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Shiretoko

Japon
Facteurs affectant le bien en 2017*
  • Aquaculture
  • Espèces hyper-abondantes
  • Impacts des activités touristiques / de loisirs des visiteurs
  • Infrastructures hydrauliques
  • Autres menaces :

    Effets anticipés du changement climatique

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Infrastructures hydrauliques (aménagement des cours d’eau, en particulier barrages, empêchant ou limitant la migration des poissons, notamment montaisons importantes de salmonidés) ;
  • Aquaculture (gestion de la pêche commerciale, notamment coordination et coopération avec les États parties voisins) ;
  • Surabondance d’espèces (densité excessive de population du cerf Sika affectant la régénération forestière et d’une façon plus générale la végétation) ;
  • Impacts du tourisme/visiteurs/loisirs, système/plan de gestion (gestion du tourisme et des visiteurs) ;
  • Changement climatique et phénomènes météorologiques violents (effets anticipés du changement climatique)
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2017
Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2017**

Février 2008 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 25 novembre 2016, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1193/documents. Le rapport répond à la décision 39 COM 7B.13 (Bonn, 2015) et met l’accent sur la gestion du lion de mer de Steller et les efforts continus pour optimiser l’habitat piscicole en retirant ou adaptant les structures humaines présentes dans ou en travers des cours d’eau. Le rapport peut être résumé ainsi :

  • Une population de lions de mer de Steller appartenant à un groupe asiatique de la sous-espèce occidentale est présente, de manière saisonnière, au sein et dans les environs du bien. En réponse à la prédation sur les stocks de poissons exploités commercialement et les dégâts sur les filets maillants, la commission de coordination de la zone de pêche d’Hokkaido a fixé une « limite annuelle de prises » (LAP), sous la supervision de l’Agence japonaise de la pêche et du gouvernement d’Hokkaido, en calculant un « retrait biologique potentiel » basé sur les données des saisons passées. L’État partie a récemment choisi de définir une limite de prises distincte pour le détroit de Nemuro, qui inclut le bien. Compte tenu des données limitées sur le détroit de Nemuro, la LAP a été maintenue à 15 individus, alors qu’elle a fortement été augmentée ailleurs au Japon. La LAP actuelle pour le détroit de Nemuro doit être revue selon les résultats d’estimations et d’études à venir. L’État partie reconnaît l’immense défi que représente l’établissement de chiffres fiables. Les dénombrements visuels conventionnels ne sont pas «appropriés», dans la mesure où les lions de mer de Steller de passage ont changé leur comportement, perturbés par la pêche commerciale et sportive, le tourisme et les opérations de dissuasion non létale ;
  • Un examen plus des options de restauration de la Rusha a été poussé plus avant. Située au centre du bien, la rivière est particulièrement importante pour les montaisons des saumons. Selon l’objectif général qui vise, au final, à redonner à la rivière «un état aussi naturel que possible», d’autres modifications de barrages pour optimiser le passe migratoire et les frayères font actuellement l’objet de discussions et de modélisation, avec la suppression partielle et totale des barrages. Ces efforts essaient d’équilibrer conservation, protection des actifs et pêche côtière. Dans l’attente d’autres analyses et expérimentations des autres options comme le retrait du pont enjambant la Rusha est en pourparlers et seront détaillées dans un prochain rapport. La recommandation du Comité d’inviter une mission consultative de l’UICN sera examinée en 2018.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2017

Une analyse supplémentaire de la concurrence entre lion de mer de Steller et pêche commerciale est favorablement accueillie. Tout en mesurant les préoccupations de l’État partie sur le lion de mer de Steller, il est noté que le statut actuel sur la liste rouge de l’UICN de la sous-espèce vivant saisonnièrement dans le bien (Eumetopias jubatus ssp. jubatus) est « EN » (menacée, http://www.UICNredlist.org/details/17367725/0), tandis que le statut de l’espèce en général est passé de « EN » à « NT » (quasi-menacée) en 2012 (http://www.UICNredlist.org/details/8239/0). La liste rouge indique que l’effondrement brutal de la population de la sous-espèce de 69% entre 1977 et 2007 demeure incompris. Vu le statut d’espèce menacée, le récent effondrement massif inexpliqué de la population et la reconnaissance par l’État des enjeux que représentent les méthodes et données, l’engagement envers une approche à géométrie variable et prudente est favorablement accueilli. Dans l’introduction de la liste rouge l’UICN écrit que «rien ne permet de dire que l’abattage intentionnel de lions de mer est actuellement pratiqué à un niveau nuisible à leur rétablissement», de là, on peut se demander si l’abattage sélectif d’individus hivernants d’une population connue pour sa grande dispersion à travers les eaux territoriales de plusieurs pays peut être une approche de gestion défendable, même du strict point de vue de la pêche commerciale. Une analyse plus approfondie de la dynamique de population du lion de mer de Steller et des pressions multiples sur les stocks de poissons exploités commercialement, et un investissement pour des options autres que l’abattage, tels que des filets maillants renforcés, sont recommandés. Dans la mesure du possible, ces efforts devraient être coordonnés entre tous les pays de l’aire de répartition. De plus, les changements de comportement du lion de mer de Steller rapportés en réponse aux perturbations et opérations de dissuasion suscitent des questions en termes d’impacts sur les autres espèces.

Les discussions et l’investissement pour rétablir l’état naturel des cours d’eau en supprimant partiellement ou totalement les obstacles aux fantastiques montaisons des saumons au sein du bien sont également favorablement accueillis. Étant donné que la migration des saumons est une composante essentielle de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, notamment en tant qu’élément majeur des réseaux trophiques et lien écologique complexe entre les écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins, il est vivement recommandé que le Comité demande à l’État partie de mettre pleinement en œuvre les précédentes décisions du Comité à cet égard. Conformément à la plus récente décision du Comité (39 COM 7B.13) qui considérait que les avantages des trois barrages de régularisation pour la réduction des risques naturels étaient contrebalancés par leurs impacts sur la VUE du bien, il est souligné que, notamment sur la Rusha, tout devrait être mis en œuvre pour supprimer tout obstacle persistant entravant les valeurs de conservation explicitement reconnues dans le bien. Il conviendrait de rappeler que les impacts de l’aménagement des cours d’eau ne sont pas limités aux saumons migrateurs mais affectent à bien des égards les écosystèmes fluviaux et côtiers, que le transport de sédiments et débris de bois par les rivières est un important processus écologique, et que des solutions sont nécessaires pour garantir un accès aux utilisateurs locaux des ressources et un accès d’urgence. Une mission consultative de l’UICN, éventuellement en collaboration avec la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN, pourrait considérablement contribuer à une prise de décision éclairée.

Enfin, il conviendrait de rappeler que la mission de suivi réactif de 2008 a recommandé, entre autres, d’examiner la désignation d’une zone maritime particulièrement sensible (ZMPS) et la révision des plans de gestion (notamment le plan de gestion marine à fins multiples), et a également mis en lumière les défis posés par le cerf Sika, le tourisme et le changement climatique. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de faire le point sur l’ensemble de ces cinq points dans son prochain rapport sur l’état de conservation.

Décisions adoptées par le Comité en 2017
41 COM 7B.30
Shiretoko (Japon) (N 1193)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 36 COM 7B.12 et 39 COM 7B.13, adoptées à ses 36e (Saint-Pétersbourg) et 39e (Bonn, 2015) sessions respectivement,
  3. Note avec satisfaction que l’État partie s’est engagé dans une approche à géométrie variable et prudente de l’abattage de la sous-espèce de lions de mer de Steller menacée présente de manière saisonnière sur le bien, et prie instamment l’État partie de reconsidérer l’abattage de cette espèce à la lumière des données significatives et des défis méthodologiques, en établissant des limites fiables de prises annuelles ;
  4. Encourage l’État partie à coordonner avec les États parties voisins la gestion de la pêche afin de garantir la protection de la population de lions de mer de Steller ;
  5. Note que des discussions plus poussées et une analyse des options visant à supprimer les obstacles persistants à la migration et à la montaison des saumons sont en cours ; et rappelle que les avantages des trois barrages de régulation sur la Rusha pour la réduction des risques naturels sont contrebalancés par leurs impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, prie urgemment l’État partie de poursuivre et consolider ses efforts pour redonner au bien un état le plus naturel possible ;
  6. Réitère sa recommandation à l’État partie d’envisager d’inviter une mission consultative de l’UICN, éventuellement en liaison avec le groupe de spécialistes des salmonidés de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN, qui fourniront de plus amples conseils sur ces questions ;
  7. Demande à l’État partie de donner des informations actualisées sur les plans de gestion révisés (notamment les multiples utilisations du plan de gestion marine), la gestion du cerf Sika, le tourisme, la prise en compte du changement climatique et l’analyse de l’utilité et de la faisabilité de la désignation d’une zone maritime particulièrement sensible (ZMPS) dans son prochain rapport au Comité, et de soumettre au Centre du patrimoine mondial, une version électronique des plus récents plans de gestion, pour examen par l’UICN ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.
Projet de décision : 41 COM 7B.30

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 36 COM 7B.12 et 39 COM 7B.13, adoptées à ses 36e (Saint-Pétersbourg) et 39e (Bonn, 2015) sessions respectivement,
  3. Note avec satisfaction que l’État partie s’est engagé dans une approche à géométrie variable et prudente de l’abattage de la sous-espèce de lions de mer de Steller menacée présente de manière saisonnière sur le bien, et prie instamment l’État partie de reconsidérer l’abattage de cette espèce à la lumière des données significatives et des défis méthodologiques, en établissant des limites fiables de prises annuelles ;
  4. Encourage l’État partie à coordonner avec les États parties voisins la gestion de la pêche afin de garantir la protection de la population de lions de mer de Steller ;
  5. Note que des discussions plus poussées et une analyse des options visant à supprimer les obstacles persistants à la migration et à la montaison des saumons sont en cours. Et, rappelle que les avantages des trois barrages de régulation sur la Rusha pour la réduction des risques naturels sont contrebalancés par leurs impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, prie urgemment l’État partie de poursuivre et consolider ses efforts pour redonner au bien un état le plus naturel possible ;
  6. Réitère sa recommandation à l’État partie d’envisager d’inviter une mission consultative de l’UICN, éventuellement en liaison avec le groupe de spécialistes des salmonidés de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN, qui fourniront de plus amples conseils sur ces questions ;
  7. Demande à l’État partie de donner des informations actualisées sur les plans de gestion révisés (notamment les multiples utilisations du plan de gestion marine), la gestion du cerf Sika, le tourisme, la prise en compte du changement climatique et l’analyse de l’utilité et de la faisabilité de la désignation d’une zone maritime particulièrement sensible (ZMPS) dans son prochain rapport au Comité, et de soumettre au Centre du patrimoine mondial, une version électronique des plus récents plans de gestion, pour examen par l’UICN ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.
Année du rapport : 2017
Japon
Date d'inscription : 2005
Catégorie : Naturel
Critères : (ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2016) .pdf
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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