Faites une recherche à travers les informations du Centre du patrimoine mondial.

Lumbini, lieu de naissance du Bouddha

Népal
Facteurs affectant le bien en 2019*
  • Activités de gestion
  • Cadre juridique
  • Développement commercial
  • Habitat
  • Installations d’interprétation pour les visiteurs
  • Pollution atmosphérique
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Utilisations et associations rituelles/spirituelles/religieuses
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Cadre juridique
  • Usages rituels/spirituels/religieux et associatifs
  • Développement commercial (impact de la nouvelle structure du Temple Maya Devi construit en 2002 sur les vestiges archéologiques ainsi que sur l’intégrité visuelle du bien 
  • Installations d'interprétation et de visite
  • Pollution atmosphérique
  • Logement
  • Zones industrielles
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2019
Montant total accordé au bien : 7 200 dollars EU du Fonds-en-dépôt italien en 2006 ; 49,376 EUR et 90 000 dollars EU de l’Alliance de protection du patrimoine culturel asiatique de 2008 à 2019 ; 2 319 220 dollars EU du Fonds-en-dépôt japonais pour 2009–2021
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2019
Demandes approuvées : 3 (de 2000-2007)
Montant total approuvé : 70 000 dollars E.U.
2007 Development of an Integrated Management Plan for the ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
2001 Brick Conservation of the Alcove Remains of the Maya ... (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
2000 Support for the Organization of an International ... (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

L’État partie a soumis le 1er février 2019 un rapport sur l’état de conservation qui est disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/666/documents/ et qui répond aux demandes du Comité comme suit :

  • Le document du cadre de gestion intégré (CGI) a été finalisé mais n’a pas encore reçu l’approbation finale du gouvernement ;
  • Parmi les aménagements, un poste de sécurité (au sein du bien) et des sanitaires électroniques (au sein de la zone tampon) ont été installés au sol de manière réversible. Des aménagements de faible ampleur sont également entrepris, comme recommandé par le Plan directeur d’aménagement de Lumbini ;
  • Un archéologue a été nommé conseiller en archéologie pour préparer les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) afin de protéger la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, ainsi que tous les sites archéologiques de la région du Grand Lumbini (GLA) ;
  • Le projet d’aménagement de Lumbini, Ville mondiale de la paix, a été approuvé en principe par le gouvernement du Népal ; toutefois, aucune mesure n’a été encore prise pour sa mise en œuvre ;
  • La stratégie de protection de la GLA et de son cadre étendu, comprenant notamment Tilaurakot et Ramagrama, est toujours en cours d’élaboration. Dans le cadre du projet du Fonds-en-dépôt UNESCO/Japon (2014-2021), diverses activités ont été organisées, comme un relevé géophysique ; des fouilles non-destructives ; la cartographie et le répertoire de vestiges archéologiques de certains sites patrimoniaux ; et des activités de conservation dans la GLA et son cadre étendu ;
  • Un programme de réflexion entre experts a été mis en place et la Conférence bouddhiste internationale a été organisée en 2018 pour élaborer une stratégie claire et des actions concrètes supplémentaires pour la protection de la GLA.

En mai, septembre et novembre 2018, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l’État partie de vérifier l’origine et la teneur des informations reçues et de livrer ses commentaires sur des informations provenant de tiers concernant, respectivement : 1) la construction en cours d’une salle de conférence temporaire à Lumbini, 2) le projet de construction de la cimenterie Shree Ram située à proximité du site de Lumbini et 3) la construction d’une salle de méditation bouddhiste d’une capacité de 5 000 personnes au sein de la zone du Plan directeur Kenzo Tange de Lumbini, à proximité du jardin sacré du site de Lumbini. Au moment de la préparation de ce document, le Centre du patrimoine mondial n’a reçu aucune information pertinente ni aucun commentaire sur ces points.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2019

Il est regrettable que le CGI doive encore être approuvé par l’État partie, et ce malgré les assurances transmises précédemment et les demandes répétées du Comité. L’État partie indique que certaines activités ont été menées au sein du bien et de la zone tampon, mais rien n’atteste l’existence d’une EIP, ou que les activités menées aient pris en compte la carte des risques archéologiques du bien.

Les recherches toujours en cours pour mieux comprendre le bien, ses sites associés et le cadre élargi sont accueillies favorablement. Toutefois, le projet Lumbini, Ville mondiale de la paix a été approuvé bien que l’État partie n’ait pas transmis de précisions sur ledit projet, comme il aurait dû le faire conformément au paragraphe 172 des Orientations, ni mené d’EIP.  Étant donné l’ampleur de cet immense projet d’aménagement, la nature fragile du bien et sa fonction de lieu de pèlerinage depuis plus de 2 000 ans, on peut être préoccupé quant au fait que le projet Lumbini, Ville mondiale de la paix, aura vraisemblablement des impacts dommageables sur la VUE du bien. Le Comité pourrait souhaiter réitérer sa demande à l’État partie de procéder d’urgence aux EIP nécessaires, conformément au Guide pour les évaluations d’impact sur le patrimoine appliquées aux biens du patrimoine mondial (ICOMOS, 2011). Ces EIP devraient être transmises au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant que toute nouvelle activité relative à ce projet n’ait lieu.

Le projet du Fonds-en-dépôt UNESCO/Japon pour la préservation du bien (2014-2021) a favorisé des avancées approfondies dans la GLA en matière de recherche archéologique sur le bouddhisme et les premiers établissements, de conservation et de renforcement des capacités ainsi que d’activités de sensibilisation au patrimoine. Toutefois, l’état de conservation du bien ne s’est pas amélioré et il est par conséquent recommandé que le Comité encourage l’État partie à garantir la préservation durable du patrimoine de Lumbini, tout en mettant l’accent sur la poursuite de l’implication des communautés. 

De plus, le Centre du patrimoine mondial continue de recevoir des informations provenant de tiers exprimant leurs préoccupations quant à la détérioration de la qualité environnementale et l’augmentation du développement industriel au sein ou autour du bien, ainsi que des projets, proposés ou en cours, qui pourraient affecter la VUE du bien. L’État partie n’a pas transmis les informations demandées s’agissant de ces projets particuliers. À la lumière des impacts potentiels du développement et de la dégradation environnementale, le Comité devrait réitérer sa demande à l’État partie d’élaborer une stratégie claire comprenant des actions spécifiques en faveur de la protection de la GLA et de son cadre, comprenant notamment Tilaurakot et Ramagrama, et de réduire encore les activités industrielles à proximité du bien. L’État partie devrait également mener des EIP pour les projets proposés et soumettre ces informations au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations. Il est recommandé que le Comité prie l’État partie de stopper immédiatement tous travaux de construction au sein du bien jusqu’à ce que l’impact potentiel des projets soit pleinement évalué et que des mesures adaptées soient en place pour éviter la détérioration de la VUE du bien.

Au vu de la situation actuelle, et étant donné qu’aucune mission de suivi n’a été dépêchée sur le bien au cours des 15 dernières années, une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS est nécessaire pour évaluer l’état de conservation global du bien, revoir le CGI, les études en cours et les propositions d’aménagement et contribuer à trouver des solutions appropriées pour le projet Lumbini, Ville mondiale de la paix, afin d’identifier des démarches et des solutions cohérentes avec la VUE du bien.

Décisions adoptées par le Comité en 2019
43 COM 7B.71
Lumbini, lieu de naissance du Bouddha (Népal) (C 666rev)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la Décision 42 COM 7B.13, adoptée à sa 42session (Manama, 2018),
  3. Note les avancées effectuées pour finaliser le Cadre de gestion intégré (CGI), mais regrette le retard supplémentaire constaté pour son adoption par l’État partie ;
  4. Note avec préoccupation que des activités de développement ont été entreprises au sein du bien et de la zone tampon avant l’adoption formelle du CGI, sans avoir mené les évaluations d’impact nécessaires, suivi la carte des risques archéologiques ou notifié le Centre du patrimoine mondial, comme le requiert le paragraphe 172 des Orientations, et par conséquent réitère sa demande urgente à l’État partie d’adopter et de mettre en œuvre le CGI en priorité et de mener systématiquement des évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) pour tout projet proposé, avec une partie spécifique consacrée à l’impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément au Guide pour les évaluations d’impact sur le patrimoine appliquées aux biens du patrimoine mondial (ICOMOS, 2011), avant de mener tous travaux supplémentaires au sein du bien ou de zones adjacentes identifiées comme ayant une importance archéologique potentielle ;
  5. Exprimant sa préoccupation sur le projet Lumbini, Ville mondiale de la paix, et ses impacts potentiels sur le bien, réitère également sa demande à l’État partie de fournir des détails sur ce projet, y compris une EIP complète préparée conformément au Guide de l’ICOMOS susmentionné, et que cette évaluation soit transmise au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant que toute activité soit mise en œuvre ou que toute décision irréversible soit prise ;
  6. Regrette également que l’État partie n’ait transmis aucune information sur les propositions de projet d’aménagement concernant le bien, comme requis par le paragraphe 172 des Orientations, ni de réponse aux demandes précédentes du Centre du patrimoine mondial, y compris :
    1. la construction en cours d’une salle de conférence temporaire à Lumbini,
    2. le projet de construction de la cimenterie Shree Ram, situé à proximité du site de Lumbini, et
    3. la construction d’une salle de méditation bouddhiste d’une capacité de 5 000 personnes située au sein de la zone du Plan directeur Kenzo Tange de Lumbini, à proximité du jardin secret du site de Lumbini ;

      et prie instamment l’État partie de stopper immédiatement tous travaux de construction au sein du bien jusqu’à ce que l’impact potentiel de ces projets soit pleinement évalué et que des mesures adaptées soient en place pour éviter la détérioration de la VUE du bien ; 

  7. Encourage l’État partie à poursuivre l’élaboration d’une stratégie claire et d’actions concrètes supplémentaires en faveur de la protection de la région du Grand Lumbini et de son cadre, comprenant notamment Tilaurakot et Ramagrama, et de réduire les activités industrielles grandissantes à proximité du bien ;
  8. Demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien afin d’évaluer son état de conservation global, revoir le CGI, les études en cours et les propositions d’aménagement et contribuer à trouver des solutions appropriées et en amont cohérentes avec la sauvegarde de la VUE du bien pour le projet Lumbini, Ville mondiale de la paix, et tout autre projet de développement éventuel ;
  9. Demande finalement à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.
Projet de décision : 43 COM 7B.71

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la Décision 42 COM 7B.13, adoptée à sa 42esession (Manama, 2018),
  3. Note les avancées effectuées pour finaliser le Cadre de gestion intégré (CGI), mais regrette le retard supplémentaire constaté pour son adoption par l’État partie ;
  4. Note avec préoccupation que des activités de développement ont été entreprises au sein du bien et de la zone tampon avant l’adoption formelle du CGI, sans avoir mené les évaluations d’impact nécessaires, suivi la carte des risques archéologiques ou notifié le Centre du patrimoine mondial, comme le requiert le paragraphe 172 des Orientations, et par conséquent réitère sa demande urgente à l’État partie d’adopter et de mettre en œuvre le CGI en priorité et de mener systématiquement des évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) pour tout projet proposé, avec une partie spécifique consacrée à l’impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément au Guide pour les évaluations d’impact sur le patrimoine appliquées aux biens du patrimoine mondial (ICOMOS, 2011), avant de mener tous travaux supplémentaires au sein du bien ou de zones adjacentes identifiées comme ayant une importance archéologique potentielle ;
  5. Exprimant sa préoccupation sur le projet Lumbini, Ville mondiale de la paix, et ses impacts potentiels sur le bien, réitère également sa demande à l’État partie de fournir des détails sur ce projet, y compris une EIP complète préparée conformément au Guide de l’ICOMOS susmentionné, et que cette évaluation soit transmise au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant que toute activité soit mise en œuvre ou que toute décision irréversible soit prise ;
  6. Regrette également que l’État partie n’ait transmis aucune information sur les propositions de projet d’aménagement concernant le bien, comme requis par le paragraphe 172 des Orientations, ni de réponse aux demandes précédentes du Centre du patrimoine mondial, y compris :
    1. la construction en cours d’une salle de conférence temporaire à Lumbini,
    2. le projet de construction de la cimenterie Shree Ram, situé à proximité du site de Lumbini, et
    3. la construction d’une salle de méditation bouddhiste d’une capacité de 5 000 personnes située au sein de la zone du Plan directeur Kenzo Tange de Lumbini, à proximité du jardin secret du site de Lumbini ;

et prie instamment l’État partie de stopper immédiatement tous travaux de construction au sein du bien jusqu’à ce que l’impact potentiel de ces projets soit pleinement évalué et que des mesures adaptées soient en place pour éviter la détérioration de la VUE du bien ; 

  1. Encourage l’État partie à poursuivre l’élaboration d’une stratégie claire et d’actions concrètes supplémentaires en faveur de la protection de la région du Grand Lumbini et de son cadre, comprenant notamment Tilaurakot et Ramagrama, et de réduire les activités industrielles grandissantes à proximité du bien ;
  2. Demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien afin d’évaluer son état de conservation global, revoir le CGI, les études en cours et les propositions d’aménagement et contribuer à trouver des solutions appropriées et en amont cohérentes avec la sauvegarde de la VUE du bien pour le projet Lumbini, Ville mondiale de la paix, et tout autre projet de développement éventuel ;
  3. Demande finalement à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.
Année du rapport : 2019
Népal
Date d'inscription : 1997
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(vi)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2019) .pdf
arrow_circle_right 43COM (2019)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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