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Shiretoko

Japon
Facteurs affectant le bien en 2019*
  • Aquaculture
  • Autres modifications du climat
  • Espèces hyper-abondantes
  • Impacts des activités touristiques / de loisirs des visiteurs
  • Infrastructures hydrauliques
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Autres menaces :

    Effets anticipés du changement climatique

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Infrastructures hydrauliques (aménagement des cours d’eau, en particulier barrages, empêchant ou limitant la migration des poissons, notamment montaisons importantes de salmonidés) 
  • Aquaculture (gestion de la pêche commerciale, notamment coordination et coopération avec les États parties voisins) 
  • Surabondance d’espèces (densité excessive de population du cerf Sika affectant la régénération forestière et d’une façon plus générale la végétation) 
  • Impacts du tourisme/visiteurs/loisirs et Système/plan de gestion (gestion du tourisme et des visiteurs) 
  • Changement climatique et phénomènes météorologiques violents (effets anticipés du changement climatique) 
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2019
Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2019**

Février 2008 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 29 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/1193/documents/, qui présente les informations actualisées suivantes :

  • De récentes études ont découvert que la majorité des lions de mer de Steller migrant vers le détroit de Nemuro appartiennent au sous-stock des Kouriles, dont le nombre est en augmentation depuis 2007. Au cours de la période 2014/15-2016/17, 15 lions de mer de Steller ont été abattus chaque année dans le détroit de Nemuro (sur une moyenne maximale observée de 107 individus enregistrés au cours de la même période), et cela n’ayant pas conduit à un déclin de la population de lions de mer de Steller dans cette zone, l’État partie conclut que l’impact du niveau actuel d’abattage sur le sous-stock des Kouriles est négligeable ;
  • L'industrie de la pêche continue d'être gravement endommagée par les pinnipèdes dans le détroit de Nemuro ;
  • Des mesures alternatives non létales visant à prévenir les dommages à l'industrie de la pêche ont été mises en œuvre sans succès notable ;
  • Des études conjointes Japon-Russie sur les colonies de reproduction des lions de mer en Russie sont entreprises depuis les années 1990, et des modèles dynamiques de population sont en cours d'élaboration pour contribuer à la gestion des populations de lions de mer de Steller ;
  • L’État partie s'engage à restaurer la rivière Rusha à son état le plus naturel possible pour améliorer la migration et le frai des saumons. Suite à des expériences hydrauliques sur les trois barrages de contrôle, on a conclu que le retrait de la seule partie centrale des barrages fournissait les conditions écologiques nécessaires à la migration et au frai des saumons, tout en gérant le ruissellement sédimentaire qui porterait préjudice à la pêche côtière s’il n’était pas atténué ;
  • Une expérimentation a été lancée pour tester le projet de remplacement du pont sur la rivière Rusha par un sentier dans le lit de la rivière, en consultation avec le Comité consultatif sur les constructions de la rivière, les intervenants du secteur de la pêche et les communautés locales ;
  • Les composantes marines du bien ne sont pas soumises aux « forts impacts » de l’industrie maritime internationale, et l’État partie envisagera donc la nécessité et la possibilité d’établir à l’avenir une « zone marine particulièrement sensible » (ZMPS) si cela s’avère nécessaire ;
  • Les objectifs du plan de gestion des cerfs Sika 2017-2022 (annexé au rapport de l’État partie) sont, entre autres, la diminution de la densité de population qui passerait de 17,6 cerfs/km2 (2015) à 5-10 cerfs/km2, et la restauration de la végétation ;
  • Un plan de suivi à long terme du bien 2012-2022 (annexé au rapport de l’État partie) prévoit, entre autres, le suivi des impacts du changement climatique. Le changement climatique est également abordé dans le Plan de gestion des zones marines 2018-2023 avec notamment l’utilisation du toutenon japonais (Todarodes pacificus) comme indicateur.

En outre, l’État partie a également annexé au rapport un plan de gestion du bien de 2009, un plan de gestion marine intégrée à usages multiples de 2018 et une stratégie d’écotourisme de 2013.

L’État partie a invité une mission consultative de l’UICN à se rendre sur le territoire du bien à l’automne 2019, afin que la mission coïncide avec la saison de migration des saumons.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2019

Les études conjointes menées par les États parties du Japon et de la Fédération de Russie sur les colonies de reproduction des lions de mer de Steller en Russie sont accueillies avec satisfaction et leurs conclusions seront fort utiles pour améliorer la compréhension du statut de leur population. Il est pris note des explications sur les activités d’abattage en lien avec leur population aux alentours du détroit de Nemuro. Toutefois, des données exhaustives et précises sur cette sous-espèce font encore défaut et il convient de mieux comprendre quelles sont les tendances de population autour d’Okhotsk et des îles Kouriles, et le lien avec les tendances observées autour du détroit de Nemuro. L'ampleur des dommages causés par les pinnipèdes à la pêche côtière est notée. Bien que le renforcement des mesures non létales pour faire face au conflit entre l'homme et la faune sauvage soit accueilli avec satisfaction, une justification supplémentaire du niveau actuel d'abattage d'environ 15% de la population chaque année est encore nécessaire au regard de l'impact sur la dynamique de la population et de son efficacité pour réduire les dommages causés à la pêche. Un principe de précaution devrait être appliqué dans l’attente de la définition d’un modèle dynamique des populations de la sous-espèce occidentale. Un tel principe devrait également être reflété dans le plan de gestion marine intégrée à usages multiples et d'autres documents de gestion pertinents, qui ne fournissent pas actuellement suffisamment de détails sur le suivi et la gestion des populations de faune sauvage.

L'engagement de l'État partie à restaurer la rivière Rusha et les évaluations techniques entreprises pour évaluer les différentes options en ce qui concerne les trois barrages de contrôle et le pont sont accueillis avec satisfaction. L'expression par l’État partie de son intention d'inviter une mission consultative de l'UICN est également appréciée. L'UICN est prête à fournir une assistance à cet égard.

La mission de suivi réactif de 2008 a souligné que la valeur universelle exceptionnelle (VUE) de Shiretoko est fortement liée à la présence de glaces marines et que les impacts du changement climatique à long terme pourraient avoir un impact significatif sur ce bien. Le déclin de 9,2 % de la glace marine signalé entre les années 1970 et 2004 est une source de préoccupation. Il est donc recommandé que le Comité encourage l'État partie à poursuivre le suivi des impacts du changement climatique et à élaborer des stratégies de gestion adaptative pour réduire au minimum tout impact du changement climatique sur les valeurs de Shiretoko, bien du patrimoine mondial.

Décisions adoptées par le Comité en 2019
43 COM 7B.10
Shiretoko (Japon) (N 1193)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 39 COM 7B.13 et 41 COM 7B.30, adoptées respectivement à ses 39e (Bonn, 2015) et 41e (Cracovie, 2017) sessions,
  3. Accueille avec satisfaction les études conjointes menées par les États parties du Japon et de la Fédération de Russie sur les colonies de reproduction des lions de mer de Steller en Russie, et leurs projets de définition d’un modèle dynamique des populations de cette sous-espèce qui permettra de contribuer à la gestion, et demande aux États parties de soumettre les conclusions de ces études au Centre du patrimoine mondial lorsqu’elles seront disponibles ;
  4. Notant les dommages actuels signalés, causés par les pinnipèdes à la pêche côtière et la conclusion selon laquelle les mesures non létales utilisées n'ont pas encore été efficaces pour réduire les dommages, demande également à l'État partie de justifier la nécessité de continuer à procéder à l'abattage au regard de l’efficacité de cette pratique pour réduire les dommages causés à la pêche, et prie instamment l’État partie de reconsidérer le niveau actuel d’abattage des lions de mer de Steller, en adoptant un principe de précaution fondé sur l’insuffisance persistante des données précises et complètes sur cette sous-espèce, et ce, jusqu’à ce que ces données soient disponibles pour éclairer les décisions de gestion ;
  5. Note avec préoccupation l’absence de données détaillées sur le suivi et la gestion du lion de mer de Steller dans le plan de gestion et le plan de gestion marine intégrée à usages multiples, et demande en outre à l’État partie de veiller à ce que ces documents soient renforcés et reflètent le principe de précaution en matière de gestion des populations de lions de mer de Steller ;
  6. Accueille également avec satisfaction l’engagement de l’État partie de restaurer la rivière Rusha à son état le plus naturel possible, y compris les progrès réalisés dans l’évaluation des options pour le retrait des trois barrages de contrôle et des alternatives au pont, et prend note avec satisfaction de l’invitation lancée par l’État partie afin qu’une mission consultative de l’UICN se rende sur le territoire du bien à l’automne 2019 afin de dispenser d’autres conseils à ce sujet ;
  7. Encourage l’État partie à poursuivre le suivi des impacts du changement climatique sur le bien et à élaborer des stratégies de gestion adaptative afin de réduire au minimum tout impact du changement climatique sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;
  8. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.
Projet de décision : 43 COM 7B.10

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 39 COM 7B.13 et 41 COM 7B.30, adoptées respectivement à ses 39e (Bonn, 2015) et 41e (Cracovie, 2017) sessions,
  3. Accueille avec satisfaction les études conjointes menées par les États parties du Japon et de la Fédération de Russie sur les colonies de reproduction des lions de mer de Steller en Russie, et leurs projets de définition d’un modèle dynamique des populations de cette sous-espèce qui permettra de contribuer à la gestion, et demande aux États parties de soumettre les conclusions de ces études au Centre du patrimoine mondial lorsqu’elles seront disponibles ;
  4. Notant les dommages actuels signalés, causés par les pinnipèdes à la pêche côtière et la conclusion selon laquelle les mesures non létales utilisées n'ont pas encore été efficaces pour réduire les dommages, demande également à l'État partie de justifier la nécessité de continuer à procéder à l'abattage au regard de l’efficacité de cette pratique pour réduire les dommages causés à la pêche, et prie instamment l’État partie de reconsidérer le niveau actuel d’abattage des lions de mer de Steller, en adoptant un principe de précaution fondé sur l’insuffisance persistante des données précises et complètes sur cette sous-espèce, et ce, jusqu’à ce que ces données soient disponibles pour éclairer les décisions de gestion ;
  5. Note avec préoccupation l’absence de données détaillées sur le suivi et la gestion du lion de mer de Steller dans le plan de gestion et le plan de gestion marine intégrée à usages multiples, et demande en outre à l’État partie de veiller à ce que ces documents soient renforcés et reflètent le principe de précaution en matière de gestion des populations de lions de mer de Steller ;
  6. Accueille également avec satisfaction l’engagement de l’État partie de restaurer la rivière Rusha à son état le plus naturel possible, y compris les progrès réalisés dans l’évaluation des options pour le retrait des trois barrages de contrôle et des alternatives au pont, et prend note avec satisfaction de l’invitation lancée par l’État partie afin qu’une mission consultative de l’UICN se rende sur le territoire du bien à l’automne 2019 afin de dispenser d’autres conseils à ce sujet ;
  7. Encourage l’État partie à poursuivre le suivi des impacts du changement climatique sur le bien et à élaborer des stratégies de gestion adaptative afin de réduire au minimum tout impact du changement climatique sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) ;
  8. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.
Année du rapport : 2019
Japon
Date d'inscription : 2005
Catégorie : Naturel
Critères : (ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2018) .pdf
arrow_circle_right 43COM (2019)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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