment sur la plage de Delisha et le lagon de Serhin, et demande à l’État partie de prendre d’urgence des mesures pour traiter les impacts en découlant, notamment en mettant en œuvre les recommandations du comité spécial de Socotra, et réitère sa demande de cesser toute activité susceptible d’avoir un impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et de s’abstenir d’autoriser tout nouveau développement sur le bien, tant que les activités et projets envisagés à l’intérieur du bien et de sa zone tampon n’ont pas été soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN, avant de prendre des décisions concernant leur mise en œuvre qu’il serait difficile d’inverser, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  5. Note également avec inquiétude qu’aucune information n’a été fournie afin d’évaluer l’état général des ressources naturelles du bien, y compris les potentiels impacts d’une pression halieutique non durable sur l’état de conservation des ressources marines ;
  6. Reconnaît également les efforts de l’État partie pour mettre en œuvre des mesures de contrôle des espèces exotiques envahissantes (EEE) et, rappelant également les impacts potentiellement dévastateurs des EEE sur l’environnement naturel particulièrement unique de Socotra, prie instamment l’État partie de renforcer les mesures concernant les contrôles de biosécurité ;
  7. Exprime de nouveau sa plus vive préoccupation quant aux multiples menaces signalées pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, résultant de développements incontrôlés, de l’utilisation non durable des ressources naturelles et de l’absence de mesures de biosécurité appropriées pour éviter l’introduction d’espèces exotiques envahissantes (EEE), et considère que tous ces facteurs représentent un péril potentiel pour la VUE du bien ;
  8. Rappelle de nouveau la nécessité que la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN invitée sur le bien ait lieu de toute urgence afin d’évaluer son état de conservation actuel, en particulier en ce qui concerne les menaces susmentionnées, et de vérifier si le bien remplit les conditions d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  9. Accueille aussi favorablement l’intention de l’État partie d’organiser une réunion technique à la suite de la mission, en s’attachant à la manière de garantir la protection de la VUE du bien tout en promouvant également un développement durable adéquat pour la population de Socotra, et réitère également sa demande pour que cette réunion soit entreprise urgemment avec les autorités yéménites, le Centre du patrimoine mondial, l’UICN et les parties concernées ;
  10. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020, afin de considérer, dans le cas de la confirmation d’un péril potentiel ou prouvé pour sa valeur universelle exceptionnelle, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Projet de décision : 43 COM 7B.1

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B.Add.2,
  2. Rappelant les décisions 40 COM 7B.86, 41 COM 7B.23 et 42 COM 7B.100, adoptées à ses 40e (Istanbul/UNESCO, 2016), 41e (Cracovie, 2017) et 42e (Manama, 2018) sessions respectivement,
  3. Accueille favorablement les invitations répétées de l’État partie pour une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien demandée lors de ces précédentes sessions, et regrette que cette mission n’ait pu être entreprise en raison des conditions sécuritaires actuelles au Yémen et de contraintes logistiques ;
  4. Reconnaît les efforts de l’État partie pour répondre à la question du développement illégal dans le bien mais note avec inquiétude les constructions anarchiques signalées notamment sur la plage de Delisha et le lagon de Serhin, et demande à l’État partie de prendre d’urgence des mesures pour traiter les impacts en découlant, notamment en mettant en œuvre les recommandations du comité spécial de Socotra, et réitère sa demande de cesser toute activité susceptible d’avoir un impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et de s’abstenir d’autoriser tout nouveau développement sur le bien, tant que les activités et projets envisagés à l’intérieur du bien et de sa zone tampon n’ont pas été soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN, avant de prendre des décisions concernant leur mise en œuvre qu’il serait difficile d’inverser, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  5. Note également avec inquiétude qu’aucune information n’a été fournie afin d’évaluer l’état général des ressources naturelles du bien, y compris les potentiels impacts d’une pression halieutique non durable sur l’état de conservation des ressources marines ;
  6. Reconnaît également les efforts de l’État partie pour mettre en œuvre des mesures de contrôle des espèces exotiques envahissantes (EEE) et, rappelant également les impacts potentiellement dévastateurs des EEE sur l’environnement naturel particulièrement unique de Socotra, prie instamment l’État partie de renforcer les mesures concernant les contrôles de biosécurité ;
  7. Exprime de nouveau sa plus vive préoccupation quant aux multiples menaces signalées pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, résultant de développements incontrôlés, de l’utilisation non durable des ressources naturelles et de l’absence de mesures de biosécurité appropriées pour éviter l’introduction d’espèces exotiques envahissantes (EEE), et considère que tous ces facteurs représentent un péril potentiel pour la VUE du bien ;
  8. Rappelle de nouveau la nécessité que la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN invitée sur le bien ait lieu de toute urgence afin d’évaluer son état de conservation actuel, en particulier en ce qui concerne les menaces susmentionnées, et de vérifier si le bien remplit les conditions d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  9. Accueille aussi favorablement l’intention de l’État partie d’organiser une réunion technique à la suite de la mission, en s’attachant à la manière de garantir la protection de la VUE du bien tout en promouvant également un développement durable adéquat pour la population de Socotra, et réitère également sa demande pour que cette réunion soit entreprise urgemment avec les autorités yéménites, le Centre du patrimoine mondial, l’UICN et les parties concernées ;
  10. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020, afin de considérer, dans le cas de la confirmation d’un péril potentiel ou prouvé pour sa valeur universelle exceptionnelle, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Année du rapport : 2019
Yémen
Date d'inscription : 2008
Catégorie : Naturel
Critères : (x)
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 43COM (2019)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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