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Île de Saint-Louis

Sénégal
Facteurs affectant le bien en 2014*
  • Activités de gestion
  • Eau (pluie/nappe phréatique)
  • Habitat
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Absence de mécanisme de suivi et de contrôle ;
  • Absence de plan de conservation et de gestion ;
  • Nouvelles constructions et modifications architecturales et projets urbains affectant l’authenticité et l’intégrité ;
  • Restaurations non conformes de l’habitat ;
  • Désordre environnemental dû à la modification de l’embouchure du fleuve Sénégal ;
  • Extrêmement mauvais état de conservation de nombreux bâtiments délabrés mettant en danger leurs occupants ;
  • Absence de gestionnaire de site (problème résolu)
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2014

Montant total accordé: 192.697,13 dollars EU de la Convention France-UNESCO 

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2014
Demandes approuvées : 1 (de 1997-2007)
Montant total approuvé : 11 500 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2014**

Mars-avril 2004 : mission conjointe dans le cadre de l’accord de coopération France-UNESCO/Centre du patrimoine mondial ; avril 2006 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ ICCROM ; 2007 : mission dans le cadre de l’accord de coopération France-UNESCO ; février 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM ; mars 2014 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS avec la participation d’un expert dans le cadre de l’accord de coopération France-UNESCO

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Une mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a visité le bien en mars 2014 (rapport de mission disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/956/documents). L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 28 janvier 2014, rapport également disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/956/documents.

Le rapport de l’État partie indique que les dispositifs de gestion du bien ont été renforcés grâce à la constitution juridique du Comité de sauvegarde de Saint-Louis auquel participent différentes organisations publiques et privées. Il est prévu que cette entité – avec d’autres structures de gestion – assure une plus large coordination entre les différentes parties prenantes et contribue à renforcer les processus de conservation et de gestion du bien. Le Comité de sauvegarde, futur responsable de la mise en œuvre du plan de gestion, et le Comité technique pour le Programme de développement touristique, financé par l’Agence française de développement(AFD), se sont réunis et ont évalué l’avancement actuel de la mise en œuvre des activités, définissant ensemble de futures actions à réaliser dans le bien et établissant des responsabilités précises pour la réalisation de ces activités.

La mission de mars 2014 a jugé correct l’état général de conservation du bien et a estimé que les principaux attributs incarnant la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) sont préservés, le délabrement ayant été contrôlé grâce à différentes interventions dans ces zones. La mission a néanmoins souligné que tous les secteurs du bien ne sont pas en bon état et qu’il reste de nombreux problèmes à résoudre : gestion du bien, modifications de l’unité architecturale, absence d’entretien et de suivi et impact potentiel de projets d’aménagements, entre autres. La mission a particulièrement insisté sur la construction en cours d’un ensemble immobilier au sud de l’île, non loin du quartier du Comptoir du Fleuve. Elle a recommandé que l’on fasse stopper immédiatement ces travaux et que l’on définisse des mesures correctives pour en atténuer les impacts. La mission a aussi signalé que ces problèmes risquaient encore de s’aggraver si l’on n’obtenait pas d’engagement de la communauté à une action de conservation durable ou si l’on ne pouvait disposer des fonds nécessaires pour l’ensemble du fonctionnement des structures actuelles de gestion.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2014

Les informations fournies par l’État partie ne donnent pas suffisamment de détails permettant d’évaluer l’avancement réalisé dans la mise en œuvre des demandes du Comité, ni sur la situation actuelle dans le bien. Les conclusions de la mission concernant l’état du patrimoine bâti et montrent l’urgente nécessité de mettre en œuvre des mesures de conservation générales et durables et d’obtenir des fonds pour faire en sorte que les conditions d’authenticité et d’intégrité ainsi que les attributs incarnant la VUE ne s’érodent pas davantage à un degré risquant de compromettre cette VUE.

L’État partie a fait des efforts pour mettre en place des structures de gestion adaptées mais il faudrait disposer d’une meilleure coordination entre les autorités chargées du patrimoine (la Direction du Patrimoine culturel-DPC) et la municipalité. Cette situation pourrait trouver une solution si le Comité pour la sauvegarde de Saint-Louis fonctionne correctement, ce qui exigerait aussi de veiller à la mise en place d’un mécanisme unique et cohérent d’aide à la prise de décision. À cet égard, il est essentiel d’établir le plan de gestion et de conservation et qu’il définisse les modalités de collaboration entre les parties prenantes, l’intégration des mesures réglementaires en vigueur ainsi qu’un plan d’action clair intégrant toutes les initiatives en cours, y compris le Plan de développement touristique. Le plan de gestion doit aussi préciser les mécanismes concernant l’étude des différents projets dans le périmètre du bien en matière de modifications ou de nouvelles constructions, ainsi que des processus appropriés de suivi pendant la mise en œuvre pour éviter toute conséquence négative. De même, pour une bonne et complète mise en œuvre du plan de gestion, il faudra prévoir un renforcement des capacités à différents niveaux, ainsi qu’un financement approprié.

En matière de conservation, la mission a établi qu’il était urgent de définir une politique de conservation claire, de réaliser des interventions sur les bâtiments en mauvais état et de veiller à un entretien régulier. Il convient d’effectuer une étude et une évaluation complètes de l’état du bien pour définir un plan d’action pour les interventions de conservation et d’entretien, ainsi qu’un programme de suivi régulier sur place. Cela ne doit pas se limiter à l’évaluation des monuments historiques mais prendre aussi en compte améliorations et besoins en matière de conditions actuelles de logement.

Décisions adoptées par le Comité en 2014
38 COM 7B.54
Île de Saint-Louis (Sénégal) (C 956 bis)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.42 adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Prend acte de l’institution légale du Comité de sauvegarde de Saint-Louis ;
  4. Prend note des conclusions de la mission de suivi réactif de 2014 dans le bien et prie instamment à l’État partie de mettre totalement en œuvre ses recommandations en s’attachant tout particulièrement à ce qui suit :
    1. Élaborer, dans une démarche participative et inclusive, le plan de conservation et de gestion du bien qui devra inclure des dispositions précises en matière de modalités de gestion et de prise de décision – y compris des moyens de renforcer la collaboration, l’intégration des mesures réglementaires en vigueur et un plan d’action clair et chiffré pour la mise en œuvre. Le plan de gestion établi devra constituer un ensemble cohérent avec le Programme de développement touristique financé par l’Agence Française de Développement (AFD), et inclure un plan de conservation et d’entretien du bien,
    2. À partir du plan de gestion, définir des mécanismes d’étude et d’accord de projets de modification de constructions ou de nouvelles constructions, et de suivi de ces projets au cours de leur réalisation,
    3. Renforcer les capacités existantes en conservation et gestion à différents niveaux et se procurer les ressources techniques, matérielles et financières nécessaires à la mise en œuvre de l’entreprise durable de mesures de conservation et de gestion,
    4. Mener une étude et une évaluation complète de l’état des lieux pour définir un plan d’action de conservation et d’entretien, qui devra inclure une politique claire de conservation et un programme de mesures visant à traiter les parties vulnérables du patrimoine et à améliorer les conditions actuelles de logement,
    5. Stopper la construction de l’ensemble immobilier en cours au sud de l’île, non loin du Comptoir du Fleuve, et définir des mesures pour limiter les impacts dans ce quartier,
    6. Renforcer les actions d’information et de sensibilisation en matière de conservation et de protection du bien et favoriser la diffusion d’informations et la consultation sur les projets proposés ;
  5. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, des détails techniques et des précisions, ainsi que des évaluations d’impact sur le patrimoine, sur les projets à grande échelle prévus dans le périmètre du bien, pour étude avant tout engagement de mise en œuvre ;
  6. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2015, un rapport actualisé incluant un résumé analytique d’une page sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session, en 2016.

Projet de décision :   38 COM 7B.54

Le Comité du patrimoine mondial,

  1.   Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2.   Rappelant la décision 37 COM 7B.42 adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3.   Prend acte de l’institution légale du Comité de sauvegarde de Saint-Louis ;
  4.   Prend note des conclusions de la mission de suivi réactif de 2014 dans le bien et prie instamment à l’État partie de mettre totalement en œuvre ses recommandations en s’attachant tout particulièrement à ce qui suit :

a)  Élaborer, dans une démarche participative et inclusive, le plan de conservation et de gestion du bien qui devra inclure des dispositions précises en matière de modalités de gestion et de prise de décision – y compris des moyens de renforcer la collaboration, l’intégration des mesures réglementaires en vigueur et un plan d’action clair et chiffré pour la mise en œuvre. Le plan de gestion établi devra constituer un ensemble cohérent avec le Programme de développement touristique financé par l’Agence Française de Développement (AFD), et inclure un plan de conservation et d’entretien du bien,

b)  À partir du plan de gestion, définir des mécanismes d’étude et d’accord de projets de modification de constructions ou de nouvelles constructions, et de suivi de ces projets au cours de leur réalisation,

c)  Renforcer les capacités existantes en conservation et gestion à différents niveaux et se procurer les ressources techniques, matérielles et financières nécessaires à la mise en œuvre de l’entreprise durable de mesures de conservation et de gestion,

d)  Mener une étude et une évaluation complète de l’état des lieux pour définir un plan d’action de conservation et d’entretien, qui devra inclure une politique claire de conservation et un programme de mesures visant à traiter les parties vulnérables du patrimoine et à améliorer les conditions actuelles de logement,

e)  Stopper la construction de l’ensemble immobilier en cours au sud de l’île, non loin du Comptoir du Fleuve,etdéfinir des mesures pour limiter les impacts dans ce quartier,

f)  Renforcer les actions d’information et de sensibilisation en matière de conservation et de protection du bien et favoriser la diffusion d’informations et la consultation sur les projets proposés ;

  1.   Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, des détails techniques et des précisions, ainsi que des évaluations d’impact sur le patrimoine, sur les projets à grande échelle prévus dans le périmètre du bien, pour étude avant tout engagement de mise en œuvre ;
  2.   Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2016, un rapport actualisé incluant un résumé analytique d’une page sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session, en 2016.
Année du rapport : 2014
Sénégal
Date d'inscription : 2000
Catégorie : Culturel
Critères : (ii)(iv)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2014) .pdf
arrow_circle_right 38COM (2014)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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