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Île de Saint-Louis

Sénégal
Facteurs affectant le bien en 2013*
  • Activités de gestion
  • Eau (pluie/nappe phréatique)
  • Habitat
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Autres menaces :

    Persistance de bâtiments en ruine qui constituent un danger pour leurs occupants

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Absence d’un mécanisme de suivi et de contrôle ;
  • Absence de plan de gestion et de conservation ;
  • Persistance des restaurations non conformes de l’habitat et du tissu urbain, et persistance de bâtiments en ruine qui constituent un danger pour leurs occupants ;
  • Mécanismes de contrôle des constructions et de l’octroi des permis de construire ;
  • Désordre environnemental dû à la modification de l’embouchure du fleuve Sénégal ; projet de port ;
  • Mise en place incomplète du système de gestion impliquant l’absence de coordination entre les initiatives locales ;
  • Nécessité d’instituer le Comité de sauvegarde et de nommer un gestionnaire de site (problème résolu)
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2013

Montant total accordé: 192.697,13 dollars EU de la Convention France-UNESCO 

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2013
Demandes approuvées : 1 (de 1997-2007)
Montant total approuvé : 11 500 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2013**

Mars-avril 2004 : mission conjointe dans le cadre de l’accord de coopération France-UNESCO / Centre du patrimoine mondial ; avril 2006 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS / ICCROM ; 2007 : mission dans le cadre de l’accord de coopération France-UNESCO ; février 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

L’Etat partie a remis un rapport en date du 28 janvier 2013, dont le contenu très succinct, avec des réponses partielles à la décision 35 COM 7B.43 du Comité, ne permet de connaître avec précision ni l’état de conservation présent du bien ni le fonctionnement pratique de ses institutions, notamment en termes de vue d’ensemble du contrôle des nouvelles constructions et réhabilitations, en cours et à venir, et de gestion globale du bien.

a)  La mise en place du système de gestion, coordination avec la municipalité

L’Etat partie rappelle l’arrêté de création du Comité de sauvegarde de Saint-Louis et de son Secrétariat permanent (n° 3395 du 29 mars 2011), ainsi que la nomination du gestionnaire du site (23 avril 2011). Le Comité est chargé de veiller à l’application du Plan de sauvegarde et de mise en valeur de Saint-Louis et le Secrétariat doit procéder à l’examen technique des projets de réhabilitation, de restauration ou de construction pour les soumettre à l’avis du Comité. Toutefois, les moyens humains, financiers et techniques mis à la disposition de ces structures de gestion ne sont pas précisés. Les liens avec les actions et projets municipaux de conservation du patrimoine ne sont pas évoqués (Agence de développement local, Maison du patrimoine), si ce n’est une possible représentation de la municipalité au sein du Comité au titre des représentants « non étatiques ».

b)  Conservation du bien, Plan de gestion et Programme de développement touristique

Différents cadres programmatiques et projets sont évoqués. La principale information est la consolidation financière du Programme de développement touristique de Saint-Louis et de sa région, d’un montant total estimé à 29 M€, par le biais d’un emprunt et d’une aide obtenus auprès de l’Agence française de développement (24,5 M€). 7,37 M€ seront alloués à la conservation du bien, par une action d’incitation à la restauration conforme des bâtiments privés, via l’action de la municipalité (Maison du patrimoine). Une part du budget sera attribuée à la requalification des espaces publics (7,82 M€) et à l’éradication des dépôts sauvages de déchets ménagers (3 M€). L’Etat partie indique lui-même la nécessité d’accompagner ce programme d’un « plan plus détaillé » en ce qui concerne la conservation du bien. Il n’apparait pas clairement la nature des activités de conservation qui seront financées dans le cadre de ce programme de développement. Par ailleurs, le rapport fait état du Plan de sauvegarde et de mise en valeur du bien (PSMV, 2008) qui ne semble plus aujourd’hui véritablement opérationnel, ni ses prescriptions respectées ; seul un suivi organisé de la conservation permettrait de le savoir. Son articulation avec le volet conservation du Programme de développement touristique et son actualisation devraient être envisagées.

La réhabilitation du pont Faidherbe est présentée comme réalisée, mais c’est un projet déjà ancien (2007). D’autres projets de restauration concernant les quais dédiés à la pêche, les places et les bâtiments publics sont annoncés, en partenariat avec l’AFD ; mais il n’y a toujours pas de plan de conservation pour l’ensemble du bien, tant pour son tissu urbain, que pour les bâtiments publics et l’habitat privé.

c)  Mécanismes de contrôle des constructions et d’octroi des permis de construire

 

Selon le rapport, les permis de construire sont validés par le représentant local du Bureau d’architecture des monuments historiques du Ministère de la culture (BAMH). Le rapport ne précise pas toutefois si les travaux non respectueux de l’authenticité et de l’intégrité du bien constatés dans le passé ont été enrayés, ni d’attester de la mise en place d’un suivi de la conservation efficace. Il n’y a pas d’indication sur la coordination du contrôle des constructions et travaux, ni avec le Secrétariat du Comité de sauvegarde ni avec la mairie de Saint-Louis.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2013

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont préoccupés par l’absence de détails concernant le projet de développement touristique de Saint-Louis et de sa région, avec l’aide de l’Agence française du développement. Ils sont également préoccupés par la mise en œuvre d’un tel projet en l’absence d’un gestionnaire du site et d’un plan de gestion et de conservation du bien. D’autre part, il n’existe pas de garantie que les travaux prévus pour les quais et les places respectent l’authenticité et l’intégrité du bien. Plus largement, il est nécessaire d’informer le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives du programme détaillé du projet de développement touristique avant sa mise en œuvre.

Depuis la mise en place du Comité de sauvegarde en 2011 aucun progrès significatif n’a été réalisé dans la coopération entre les échelons nationaux, régionaux et locaux, ni de partage précis et clair des responsabilités de la protection, de la conservation et du suivi du bien.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent qu’à ce jour, aucune action significative n’a été entreprise pour stopper la dégradation du patrimoine architectural et du tissu urbain, ce qui continue d’affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien. En conséquence, ils recommandent qu’une mission conjointe de suivi réactif par le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS évalue l’état de conservation du bien, l’avancement de sa gestion et l’existence des critères requis pour l’inscrire sur la Liste du patrimoine mondial en péril.  

Décisions adoptées par le Comité en 2013
37 COM 7B.42
Île de Saint-Louis (Sénégal) (C 956 bis)

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B,

2.  Rappelant la décision 35 COM 7B.43 , adoptée lors de sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.  Note avec satisfaction les progrès effectués par l’État partie dans la consolidation financière de ses projets de développement touristique de Saint-Louis et de sa région, dont une part importante sera affectée à la conservation du bien ;

4.  Exprime sa vive inquiétude devant la poursuite de la dégradation et l'effondrement du tissu urbain historique et devant la construction de bâtiments non conformes qui affectent la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

5.  Réitère sa demande à l'État partie de consolider les dispositifs de conservation et de gestion du bien, et en particulier :

a)  d'assurer des ressources humaines nécessaires de conservation et de gestion liées au bien,

b)  d'appliquer sans dérogation les mécanismes de contrôle des constructions et d'octroi des permis de construire, en coordination avec le Secrétariat du Comité de sauvegarde du bien et la municipalité de Saint-Louis,

c)  d'assurer une coordination adéquate entre les initiatives menées sur le site et entre les différents acteurs institutionnels au niveau national, régional et local ;

6.  Invite l'État partie à fournir au Centre du patrimoine mondial des informations détaillées concernant les projets de réhabilitation des quais et des places, ainsi que des édifices publics majeurs que sont la gouvernance, la cathédrale et les Rognât ainsi que sur le programme de développement touristique et plus largement tout projet important prévu sur l'Île de Saint-Louis et sa région ;

7.  Demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l’état général de conservation du bien et les progrès dans sa gestion ;

8.  Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport sur l’état de conservation du bien faisant état de la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.

Projet de décision :  37 COM 7B.42

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B,

2.  Rappelant la décision 35 COM 7B.43, adoptée lors de sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.  Note avec satisfaction les progrès effectués par l’Etat partie dans la consolidation financière de ses projets de développement touristique de Saint-Louis et de sa région, dont une part importante sera affectée à la conservation du bien ;

4.  Exprime à nouveau sa vive inquiétude devant la poursuite de la dégradation et l'effondrement du tissu urbain historique et devant la construction de bâtiments non conformes qui affectent la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

5.  Réitère sa demande à l'Etat partie de consolider les dispositifs de conservation et de gestion du bien, et en particulier :

a)  d'assurer des ressources humaines, financières et techniques suffisantes pour toutes les activités nécessaires de conservation et de gestion liées au bien,

b)  d'appliquer sans dérogation les mécanismes de contrôle des constructions et d'octroi des permis de construire, en coordination avec le Secrétariat du Comité de sauvegarde du bien et la municipalité de Saint-Louis,

c)  d'assurer une coordination adéquate entre les initiatives menées sur le site et entre les différents acteurs institutionnels au niveau national, régional et local,

d)  de commencer d'urgence à préparer le plan de gestion en coordination avec la municipalité,

e)  de prévoir au sein du plan de gestion un programme coordonné de la conservation tant du tissu urbain que des bâtiments publics et de l’habitat privé,

f)  d’instaurer un mécanisme de suivi de l’état de conservation du bien, de le baser sur des indicateurs précis et régulièrement observés ;

6.  Rappelle à l'Etat partie sa demande de clarification des rôles spécifiques, des responsabilités, des devoirs et des capacités des institutions gouvernementales au niveau national et municipal par le biais d'un Mémorandum d'accord ou par d'autres moyens ;

7.  Invite l'Etat partie à fournir au Centre du patrimoine mondial des informations détaillées concernant les projets de réhabilitation des quais et des places, le programme de développement touristique et plus largement tout projet important prévu sur l'Île de Saint-Louis et sa zone tampon pour examen par les Organisations consultatives, conformément au Paragraphe 172 des Orientations.

8.  Demande à l’Etat partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif pour évaluer l’état général de conservation du bien et l’avancement de sa gestion, et évaluer si les critères pour l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril sont remplis.

9.  Demande également à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un rapport sur l’état de conservation du bien faisant état de la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.

 

Année du rapport : 2013
Sénégal
Date d'inscription : 2000
Catégorie : Culturel
Critères : (ii)(iv)
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 37COM (2013)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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