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Aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan

Chine
Facteurs affectant le bien en 2019*
  • Chasse commerciale
  • Exploitation minière
  • Infrastructures hydrauliques
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Vastes infrastructures et/ou installations touristiques / de loisirs
  • Autres menaces :

    Diminution apparente des populations fauniques

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Infrastructures hydrauliques (Développement hydraulique à grande échelle sur toutes les rivières principales et infrastructures afférentes)
  • Exploitation minière (dans le bien et aux alentours)
  • Système de gestion/plan de gestion (Absence d’un système et d’un plan de gestion général s’appliquant à l’ensemble du bien en série, y compris pour la gestion du tourisme ; Manque de clarté concernant les limites du bien et absence de démarcation)
  • Vastes infrastructures et/ou installations touristiques / de loisirs (Infrastructures liées au tourisme allant à l’encontre des objectifs pour la conservation du bien)
  • Chasse commerciale (Diminution apparente des populations sauvages, que l’on soupçonne être le résultat du commerce d’espèces sauvages et de leurs dérivés)
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2019
Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2019**

Avril 2006 : mission conjointe de suivi réactif UNESCO/UICN ; avril 2013 : mission de suivi réactif UICN.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 30 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1083/documents et répond comme suit à la décision du Comité 41 COM 7B.27 (Cracovie, 2017) :

  • Il a été mis fin à toutes les activités de prospection et d’extraction minières, y compris les activités illégales, et tous les permis accordés dans le périmètre du bien et de sa zone tampon ont été suspendus ;
  • La restauration écologique des sites miniers, qui est envisagée, est freinée par l’absence de directives et de responsabilités techniques claires, et repose sur des processus de restauration naturelle ;
  • L’engagement a été pris de surveiller la connectivité du paysage et de la faune et la flore sauvages entre les composantes des montagnes enneigées du Hongshan et du Haba, où une active exploitation minière se poursuit ;
  • Un travail complémentaire s’avère nécessaire pour le projet d’évaluation environnementale stratégique (EES) de 2016, principalement axée sur l’exploitation minière, l’énergie hydroélectrique et les infrastructures associées, en raison du peu de directives et d’expérience disponibles, de l’échelle et de la complexité topographique du bien, ainsi que du manque de données disponibles. Un résumé du projet d’EES est annexé au rapport ;
  • Tous les projets hydroélectriques prévus ou en construction sont situés à l’extérieur du bien et de sa zone tampon, et sont donc considérés comme n’ayant pas d’impacts directs sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE). Bien qu’aucun projet hydroélectrique ne soit mentionné sur le fleuve Nujiang, plusieurs projets ont été achevés sur les fleuves Lancang et Jinsha. Les impacts des lignes à haute tension et des transformateurs sur la VUE du bien seront évalués ;
  • Le rapport reconnaît que les EES et les évaluations d’impact environnemental (EIE) doivent être améliorées, et une assistance sera sollicitée à cette fin auprès du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN ;
  • Les impacts du projet de dérivation des eaux de Dianzhong, sur le fleuve Jinsha à Shigu, sont réfutés. Les raisons avancées sont l’emplacement choisi, à l’extérieur du bien et de sa zone tampon, et la quantité d’eau prélevée (8 % du débit des eaux) ;
  • Le rapport reconnait la nécessité de réaliser une évaluation systématique de l’efficacité de la gestion (EEG) après l’actuelle réforme institutionnelle, en place depuis 2018 ;
  • En 2018, la province du Yunnan a ratifié une « Ligne rouge de la conservation écologique » (la ligne rouge signifiant la ligne à ne pas franchir), qui interdit tout projet d’aménagement et de développement dans le périmètre du bien et de ses zones tampons ;
  • L’élaboration d’un schéma directeur stratégique pour le développement régional et d’une planification de la gestion de la conservation du bien est en cours ;
  • Un programme pilote visant à créer une catégorie « parc national » en Chine devrait s’achever en 2020 ;
  • De nombreux projets de recherche écologique sont en cours ;
  • Il est suggéré que la pauvreté des campagnes est le principal facteur qui menace la protection du patrimoine. L’État partie entreprend de nombreux efforts pour soulager la pauvreté sur le territoire du bien en faisant participer les communautés locales, y compris les populations autochtones, à la gestion du parc et aux services proposés aux Certains villages ont été ou vont être déplacés, avec l’accord de leurs résidents, afin d’améliorer les conditions de vie des habitants ainsi que la protection du patrimoine.

Le 25 mars 2019, à la demande du Centre du patrimoine mondial, l’État partie a soumis des informations complémentaires concernant les EIE de quatre projets de transport d’énergie en cours qui ont des implications pour le bien et ses zones tampons. Les informations sont en cours d’examen par l’UICN.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2019

La confirmation de la fermeture des mines et de la fin de l’activité minière dans le périmètre du bien et de ses zones tampons, qui fait suite aux précédents engagements de considérer tout le territoire comme une zone d’exclusion, est accueillie avec satisfaction. La fermeture tardive de l’exploitation minière et la suspension permanente de tous les permis accordés devraient être suivies de mesures pour restaurer le site afin d’atténuer les impacts et les risques. En vue d’empêcher toute activité minière illégale, un contrôle et une application des lois seront requis en permanence. Il convient de saluer le fait qu’une surveillance est prévue entre les composantes des montagnes enneigées du Hongshan et du Haba, une zone retirée du bien en 2010.

La poursuite de l’EES et l’objectif d’améliorer les normes pour les EIE sont également accueillis avec satisfaction. Il est noté que la principale conclusion du projet d’EES est que l’état général de conservation du bien est bon. Toutefois, l’objectif principal d’une EES n’est pas d’évaluer l’état de conservation. Il est recommandé que l’EES soit révisée conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l'évaluation environnementale. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN se tiennent à la disposition de l’État partie pour l’aider à identifier des opportunités de coopération pour élaborer l’EES et les EIE.

Il est pris note de l’achèvement des projets d’aménagement et de développement hydroélectriques sur les fleuves Lancang et Jinsha, et du fait que toutes les infrastructures hydroélectriques sont situées à l’extérieur du bien et de sa zone tampon. Cependant, la modification de tout un système de rivière s’accompagne inévitablement de changements majeurs des systèmes aquatiques, bien au-delà de l’empreinte physique visible. Il est établi que le développement de l’hydroélectricité peut également avoir pour conséquences des perturbations, une perte de connectivité, un accès routier amélioré qui facilite les activités illicites, et des invasions d’espèces terrestres. En outre, il est noté avec préoccupation que certaines lignes à haute tension traversent également le bien, comme le confirme l’État partie dans les informations complémentaires qu’il a soumises. Selon le bref résumé des EIE réalisées pour les lignes à haute tension, soumis par l’État partie, il apparaît que les EIE n’évaluent pas spécifiquement les impacts potentiels de telles infrastructures sur la VUE du bien, en particulier sur ses valeurs reconnues au titre du critère (vii). Une telle évaluation spécifique devra donc être réalisée afin de bien saisir le niveau des impacts sur le bien, causés par la construction des lignes à haute tension.

Bien que le développement et l’aménagement hydroélectriques sur le fleuve Nujiang aient été précédemment suspendus à plusieurs reprises, il est noté qu’une décision en faveur d’un tel développement semble être toujours en suspens. Compte tenu du fait que le fleuve Nujiang est désormais le seul fleuve – sur les trois qui donnent leur nom au bien – qui soit toujours dans un état relativement naturel, il est important que l’État partie continue de protéger son écoulement naturel. L’État partie devrait veiller à ce qu’aucun autre projet d’aménagement et de développement ne soit envisagé jusqu’à l’achèvement de l’EES du bien et de la zone tampon.

L’engagement de l’État partie auprès des communautés locales, y compris les populations autochtones, afin de soulager la pauvreté est accueilli avec satisfaction. Les réformes institutionnelles mentionnées peuvent améliorer la cohérence de la gestion dans ce vaste bien en série, sous la conduite de l’administration nationale des Forêts et des Prairies. Le Schéma directeur stratégique pour le développement régional et le Plan de gestion de la conservation du bien devraient être harmonisés en prenant pleinement en considération le cadre de gestion en évolution.

Enfin, l’initiative « Gestion communautaire de la conservation des aires protégées » (Community Management of Protected Areas for Conservation - COMPACT) propose un modèle éprouvé de promotion du développement durable dans les sites du patrimoine mondial et aux alentours, tout en faisant participer les communautés autochtones et locales à la conservation et la gouvernance de ces biens. En se fondant sur cette expérience, le Programme des micro-financements (SGP) du Fonds pour l’environnement mondial (GEF) et le Centre du patrimoine mondial proposent un atelier de renforcement des capacités sur l’initiative COMPACT dans la région Asie-Pacifique afin de déployer ce modèle. Il est recommandé que le Comité encourage l’État partie à organiser cette activité dans la province du Yunnan avant la 15e réunion de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CBD COP15) qui se tiendra dans le Yunnan en octobre 2020. Cela permettra de présenter les sites du projet SGP GEF autour des biens du patrimoine mondial, en lien avec l’atelier. 

Décisions adoptées par le Comité en 2019
43 COM 7B.5
Aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan (Chine) (N 1083bis)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la Décision 41 COM 7B.27, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Accueille avec satisfaction l’engagement de l’État partie de considérer le bien et ses zones tampon comme une zone totale d’exclusion pour la prospection et l’extraction minières, et en particulier :
    1. La fermeture définitive des opérations minières actives et l’engagement en faveur de la restauration écologique des sites miniers,
    2. La suspension permanente de tous les permis de prospection et d’extraction minières, y compris dans la zone tampon,
    3. L’accent mis sur le traitement de la question des activités et de l’extraction minières illégales de petite envergure,
    4. Le suivi des zones minières activement exploitées entre les composantes des montagnes enneigées du Hongshan et du Haba ;
  4. Encourage vivement l’État partie à finaliser des directives adaptées et à clarifier les responsabilités institutionnelles en matière de restauration écologique des sites après l’arrêt de l’exploitation minière ;
  5. Note avec préoccupation que le projet d’évaluation environnementale stratégique (EES) n’est pas conforme à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l'évaluation environnementale, et prie à nouveau instamment l’État partie de poursuivre l’élaboration de l’EES tout en renforçant l’expertise et les capacités techniques, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ;
  6. Accueille également avec satisfaction l’évolution du cadre global institutionnel et de planification sous l’égide de l’administration nationale des Forêts et des Prairies, avec notamment l’élaboration d’un Plan de gestion de la conservation du bien et d’un Schéma directeur stratégique pour le développement régional au-delà du bien, et encourage également vivement l’État partie à prendre en considération les conclusions de l’EES et le changement de cadre institutionnel lors de l’élaboration de ces plans ;
  7. Encourage en outre l’État partie à profiter des mesures visant à améliorer la coordination du bien pour poursuivre la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2013, et en particulier, pour établir un système général d’évaluation de l’efficacité de la gestion (EEG) ;
  8. Réitère sa préoccupation quant à la transformation croissante des vues et de la beauté des trois vallées des fleuves et aux conséquences des projets d’infrastructures hydroélectriques et associées sur la connectivité entre les composantes du bien, qui sont susceptibles d’avoir un impact négatif direct sur la VUE du bien, et prie instamment et fermement l’État partie de ne plus envisager de nouveaux projets d’aménagement et de développement jusqu’à ce que l’EES pour le bien et la zone tampon ait été achevée, et de veiller à ce que le fleuve Nujiang, dernier cours d’eau à écoulement libre, ne soit pas transformé par des projets d’aménagement et de développement hydroélectriques ;
  9. Encourage par ailleurs l’État partie à organiser sur le bien un atelier conjoint de renforcement des capacités Centre du patrimoine mondial/SGP GEF sur la gestion communautaire de la conservation des aires protégées (COMPACT) dans la région Asie-Pacifique, en collaboration avec le Centre du patrimoine mondial, afin de déployer le modèle COMPACT dans la région Asie-Pacifique ;
  10. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.
Projet de décision : 43 COM 7B.5

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la Décision 41 COM 7B.27, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Accueille avec satisfaction l’engagement de l’État partie de considérer le bien et ses zones tampon comme une zone totale d’exclusion pour la prospection et l’extraction minières, et en particulier :
    1. La fermeture définitive des opérations minières actives et l’engagement en faveur de la restauration écologique des sites miniers,
    2. La suspension permanente de tous les permis de prospection et d’extraction minières, y compris dans la zone tampon,
    3. L’accent mis sur le traitement de la question des activités et de l’extraction minières illégales de petite envergure,
    4. Le suivi des zones minières activement exploitées entre les composantes des montagnes enneigées du Hongshan et du Haba ;
  4. Encourage vivement l’État partie à finaliser des directives adaptées et à clarifier les responsabilités institutionnelles en matière de restauration écologique des sites après l’arrêt de l’exploitation minière ;
  5. Note avec préoccupation que le projet d’évaluation environnementale stratégique (EES) n’est pas conforme à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l'évaluation environnementale, et prie à nouveau instamment l’État partie de poursuivre l’élaboration de l’EES tout en renforçant l’expertise et les capacités techniques, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ;
  6. Accueille également avec satisfaction l’évolution du cadre global institutionnel et de planification sous l’égide de l’administration nationale des Forêts et des Prairies, avec notamment l’élaboration d’un Plan de gestion de la conservation du bien et d’un Schéma directeur stratégique pour le développement régional au-delà du bien, et encourage également vivement l’État partie à prendre en considération les conclusions de l’EES et le changement de cadre institutionnel lors de l’élaboration de ces plans ;
  7. Encourage en outre l’État partie à profiter des mesures visant à améliorer la coordination du bien pour poursuivre la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2013, et en particulier, pour établir un système général d’évaluation de l’efficacité de la gestion (EEG) ;
  8. Réitère sa préoccupation quant à la transformation croissante des vues et de la beauté des trois vallées des fleuves et aux conséquences des projets d’infrastructures hydroélectriques et associées sur la connectivité entre les composantes du bien, qui sont susceptibles d’avoir un impact négatif direct sur la VUE du bien, et prie instamment et fermement l’État partie de ne plus envisager de nouveaux projets d’aménagement et de développement jusqu’à ce que l’EES pour le bien et la zone tampon ait été achevée, et de veiller à ce que le fleuve Nujiang, dernier cours d’eau à écoulement libre, ne soit pas transformé par des projets d’aménagement et de développement hydroélectriques ;
  9. Encourage par ailleurs l’État partie à organiser sur le bien un atelier conjoint de renforcement des capacités Centre du patrimoine mondial/SGP GEF sur la gestion communautaire de la conservation des aires protégées (COMPACT) dans la région Asie-Pacifique, en collaboration avec le Centre du patrimoine mondial, afin de déployer le modèle COMPACT dans la région Asie-Pacifique ;
  10. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.
Année du rapport : 2019
Chine
Date d'inscription : 2003
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(viii)(ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2018) .pdf
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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