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Parc national de Serengeti

République-Unie de Tanzanie
Facteurs affectant le bien en 2001*
  • Activités illégales
  • Identité, cohésion sociale, modifications de la population locale / des communautés
  • Impacts des activités touristiques / de loisirs des visiteurs
  • Infrastructures de transport de surface
  • Infrastructures hydrauliques
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Autres menaces :

    Menaces pour les migrations et les populations de faune sauvage

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Braconnage
  • Augmentation rapide de la population
  • Projets de développement touristique d'initiative locale mal conçus
  • Nécessité de renforcer la coordination avec la Réserve de Masai/Mara située au Kenya
  • Projet de route
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2001
Demandes approuvées : 4 (de 1989-1999)
Montant total approuvé : 59 500 dollars E.U.
1999 Project Planning Workshop for Strengthening ... (Approuvé)   7 500 dollars E.U.
1999 UNESCO'S Toyota LandCruisers originally destined for ... (Approuvé)   10 000 dollars E.U.
1990 Additional contribution towards the purchase of a ... (Approuvé)   12 000 dollars E.U.
1989 Purchase of a film-van and accessories for Serengeti ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2001**
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2001

Le Centre et l’UICN ont reçu plusieurs rapports concernant le projet hydroélectrique d’Ewaso Ng’iro (ENP) au Kenya et son impact potentiel sur les écosystèmes du Serengeti et du Mara. L’entreprise publique Kenya Electricity Generating Company propose de construire trois barrages le long du fleuve Ewaso Ng’iro pour produire 180 MW d’électricité. Le projet coûterait 350 millions de dollars à son achèvement en 2007. Ce programme, s’il était mis en œuvre, relierait le réseau hydrographique du fleuve Mara par un tunnel de 3,5 km au bassin hydrographique supérieur du fleuve Ewaso Ng’iro et les eaux se déverseraient finalement dans le lac Natron, vers l’est, au lieu du lac Victoria vers l’ouest.

 

L’ENP a donné lieu à une série d’études d’impact environnemental et de débats qui en ont retardé la mise en œuvre. Les impacts potentiels, en cas de mise en service, incluent des conséquences en aval sur le lac Natron en Tanzanie (extension possible jusqu’aux Réserves de la Vallée du Rift, site du patrimoine mondial) et un impact écologique potentiel sur le Parc national de Serengeti. L’UICN a reçu un rapport de la Société zoologique de Francfort qui signale des impacts potentiels du projet, en cas de mise en œuvre, sur la conservation du Parc national de Serengeti :

·  La caractéristique essentielle de l’écosystème du Serengeti, qui s’étend sur plusieurs aires protégées, y compris le site du patrimoine mondial, est la migration des animaux sauvages. Le nombre d’animaux sauvages de ce système dépend de la pluviométrie en saison sèche (et par conséquent de la présence d’herbe) dans le système hydrographique du Mara. Actuellement, la migration du Serengeti comprend environ 1,2 million d’animaux sauvages et 200.000 zèbres. Cela constituait une caractéristique importante lors de l’inscription de ce site.

·  Si le Mara devait s’assécher, une grande partie de la faune sauvage périrait et la migration du Serengeti disparaîtrait de manière irréversible. On s’inquiète que bien que l’ENP s’efforce de maintenir une certaine quantité d’eau dans le Mara, même en cas de grande sécheresse, ces périodes de sécheresse créeraient également la plus grande pénurie d’électricité au Kenya. En conséquence, il y aurait une pression imprévisible sur la demande pour transférer tout le volume d’eau disponible du Mara dans le projet hydroélectrique Ewaso Ng’iro.

·  Même dans des conditions climatiques normales, le projet pourrait porter atteinte au site du patrimoine mondial du Serengeti et avoir des conséquences sur les revenus du tourisme en Tanzanie et au Kenya. En juin 2001, les Parcs nationaux de Tanzanie, ainsi que la Société zoologique de Francfort et l’Institut australien pour les sciences marines ont mis au point un modèle écologique pour tester l’impact possible du projet de dérivation des eaux de l’Amala sur la migration du Serengeti (Gereta, E., Wolanski, E., et  Borner, M., 2001. Modeling the Impact on the Serengeti Ecosystem of the Proposed Amala Weir Water Diversion Project in Kenya). 

 

Le modèle a utilisé différents taux d’extraction pour montrer les impacts sur la population d’animaux sauvages. Il a montré que l’effet du programme d’extraction des eaux de l’Amala ne sera négligeable que quand les précipitations sont moyennes ou au-dessus de la moyenne. L’effet devrait devenir important en cas de sécheresse (c’est-à-dire une année où les précipitations annuelles sont 30 % inférieures à la moyenne à long terme). Dans une telle situation inhabituelle, sans considérer la possibilité d’une dérivation des eaux en amont par les autorités kenyanes, il est prévu que le programme de dérivation des eaux de l’Amala entraîne la mort d’au moins 20 % des animaux sauvages, c’est-à-dire bien plus que le taux normal de mortalité de 10-20 % lors d’une telle sécheresse. Le temps de récupération dans une telle situation prendra entre 15 et 20 ans. Etant donné qu’une sécheresse se produit en moyenne tous les dix ans, les animaux sauvages ne pourraient jamais récupérer. En cas de sécheresses répétées, la population d’animaux sauvages tomberait en-dessous de 200.000, nombre à partir duquel elle ne pourrait pas récupérer car le contrôle représenté par la lutte menée par les prédateurs aurait le dessus.

 

Il est bien entendu que la Communauté de l’Afrique de l’Est a débattu de cette question et le projet a effectivement été abandonné pour l’instant. L’UICN considère que le Comité devrait prendre note de ce projet et suivre son évolution. L’UICN comprend que l’écosystème Serengeti-Mara a subi des modifications considérables ces dernières années, notamment :

·  Un important peuplement et un développement généralisé d’une agriculture intensive et à grande échelle le long de la majorité de la partie kenyane du Mara ces dernières années, avec une augmentation exponentielle de la demande en eau pour l’irrigation et l’eau potable ;

·  Le fleuve est maintenant exploité pratiquement tout le long de son cours, excepté dans la petite partie du Serengeti ;

·  Dans la Réserve nationale de Masaï Mara et les zones de nature sauvage adjacentes, le développement des équipements touristiques a été énorme, ce qui a eu des conséquences sur la demande en eau et sur les apports d’ordures ;

·  La zone forestière a diminué, comme la capacité du sol de retenir l’eau. Les pluies causent donc des inondations plus importantes, ce qui érode le bord des rivières. Inversement, pendant la saison sèche, il y a moins d’eau qui reste dans le sol et le flux est donc progressivement moins important. Il en résulte que le Mara est de plus en plus bas pendant la saison sèche.

 

L’UICN a été informée que le Bureau régional du WWF pour l’Afrique de l’Est a commencé à mettre au point une Initiative concernant le bassin d’alimentation du Mara. L’objectif sera de conserver la biodiversité unique du bassin d’alimentation du fleuve ; d’assurer le maintien de fonctions naturelles par un équilibrage de l’offre et de la demande des produits de la biodiversité ; et de mettre au points de nouveaux moyens de subsistance pour les communautés. Dans le cadre de la phase préliminaire de cette Initiative, le WWF a récemment commandé un rapport sur l’hydrologie de la partie kenyane du Mara, afin d’étudier les modifications de l’utilisation des terres et leurs conséquences sur le flux et la qualité du fleuve. L’UICN fait remarquer que le Parc national de Serengeti est l’un des sites expérimentaux du Projet Mise en valeur de notre patrimoine, financé par l’UNF.

 

L’UICN note que la Communauté de l’Afrique de l’Est a défini l’écosystème Serengeti/Mara comme un écosystème transfrontalier prioritaire à gérer en commun. Elle note également que l’on avait proposé d’inclure la Réserve Masaï Mara au site du patrimoine mondial de Serengeti en 1997, mais que cette demande avait été rejetée par les Parcs nationaux de Tanzanie – institution chargée du site du Serengeti – car ceux-ci s’inquiétaient de l’absence de régime efficace de protection ou de gestion.

 

L’UICN considère que cela vaut la peine que les Etats parties du Kenya et de la Tanzanie créent un comité commun par le biais de la Commission sur la Coopération en Afrique de l’Est pour entreprendre des études plus approfondies sur la totalité des bassins d’alimentation de l’Ewaso Ng’iro, du lac Natron et du système hydrographique du Mara.

 

L’UICN note que le Serengeti n’est pas seulement un site du patrimoine mondial et une Réserve de biosphère, mais aussi la principale attraction touristique de Tanzanie, pays où le revenu du tourisme est le principal apport en devises étrangères. Elle note également que la raison essentielle pour laquelle le Serengeti est un site du patrimoine mondial – la migration des animaux sauvages – pourrait être potentiellement mise en défaut par une future mise en œuvre de l’ENP. L’UICN reconnaît que tout impact négatif sur l’ensemble des animaux sauvages en saison sèche a potentiellement de très grandes incidences sur les critères qui ont permis l’inscription du Serengeti. L’UICN note également que le Mara constitue un habitat pour la forêt riveraine qui abrite de nombreux oiseaux rares des forêts et une faune diverse et dont dépendent de nombreuses populations de crocodiles et d’hippopotames. Il est clair  que la dérivation des eaux du Mara comporte un facteur de risque élevé. Cette dérivation ne peut être considérée isolément, mais dans le contexte d’autres problèmes écologiques comme la modification rapide de l’utilisation des terres et le déboisement des bassins d’alimentation, ainsi que les conséquences du changement climatique. La plupart des grands problèmes écologiques/environnementaux surviennent à la suite d’une combinaison complexe de facteurs. L’UICN estime qu’il faut appliquer le principe de précaution pour éviter toutes mesures risquant d’augmenter le risque d’assèchement du Mara.

Décisions adoptées par le Comité en 2001
25 COM VIII
Rapports sur l'état de conservation de biens naturels inscrits dont le Comité a pris note

Rapports sur l'état de conservation de biens naturels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial dont le Comité a pris note

La Grande Barrière (Australie)

Ile Fraser (Australie)

Les Sundarbans (Bangladesh)

Forêt Belovezhskaya Pushcha / Bialowieza (Bélarus et Pologne)

Parc national du Gros-Morne (Canada)

Pac national Nahanni (Canada)

Parc national de Los Katios (Colombie)

Grottes du karst aggtelek et du karst slovaque (Hongrie et Slovaquie)

Le Comité a noté que les questions soulevées concernaient exclusivement la partie slovaque de ce site transfrontalier.

Parc national des Sundarbans (Inde)

Le Délégué de l'Inde a informé le Comité qu'il n'y a pas de projet de construction de voies navigables prévu ou risquant d'avoir un impact quelconque sur le site.

Parc national de Kaziranga (Inde)

Parc national de Komodo (Indonésie)

Parc national de Lorentz (Indonésie)

L'Observateur de l'Indonésie a remercié les autorités australiennes de leur assistance financière. Il a informé le Comité qu'il serait difficile de respecter la date limite du 1er février et qu'un rapport pourrait être présenté fin mars 2002.

Isole Eolie (Iles Eoliennes) (Italie)

L'Observatrice de l'Italie a confirmé qu'il y avait eu une décision de justice le 4 décembre 2001, qui n'était pas encore publique, mais qu'elle serait disponible prochainement. Elle a informé le Comité qu'il serait difficile de respecter la date limite du 1er février et qu'un rapport pourrait être fourni vers la fin du mois de mars 2002.

Parc national du Gunung Mulu (Malaisie)

Parc national du Banc d'Arguin (Mauritanie)

Le Délégué de l'Egypte a attiré l'attention du Comité sur l'importance de protéger les zones humides qui servent de haltes aux oiseaux migrateurs le long de leurs itinéraires. Il a suggéré que le Centre du patrimoine mondial dispose d'un plan définissant les zones humides importantes pour les oiseaux et qu'il utilise ces informations pour créer des sites « satellites » du patrimoine mondial. Le représentant de l'UICN a évoqué la coopération entre le Centre du patrimoine mondial et la Convention de Ramsar et BirdLife International pour protéger les zones humides. Il a également souligné l'importance des aires qui entourent les aires classées au patrimoine mondial et les liens avec le Programme sur l'Homme et la biosphère pour la protection des sites. Le Secrétariat a donné des détails sur les discussions en cours avec le Secrétariat de la Convention des Espèces Migratrices pour établir un mémorandum d'accord entre ces deux Conventions.

Sian Ka'an (Mexique) 

La Déléguée du Mexique a indiqué que la confirmation du Plan écologique d'utilisation des terres en est actuellement à sa phase finale et elle a donc demandé que la date limite de remise du rapport au Bureau soit fixée au 15 mai 2002 pour examen par la vingt-sixième session du Comité en juin.

Parc national de Royal Chitwan (Népal)

Caucase de l'Ouest (Fédération de Russie)

Montagnes de l'Altaï (Fédération de Russie)

Parc national de Doñana (Espagne)

Réserve forestière de Sinharaja (Sri Lanka)

Baie d'Ha Long (Viet Nam)

Chaussée des Géants et sa côte (Royaume-Uni)

Ile de St Kilda (Royaume-Uni)

Parc national de Serengeti (République-Unie de Tanzanie)

Parc national des Great Smoky Mountains (États-Unis d'Amérique)

Parc national Canaima (Venezuela)

 

Le Bureau pourrait souhaiter adopter le texte suivant :

« Le Bureau note que le projet de l’ENP a été débattu par la Communauté de l’Afrique de l’Est et a été abandonné pour l’instant. Le Bureau note les impacts potentiels de toute mise en œuvre du programme de l’ENP sur le site du patrimoine mondial du Serengeti et il demande à être tenu informé de l’évolution de la situation par les Etats parties de la Tanzanie et du Kenya. » 

Année du rapport : 2001
République-Unie de Tanzanie
Date d'inscription : 1981
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(x)
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 25COM (2001)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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