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Parc national de l'Ichkeul

Tunisie
Facteurs affectant le bien en 2008*
  • Eau (pluie/nappe phréatique)
  • Infrastructures hydrauliques
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Impacts négatifs de la construction des barrages ;

b) Apports d'eau insuffisants pour le maintien du système biologique ;

c) Structure de gestion inadaptée ;

d) Absence de plan de gestion.

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2008
Demandes approuvées : 4 (de 1981-2002)
Montant total approuvé : 140 000 dollars E.U.
2002 Elaboration d'un plan d'urgence pour la sauvegarde du ... (Approuvé)   50 000 dollars E.U.
1991 Consultancy, equipment, design and construction costs ... (Approuvé)   40 000 dollars E.U.
1989 Financial contribution to the preparation of exhibits ... (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
1981 Study on Ichkeul National Park (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

L'État partie a soumis son rapport sur l'état de conservation du bien le 27 février 2008, le rapport de suivi scientifique de 2006-2007 et les notes de réunion pour la phase 1 de l'étude sur l'application des modèles de gestion et de prévision pour le bien, ainsi qu'une copie de la version définitive du plan de gestion, approuvé fin 2007 comme l'aboutissement du projet du GEF, mis en œuvre en 2003.

Les principales caractéristiques du plan de gestion sont : la mise en place progressive d'une structure de gestion autonome pour le parc ; des propositions de zonage au sein du parc ; une gestion des ressources hydrologiques passant par une consultation avec les autorités responsables des barrages et par l'application d'un modèle mathématique ; une gestion participative avec les communautés locales et une valorisation passant par un écotourisme durable.

L'État partie a mis en œuvre les recommandations suivantes de la mission de suivi réactif de 2006 et les recommandations du Comité du patrimoine mondial :

a) Structure de gestion

Le plan de gestion identifie une procédure en trois étapes pour la mise en place d'une structure de gestion dotée de pouvoirs décisionnels et d'une autonomie financière adéquate. Au titre de la première étape, un comité a été instauré par décision ministérielle le 24 septembre 2007 et se réunira régulièrement en 2008. Les membres institutionnels ont été identifiés et envisagent de se réunir en 2008 pour préparer l'étape suivante concernant la mise en œuvre de la structure de gestion.

b) Gestion de l'eau

Le plan de gestion identifie la gestion de l'eau comme un élément essentiel de la gestion de l'écosystème du lac et des zones humides, passant par un processus de consultation avec les autorités en charge de l'exploitation des barrages. Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN notent que l'État partie continue de reconnaître l'Ichkeul comme un consommateur d'eau "à part entière", au même plan que l'agriculture, ce qui signifie que le bien est inclus dans les documents d'urbanisme du ministère de l'Agriculture.

Des études ont commencé en 2007 pour actualiser le modèle mathématique de 1996 de prévision et de gestion des ressources hydrologiques, capital pour une bonne gestion du bien. Une première application expérimentale a été effectuée en janvier 2008. L'étude de suivi scientifique de 2006-2007 a rendu compte de la gestion des ressources hydrologiques du bien et a conclu qu'en dépit d'un faible apport d'eau, le modèle utilisé pour aider la gestion des ressources hydrologiques a donné lieu à des améliorations au niveau de l'écosystème aquatique ainsi que de la flore et de la faune qui en dépendent.

c) Recherche et suivi scientifiques

Un rapport détaillé sur la recherche et le suivi scientifiques au sein de l'Ichkeul est joint au rapport de l'État partie. Il signale que les écosystèmes ont recouvré, pour la plupart, un état très proche de celui qu'ils avaient lors de l'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial. Ainsi, bien que l'apport d'eau lors de l'année hydrologique 2006/07 ait été relativement limité, il a été enregistré une augmentation des superficies de végétation submergée (notamment Potamogeton). Grâce à une utilisation réfléchie des vannes, les zones humides ont été largement couvertes de Scirpus, les populations d'oiseaux aquatiques ont été comparablesà celles rencontrées avant la construction des barrages, les captures de poissons, anguilles notamment, ont repris et des roseaux ont commencé à réapparaître sur les bords du lac.

d) Aspects sociaux

En 2007, plusieurs activités de sensibilisation ont été réalisées, notamment la production de documents sur l'écotourisme, distribués auprès des institutions, des écoles et aux visiteurs. Quatre écoles voisines du bien ont créé des clubs d'écologie et deux ateliers nationaux ont été organisés. Un premier projet de stratégie nationale pour l'éducation publique et la communication a également été présenté.

La création d'un programme Action 21 pour l'Ichkeul a été initiée en 2008 en association avec la ville de Tinja, centre administratif près duquel le parc est situé et qui accueille le premier comité Action 21.

Néanmoins, certaines des recommandations de la mission de suivi réactif de 2006 concernant la gestion de l'eau et le suivi scientifique, bien que planifiées, n'ont pas entièrement été mises en œuvre, notamment :

(i) Veiller au bon usage de l'eau déversée depuis le barrage de Sidi el Barrak ;

(ii) Evaluer les effets de la construction envisagée de trois barrages supplémentaires sur l'Ichkeul ;

(iii) Veiller à mettre en place des mesures propres à rétablir le fonctionnement écologique de l'oued Joumine à l'intérieur du parc ; et

(iv) Collecter et conserver en un centre unique les données scientifiques et les rapports sur l'Ichkeul pour en permettre l'analyse et, en particulier, pour le recensement des populations d'oiseaux d'eau hivernants et des oiseaux de montagne ;

 

Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN reconnaissent les importantes réalisations accomplies par l'État partie dans la mise en œuvre des recommandations du Comité du patrimoine mondial et dans le rétablissement des valeurs du bien. Grâce à l'utilisation des vannes, les problèmes potentiels de faible pluviosité et de prélèvement de l'eau ont été dépassés l'an dernier ; il convient par ailleurs de féliciter l'État partie pour sa détermination constante à reconnaître le bien comme un consommateur d'eau "à part entière".

Décisions adoptées par le Comité en 2008
32 COM 7B.7
Parc national de l’Ichkeul (Tunisie) (N 8)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B.Add,

2. Rappelant les décisions 30 COM 7A.12 et 31 COM 7B.13, respectivement adoptées à sa 30e session (Vilnius, 2006) et 31e session (Christchurch, 2007),

3. Félicite l'État partie pour sa gestion réussie des ressources hydrologiques limitées en 2006-7 et note avec satisfaction sa constance à considérer l'Ichkeul comme un consommateur d'eau « à part entière » ;

4. Note également que l'État partie a initié le processus de mise en place de la structure de gestion, dotée de pouvoirs décisionnels et d'une autonomie financière adéquate, comme recommandé par la mission de 2006, et a récemment établi un comité Action 21 ;

5. Accueille favorablement les mesures proposées dans le plan de gestion pour parvenir à une bonne gestion des ressources hydrologiques par le biais d'une coopération avec les autorités en charge de l'exploitation des barrages et de l'application d'un modèle mathématique ;

6. Exprime sa satisfaction quant à l'amélioration continue de l'état de conservation du bien, en particulier la nette réduction de la salinité, qui a permis une reprise des captures de poissons, une plus grande expansion des plantes aquatiques et la présence en nombre d'oiseaux d'eau ;

7. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport actualisé sur la mise en oeuvre des autres recommandations de la mission de suivi de 2006 et la mise en oeuvre du plan de gestion, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session, en 2010.

32 COM 8D
Clarifications des limites et des superficies des biens par les Etats parties suite à l’inventaire rétrospectif

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le Document WHC-08/32.COM/8D,

2. Rappelant les décisions 30 COM 11A.2 et 31 COM 11A.2, adoptées respectivement lors de ses 30e (Vilnius, 2006) et 31e (Christchurch, 2007) sessions,

3. Rappelle que, comme il a été décidé lors de sa 31e session (Christchurch, 2007) par la décision 31 COM 11A.2, le Centre du patrimoine mondial ainsi que les organisations consultatives ne seront pas en mesure d'examiner des propositions de modifications mineures ou importantes des limites pour les biens du patrimoine mondial dont les limites à l'époque de l'inscription ne sont pas claires ;

4. Félicite les États parties dans la région de l'Europe ainsi que les États parties de l'Egypte, du Maroc et de la Tunisie pour l'excellent travail accompli dans la clarification de la délimitation de leurs biens du patrimoine mondial et les remercie pour leurs efforts visant à améliorer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial ;

5. Prend note des clarifications des limites et des superficies de biens fournies par les États parties suivants dans les régions européenne et arabe en réponse à l'Inventaire rétrospectif, telles que présentées dans l'annexe du document WHC-08/32.COM/8D :

  • Arménie : Monastères d'Haghbat et de Sanahin ;
  • Autriche : Centre historique de la ville de Salzbourg; Palais et jardins de Schönbrunn ; Paysage culturel de Hallstatt-Dachstein / Salzkammergut ;
  • Belgique : Béguinages flamands ;
  • Bulgarie : Eglise de Boyana; Tombe thrace de Kazanlak ; Monastère de Rila ; Ancienne cité de Nessebar ;
  • Croatie : Vieille ville de Dubrovnik ; Noyau historique de Split avec le palais de Dioclétien ; Ensemble épiscopal de la basilique euphrasienne dans le centre historique de Poreč ;
  • République tchèque : Centre historique de Telč; Eglise Saint-Jean-Népomucène, lieu de pèlerinage à Zelená Hora ; Paysage culturel de Lednice-Valtice; Jardins et château de Kroměříž ;
  • Danemark : Tumulus, pierres runiques et église de Jelling ; Cathédrale de Roskilde ;
  • Egypte : Memphis et sa nécropole - les zones des pyramides de Guizeh à Dahchour ; Thèbes antique et sa nécropole ; Monuments de Nubie d'Abou Simbel à Philae ; Le Caire historique; Abou Mena ; Zone Sainte-Catherine ;
  • Estonie : Centre historique (vieille ville) de Tallinn ;
  • Allemagne : Résidence de Wurtzbourg avec les jardins de la Cour et la place de la Résidence ; Châteaux d'Augustusburg et de Falkenlust à Brühl ; Châteaux et parcs de Potsdam et Berlin ; Ville de Bamberg ;
  • Grèce : Temple d'Apollon Epikourios à Bassae ; Mont Athos ; Ville médiévale de Rhodes ; Site archéologique de Mystras ; Délos ;
  • Hongrie : Budapest, avec les rives du Danube, le quartier du château de Buda et l'avenue Andrássy ; Hollókö, le vieux village et son environnement ; Abbaye bénédictine millénaire de Pannonhalma et son environnement naturel ; Grottes du karst d'Aggtelek et du karst de Slovaquie (présentée conjointement avec la Slovaquie) ;
  • Irlande : Ensemble archéologique de la vallée de la Boyne; Skellig Michael ;
  • Italie : Centre historique de San Gimignano ; Ville de Vicence et les villas de Palladio en Vénétie ; Centre historique de Sienne ; Ferrare, ville de la Renaissance, et son delta du Pô ; Les trulli d'Alberobello ; Monuments paléochrétiens de Ravenne ; Centre historique de la ville de Pienza ; Résidences des Savoie ; Jardin botanique (Orto botanico), Padoue; Portovenere, Cinque Terre et les îles (Palmaria, Tino et Tinetto) ; Côte amalfitaine; Zone archéologique d'Agrigente ; Su Nuraxi de Barumini ; Zone archéologique et basilique patriarcale d'Aquilée ;
  • Lettonie : Centre historique de Riga ;
  • Luxembourg : Ville de Luxembourg : vieux quartiers et fortifications ;
  • Maroc : Médina de Marrakech; Ksar d'Aït-Ben-Haddou ; Site archéologique de Volubilis ;
  • Pologne : Centre historique de Cracovie; Centre historique de Varsovie; Vieille ville de Zamość ; Ville médiévale de Torún ; Château de l'ordre Teutonique de Malbork ;
  • Portugal : Monastère de Batalha ; Paysage culturel de Sintra; Sites d'art rupestre préhistorique de la vallée de Côa ;
  • Roumanie : Delta du Danube ;
  • Slovaquie : Ville historique de Banská Štiavnica et les monuments techniques des environs ; Spišský Hrad et les monuments culturels associés; Vlkolínec ; Grottes du karst d'Aggtelek et du karst de Slovaquie (présentée conjointement avec l'Hongrie) ;
  • Espagne: Parc national de Garajonay;
  • Tunisie : Parc national de l'Ichkeul;
  • Ukraine : Kiev : cathédrale Sainte-Sophie et ensemble des bâtiments monastiques et laure de Kievo-Petchersk ;
  • Royaume-Uni : Cathédrale et château de Durham ; Gorge d'Ironbridge; Stonehenge, Avebury et sites associés; Châteaux forts et enceintes du roi Edouard Ier dans l'ancienne principauté de Gwynedd ; Palais de Westminster, l'abbaye de Westminster et l'église Sainte-Marguerite ; Cathédrale, abbaye Saint-Augustin et église Saint-Martin à Cantorbéry; Maritime Greenwich ;

6. Demande aux États parties européens et arabes n'ayant pas encore répondu aux questions soulevées en 2005, 2006 et 2007 dans le cadre de l'Inventaire rétrospectif de bien vouloir fournir toutes les clarifications ainsi que la documentation demandées le plus rapidement possible et avant le 1er décembre 2008 au plus tard.

Projet de décision : 32 COM 7B.7

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B.Add,

2. Rappelant les décisions 30 COM 7A.12 et 31 COM 7B.13, respectivement adoptées à ses 30e (Vilnius, 2006) et 31e (Christchurch, 2007) sessions,

3. Félicite l'État partie pour sa gestion réussie des ressources hydrologiques limitées en 2006-7 et note avec satisfaction sa constance à considérer l'Ichkeul comme un consommateur d'eau "à part entière" ;

4. Note également que l'État partie a initié le processus de mise en place de la structure de gestion, dotée de pouvoirs décisionnels et d'une autonomie financière adéquate, comme recommandé par la mission de 2006, et a récemment établi un comité Action 21 ;

5. Accueille favorablement les mesures proposées dans le plan de gestion pour parvenir à une bonne gestion des ressources hydrologiques par le biais d'une coopération avec les autorités en charge de l'exploitation des barrages et de l'application d'un modèle mathématique ;

6. Exprime sa satisfaction quant à l'amélioration continue de l'état de conservation du bien, en particulier la nette réduction de la salinité, qui a permis une reprise des captures de poissons, une plus grande extension des plantes aquatiques et la présence en nombre d'oiseaux d'eau ;

7. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport actualisé sur la mise en œuvre des autres recommandations de la mission de suivi de 2006 et la mise en œuvre du plan de gestion, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.

 

Année du rapport : 2008
Tunisie
Date d'inscription : 1980
Catégorie : Naturel
Critères : (x)
Liste en péril (dates) : 1996-2006
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 32COM (2008)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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