1.         Archipel de Socotra (Yémen) (N 1263)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2008

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1263/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1263/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Décembre 2012 : mission de l’UICN ; juin 2014 : mission UICN/Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARC-WH)

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1263/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 19 février 2016, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1263/documents/.

Les cyclones Chapala et Megh ont frappé Socotra en novembre 2015, causant des dommages aux environnements marins et terrestres ainsi qu’aux établissements humains, dommages dont l’ampleur reste encore à évaluer. 17 personnes ont perdu la vie, et bien d’autres ont été blessées ou déplacées. Le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARC-WH), en coopération avec le ministère yéménite de l’Environnement, a réagi en organisant un atelier en février 2016 afin d’entreprendre une évaluation des besoins pour le site du patrimoine mondial de l’archipel de Socotra, avec la participation de représentants de Socotra, de l’UICN, de l’UNESCO, et de divers partenaires internationaux.

L’État partie informe des avancées dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2012 :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Il est recommandé que le Comité félicite l’État partie au sujet des avancées accomplies dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2012, et ce, en dépit du conflit qui perdure dans la péninsule yéménite. En particulier, la désignation d’un vice-gouverneur pour l’Environnement et le Développement, les initiatives prises pour renforcer la place de l’APE dans la gestion du bien, et la réflexion en cours au sujet d’une réglementation visant à annuler toutes les décisions précédentes d’agrandissement des principales voies d’accès au sein du bien devraient être accueillies favorablement, tout comme devrait l’être le soutien important des donateurs et partenaires internationaux engagés dans la conservation de la biodiversité de l’archipel et du développement durable de ses communautés.

Néanmoins, des sujets de préoccupation existants et importants ont été aggravés par le conflit et l’impact des récents cyclones, sujets qui doivent être évalués scientifiquement en urgence afin d’établir avec certitude dans quelle mesure la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien a été affectée :

Les participants à l’atelier de l’ARC-WH (février 2016) ont été informés de la présence de deux cargos échoués au sein du bien, à l’ouest du port de Haulafe ; toujours confirmée au moment de la rédaction de ce rapport, leur présence est préoccupante en ce qu’elle pourrait causer des dommages à l’environnement marin. Il est recommandé que le Comité encourage l’État partie à engager dès que possible une société spécialisée pour évaluer les possibilités et les risques inhérents à une opération de renflouage.

On doit rappeler qu’à sa 39e session (Bonn, 2015), le Comité avait exprimé sa préoccupation quant à la vulnérabilité accrue du bien en raison de la situation sécuritaire au Yémen et de la possible pénurie récurrente de carburant. Considérant que cette vulnérabilité pourrait avoir été exacerbée par les récents cyclones, il est recommandé que le Comité prie instamment l’État partie de mettre en œuvre de toute urgence les actions énoncées dans l’évaluation de besoins pour le site du patrimoine mondial de l’archipel de Socotra, en particulier d’explorer les alternatives pour satisfaire la demande locale en énergie qui n’impactent pas la VUE du bien. Il est également recommandé que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif sur le bien afin d’évaluer son état de conservation et de soutenir l’État partie pour prioriser les activités de réhabilitation.

Il est recommandé que le Comité prie également instamment l’État partie de promouvoir la revitalisation des pratiques traditionnelles de gestion des terres, y compris la transhumance saisonnière, afin de réduire les menaces liées à l’érosion des sols et la dégradation de l’habitat naturel dues au surpâturage. Il est également recommandé que l’on demande à l’État partie de garantir l’application de la réglementation s’agissant de la zone protégée de l’archipel et de son plan de zonage, afin de faire face aux menaces nées de l’utilisation non durable de ressources terrestres ou marines.

Décision adoptée: 40 COM 7B.86

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.6, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Exprime ses sincères condoléances à l’État partie et aux habitants de Socotra pour les dommages et les morts causés par le passage des cyclones Chapala et Megh, lesquels ont ravagé l’île en novembre 2015 ;
  4. Félicite l’État partie pour les avancées effectuées dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2012, et ce, en dépit des difficultés dues à la situation sécuritaire actuelle dans la péninsule yéménite, et accueille favorablement, en particulier, la désignation d’un vice-gouverneur pour l’Environnement et le Développement, les initiatives prises pour renforcer la place de l’Agence pour la protection de l’environnement dans la gestion du bien, et l’étude en cours d’une réglementation visant à annuler toutes les décisions précédentes d’agrandissement des principales voies d’accès au sein du bien ;
  5. Accueille également favorablement le soutien apporté par les donateurs et partenaires internationaux pour la conservation de la biodiversité de l’archipel et le développement durable de ses communautés ;
  6. Réitère sa grande préoccupation quant à la vulnérabilité accrue du bien en raison de la situation sécuritaire dans la péninsule yéménite, considère que les impacts des récents cyclones ont vraisemblablement encore accru la vulnérabilité du bien aux pressions exercées par l’utilisation non durable des ressources, l’érosion des sols et la dégradation de l’habitat naturel, note que ces impacts doivent être évalués en urgence, et appelle la communauté internationale à soutenir le Yémen dans la mise en œuvre des actions définies dans l’évaluation des besoins pour le site du patrimoine mondial de l’archipel de Socotra élaborée en février 2016 lors de l’atelier organisé par le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARC-WH) ;
  7. Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien pour évaluer son état de conservation, en particulier au vu des impacts liés à la coupe du bois, au surpâturage, à l’utilisation non durable des ressources marines et terrestres, et aux cyclones, et de soutenir l’État partie pour prioriser la réhabilitation et les activités de gestion ;
  8. Encourage l’État partie à engager dès que possible une société spécialisée pour évaluer les possibilités et les risques liés au renflouage des deux navires échoués au sein du bien, près de Haulafe, et prenne les mesures appropriées pour réparer tout dégât causé par leur naufrage ;
  9. Prie instamment l’État partie de promouvoir la revitalisation des pratiques de gestion traditionnelle des terres, dont la transhumance saisonnière, afin de réduire les menaces liées à l’érosion des sols et à la dégradation de l’habitat naturel dues au surpâturage, et de garantir l’application de la réglementation s’agissant de la zone protégée de l’archipel et de son plan de zonage, afin de faire face aux menaces nées de l’utilisation non durable de ressources terrestres ou marines ;
  10. Demande en outre à l’État partie de poursuivre ses efforts pour mettre en œuvre toutes les recommandations de la mission de 2012 ;
  11. Demande de plus à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.