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Réserve de faune du Dja

Cameroun
Facteurs affectant le bien en 2015*
  • Activités illégales
  • Exploitation forestière/production de bois
  • Exploitation minière
  • Infrastructures hydrauliques
  • Modification du régime des sols
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Élevage de bétail / pacage d’animaux domestiques
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Absence de mise en œuvre et d'approbation pleine et entière du plan de gestion 
  • Empiétements agricoles et forestiers
  • Projet d'exploitation minière à côté du bien 
  • Agriculture industrielle dans la zone tampon 
  • Menaces exercées par la chasse commerciale et la déforestation autour du parc
  • Barrage hydroélectrique de Mékin
  • Braconnage
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2015

Montant total accordé: 60 000 dollars EU du Fonds en dépôt des Pays-Bas auprès de l'UNESCO ; 193 275 dollars EU et 118 725 dollars EU, respectivement en 2008 et 2009, dans le cadre de l'Initiative pour le patrimoine mondial forestier de l'Afrique centrale (CAWHFI) pour la région du sud-ouest du Cameroun. 263 700 dollars EU de la Fondation Franz Weber pour un projet de conservation durable de la Réserve de Faune du Dja

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2015
Demandes approuvées : 4 (de 1987-1997)
Montant total approuvé : 84 700 dollars E.U.
1997 Sub-Regional workshop on Strengthening Biodiversity ... (Approuvé)   29 900 dollars E.U.
1992 Financial contribution for a training workshop on the ... (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
1989 Contribution to field training in Dja National Park (Approuvé)   4 800 dollars E.U.
1987 Contribution to the adoption and implementation of the ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Le 17 février 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien. Un résumé est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/407/documents. Le rapport donne les informations suivantes:

  • En juillet 2014, sept gardes forestiers supplémentaires ont été mis à la disposition du service de conservation. L’achat d’un navire de patrouille a également été possible en 2014. Pour l’heure, les efforts se concentrent sur l’obtention de fonds supplémentaires et l’élaboration d’un mécanisme de financement durable ;
  • Les études d’impact sur l’environnement (EIE) entreprises pour le barrage de Mékin et la plantation Sud Cameroun Hévéa incluent toutes les deux un plan de gestion environnementale et sociale, détaillant les mesures d’atténuation des impacts de ces projets. La mise en œuvre de ces mesures par Sud Cameroun Hévéa a commencé, bien que le protocole d’accord entre Sud Cameroun Hévéa et le service de conservation n’ait pas encore été signé. Un protocole d’accord a également été signé entre HYDRO MÉKIN et le ministère de l'Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) ;
  • Un projet de cadre de référence pour l’évaluation environnementale et sociale stratégique (EESS) de l’ensemble des projets actuels et futurs autour du bien est joint au rapport. Cette étude a été financée par la fondation Franz Weber dans le cadre du projet de conservation durable de la réserve de faune du Dja. L’EESS devrait être mise en œuvre en 2016 et 2017 ;
  • En 2014, les efforts de surveillance ont augmenté de 61% par rapport à 2013, et le nombre de poursuites engagées contre les braconniers a progressé de 24%. En conséquence, l’utilisation de pièges et la quantité de viande de brousse saisie sont signalées en baisse, bien que le nombre de défenses saisies soit passé de 37 en 2013 à 66 en 2014 ;
  • Afin de traiter la question de la déforestation, le bien est presque entièrement entouré de concessions forestières, pour la plupart soumises aux principes d’exploitation forestière durable et de gouvernance de l’EU-FLEGT (initiative européenne sur l'application de la législation forestière, la gouvernance et les échanges commerciaux) ;
  • Les trois permis d’exploitation minière dont les limites empiètent sur le bien n’ont jamais été mis en œuvre, et ont tous expiré, la plupart le 30 novembre 2014. Ils n’ont pas été et ne seront pas reconduits. Il est dit que la société minière GEOVIC a cessé ses activités ;
  • Les limites du bien n’ont pas été modifiées depuis son inscription. Seule la zone tampon a changé mais il est confirmé que la superficie du bien restait de 526 000 ha ;
  • Les partenaires de l’État partie ont prévu près de 45 milliards de francs CFA (approximativement 72,8 millions de dollars EU) pour sécuriser les zones protégées dans la région.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2015

Les efforts soutenus de l’État partie pour augmenter les effectifs, le budget de fonctionnement et les investissements dans le service de conservation du bien sont notés avec satisfaction, et la poursuite de ces efforts doit être encouragée.

Il est recommandé que le Comité félicite l’État partie pour ses efforts d’intensification de la surveillance du bien, ce qui semble donner des résultats en termes de réduction de l’utilisation de pièges et de la quantité de viande de brousse saisie. Tandis que la hausse du nombre de défenses saisies pourrait simplement être une conséquence des efforts de surveillance accrus, il est indéniable que le braconnage d’éléphants demeure une menace majeure pour le bien. Étant donné que le braconnage d’éléphants affecte les biens du patrimoine mondial et les autres zones protégées à travers toute l’Afrique, le fait que les partenaires de l’État partie aient prévu près de 45 milliards de francs CFA (approximativement 72,8 millions de dollars EU) pour sécuriser les zones protégées, et notamment contrer le braconnage aux niveaux local, national et transfrontalier, est très favorablement accueilli.

Bien que l’État partie note que braconnage et déforestation sont, l’un et l’autre, de réelles menaces pour le bien, aucune statistique n’est donnée sur la déforestation. Il est noté que des mécanismes sont en place et étudiés plus avant pour réglementer les concessions forestières autour du bien, et que des opérations de sensibilisation sont réalisées pour traiter le problème de l’empiètement agricole. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de fournir des statistiques sur la déforestation pour montrer l’efficacité de ces mesures.

La confirmation que l’ensemble des trois permis d’exploitation minière dont les limites empiétaient sur le bien a expiré et ne sera pas renouvelé est favorablement accueillie. Il est rappelé que GEOVIC a obtenu son permis d’exploitation minière en 2003 avec une validité initiale de 25 ans. Il n’est pas clairement précisé si la cessation rapportée des activités de GEOVIC est de nature permanente ou temporaire, étant donné notamment que le projet de cadre de référence pour l’EESS parle du projet GEOVIC comme un projet actuel. Il est par conséquent recommandé que le Comité demande à l’État partie de fournir de plus amples informations à ce sujet, et de veiller à ce qu’une évaluation des impacts potentiels du projet GEOVIC sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien soit réalisée avant toute reprise future des activités, conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale.

En ce qui concerne les plans de gestion environnementale et sociale pour le barrage de Mékin et la plantation industrielle Sud Cameroun Hévéa, aucune autre information n’a été donnée par l’État partie sur les mesures prises pour prévenir ou atténuer les impacts négatifs directs et indirects de ces aménagements sur la VUE du bien, tels qu’identifiés dans leur EIE respective, au-delà des activités de sensibilisation, de lutte contre le braconnage et de suivi. Ces mesures sont jugées insuffisantes pour traiter les impacts potentiels significatifs de ces aménagements. Par conséquent, si des progrès ont été signalés l’an passé vis-à-vis des demandes formulées dans la décision 36 COM 7B.1, paragraphes 7 a) et b) portant sur la révision des limites du permis d’exploration du minerai de fer qui empiétait sur le bien et la suspension de l’activité sur la concession GEOVIC, aucune avancée significative n’est visible en ce qui concerne les demandes faites aux paragraphes 7 c) et d) portant sur l’identification de mesures adéquates pour atténuer les impacts sur le bien de la plantation industrielle Sud Cameroun Hévéa et du barrage de Mékin. Rappelant la décision 38 COM 7B.86, il est donc recommandé que le Comité prie l’État partie de fournir de plus amples informations sur les mesures prises pour minimiser et atténuer les impacts directs et indirects de ces aménagements, en particulier vis-à-vis de la dégradation et fragmentation des habitats, et du risque de prolifération des espèces envahissantes, et d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif sur le bien pour évaluer les progrès accomplis à cet égard.

Il est finalement recommandé que le Comité envisage l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 40e session en 2016, si aucun progrès significatif n’a été accompli concernant les demandes précédemment formulées par le Comité, comme énumérées ci-dessus.

Décisions adoptées par le Comité en 2015
39 COM 7B.1
Réserve de faune du Dja (Cameroun) (N 407)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 36 COM 7B.1 et 38 COM 7B.86, respectivement adoptées à ses 36e (Saint Pétersbourg, 2012) et 38e (Doha, 2014) sessions,
  3. Note avec satisfaction les efforts soutenus de l’État partie pour augmenter les effectifs, le budget de fonctionnement et les investissements dans le service de conservation du bien, et encourage l’État partie à poursuivre ces efforts ;
  4. Félicite l’État partie pour ses efforts d’intensification de la surveillance du bien mais note avec inquiétude que le braconnage d’éléphants reste une menace significative pour le bien, et accueille très favorablement l’engagement de l’État partie et de ses partenaires à traiter la question du braconnage aux niveaux local, national et transfrontalier ;
  5. Accueille également favorablement les progrès accomplis par l’État partie dans l’élaboration du cadre de référence pour l’évaluation environnementale et sociale stratégique (EESS) de tous les projets majeurs des environs du bien, et encourage l’État partie à mobiliser les fonds nécessaires pour réaliser cette étude ;
  6. Note les efforts faits pour traiter la question de la déforestation et demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial des statistiques sur la déforestation au sein du bien et dans ses environs, afin de prouver l’efficacité de ces efforts ;
  7. Accueille par ailleurs favorablement les informations indiquant que les trois permis d’exploitation minière dont les limites empiétaient sur le bien ont expiré et ne seront pas renouvelés, et demande également à l’État partie de préciser davantage l’état du projet minier de GEOVIC dans les environs du bien, et de veiller à ce que les impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien soient évalués avant toute reprise des activités, conformément à la Note de conseil de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale ;
  8. Note également avec inquiétude qu’aucune information n’est donnée sur les mesures spécifiques prises pour réduire et atténuer les impacts directs et indirects potentiels majeurs du projet de barrage de Mékin et de la plantation industrielle Sud Cameroun Hévéa sur la VUE du bien, comme identifiés dans les études d’impact sur l’environnement (EIE) respectives pour ces aménagements, et considère par conséquent que des progrès majeurs sont requis conformément aux demandes formulées dans la décision 36 COM 7B.1, paragraphe 7 c) et d) ;
  9. Prie instamment l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, en priorité, de plus amples informations sur les mesures prises pour minimiser et atténuer les impacts des projets susmentionnés sur le bien, en particulier vis-à-vis de la dégradation et fragmentation des habitats, et du risque de prolifération des espèces envahissantes ;
  10. Demande en outre à l’État partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif sur le bien afin d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures visant à minimiser et atténuer les impacts du projet de barrage de Mékin et de la plantation industrielle Sud Cameroun Hévéa sur la VUE du bien ;
  11. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016, en vue d’envisager, en l’absence de progrès substantiels, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Projet de décision : 39 COM 7B.1

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 36 COM 7B.1 et 38 COM 7B.86, respectivement adoptées à ses 36e (Saint Pétersbourg, 2012) et 38e (Doha, 2014) sessions,
  3. Note avec satisfaction les efforts soutenus de l’État partie pour augmenter les effectifs, le budget de fonctionnement et les investissements dans le service de conservation du bien, et encourage l’État partie à poursuivre ces efforts ;
  4. Félicite l’État partie pour ses efforts d’intensification de la surveillance du bien mais note avec inquiétude que le braconnage d’éléphants reste une menace significative pour le bien, et accueille très favorablement l’engagement de l’État partie et de ses partenaires à traiter la question du braconnage aux niveaux local, national et transfrontalier ;
  5. Accueille également favorablement les progrès accomplis par l’État partie dans l’élaboration du cadre de référence pour l’évaluation environnementale et sociale stratégique (EESS) de tous les projets majeurs des environs du bien, et encourage l’État partie à mobiliser les fonds nécessaires pour réaliser cette étude ;
  6. Note les efforts faits pour traiter la question de la déforestation et demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial des statistiques sur la déforestation au sein du bien et dans ses environs, afin de prouver l’efficacité de ces efforts ;
  7. Accueille par ailleurs favorablement les informations indiquant que les trois permis d’exploitation minière dont les limites empiétaient sur le bien ont expiré et ne seront pas renouvelés, et demande également à l’État partie de préciser davantage l’état du projet minier de GEOVIC dans les environs du bien, et de veiller à ce que les impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien soient évalués avant toute reprise des activités, conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale ;
  8. Note également avec inquiétude qu’aucune information n’est donnée sur les mesures spécifiques prises pour réduire et atténuer les impacts directs et indirects potentiels majeurs du projet de barrage de Mékin et de la plantation industrielle Sud Cameroun Hévéa sur la VUE du bien, comme identifiés dans les études d’impact sur l’environnement (EIE) respectives pour ces aménagements, et considère par conséquent que des progrès majeurs sont requis conformément aux demandes formulées dans la décision 36 COM 7B.1, paragraphe 7 c) et d) ;
  9. Prie instamment l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, en priorité, de plus amples informations sur les mesures prises pour minimiser et atténuer les impacts des projets susmentionnés sur le bien, en particulier vis-à-vis de la dégradation et fragmentation des habitats, et du risque de prolifération des espèces envahissantes, et considère également que la poursuite de l’aménagement de ces projets, sans mesures d’atténuation adéquates en place, conduirait à l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  10. Demande en outre à l’État partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif sur le bien afin d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures visant à minimiser et atténuer les impacts du projet de barrage de Mékin et de la plantation industrielle Sud Cameroun Hévéa sur la VUE du bien ;
  11. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016, en vue d’envisager, en l’absence de progrès substantiels, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Année du rapport : 2015
Cameroun
Date d'inscription : 1987
Catégorie : Naturel
Critères : (ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2015) .pdf
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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