Faites une recherche à travers les informations du Centre du patrimoine mondial.

Ville de Potosí

Bolivie (État plurinational de)
Facteurs affectant le bien en 2013*
  • Exploitation minière
  • Pollution des eaux de surface
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Autres menaces :

    Instabilité et risque d’affaissement du Cerro Rico ; Carences au niveau de la conservation : attention particulière requise pour la restauration et la revalorisation des structures à usage résidentiel et pour le patrimoine archéologique industriel

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Dégradation potentielle du site historique par des activités minières incessantes et incontrôlées dans la montagne du Cerro Rico ;
  • Instabilité et risque d’affaissement du Cerro Rico ;
  • Carences au niveau de la conservation : attention particulière requise pour la restauration et la revalorisation des structures à usage résidentiel et pour le patrimoine archéologique industriel ;
  • Application inefficace de la législation en matière de protection ;
  • Impacts environnementaux sur la rivière qui affecte à son tour le tissu historique et la population locale.
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2013

Montant total accordé: 10 000 dollars EU pour une mission technique du Centre du Patrimoine Mondial/ICOMOS en 2005, financée par le Fonds-en-dépôt espagnol pour le patrimoine mondial.

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2013
Demandes approuvées : 4 (de 1988-2010)
Montant total approuvé : 53 785 dollars E.U.
2010 Technical assistance for the preservation of the Cerro ... (Approuvé)   26 285 dollars E.U.
1994 Restoration of mural paintings in the Church of La ... (Approuvé)   15 000 dollars E.U.
1992 Conservation of the Kari-Kari Lagoons (Non approuvé)   0 dollars E.U.
1991 Mission to advise on the measures to be taken for the ... (Approuvé)   5 000 dollars E.U.
1988 Advise the authorities on the elaboration of a ... (Approuvé)   7 500 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2013**

Novembre 2005 et février 2011 : mission technique du Centre du patrimoine mondial/ICOMOS.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 8 mars 2013 contenant des informations sur l’histoire de l’activité minière à Potosi, sur le cadre juridique afférent au bien et sur la situation actuelle du Cerro Rico. De même, des informations ont été reçues en août 2012 concernant le projet « Préservation morphologique du Cerro Rico – Potosi, une étude effectuée par SGT Consultora », datée de janvier 2011. Un rapport d’avancement du ministère des Mines et de Métallurgie, soumis au Directeur général du patrimoine culturel en août 2012, a également été soumis pour examen.

a)  Comité d’urgence

L’État partie rapporte qu’un Comité interinstitutionnel a été crée en 2007, se composant de représentants du ministère des Mines et de la Métallurgie, du Ministère des Cultures, du gouvernement de Potosi, du gouvernement municipal de Potosi, de l’Université autonome Tomas Frias, de la Corporation Minière Bolivienne Régionale de Potosi (COMIBOL), du Comité civique de Potosi, de la Fédération des Coopératives Minières de Potosi (FEDECOMIN), du Conseil départemental des Cultures, de la Société des ingénieurs de Bolivie et du Service National de Géologie et des Techniques Minières (SERGEOTECMIN).

Le rapport d’avancement soumis en août 2012 fait savoir que le Comité interinstitutionnel a poursuivi ses réunions périodiques et que l’Université autonome Tomas Frias a ébauché un projet pour la stabilisation de l’affaissement au sommet du Cerro Rico. Il y est également mentionné que le Comité interinstitutionnel va rédiger un projet définitif sur la base du projet de l’Université autonome et du Plan d’action présenté par la COMIBOL en novembre 2011. Aucun autre détail n’a été donné dans le rapport de mars 2013 concernant cette proposition ni le fonctionnement du Comité interinstitutionnel.

Le rapport n’apporte aucun éclaircissement sur les amendements apportés ou non à l’Article 6 du Décret Suprême 27787 adopté en octobre 2004 ni sur l’application ou non du moratoire sur les explorations, extractions et autres interventions en sous-sol et en surface entre 4 400 m et 4 700 m d’altitude.

b)  Études géophysiques et topographiques, stabilisation du sommet de la montagne et système de suivi

L’État partie fait savoir que l’étude de tomographie pour le Cerro Rico est en cours de finalisation ; le rapport a analysé la géologie et la morphologie de la montagne, les activités minières, la sécurité, la pollution, les conditions environnementales et les menaces sur le patrimoine et fait part de recommandations pour chacun des 3 secteurs (sommet, zone intermédiaire et bas). Afin de contrôler davantage les activités minières, un plan d’identification des niveaux de pollution assortie de mesures de protection des ouvriers a été proposé. Toutefois, il n’a été fait mention d’aucun calendrier d’achèvement de ces études ni de mise en œuvre des recommandations.

Le rapport contient des informations sur les sérieuses conditions actuelles et les quatre zones de risques élevés identifiées sur le Cerro Rico, ainsi que sur les risques identifiés à l’intérieur des mines. L’État partie note que le 9 novembre 2012, un contrat de 2,3 millions de dollars EU a été attribué à Q & Q, une société bolivienne, pour réaliser des travaux de préservation et conservation sur l’effondrement au niveau du sommet du Cerro Rico et sur les affaissements identifiés. Ces travaux devraient être terminés en novembre 2013. Les cahiers des charges et le processus de passation de contrat ont été établis pour ces travaux, mais, ils n’ont pas encore été soumis pour examen. Le rapport mentionne que pour les travaux, la mine de San Luis a été réhabilitée et qu’une route a été construite afin que les matériaux puissent être transportés jusqu’au sommet. Les mesures de sécurité prévues sont mentionnées mais aucun détail n’est donné sur le calendrier de leur mise en œuvre.

L’État partie fait également observer que la COMIBOL a fait de la préservation des caractéristiques, de la topographie et de l’environnement naturel du Cerro Rico un objectif important concernant les futures activités minières. Aucune information détaillée ni calendrier ne sont toutefois donnés sur la manière dont cette intention va être transformée en actions. Le rapport rend également compte des chiffres actuels de l’extraction minière et de l’intention du Ministère des Mines d’élaborer des cadres juridiques pour contrôler de façon permanente les opérations.

Enfin le rapport évoque l’existence d’un projet, émanant de Maniquiri Enterprise, de créer un itinéraire touristique pour visiter 140 entrées de mines disséminées dans la zone d’exploitation, qui inclurait des visites du musée et la restauration du canal colonial entre les lacs San Sebastian et Chalviri. Aucun détail technique sur ce projet n’a été inclus.

c)  Plan de gestion

L’État partie a soumis des informations sur le Plan directeur pour la réhabilitation des zones historiques de Potosi (1991-2009) qui a été produit par une équipe d’experts venus d’Espagne et de Bolivie. Le Plan directeur se compose d’un plan pédagogique stratégique, d’un plan d’action et d’un plan directeur pour l’environnement, d’un plan routier et de réorganisation des transports et d’un plan sanitaire stratégique. D’autres documents imprimés ont été envoyés par l’État partie, notamment le Programme de réhabilitation des logements dans le centre historique de Potosi, élaboré par la Junta de Andalucia qui inclut des cas réussis d’édifices restaurés, les réglementations en matière de préservation des zones historiques de Potosi, élaborées en 1992 et approuvées par arrêté municipal en 1993, l’inventaire et le Plan directeur pour la Ribera de los Ingenios Mineros de Potosi, et le Plan directeur pour la réhabilitation du centre historique de Potosi, ainsi que le rapport correspondant sur les résultats et les données chiffrées sur les investissements.

Étant donné que la documentation remise sur le Plan directeur ne porte pas de date et qu’aucune autre information n’est donnée sur ces documents de planification dans le rapport sur l’état de conservation, il n’est pas clair s’ils ont été mis en œuvre, s’ils ont été revus ni quelle suite a été donnée à la recommandation faite par le Comité du patrimoine mondial sur l’élaboration d’un plan de gestion participatif. 

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2013

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que le rapport sur l’état de conservation du bien ne donne pas d’informations détaillées sur la mise en œuvre des recommandations faites par le Comité du patrimoine mondial pour améliorer la sécurité et la stabilité du site, ainsi que les autres conditions nécessaires pour permettre des activités minières durables. Avec les données communiquées, il n’est pas possible de vérifier si des mécanismes de gestion ont été mis en place avec succès, si le Plan de gestion a été entièrement revu et actualisé ni quel est l’état de conservation actuel de la ville de Potosi. De plus, aucune information n’a été soumise concernant le renforcement du Décret Suprême 27787 ni les amendements apportés ou non à son Article 6 pour cesser toutes les explorations, extractions et autres interventions susceptibles de constituer un risque sérieux pour la stabilité du Cerro Rico.

Ils sont également d’avis que des progrès ont été faits dans la réalisation de la recherche scientifique nécessaire à l’évaluation de l’état actuel du Cerro Rico. Toutefois, ils soulignent qu’il est essentiel de finaliser les études scientifiques du Cerro Rico afin qu’une stratégie intégrale pour sa stabilisation puisse être formulée et mise en œuvre de toute urgence, en incluant un suivi systématique des conditions de stabilité. À cet égard, le coût et la disponibilité de la technologie utilisée pour les diverses études devront être pris en considération lors de la définition de la stratégie. Ils précisent que les rapports définitifs et la stratégie doivent être soumis pour examen avant de commencer les travaux de mise en œuvre.

Ils notent également que des travaux ont commencé en dépit de l’absence d’une stratégie intégrale pour la stabilisation du Cerro Rico. Ils soulignent que la prudence doit être de mise dans la réalisation d’autres interventions jusqu’à ce que toutes les informations demandées aient été correctement réunies, systématisées et analysées afin que tous les facteurs soient pris en compte pour une prise de décision informée. Ils recommandent au Comité d’exprimer son inquiétude quant à construction de la route au sommet du Cerro Rico qui pourrait être justifiée pour permettre l’accès aux zones identifiées pour une intervention prioritaire mais qui pourrait être propice à la poursuite d’opérations minières illégales entre 4 400 m et 4 700 m d’altitude, sauf si le moratoire est appliqué avec efficacité. Ils suggèrent que des informations soient données à cet égard et que des mesures soient mises en place pour garantir un accès limité aux seuls travaux d’urgence prioritaires.

Au vu de ce qui précède, le Comité du patrimoine mondial peut souhaiter recommander qu’une mission de suivi réactif soit menée sur le bien pour en évaluer les conditions actuelles et estimer s’il existe ou non des dangers avérés ou potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle du bien susceptibles de justifier son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décisions adoptées par le Comité en 2013
37 COM 7B.91
Ville de Potosi (Bolivie) (C 420)

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant la décision 36 COM 7B.96 , adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Prend note des informations soumises par l’État partie et regrette l’insuffisance des détails fournis pour évaluer de manière globale les facteurs qui affectent actuellement le bien ;

4.  Réitère ses demandes à l’État partie :

a)  d’apporter des éclaircissement sur les amendements apportés ou non à l’Article 6 du Décret Suprême 27787 d’octobre 2004 et sur l’application ou non du moratoire sur toutes les explorations, extractions et autres interventions en sous-sol et en surface entre 4 400 m et 4 700 m d’altitude,

b)  de donner de plus amples détails sur la portée et l’étendue des opérations envisagées pour les interventions au sommet du Cerro Rico,

c)  de finaliser les études scientifiques pour le Cerro Rico et d’élaborer une stratégie intégrale pour sa stabilisation et son suivi,

d)  de donner des détails sur les dispositions actuelles du système de gestion pour le bien, incluant des informations sur les modalités et calendriers des travaux de conservation et réhabilitation, projets d’utilisation publique et plans de gestion des risques ;

5.  Demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif de l’ICOMOS courant 2013 pour évaluer l’état de conservation actuel du bien et pour estimer s’il existe des dangers avérés ou potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle du bien susceptibles de justifier son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;

6.  Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.

Projet de décision :  37 COM 7B.91

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant la décision 36 COM 7B.96, adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Prend note des informations soumises par l’État partie et regrette l’insuffisance des détails fournis pour évaluer de manière globale les facteurs qui affectent actuellement le bien ;

4.  Réitère ses demandes à l’État partie :

a)  d’apporter des éclaircissement sur les amendements apportés ou non à l’Article 6 du Décret Suprême 27787 d’octobre 2004 et sur l’application ou non du moratoire sur toutes les explorations, extractions et autres interventions en sous-sol et en surface entre 4 400 m et 4 700 m d’altitude,

b)  de donner de plus amples détails sur la portée et l’étendue des opérations envisagées pour les interventions au sommet du Cerro Rico,

c)  de finaliser les études scientifiques pour le Cerro Rico et d’élaborer une stratégie intégrale pour sa stabilisation et son suivi,

d)  de donner des détails sur les dispositions actuelles du système de gestion pour le bien, incluant des informations sur les modalités et calendriers des travaux de conservation et réhabilitation, projets d’utilisation publique et plans de gestion des risques ;

5.  Demande également à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif de l’ICOMOS courant 2013 pour évaluer l’état de conservation actuel du bien et pour estimer s’il existe des dangers avérés ou potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle du bien susceptibles de justifier son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;

6.  Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.

 

Année du rapport : 2013
Bolivie (État plurinational de)
Date d'inscription : 1987
Catégorie : Culturel
Critères : (ii)(iv)(vi)
Liste en péril (dates) : 2014-présent
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 37COM (2013)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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