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Shiretoko

Japon
Facteurs affectant le bien en 2015*
  • Infrastructures hydrauliques
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Impact des ouvrages fluviaux, incluant des barrages de retenue et des barrages de contrôle de l’érosion, sur la migration des saumons vers les frayères
  • Autres facteurs indiqués par la mission de suivi réactif de 2008
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2015
Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2015**

Février 2008 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN ; 2008

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Le 21 janvier 2015, l'État partie a soumis un rapport sur l'état de conservation du bien, disponible sur https://whc.unesco.org/fr/list/1193/documents. Le rapport fournit les informations suivantes concernant les problèmes précédemment notés par le Comité :

  • la reconstitution du groupe migrateur de lions de mer de Steller dans la mer du Japon a permis de reclassifier l’espèce de la catégorie vulnérable à celle de quasi-menacée. Cependant, l’accroissement de la taille de la population serait la cause de dommages supplémentaires aux pêcheries. L’abattage des lions de mer se poursuit donc sur la base d’une approche de précaution et de gestion adaptative afin d’éviter les risques d’extinction de l’espèce. Le quota maximal accepté pour les captures a augmenté de 257 en 2013/2014 à 516 en 2014/2015 pour toute l’île de Hokkaido. Toutefois, le quota maximal autorisé pour la capture des groupe migratoires à Nemuro, qui inclut le bien mais n’y est pas limité, reste à 15 ;
  • le suivi de l’état de la migration et du frayage des salmonidés, après les modifications apportées aux 13 structures construites sur cinq rivières du bien, a été presque terminé en 2013 et les résultats sont présentés à l’Annexe 2 du rapport. Un suivi complémentaire se fera pour les périodes 2013-2014 et 2019-2020 ;
  • malgré des signes indiquant quelques effets positifs des modifications apportées sur trois barrages de la rivière Rusha, certaines inquiétudes se font jour concernant la récente dégradation du lit de la rivière en aval de ces trois barrages, ce qui pourrait entraîner des effets négatifs sur la montaison des saumons, et, concernant la fixation des cours d’eau et le blocage des flux hyporhéiques causés par les barrages, qui réduisent le nombre de frayères ;
  • aucune autre modificationsupplémentaire n’a eu lieu sur les barrages de la rivière Rusha après les changements réalisés sur deux barrages en amont en 2006, mais des discussions sont en cours sur la possibilité de procéder à des modifications supplémentaires, à la condition de trouver un équilibre entre l’amélioration du frayage des saumons et le maintien du rôle de ces barrages dans la prévention des dommages causés par les catastrophes dans les zones où on  pêche avec le filet fixe;
  • L’écloserie de saumons et de truites installée à l’embouchure de la rivière Rusha a été supprimée en 2012.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2015

Il faut souligner les efforts déployés par l’État partie pour maintenir une saine population d’otaries de Steller. Des études réalisées entre 2006 et 2014 sur la population d’otaries de Steller hivernant sur la côte Est de la péninsule de Shiretoko, fournies dans le dossier de l’État partie, indiquent un accroissement global de la population. Toutefois, le niveau de fluctuation est tel qu’il est difficile de conclure ou non à une tendance positive, et une tendance à la baisse depuis la saison 2010 – 2011 semble plausible. Il est par conséquent recommandé que le Comité prie instamment l’État partie de s’assurer que les quotas de prises soient régulièrement revus et ajustés afin de maintenir une croissance stable population de lions de mer dans le territoire du bien, et dans l’ensemble du paysage marin.

Même si certains effets positifs découlant de la modification des structures fluviales sont rapportés et que la consultation avec les autorités et les communautés locales se poursuit, il subsiste une inquiétude concernant les barrages sur la Rusha. Ces barrages pourraient en effet avoir un impact négatif sur la migration et le frayage des salmonidés, dans ce système fluvial le plus important du bien et le plus emprunté par les saumons . Ces craintes sont confirmées par l’État partie dans son rapport.

Il est à noter que l’écloserie de saumons et de truites à l’embouchure de la Rusha a été complètement supprimée en 2012, et la route et le pont conduisant à l’écloserie ne sont pas utilisés par le public. Par conséquent, le rôle des trois barrages dans la réduction des risques de catastrophe se limite à la protection d’une source de revenu plutôt qu’à la protection de la vie humaine. Les avantages ainsi offerts par ces barrages sont compensés par leur impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien.

L’interaction entre les écosystèmes marins et terrestres fait partie intégrante de la VUE du bien et la migration et le frayage naturel des salmonidés sont considérés comme une partie essentielle de cette interaction. Par conséquent, il est recommandé que le Comité soulève les préoccupations découlant de l’absence de progrès dans la mise en oeuvre des modifications supplémentaires apportées aux trois barrages de la Rusha et demande à l’État partie de poursuivre ces modifications des barrages, y compris d’envisager :

  1. l’éventualité de les supprimer complètement y compris en retirant la surface bétonnée sous l’eau, et,
  2. de démanteler complètement la route et le pont menant à l’ancienne écloserie afin de rétablir le flux hyporhéique normal et favoriser le processus normal de création des chenaux et des méandres dans le but d’améliorer l’habitat naturel de frayage des salmonidés.
Etant donné la nécessité d’établir une discussion technique détaillée, il est recommandé que le Comité prie instamment l’État partie et le Groupe de spécialistes des salmonidés de l’UICN de rechercher un consensus basé sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles afin de parvenir à la solution la plus appropriée et la plus praticable. L’État partie souhaitera, peut-être, envisager d’inviter une mission de conseil de l’UICN à cet effet.
Décisions adoptées par le Comité en 2015
39 COM 7B.13
Shiretoko (Japon) (N 1193)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 36 COM 7B.12 adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Note les efforts de l’État partie pour maintenir une population saine de lions de mer de Steller dans le bien et la mer du Japon, et prie instamment l’État partie de veiller à ce que les quotas de pêche soient régulièrement revus et ajustés afin de maintenir une population de lions de mers à des niveaux stables ou en augmentation dans le territoire du bien et l’ensemble du paysage marin ;
  4. Note avec satisfaction les effets positifs des modifications des structures fluviales mais note cependant avec inquiétude qu’aucune modification supplémentaire n’a été apportée aux barrages sur la Rusha comme demandée par le Comité à sa 36e session en 2012 (décision 36 COM 7B.12), en particulier à la lumière des inquiétudes de l’État partie concernant les impacts négatifs de ces barrages sur le lit de la rivière en aval et sur la disponibilité de l’habitat de frayage des salmonidés ;
  5. Considère qu’un comportement naturel de migration et de frayage des salmonidés est vital pour le bien pour servir d’exemple exceptionnel d’interaction entre écosystèmes terrestre et marin et considère également qu’avec la suppression de l’écloserie de saumons et de truites à l’embouchure de la Rusha en 2012, les avantages des trois barrages sur la Rusha pour la réduction des risques naturels sont contrebalancés par leurs impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  6. Prie instamment l’État partie de poursuivre les modifications de ces barrages, y compris d’envisager l’option de les supprimer complètement, en consultation étroite avec les communautés et les autorités locales, afin d’atténuer les impacts des trois barrages sur la Rusha, d’envisager aussi l’éventualité de retirer la surface bétonnée sous l’eau et de démanteler complètement la chaussée et le pont qui mènent à l’ancienne écloserie afin de rétablir le flux normal des eaux de surface et souterraines et de favoriser le processus normal de création des chenaux et des méandres dans le but d’améliorer l’habitat de frayage naturel des salmonidés ;
  7. Recommande à l’État partie et au Groupe de spécialistes des salmonidés de la Commission de sauvegarde des espèces (SSC) de l’UICN, de chercher à élaborer une déclaration consensuelle sur la base des meilleures données scientifiques disponibles pour la solution la plus envisageable et appropriée, ainsi que d’envisager la possibilité d’inviter une mission de conseil de l’UICN sur le bien, pour fournir des conseils sur ces questions ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points mentionnés ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.
Projet de décision : 39 COM 7B.13

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 36 COM 7B.12 adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Note les efforts de l’État partie pour maintenir une population saine de lions de mer de Steller dans le bien et la mer du Japon, et prie instamment l’État partie de veiller à ce que les quotas de pêche soient régulièrement revus et ajustés afin de maintenir une population de lions de mers à des niveaux stables ou en augmentation dans le territoire du bien et l’ensemble du paysage marin ;
  4. Note avec satisfaction les effets positifs des modifications des structures fluviales mais note cependant avec inquiétude qu’aucune modification supplémentaire n’a été apportée aux barrages sur la Rusha comme demandée par le Comité à sa 36e session en 2012 (décision 36 COM 7B.12), en particulier à la lumière des inquiétudes de l’État partie concernant les impacts négatifs de ces barrages sur le lit de la rivière en aval et sur la disponibilité de l’habitat de frayage des salmonidés ;
  5. Considère qu’un comportement naturel de migration et de frayage des salmonidés est vital pour le bien pour servir d’exemple exceptionnel d’interaction entre écosystèmes terrestre et marin et considère égalementqu’avec la suppression de l’écloserie de saumons et de truites à l’embouchure de la Rusha en 2012, les avantages des trois barrages sur la Rusha pour la réduction des risques naturels sont contrebalancés par leurs impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  6. Prie instamment l’État partie de poursuivre les modifications de ces barrages, y compris d’envisager l’option de les supprimer complètement, en consultation étroite avec les communautés et les autorités locales, afin d’atténuer les impacts des trois barrages sur la Rusha, d’envisager aussi l’éventualité de retirer la surface bétonnée sous l’eau et de démanteler complètement la chaussée et le pont qui mènent à l’ancienne écloserie afin de rétablir le flux normal des eaux de surface et souterraines et de favoriser le processus normal de création des chenaux et des méandres dans le but d’améliorer l’habitat de frayage naturel des salmonidés ;
  7. Recommande à l’Etat partie et au Groupe de spécialistes des salmonidés de la Commission de sauvegarde des espèces (SSC) de l’UICN, de chercher à élaborer une déclaration consensuelle sur la base des meilleures données scientifiques disponibles pour la solution la plus envisageable et appropriée, ainsi que d’envisager la possibilité d’inviter une mission de conseil de l’UICN sur le bien, pour fournir des conseils sur ces questions ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points mentionnés ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.
Année du rapport : 2015
Japon
Date d'inscription : 2005
Catégorie : Naturel
Critères : (ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2015) .pdf
arrow_circle_right 39COM (2015)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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