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Parc national de l'Ichkeul

Tunisie
Facteurs affectant le bien en 2003*
  • Chasse de subsistance
  • Eau (pluie/nappe phréatique)
  • Erosion et envasement / dépôt
  • Infrastructures hydrauliques
  • Pollution atmosphérique
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Élevage de bétail / pacage d’animaux domestiques
  • Autres menaces :

    Salinité excessive de l'eau

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Construction de barrages;
  • Chasse;
  • Pâturage,
  • Pollution de l'air,
  • Problèmes causés par l'envasement du lac,
  • Nécessité d'actualiser le plan de gestion intégrée du site
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2003
Demandes approuvées : 4 (de 1981-2002)
Montant total approuvé : 140 000 dollars E.U.
2002 Elaboration d'un plan d'urgence pour la sauvegarde du ... (Approuvé)   50 000 dollars E.U.
1991 Consultancy, equipment, design and construction costs ... (Approuvé)   40 000 dollars E.U.
1989 Financial contribution to the preparation of exhibits ... (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
1981 Study on Ichkeul National Park (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2003

Centre du patrimoine mondial :

Des représentants de l’UICN et de la Station biologique de la Tour du Valat (Centre de recherche privé pour la conservation des zones humides méditerranéennes, France) ont effectué une visite en Tunisie du 17 au 23 juin 2002. Leur mission : préparer un cadre institutionnel et un plan de travail pour l’assistance de l’UICN à l’Etat partie, au titre de la subvention de 50.000 dollars E.U. d’assistance d’urgence approuvée par le Président du Comité du patrimoine mondial le 9 avril 2002. Lors de cette mission, l’UICN a accepté de fournir un appui technique à l’Etat partie et d’organiser un atelier pour lancer le processus de développement durable et de conservation du bassin versant et du lac Ichkeul, et établir un programme à approuver d’un commun accord pour le suivi des résultats du plan de réhabilitation de l’écosystème du lac Ichkeul.

La mission a réuni des informations sur les actions suivantes menées par l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE) :

·  Réhabilitation et mécanisation des vannes de l’écluse de Tindja (à achever au milieu de 2003) ;

·  Création de stations de suivi hydrologique et météorologique dans les principaux cours d’eau affluents et dans le lac (terminé) ;

·  Confirmation du soutien du FEM pour un projet sexennal de 2,2 millions de dollars E.U. pour aider à l’élaboration d’un plan de gestion participative et pour actualiser le modèle hydrologique (commencé au premier semestre 2002) ;

·  Etudes bathymétriques / topographiques du canal de Tindja et des marais de Joumine / Melah pour aider aux lâchers d’eau (à commencer au second semestre 2002) ;

·  Etablissement d’un programme de suivi bio-physique (en cours).

 

La mission a également été informée de la construction de trois barrages supplémentaires sur le bassin versant de l’Ichkeul. L’un des objectifs de ces barrages est de stocker l’eau d’une année sur l’autre pour la relâcher dans l’Ichkeul les années de sécheresse ; cela reste cependant à expérimenter avec le modèle hydrologique.

Selon la décision du Comité 26 COM 21(a) 6 prise à Budapest, Hongrie, en juin 2002, l’atelier de lancement du programme de réhabilitation s’est tenu les 28 et 29 janvier 2003. L’UICN a travaillé en étroite collaboration avec le coordonnateur de MedWet (Convention de Ramsar), la Station de recherche de la Tour du Valat et l’Institut français de recherche pour le développement (IRD) pour présenter des recommandations à l’atelier sur l’établissement d’indicateurs, de repères et d’un calendrier pour le processus de suivi scientifique et l’élaboration d’un plan de gestion. Principales conclusions de l’atelier :

·  Confirmation de la nécessité d’une structure de gestion renforcée pour le Parc. Le rapport de l’atelier indique qu’à l’occasion de la mise en œuvre du projet du FEM, il faudrait créer une structure de gestion autonome et permanente qui prenne en compte les spécificités de l’Ichkeul et la durabilité de ses valeurs, et qui ait un pouvoir décisionnel ;

·  L’atelier a recommandé que les autorités tunisiennes garantissent le lâcher de 80 à 20 millions de mètres cubes d’eau par an depuis les barrages situés en amont. Lors de la séance de clôture de l’atelier, les responsables de la gestion des ressources hydrauliques tunisiennes ont fait savoir qu’elles avaient récemment décidé de considérer le Parc national de l’Ichkeul comme un « consommateur » d’eau à qui il fallait fournir des quantités régulières d’eau. C’est une décision significative qui montre que l’Etat partie s’engage à rendre les ressources en eau disponibles pour maintenir l’intégrité écologique du Parc et assurer la préservation effective du site ;

·  L’élaboration d’une stratégie locale d’Action 21 assurant l’intégration nécessaire de la gestion du Parc national de l’Ichkeul dans les processus régionaux écologiques et socioéconomiques est prévue. Cette stratégie reconnaîtra et soutiendra le rôle de l’Ichkeul comme une des forces motrices du développement régional. La création d’un « Comité 21 » pour poursuivre ce processus a été recommandée par l’atelier ;

·  L’exposé pendant l’atelier du Chef du Projet pendant l’atelier FEM/Banque mondiale pour préparer un plan de gestion, incluait des indicateurs pour le suivi des performances du projet. Certains des indicateurs pourraient être adaptés pour inclusion dans le programme de suivi permettant de mesurer la réhabilitation du Parc national de l’Ichkeul. Deux types d’indicateurs ont été envisagés : scientifiques et techniques. Les indicateurs scientifiques incluent l’établissement d’une population de Potamogeton, plante importante dont se nourrissent les oiseaux migrateurs ; et augmentation de 50 % de la couverture de Sirpaies. Les indicateurs techniques incluent : 100 % du personnel permanent du Parc ont reçu une formation de recyclage ; les communautés locales sont de plus en plus sensibilisées aux problèmes de gestion de l’eau – le pourcentage de base passant de 25 % à 70 % en cinq ans 

·  50 % des communautés locales sont formées sur des sujets associés à la gestion du Parc, etc.

 

L’UICN considère que les résultats de l’atelier et l’engagement de l’Etat partie d’établir un programme de suivi pour la réhabilitation du lac Ichkeul sont louables. Heureusement, l’hiver 2002-2003 a été particulièrement humide, ce qui a permis au lac de se remplir et de lessiver le sel accumulé par quatre années de sécheresse récente. Le nombre d’oiseaux migrateurs qui reviennent vers l’Ichkeul a aussi sensiblement augmenté par rapport aux années de faible pluviosité. L’UICN signale que la restauration du site à long terme dépend cependant des ressources hydrauliques – avec des lâchers de barrages de 80 à 120 millions de mètres cubes par an. On attend donc la décision du Secrétaire d’Etat aux Ressources hydrauliques confirmant que l’Etat partie s’engage à ce lâcher annuel s’il s’avère nécessaire à l’avenir.

 

L’UICN :

Les nouvelles informations ci-dessus ont été fournies après accord entre l’UICN et le Centre du patrimoine mondial.

 

Décisions adoptées par le Comité en 2003
27 COM 7A.8
Parc national de l'Ichkeul (Tunisie)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Félicite l'État partie d'avoir organisé avec succès l'atelier tenu en janvier 2003, d'établir des indicateurs et des repères afin de suivre la restauration du bien et de faire preuve d'un ferme engagement en faveur de la réhabilitation du Parc national de l'Ichkeul ;

2. Engage vivement l'État partie à écrire au Président du Comité du patrimoine mondial pour confirmer qu'il allait considérer le Parc national de l'Ichkeul comme un « consommateur » d'eau et s'engageait à un apport d'eau annuel moyen de 80 à 120 millions de mètres cubes provenant des barrages en amont, par des lâchers ou des déversements, comme il est demandé au point 2 des recommandations de l'atelier, et pour indiquer la date prévue pour l'achèvement des infrastructures nécessaires de barrages et de canaux pour permettre de tels lâchers lorsque cela sera nécessaire ;

3. Invite l'État partie à créer une structure de gestion autonome et permanente, qui prenne en considération les spécificités de l'Ichkeul et la durabilité de ses valeurs, et qui soit dotée des pouvoirs appropriés de prise de décision, et un « Comité 21 » chargé d'élaborer un Agenda 21 local comme il est demandé dans les Recommandations ;

4. Recommande que l'UICN et le Centre du patrimoine mondial coopèrent avec le Secrétariat de la Convention de Ramsar et d'autres partenaires pour assurer une mise en œuvre opportune et effective du Projet FEM/Banque mondiale et préparer un plan de gestion participative du Parc ;

5. Engage vivement l'État partie à poursuivre la mise en œuvre du programme de restauration du lac Ichkeul, et à coopérer avec l'UICN, le Centre du patrimoine mondial et le Secrétariat de la Convention de Ramsar pour en étudier annuellement l'avancement ;

6. Demande à l'État partie de présenter au Centre du patrimoine mondial et à l'UICN, avant le 1er février 2004, un rapport sur les résultats de la réhabilitation du Parc national de l'Ichkeul, en faisant clairement ressortir les améliorations scientifiques et techniques mises en place, ainsi que les menaces et les contraintes qui freinent une réhabilitation effective du lac Ichkeul, en se fondant sur les repères et indicateurs établis lors de l'atelier susmentionné ;

7. Demande au Centre et à l'UICN d'étudier ces rapports et d'informer éventuellement le Comité des principales réalisations ou difficultés rencontrées dans la réhabilitation effective de l'Ichkeul ;

8. Décide de maintenir le Parc national de l'Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

27 COM 8B.2
Biens maintenus sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-03/27.COM/7A),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :

  • Minaret et vestiges archéologiques de Djam, Afghanistan (27 COM 7A.21)
  • Butrint, Albanie (27 COM 7A.26 )
  • Tipasa, Algérie (27 COM 7A.17)
  • Palais royaux d'Abomey, Bénin (27 COM 7A.15)
  • Angkor, Cambodge (27 COM 7A.22)
  • Parc national du Manovo-Gounda St. Floris, République Centrafricaine (27 COM 7A.1)
  • Réserve naturelle intégrale du mont Nimba, Guinée et Côte d'Ivoire (27 COM 7A.4)
  • Parc national des Virunga, République démocratique du Congo (27 COM 7A.2)
  • Parc national de la Garamba, République démocratique du Congo (27 COM 7A.2)
  • Parc national de Kahuzi-Biega, République démocratique du Congo (27 COM 7A.2)
  • Réserve de faune à Okapis, République démocratique du Congo (27 COM 7A.2)
  • Parc national de la Salonga, République démocratique du Congo (27 COM 7A.2)
  • Parc national Sangay, Equateur (27 COM 7A.13)
  • Abou Mena, Egypte (27 COM 7A.18)
  • Parc national du Simien, Ethiopie (27 COM 7A.3)
  • Réserve de la biosphère Rio Platano, Honduras (27 COM 7A.14)
  • Sanctuaire de faune de Manas, Inde (27 COM 7A.9)
  • Ensemble monumental de Hampi, Inde (27 COM 7A.23) 
  • Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (27 COM 7A.29)
  • Tombouctou, Mali (27 COM 7A.16)
  • Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré, Niger (27 COM 7A.5)
  • Fort de Bahla, Oman (27 COM 7A.19)
  • Fort et jardins de Shalimar à Lahore, Pakistan (27 COM 7A.22)
  • Zone archéologique de Chan Chan, Pérou (27 COM 7A.28)
  • Rizières en terrasses des cordillères des Philippines, Philippines (27 COM 7A.25)
  • Parc national des oiseaux du Djoudj, Sénégal (27 COM 7A.6)
  • Parc national de l'Ichkeul, Tunisie (27 COM 7A.8)
  • Monts Rwenzori, Ouganda (27 COM 7A.7)
  • Parc national des Everglades, États-Unis d'Amérique (27 COM 7A.11)
  • Ville de Zabid, Yémen (27 COM 7A.20)

Projet 27 COM 7 (a) 8 

 

 « Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Félicite l’Etat partie d’avoir organisé avec succès l’atelier et de montrer qu’il s’engage fermement à réhabiliter le Parc national de l’Ichkeul ;

2.   Engage vivement le Secrétaire d’Etat aux Ressources hydrauliques à écrire au Président du Comité du patrimoine mondial pour confirmer que les responsables de la gestion des ressources hydrauliques en Tunisie vont considérer le Parc national de l’Ichkeul comme un « consommateur » d’eau et qu’ils s’engagent à pratiquer des lâchers annuels de 80 à 120 millions de mètres cubes d’eau, comme il est demandé au point 2 des recommandations de l’atelier ; il lui est également demandé d’indiquer la date prévue d’achèvement de la construction des infrastructures nécessaires de barrages et de canaux pour permettre de tels lâchers lorsque cela sera nécessaire ;

3.   Invite l’Etat partie à créer une structure de gestion autonome et permanente, qui prenne en considération les spécificités de l’Ichkeul et la durabilité de ses valeurs, et qui soit dotée des pouvoirs appropriés de prise de décision ;et un « Comité 21 » chargé d’élaborer une Action 21 locale comme il est demandé dans les Recommandations ;

4.   Recommande que l’UICN et le Centre du patrimoine mondial coopèrent avec le Secrétariat de la Convention de Ramsar et d’autres partenaires pour assurer une mise en œuvre opportune et effective du Projet FEM/Banque mondiale et préparer un plan de gestion participative du Parc ;

5.   Engage vivement l’Etat partie à poursuivre la mise en œuvre du programme de restauration du lac Ichkeul, et à coopérer avec l’UICN, le Centre du patrimoine mondial et le Secrétariat de la Convention de Ramsar pour en étudier annuellement l’avancement ;

6.   Demande au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN de coopérer avec l’Etat partie et d’autres partenaires pour présenter des rapports annuels sur les résultats de la réhabilitation du Parc national de l’Ichkeul, en faisant clairement ressortir les améliorations scientifiques et techniques mises en place, les menaces et les contraintes qui freinent une réhabilitation effective du lac Ichkeul, et toute modification des repères et indicateurs établis lors de l’atelier de janvier 2003 financé par le Fonds du patrimoine mondial ;

7.   Décide de maintenir le Parc national de l’Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial en péril. »

 

Année du rapport : 2003
Tunisie
Date d'inscription : 1980
Catégorie : Naturel
Critères : (x)
Liste en péril (dates) : 1996-2006
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 27COM (2003)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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