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Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra

Indonésie
Facteurs affectant le bien en 2014*
  • Activités illégales
  • Exploitation minière
  • Gouvernance
  • Infrastructures de transport de surface
  • Infrastructures liées aux énergies renouvelables
  • Modification du régime des sols
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Construction de routes ;
  • Empiétement agricole ;
  • Exploitation forestière illégale ;
  • Braconnage ;
  • Faiblesses institutionnelles et de gouvernance.
Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril
  • Construction de routes,
  • Exploitation minière,
  • Exploitation forestière illégale,
  • Empiétement
Etat de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Rédigé ; proposé pour adoption dans le projet de décision ci-après

Mesures correctives pour le bien

Rédigé ; proposé pour adoption dans le projet de décision ci-après

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives
Rédigé; proposé pour adoption dans le projet de décision ci-après
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2014

Montant total accordé: 1 800 000 dollars EU pour le projet triennal FNU/FNUPI (2005-2007) – Partenariat pour la conservation du patrimoine naturel de Sumatra. 35 000 dollars EU du Fond de réponse rapide (2007). 30 000 dollars EU Assistance Internationale pour le développement du plan d’action d’urgence (2012).

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2014
Demandes approuvées : 2 (de 2005-2012)
Montant total approuvé : 96 600 dollars E.U.
2012 Development and socialization of the emergency action ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
2005 Emergency Assistance for the Rehibilitation of ... (Approuvé)   66 600 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2014**

2006 : mission de suivi réactif UNESCO / UICN ; 2007 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN ; février 2009 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN ; avril 2011 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN ; octobre 2013 : mission de suivi réactif UICN

 

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 29 janvier 2014, qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1167/documents. Une mission de suivi réactif de l’UICN s’est rendue à Jakarta du 24 au 30 octobre 2013, comme demandé dans la décision 37 COM 7A.14 (Phnom Penh, 2013). Le rapport de la mission est aussi disponible à l’adresse Internet mentionnée ci-dessus. L’État partie rapporte ce qui suit :

  • Construction de routes : Il n’y a pas de route en construction dans le Parc national de Kerinci Seblat (PNKS), et les activités de construction routière dans le Parc national de Gunung Leuser (PNGL) ont été interrompues. Dans le Parc national de Bukit Barisan Selatan (PNBBS) l’aménagement du tronçon Way Heni – Way Haru a été autorisé pour le passage de patrouilles et pour permettre à la communauté locale d’avoir accès au village enclavé de Way Haru. Une proposition d’évaluation environnementale stratégique (EES) a été soumise en janvier 2014, mais aucun renseignement n’est donné sur la date de départ de l’évaluation.
  • Délimitation du bien et application de la loi : Des problèmes subsistent pour expliquer la disparition des bornes de démarcation dans le PNKS et le PNGL, ce qui ralentit les travaux de reconstruction des limites du parc. En 2013, les limites du PNBBS ont été reconstruites sur 120 km. En ce qui concerne l’application de la loi, l’État partie rend compte des activités menées pour lutter contre des usages illicites, y compris la destruction de 178 cabanes sur 396,5 hectares d’empiétement.
  • Suivi de la faune sauvage : L’État partie rend compte des activités de suivi du tigre, de l’éléphant et du rhinocéros, mais ne fournit aucune donnée sur les tendances de population. Des efforts de réhabilitation de l’orang-outan sont également signalés.
  • Restauration de l’écosystème et espèces envahissantes : L’État partie annonce la réhabilitation de 26 518 hectares dans le PNKS et de 10 000 hectares dans le PNGL en 2013. Des efforts de réhabilitation se poursuivent aussi dans le PNBBS. L’État partie indique, par ailleurs, que l’espèce envahissante Meremia peltata dans le PNBBS a un impact sur l’habitat de plusieurs autres espèces, dont le tigre, l’éléphant et le rhinocéros. Parmi les efforts aujourd’hui déployés pour contrôler cette espèce envahissante figure l’expérimentation de différentes méthodes d’éradication, le développement des capacités et les mesures de sensibilisation.
  • Autres questions : Aucune nouvelle information n’est donnée sur l’exploitation minière et l’énergie géothermique.

Le rapport de l’État partie résume l’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) qui a été finalisé et convenu au cours de la mission de suivi réactif de l’UICN en 2013.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2014

La mission de suivi réactif de l’UICN a pu confirmer que, malgré l’action positive de l’État partie et des ONG, beaucoup de menaces identifiées au préalable demeurent préoccupantes et doivent être traitées de toute urgence. Les principales menaces observées sont les suivantes :

  • Empiétement : Les pressions dues à l’utilisation des terres dans de nombreux secteurs autour du bien sont fortes, comme celle qu’exerce l’expansion des plantations de café et de palmiers à huile. De ce fait, l’empiétement reste la menace la plus redoutable pour le bien ;
  • Construction de routes : Même si aucune nouvelle route n’a été autorisée à travers les parcs nationaux qui composent le bien, la demande de construction de nouvelles pistes reste forte, tout comme la pression de modernisation du réseau existant. Suite à la légalisation d’une route de secours d’urgence dans le PNKS en 2011, les projets de construction de nouvelles routes proposées et justifiées comme itinéraires de délestage sont devenus pratique courante. Le 17 février 2014, un communiqué de presse du Parlement indonésien affirme préconiser la possibilité d’une construction routière en commençant par déclasser le PNKS de Parc national en Forêt protégée. Il convient de noter avec une vive inquiétude qu’une telle rétrogradation du degré de protection du bien l’exposerait non seulement aux risques de construction de routes et aux impacts potentiels du braconnage et de l’empiétement qui y sont associés, mais aussi à l’exploitation minière et au développement de projets d’énergie géothermique permis dans les Forêts protégées selon la législation indonésienne sur les aires protégées ;
  • Exploitation minière : La mission confirme que l’extraction illégale et traditionnelle de l’or continue à se pratiquer dans le PNKS. Bien que les autorités gouvernementales affirment que ces activités sont de faible envergure et antérieures à l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial, elles devraient être retirées et réhabilitées de toute urgence, selon la position établie du Comité qui déclare que l’exploitation minière est incompatible avec le statut de patrimoine mondial ;
  • Pressions sur l’ensemble de l’écosystème : Les principaux habitats fauniques qui s’étendent au-delà des trois Parcs nationaux (en particulier dans l’écosystème du Leuser) restent vulnérables à la pression du développement. Le nouveau Plan spatial d’Aceh est particulièrement préoccupant à cet égard ; bien que la mission n’ait pas pu en revoir un exemplaire, elle a reçu des rapports qui laissent entendre que le plan proposera vraisemblablement l’ouverture d’une importante surface forestière, y compris aux abords du bien, à des fins de développement ;
  • Énergie géothermique : L’adoption d’une nouvelle loi définissant l’énergie géothermique comme un « service environnemental », ce qui en autorise le développement dans les aires protégées, y compris les parcs nationaux, est attendue pour 2014. Au moins une centrale géothermique est aujourd’hui proposée sur le territoire du bien (dans le PNBBS). Des projets d’énergie géothermique auraient un impact considérable sur sa Valeur universelle exceptionnelle. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN recommandent donc que le Comité demande à l’État partie de veiller à ce que tout développement d’énergie géothermique sur le territoire du bien demeure interdit par la loi.

Suite à de longues discussions avec l’État partie et un certain nombre d’ONG, le DSOCR a été finalisé et convenu durant la mission de suivi réactif. Le DSOCR comprend sept indicateurs principaux, comme le résume le rapport de l’État partie et comme le précise le rapport de la mission. Selon les prévisions, il faudra compter cinq à dix ans pour pouvoir atteindre ces indicateurs. Des mesures correctives et un plan d’action d’urgence ont également été convenus avec l’État partie pendant la mission.

Des comptes rendus dans les médias (28 février 2014) indiquent que l’État partie australien a annulé son engagement de 3 millions de dollars australiens (~2,7 millions de dollars EU) pour la conservation du rhinocéros de Sumatra. Sans ce financement, ce serait un vaste défi pour l’État partie et ses partenaires que de réaliser l’objectif d’un taux de croissance annuel de 3 % d’ici à 2020 de la population de rhinocéros de Sumatra sur place. Ce taux de croissance fait partie du DSOCR et est conforme à l’engagement de l’État partie dans la Déclaration de Bandar Lampung du 3 octobre 2013. Étant donné l’impact qu’un manque de fonds pourrait avoir sur la capacité de l’État partie indonésien à achever le DSOCR dans le délai fixé, il est recommandé que le Comité encourage l’État partie australien à continuer d’accorder l’aide financière qu’il avait consacrée au préalable à la conservation du rhinocéros de Sumatra et appelle la communauté internationale à aider l’État partie à atteindre le DSOCR afin de retirer le bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Il est recommandé que le Comité maintienne le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décisions adoptées par le Comité en 2014
38 COM 7A.28
Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (Indonésie) (N 1167)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7A.14, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Félicite l’État partie pour le développement d’un plan d’action d’urgence qui pourrait faciliter la mise en œuvre des mesures correctives ;
  4. Exprime sa vive préoccupation devant la pression exercée pour rétrograder le statut de protection du Parc national de Kerinci Seblat à celui de Forêt protégée, ce qui exposerait non seulement le bien au risque de construction routière et aux impacts potentiels de braconnage et d’empiétement qui y sont associés, mais supprimerait aussi l’interdiction légale de l’exploitation minière et le développement de l’énergie géothermique dans cette composante du bien ;
  5. Note que la mission a confirmé que l’extraction traditionnelle de l’or continue de manière illégale dans le périmètre du bien, et réitère sa position en tenant que l’exploitation minière est incompatible avec le statut de patrimoine mondial ;
  6. Demande à l’État partie de veiller à ce que tout développement d’énergie géothermique dans le périmètre du bien reste interdit par la loi, et prie instamment l’État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de tout projet de développement d’énergie géothermique dans les zones limitrophes, conformément au paragraphe 172 des Orientations, et de soumettre ces plans à une évaluation d’impact environnemental rigoureuse, conformément à la Note de conseil de l’UICN pour les évaluations d’impact environnemental appliquées au patrimoine mondial ;
  7. Considère que les indicateurs qui décrivent l’état de conservation souhaité, tels qu’ils ont été établis par la mission de suivi réactif de l’UICN de 2013 en coopération avec l’État partie et l’UNESCO, doivent être atteints dans une période de 5 à 10 ans pour permettre le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  8. Demande également à l’État partie de mettre en œuvre les mesures correctives suivantes telles qu’elles ont été conçues au cours de la mission de 2013, afin de restaurer la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien :
    1. Renforcer les moyens d’application de la loi en développant et mettant en œuvre un plan stratégique de contrôle des activités illégales, fruit d’un travail collaboratif entre les autorités des parc nationaux, l’Agence pour la conservation des ressources naturelles, des ONG, la police locale, le gouvernement local et le bureau du procureur. Le plan stratégique doit comprendre des mesures prévoyant de :
      1. disposer d’organismes d’application de la loi dotés de moyens suffisants pour étendre leurs activités,
      2. assurer une réaction rapide et efficace face aux activités illégales signalées et que les transgresseurs soient jugés sur la base du droit de la conservation (en plus du droit pénal),
      3. identifier et poursuivre les syndicats, réseaux et entreprises impliqués dans des activités illégales, en coopération avec les autorités compétentes pour l’éradication des délits commis à l’encontre du patrimoine forestier et la corruption,
    2. Renforcer le suivi des espèces principales dans l’ensemble du bien, y compris l’éléphant, le tigre, le rhinocéros et l’orang-outan de Sumatra :
      1. en développant la collaboration entre le gouvernement, les ONG et les universités,
      2. en adoptant un cadre méthodologique commun pour le suivi de chaque espèce,
      3. en élargissant le contrôle pour combler les lacunes géographiques dans les activités de suivi,
      4. en synchronisant les analyses de données pour toutes les espèces clés afin de mieux rendre compte des progrès accomplis,
    3. Intensifier les efforts de rétablissement des espèces en mettant en œuvre des programmes de restauration de l’écosystème et d’amélioration de l’habitat, si besoin est, y compris le contrôle d’espèces invasives,
    4. Maintenir la politique interdisant la construction de nouvelles routes dans les parcs nationaux et conduire une évaluation environnementale stratégique du réseau routier de la chaîne de montagnes de Bukit Barisan, afin d’identifier pour la région des options de transport et des technologies n’ayant pas d’impact préjudiciable sur la VUE du bien,
    5. Veiller à effectuer des évaluations d’impact environnemental rigoureuses pour tous les projets d’aménagement proposés au sein du bien (ex. projets d’amélioration de routes) et alentour (ex. projets d’exploitation minière), de sorte qu’ils n’aient pas d’impact négatif sur la VUE du bien,
    6. Fermer et réhabiliter toutes les mines sur le territoire du bien, mener des investigations pour savoir s’il existe des concessions minières ou des permis d’exploration qui empiètent sur le bien, et retirer toutes les concessions et/ou permis qui sont identifiés à ce titre,
    7. En consultation avec les parties prenantes concernées, y compris les communautés locales, préciser dans la loi les limites de chacun des parcs nationaux qui composent le bien et achever la démarcation de ces limites au sol,
    8. S’assurer que toutes les provinces, districts et sous-districts qui empiètent sur le bien reconnaissent son statut de patrimoine mondial et évitent de désigner des zones de développement dans ses limites,
    9. S’assurer que le Groupe de travail du patrimoine mondial sous la coordination du Ministère des Affaires sociales joue un rôle actif en favorisant une solide coordination entre les différents ministères dans la protection et la gestion du bien,
    10. S’assurer que le processus des « Zones stratégiques nationales » établisse des zones tampons autour de chaque Parc national au sein du bien et identifie et protège les habitats fauniques essentiels au-delà des frontières du bien ;
  9. Prie aussi instamment l’État partie de veiller rigoureusement à ce que le Plan spatial d’Aceh reconnaisse explicitement les limites du bien, qu’aucune terre ne soit exploitée à des fins de développement si elle est dans le périmètre ou aux abords immédiats du bien, et prenne les dispositions nécessaires à l’identification et la conservation des habitats fauniques essentiels situés au-delà des frontières du bien ;
  10. Note avec inquiétude la décision annoncée par l’État partie australien d’annuler son engagement de 3 millions de dollars australiens pour la conservation du rhinocéros de Sumatra, considère également que cela est susceptible de compromettre largement la possibilité d’achever l’état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril dans les délais mentionnés ci-dessus, encourage l’État partie australien à continuer d’accorder son soutien financier préalablement destiné à la conservation du rhinocéros de Sumatra, et appelle la communauté internationale à aider l’État partie indonésien à atteindre l’état de conservation souhaité pour le bien ;
  11. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport détaillé, incluant un résumé exécutif d’une page, sur la mise en œuvre des mesures correctives et autres points mentionnés ci-dessus, ainsi que sur les progrès réalisés pour atteindre les indicateurs de l’État de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015 ;
  12. Décide de maintenir le Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (Indonésie) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
38 COM 8C.2
Mise a jour de la Liste du patrimoine mondial en péril (sites maintenus)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-14/38.COM/7A et WHC-14/38.COM/7A.Add),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :
  • Afghanistan, Minaret et vestiges archéologiques de Djam (décision 38 COM 7A.14)
  • Afghanistan, Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan (décision 38 COM 7A.15)
  • Belize, Réseau de réserves du récif de la barrière du Belize (décision 38 COM 7A.31)
  • Chili, Usines de salpêtre de Humberstone et de Santa Laura (décision 38 COM 7A.21)
  • Colombie, Parc national de Los Katíos (décision 38 COM 7A.32)
  • Côte d'Ivoire, Parc national de la Comoé (décision 38 COM 7A.35)
  • Côte d'Ivoire / Guinée, Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (décision 38 COM 7A.36)
  • Égypte, Abou Mena (décision 38 COM 7A.1)
  • États-Unis d'Amérique, Parc national des Everglades (décision 38 COM 7A.30)
  • Éthiopie, Parc national du Simien (décision 38 COM 7A.43)
  • Géorgie, Cathédrale de Bagrati et monastère de Ghélati (décision 38 COM 7A.16)
  • Géorgie, Monuments historiques de Mtskheta (décision 38 COM 7A.17)
  • Honduras, Réserve de la Biosphère Río Plátano (décision 38 COM 7A.33)
  • Îles Salomon, Rennell Est (décision 38 COM 7A.29)
  • Indonésie, Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (décision 38 COM 7A.28)
  • Iraq, Assour (Qal'at Cherqat) (décision 38 COM 7A.2)
  • Iraq, Ville archéologique de Samarra (décision 38 COM 7A.3)
  • Jérusalem, Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (décision 38 COM 7A.4)
  • Madagascar, Forêts humides de l’Atsinanana (décision 38 COM 7A.44)
  • Mali, Tombouctou (décision 38 COM 7A.24)
  • Mali, Tombeau des Askia (décision 38 COM 7A.25)
  • Niger, Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (décision 38 COM 7A.45)
  • Palestine, Lieu de naissance de Jésus : l’église de la Nativité et la route de pèlerinage, Bethléem (décision 38 COM 7A.5)
  • Panama, Fortifications de la côte caraïbe du Panama : Portobelo – San Lorenzo (décision 38 COM 7A.20)
  • Pérou, Zone archéologique de Chan Chan (décision 38 COM 7A.22)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Damas (décision 38 COM 7A.12)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Bosra (décision 38 COM 7A.12)
  • République arabe syrienne, Site de Palmyre (décision 38 COM 7A.12)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville d'Alep (décision 38 COM 7A.12)
  • République arabe syrienne, Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (décision 38 COM 7A.12)
  • République arabe syrienne, Villages antiques du Nord de la Syrie (décision 38 COM 7A.12)
  • République centrafricaine, Parc national du Manovo-Gounda St Floris (décision 38 COM 7A.34)
  • République démocratique du Congo, Parc national des Virunga (décision 38 COM 7A.37)
  • République démocratique du Congo, Parc national de Kahuzi-Biega (décision 38 COM 7A.38)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Garamba (décision 38 COM 7A.39)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Salonga (décision 38 COM 7A.40)
  • République démocratique du Congo, Réserve de faune à okapis (décision 38 COM 7A.41)
  • Sénégal, Parc national du Niokolo-Koba (décision 38 COM 7A.46)
  • Serbie, Monuments médiévaux au Kosovo (décision 38 COM 7A.18)
  • Ouganda, Tombes des rois du Buganda à Kasubi (décision 38 COM 7A.26)
  • Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, Liverpool – Port marchand (décision 38 COM 7A.19)
  • Venezuela, Coro et son port (décision 38 COM 7A.23)
  • Yémen, Ville historique de Zabid (décision 38 COM 7A.13)
Projet de décision :   38 COM 7A.28

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7A,

2.  Rappelant la décision 37 COM 7A.14, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),

3.  Félicite l’État partie pour le développement d’un plan d’action d’urgence qui pourrait faciliter la mise en œuvre des mesures correctives ;

4.  Exprime sa vive préoccupation devant la pression exercée pour rétrograder le statut de protection du Parc national de Kerinci Seblat à celui de Forêt protégée, ce qui exposerait non seulement le bien au risque de construction routière et aux impacts potentiels de braconnage et d’empiétement qui y sont associés, mais supprimerait aussi l’interdiction légale de l’exploitation minière et le développement de l’énergie géothermique dans cette composante du bien ;

5.  Note que la mission a confirmé que l’extraction traditionnelle de l’or continue de manière illégale dans le périmètre du bien, et réitère sa position en tenant que l’exploitation minière est incompatible avec le statut de patrimoine mondial ;

6.  Demande à l’État partie de veiller à ce que tout développement d’énergie géothermique dans le périmètre du bien reste interdit par la loi, et prie instamment l’État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de tout projet de développement d’énergie géothermique dans les zones limitrophes, conformément au paragraphe 172 des Orientations, et de soumettre ces plans à une évaluation d’impact environnemental rigoureuse, conformément à la Note de conseil de l’UICN pour les évaluations d’impact environnemental appliquées au patrimoine mondial ;

7.  Considère que les indicateurs qui décrivent l’Etat de conservation souhaité, tels qu’ils ont été établis par la mission de suivi réactif de l’UICN de 2013 en coopération avec l’État partie et l’UNESCO, doivent être atteints dans une période de 5 à 10 ans pour permettre le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril ;

8.  Demande également à l’État partie de mettre en œuvre les mesures correctives suivantes telles qu’elles ont été conçues au cours de la mission de 2013, afin de restaurer la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien :

a)  Renforcer les moyens d’application de la loi en développant et mettant en œuvre un plan stratégique de contrôle des activités illégales, fruit d’un travail collaboratif entre les autorités des parc nationaux, l’Agence pour la conservation des ressources naturelles, des ONG, la police locale, le gouvernement local et le bureau du procureur. Le plan stratégique doit comprendre des mesures prévoyant de :

(i)   disposer d’organismes d’application de la loi dotés de moyens suffisants pour étendre leurs activités,

(ii)  assurer une réaction rapide et efficace face aux activités illégales signalées et que les transgresseurs soient jugés sur la base du droit de la conservation (en plus du droit pénal),

(iii)  identifier et poursuivre les syndicats, réseaux et entreprises impliqués dans des activités illégales, en coopération avec les autorités compétentes pour l’éradication des délits commis à l’encontre du patrimoine forestier et la corruption,

b)  Renforcer le suivi des espèces principales dans l’ensemble du bien, y compris l’éléphant, le tigre, le rhinocéros et l’orang-outan de Sumatra :

(i)  en développant la collaboration entre le gouvernement, les ONG et les universités,

(ii)  en adoptant un cadre méthodologique commun pour le suivi de chaque espèce,

(iii)  en élargissant le contrôle pour combler les lacunes géographiques dans les activités de suivi,

(iv)  en synchronisant les analyses de données pour toutes les espèces clés afin de mieux rendre compte des progrès accomplis,

c)  Intensifier les efforts de rétablissement des espèces en mettant en œuvre des programmes de restauration de l’écosystème et d’amélioration de l’habitat, si besoin est, y compris le contrôle d’espèces invasives,

d)  Maintenir la politique interdisant la construction de nouvelles routes dans les parcs nationaux et conduire une évaluation environnementale stratégique du réseau routier de la chaîne de montagnes de Bukit Barisan, afin d’identifier pour la région des options de transport et des technologies n’ayant pas d’impact préjudiciable sur la VUE du bien,

e)  Veiller à effectuer des évaluations d’impact environnemental rigoureuses pour tous les projets d’aménagement proposés au sein du bien (ex. projets d’amélioration de routes) et alentour (ex. projets d’exploitation minière), de sorte qu’ils n’aient pas d’impact négatif sur la VUE du bien,

f)  Fermer et réhabiliter toutes les mines sur le territoire du bien, mener des investigations pour savoir s’il existe des concessions minières ou des permis d’exploration qui empiètent sur le bien, et retirer toutes les concessions et/ou permis qui sont identifiés à ce titre,

g)  En consultation avec les parties prenantes concernées, y compris les communautés locales, préciser dans la loi les limites de chacun des parcs nationaux qui composent le bien et achever la démarcation de ces limites au sol,

h)  S’assurer que toutes les provinces, districts et sous-districts qui empiètent sur le bien reconnaissent son statut de patrimoine mondial et évitent de désigner des zones de développement dans ses limites,

i)  S’assurer que le Groupe de travail du patrimoine mondial sous la coordination du Ministère des Affaires sociales joue un rôle actif en favorisant une solide coordination entre les différents ministères dans la protection et la gestion du bien,

j)  S’assurer que le processus des « Zones stratégiques nationales » établisse des zones tampons autour de chaque Parc national au sein du bien et identifie et protège les habitats fauniques essentiels au-delà des frontières du bien ;

9.  Prie aussi instamment l’État partie de veiller rigoureusement à ce que le Plan spatial d’Aceh reconnaisse explicitement les limites du bien, qu’aucune terre ne soit exploitée à des fins de développement si elle est dans le périmètre ou aux abords immédiats du bien, et prenne les dispositions nécessaires à l’identification et la conservation des habitats fauniques essentiels situés au-delà des frontières du bien ;

10.  Note avec inquiétude la décision annoncée par l’État partie australien d’annuler son engagement de 3 millions de dollars australiens pour la conservation du rhinocéros de Sumatra, considère également que cela
est susceptible de compromettre largement la possibilité d’achever l’Etat de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril dans les délais mentionnés ci-dessus, encourage l’État partie australien à continuer d’accorder son soutien financier préalablement destiné à la conservation du rhinocéros de Sumatra, et appelle la communauté internationale à aider l’État partie indonésien à atteindre l’Etat de conservation souhaité pour le bien ;

11.  Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport détaillé, incluant un résumé exécutif d’une page, sur la mise en œuvre des mesures correctives et autres points mentionnés ci-dessus, ainsi que sur les progrès réalisés pour atteindre les indicateurs de l’État de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015 ;

12.  Décide de maintenir le Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (Indonésie) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Année du rapport : 2014
Indonésie
Date d'inscription : 2004
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(ix)(x)
Liste en péril (dates) : 2011-présent
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2014) .pdf
arrow_circle_right 38COM (2014)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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