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Archipel de Socotra

Yémen
Facteurs affectant le bien en 2016*
  • Cadre juridique
  • Déchets solides
  • Espèces envahissantes/exotiques marines
  • Gouvernance
  • Infrastructures de transport de surface
  • Pêche/collecte de ressources aquatiques
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Troubles civils
  • Élevage de bétail / pacage d’animaux domestiques
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Cadres juridiques, gouvernance et systèmes de gestion
  • Infrastructure de transport terrestre : réseau routier
  • Pâturages : moutons, chèvres, bétail
  • Espèces invasives
  • Pêche et exploitation des ressources marines
  • Déchets solides : essentiellement à l’intérieur et autour des principaux lieux de peuplement
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2016
Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2016**

Décembre 2012 : mission de l’UICN ; juin 2014 : mission UICN/Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARC-WH)

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 19 février 2016, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1263/documents/.

Les cyclones Chapala et Megh ont frappé Socotra en novembre 2015, causant des dommages aux environnements marins et terrestres ainsi qu’aux établissements humains, dommages dont l’ampleur reste encore à évaluer. 17 personnes ont perdu la vie, et bien d’autres ont été blessées ou déplacées. Le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARC-WH), en coopération avec le ministère yéménite de l’Environnement, a réagi en organisant un atelier en février 2016 afin d’entreprendre une évaluation des besoins pour le site du patrimoine mondial de l’archipel de Socotra, avec la participation de représentants de Socotra, de l’UICN, de l’UNESCO, et de divers partenaires internationaux.

L’État partie informe des avancées dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2012 :

  • Depuis que l’archipel a été déclaré gouvernorat indépendant en 2013, un poste de vice-gouverneur pour l’Environnement et le Développement y a été créé. Des mesures sont prises pour renforcer la place de l’Agence pour la protection de l’environnement (APE) dans la gestion du bien ;
  • Une réglementation visant à annuler toutes les décisions précédentes d’agrandissement des principales voies d’accès au sein du bien est en cours d’adoption. D’autres possibilités d’accès à l’extérieur du bien sont à l’étude. Alors que la législation actuelle en matière d’évaluation d’impact environnemental (EIE) est suspendue en raison de la situation politique au Yémen, des mécanismes intérimaires sont envisagés ;
  • La réhabilitation du port maritime, endommagé par les cyclones, sera limitée à une restauration de son état précédent et ne comprendra aucun agrandissement ;
  • Diverses initiatives visant à accroître l’implication des communautés locales dans la gestion et la conservation du bien sont en cours ou sont prévues ;
  • Bien que le tourisme à Socotra soit presque inexistant en raison de la situation politique actuelle au Yémen, le tourisme durable est considéré comme une activité importante potentiellement génératrice de revenus alternatifs ;
  • Des initiatives sont prises pour renforcer le suivi biologique de l’archipel, centrées sur le surpâturage, les espèces envahissantes, l’exploitation des ressources marines, la coupe du bois et le développement des infrastructures. Un programme de conservation marine sera lancé à la mi-2016 ;
  • La protection des valeurs culturelles est un objectif primordial du gouvernement local, lequel entend adopter une réglementation ad hoc de protection du patrimoine matériel et immatériel qui serait partie intégrante des systèmes de planification et de gestion de l’archipel.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2016

Il est recommandé que le Comité félicite l’État partie au sujet des avancées accomplies dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2012, et ce, en dépit du conflit qui perdure dans la péninsule yéménite. En particulier, la désignation d’un vice-gouverneur pour l’Environnement et le Développement, les initiatives prises pour renforcer la place de l’APE dans la gestion du bien, et la réflexion en cours au sujet d’une réglementation visant à annuler toutes les décisions précédentes d’agrandissement des principales voies d’accès au sein du bien devraient être accueillies favorablement, tout comme devrait l’être le soutien important des donateurs et partenaires internationaux engagés dans la conservation de la biodiversité de l’archipel et du développement durable de ses communautés.

Néanmoins, des sujets de préoccupation existants et importants ont été aggravés par le conflit et l’impact des récents cyclones, sujets qui doivent être évalués scientifiquement en urgence afin d’établir avec certitude dans quelle mesure la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien a été affectée :

  • Le conflit dans la péninsule yéménite a temporairement accentué l’isolement de l’archipel. L’approvisionnement en carburant a par conséquent diminué, ce qui a occasionné une augmentation de la collecte du bois. En revanche, la pression exercée sur les ressources marines par la surpêche semble avoir diminué en raison du manque de carburant et de la réduction des exportations ;
  • Les cyclones ont localement affecté de manière importante des groupes de Boswelia et de Dracaena, mais aucun déclin important de leur nombre ou du nombre des autres espèces végétales endémiques n’est observé actuellement ;
  • Bien que les cyclones ont occasionné des pertes importantes de bétail, le surpâturage est considéré comme une pression actuelle importante sur les écosystèmes terrestres de Socotra en causant une érosion des sols et une dégradation de l’habitat naturel ;
  • Les cyclones ont causé de nombreux dégâts aux infrastructures, y compris une érosion du sol accrue aux abords immédiats des routes. Il est recommandé que le Comité prie instamment l’État partie de veiller à ce que, préalablement au début de la réhabilitation des routes au sein du bien, le plan directeur routier soit révisé conformément au plan de zonage du bien, avec une attention particulière quant à l’atténuation de l’impact des routes existantes ;

Les participants à l’atelier de l’ARC-WH (février 2016) ont été informés de la présence de deux cargos échoués au sein du bien, à l’ouest du port de Haulafe ; toujours confirmée au moment de la rédaction de ce rapport, leur présence est préoccupante en ce qu’elle pourrait causer des dommages à l’environnement marin. Il est recommandé que le Comité encourage l’État partie à engager dès que possible une société spécialisée pour évaluer les possibilités et les risques inhérents à une opération de renflouage.

On doit rappeler qu’à sa 39e session (Bonn, 2015), le Comité avait exprimé sa préoccupation quant à la vulnérabilité accrue du bien en raison de la situation sécuritaire au Yémen et de la possible pénurie récurrente de carburant. Considérant que cette vulnérabilité pourrait avoir été exacerbée par les récents cyclones, il est recommandé que le Comité prie instamment l’État partie de mettre en œuvre de toute urgence les actions énoncées dans l’évaluation de besoins pour le site du patrimoine mondial de l’archipel de Socotra, en particulier d’explorer les alternatives pour satisfaire la demande locale en énergie qui n’impactent pas la VUE du bien. Il est également recommandé que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif sur le bien afin d’évaluer son état de conservation et de soutenir l’État partie pour prioriser les activités de réhabilitation.

Il est recommandé que le Comité prie également instamment l’État partie de promouvoir la revitalisation des pratiques traditionnelles de gestion des terres, y compris la transhumance saisonnière, afin de réduire les menaces liées à l’érosion des sols et la dégradation de l’habitat naturel dues au surpâturage. Il est également recommandé que l’on demande à l’État partie de garantir l’application de la réglementation s’agissant de la zone protégée de l’archipel et de son plan de zonage, afin de faire face aux menaces nées de l’utilisation non durable de ressources terrestres ou marines.

Décisions adoptées par le Comité en 2016
40 COM 7B.86
Archipel de Socotra (Yémen) (N 1263)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.6, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Exprime ses sincères condoléances à l’État partie et aux habitants de Socotra pour les dommages et les morts causés par le passage des cyclones Chapala et Megh, lesquels ont ravagé l’île en novembre 2015 ;
  4. Félicite l’État partie pour les avancées effectuées dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2012, et ce, en dépit des difficultés dues à la situation sécuritaire actuelle dans la péninsule yéménite, et accueille favorablement, en particulier, la désignation d’un vice-gouverneur pour l’Environnement et le Développement, les initiatives prises pour renforcer la place de l’Agence pour la protection de l’environnement dans la gestion du bien, et l’étude en cours d’une réglementation visant à annuler toutes les décisions précédentes d’agrandissement des principales voies d’accès au sein du bien ;
  5. Accueille également favorablement le soutien apporté par les donateurs et partenaires internationaux pour la conservation de la biodiversité de l’archipel et le développement durable de ses communautés ;
  6. Réitère sa grande préoccupation quant à la vulnérabilité accrue du bien en raison de la situation sécuritaire dans la péninsule yéménite, considère que les impacts des récents cyclones ont vraisemblablement encore accru la vulnérabilité du bien aux pressions exercées par l’utilisation non durable des ressources, l’érosion des sols et la dégradation de l’habitat naturel, note que ces impacts doivent être évalués en urgence, et appelle la communauté internationale à soutenir le Yémen dans la mise en œuvre des actions définies dans l’évaluation des besoins pour le site du patrimoine mondial de l’archipel de Socotra élaborée en février 2016 lors de l’atelier organisé par le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARC-WH) ;
  7. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien pour évaluer son état de conservation, en particulier au vu des impacts liés à la coupe du bois, au surpâturage, à l’utilisation non durable des ressources marines et terrestres, et aux cyclones, et de soutenir l’État partie pour prioriser la réhabilitation et les activités de gestion ;
  8. Encourage l’État partie à engager dès que possible une société spécialisée pour évaluer les possibilités et les risques liés au renflouage des deux navires échoués au sein du bien, près de Haulafe, et prenne les mesures appropriées pour réparer tout dégât causé par leur naufrage ;
  9. Prie instamment l’État partie de promouvoir la revitalisation des pratiques de gestion traditionnelle des terres, dont la transhumance saisonnière, afin de réduire les menaces liées à l’érosion des sols et à la dégradation de l’habitat naturel dues au surpâturage, et de garantir l’application de la réglementation s’agissant de la zone protégée de l’archipel et de son plan de zonage, afin de faire face aux menaces nées de l’utilisation non durable de ressources terrestres ou marines ;
  10. Demande en outre à l’État partie de poursuivre ses efforts pour mettre en œuvre toutes les recommandations de la mission de 2012 ;
  11. Demande de plus à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.
Projet de décision : 40 COM 7B.86

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.6, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Exprime ses sincères condoléances à l’État partie et aux habitants de Socotra pour les dommages et les morts causés par le passage des cyclones Chapala et Megh, lesquels ont ravagé l’île en novembre 2015 ;
  4. Félicite l’État partie pour les avancées effectuées dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2012, et ce, en dépit des difficultés dues à la situation sécuritaire actuelle dans la péninsule yéménite, et accueille favorablement, en particulier, la désignation d’un vice-gouverneur pour l’Environnement et le Développement, les initiatives prises pour renforcer la place de l’Agence pour la protection de l’environnement dans la gestion du bien, et l’étude en cours d’une réglementation visant à annuler toutes les décisions précédentes d’agrandissement des principales voies d’accès au sein du bien ;
  5. Accueille également favorablement le soutien apporté par les donateurs et partenaires internationaux pour la conservation de la biodiversité de l’archipel et le développement durable de ses communautés ;
  6. Réitère sa grande préoccupation quant à la vulnérabilité accrue du bien en raison de la situation sécuritaire dans la péninsule yéménite, considère que les impacts des récents cyclones ont vraisemblablement encore accru la vulnérabilité du bien aux pressions exercées par l’utilisation non durable des ressources, l’érosion des sols et la dégradation de l’habitat naturel, note que ces impacts doivent être évalués en urgence, et appelle la communauté internationale à soutenir le Yémen dans la mise en œuvre des actions définies dans l’évaluation des besoins pour le site du patrimoine mondial de l’archipel de Socotra élaborée en février 2016 lors de l’atelier organisé par le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARC-WH) ;
  7. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien pour évaluer son état de conservation, en particulier au vu des impacts liés à la coupe du bois, au surpâturage, à l’utilisation non durable des ressources marines et terrestres, et aux cyclones, et de soutenir l’État partie pour prioriser la réhabilitation et les activités de gestion ;
  8. Encourage l’État partie à engager dès que possible une société spécialisée pour évaluer les possibilités et les risques liés au renflouage des deux navires échoués au sein du bien, près de Haulafe, et prenne les mesures appropriées pour réparer tout dégât causé par leur naufrage ;
  9. Prie instamment l’État partie de promouvoir la revitalisation des pratiques de gestion traditionnelle des terres, dont la transhumance saisonnière, afin de réduire les menaces liées à l’érosion des sols et à la dégradation de l’habitat naturel dues au surpâturage, et de garantir l’application de la réglementation s’agissant de la zone protégée de l’archipel et de son plan de zonage, afin de faire face aux menaces nées de l’utilisation non durable de ressources terrestres ou marines ;
  10. Demande en outre à l’État partie de poursuivre ses efforts pour mettre en œuvre toutes les recommandations de la mission de 2012 ;
  11. Demande de plus à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.
Année du rapport : 2016
Yémen
Date d'inscription : 2008
Catégorie : Naturel
Critères : (x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2016) .pdf
arrow_circle_right 40COM (2016)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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