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Parc national d'Iguaçu

Brésil
Facteurs affectant le bien en 2006*
  • Activités illégales
  • Habitat
  • Infrastructures de transport de surface
  • Infrastructures hydrauliques
  • Ressources financières
  • Ressources humaines
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Proposition de construction de barrages hydrauliques ;

b) Pression pour réouvrir une route illégale ;

c) Activités illégales d’exploitation forestière et de chasse ;

d) Aménagements non coordonnées ;

e) Manque de coopération transfrontalière ;

f) Absence de financement durable.

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2006
Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2006**

Mission UNESCO/UICN, mars 1999 ; Mission UNESCO/UICN, mars 2005.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2006

Le 3 mars 2006, l’État partie a soumis un rapport qui suit la présentation recommandée pour les rapports périodiques. Ce rapport décrit plusieurs problèmes de gestion actuels, notamment i) la pression permanente pour réouvrir la route illégale Estrada do Colono ; ii) l’accroissement démographique, le développement urbain et la pollution associée près des limites du parc ; iii) le développement de l’agriculture et la pollution par les pesticides associée ; iv) la présence d’espèces étrangères envahissantes ; v) d’importantes activités d’extraction de flore et de faune, et de chasse ; et vi) une proposition de construction d’un barrage hydraulique. Le rapport invoque le manque de personnel (41 policiers forestiers travaillent actuellement comme garde parcs) comme principale cause de l’incapacité de résoudre plusieurs de ces problèmes.

L’annexe 1 du rapport de l’État partie donne plus de détails sur la proposition de construction d’une « Centrale hydroélectrique sur le cours inférieur de l’Iguaçu » en amont du site. Elle indique que l’infrastructure associée au barrage serait construite à 150 mètres des limites du parc, que d’importants travaux de terrassement seraient effectués tout près de ces limites et qu’un canal de drainage serait creusé à l’intérieur même du parc. Citant l’étude d’impact sur l’environnement (EIE), elle expose que « des modifications radicales des cycles biologiques et géomorphiques liés aux précipitations » feront partie des impacts en aval du barrage, donc dans les eaux situées à l’intérieur des limites du parc et partagées par le Brésil et l’Argentine. Elle affirme également que « la construction du [barrage] est source des facteurs de pression imprévisibles » et « quand les facteurs synergiques et cumulatifs [sont pris en compte], les impacts prennent encore plus d’ampleur, du fait que le [barrage] est situé près du Parc national de l’Iguaçu ». Le rapport de l’État partie met en doute le droit d’un gouvernement provincial (Paraná) d’approuver des travaux d’infrastructure ayant des impacts sur les eaux limitrophes internationales qui coulent entre les biens du patrimoine mondial du Parc national de l’Iguaçu (Brésil) et du Parc national d’Iguazu (Argentine). 

Des études ont montré que les barrages ont plusieurs effets en aval, notamment des modifications de la qualité de l’eau ; des effets sur la température des cours d’eau, la charge en matières nutritives, la turbidité, les gaz dissous, la concentration en métaux lourds et en minéraux. L’EIE pour ce barrage fait remarquer que 62% des espèces de poisson établies sur le site du barrage sont endémiques au fleuve Iguaçu et que 3 d’entre elles sont menacées d’extinction. 

Le rapport de l’État partie décrit deux autres propositions de construction de barrages hydrauliques en aval des chutes de l’Iguaçu. Le barrage de Corpus, sur le fleuve Paraná (Argentine) élèverait de 2 m le niveau des eaux de l’Iguaçu à la base des chutes, ce qui supprimerait les rapides en aval et perturberait les écosystèmes du fleuve. Une autre proposition de barrage détournerait 20 % des eaux de l’Iguaçu en un endroit situé à l’intérieur du parc.

Des informations ont été reçues selon lesquelles avec l’approche des élections nationales au Brésil la pression politique s’intensifie pour faire réouvrir la route Estrada do Colono. Comme indiqué dans les rapports antérieurs sur l’état de conservation, l’ouverture d’une route à l’intérieur du bien du patrimoine mondial compromettrait sérieusement l’intégrité du bien.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent avec une vive inquiétude qu’apparemment aucun progrès n’a été fait pour garantir un financement durable du bien, notamment en ce qui concerne les programmes en cours avec les communautés, comme le recommandaient la décision 29 COM 7B.28 et la mission effectuée en 2005 par l’UNESCO et l’UICN.

Décisions adoptées par le Comité en 2006
30 COM 7B.31
Etat de conservation (Parc national d'Iguaçu)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Rappelant la décision 29 COM 7B.28, adoptée à sa 29e session (Durban, 2005),

3. Prie instamment l'État partie à veiller à ce que la route Estrada do Colono ne soit pas réouverte, en prenant des dispositions pour que les problèmes locaux soient réglés par d'autres moyens;

4. Insiste également pour que l'État partie apporte un soutien total aux autorités du parc dans l'accomplissement de leur mission et qu'il garantisse un financement durable du bien, en particulier pour les programmes en cours avec les communautés;

5. Exprime de nouveau son inquiétude à propos du projet de centrale hydroélectrique sur le cours inférieur de l'Iguaçu et à propos des propositions de construction de barrages hydrauliques, dont certains en Argentine tout près du bien;

6. Demande à l'État partie de respecter pleinement la Convention du patrimoine mondial, en particulier l'article 6.3, et de ne prendre aucune initiative qui mette en péril les valeurs et l'intégrité d'un bien situé sur le territoire d'un autre État partie à ladite Convention;

7. Demande également à l'État partie de ne pas donner son autorisation pour les barrages;

8. Demande aux deux États parties, Argentine et Brésil, de fournir d'ici le 1 décembre 2006 au Centre du patrimoine mondial et à l'UICN un rapport donnant tous les détails sur la nature et l'ampleur des projets hydroélectriques existants et proposés, ainsi que sur leurs impacts potentiels sur les parcs nationaux de l'Iguazu et de l'Iguaçu, avant de prendre toute décision à ce sujet, afin de permettre au Centre du patrimoine mondial et à l'UICN de déterminer si une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN sur place s'impose avant la prochaine session du Comité;

9. Recommande qu'un système d'indicateurs de l'état de conservation du Parc national de l'Iguaçu, avec notamment des indicateurs des problèmes de gestion évoqués dans le rapport de l'État partie, soit élaboré et serve de base au suivi permanent de ce bien;

10. Demande en outre à l'État partie du Brésil de fournir au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1 février 2007 un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien, en indiquant notamment où en sont le problème de la route Estrada do Colono et la question du financement durable, pour examen par le Comité à sa 31e session en 2007.

Projet de décision : 30 COM 7B.31

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-06/30.COM/7B,

2. Rappelant la décision 29 COM 7B.28, adoptée à sa 29e session (Durban, 2005),

3. Encourage vivement l’État partie à veiller à ce que la route Estrada do Colono ne soit pas réouverte, en prenant des dispositions pour que les problèmes locaux soient réglés par d’autres moyens ;

4. Insiste également pour que l’État partie apporte un soutien total aux autorités du parc dans l’accomplissement de leur mission et qu’il garantisse un financement durable du bien, en particulier pour les programmes en cours avec les communautés ;

5. Exprime de nouveau son inquiétude à propos du projet de centrale hydroélectrique sur le cours inférieur de l’Iguaçu et à propos des propositions de construction de barrages hydrauliques, dont certains en Argentine tout près du bien ;

6. Demande à l’État partie de respecter pleinement la Convention du patrimoine mondial, en particulier l’article 6.3, et de ne prendre aucune initiative qui mette en péril les valeurs et l’intégrité d’un bien situé sur le territoire d’un autre État partie à ladite Convention ;

7. Demande également à l’État partie de ne pas donner son autorisation pour les barrages et, en coopération avec les autorités argentines, de fournir d’ici le 1er octobre 2006 au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN un rapport donnant tous les détails sur la nature et l’ampleur des projets hydroélectriques existants et proposés, ainsi que sur leurs impacts potentiels sur les parcs nationaux de l’Iguazu et de l’Iguaçu, avant de prendre toute décision à ce sujet, afin de permettre au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN de déterminer si une mission conjointe du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN sur place s’impose avant la prochaine session du Comité ;

8. Recommande qu’un système d’indicateurs de l’état de conservation du Parc national de l’Iguaçu, avec notamment des indicateurs des problèmes de gestion évoqués dans le rapport de l’État partie, soit élaboré et serve de base au suivi permanent de ce bien ;

9. Demande en outre à l’État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2007 un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien, en indiquant notamment où en sont le problème de la route Estrada do Colono et la question du financement durable, pour examen par le Comité à sa 31e session en 2007.

Année du rapport : 2006
Brésil
Date d'inscription : 1986
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(x)
Liste en péril (dates) : 1999-2001
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 30COM (2006)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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