Du 10 au 27 mai 2006, une mission de suivi UNESCO/UICN a visité le bien. Les conclusions de la mission ont été présentées oralement à la 30e session du Comité (Vilnius, 2006) et sont résumées ci-après.
La mission a pris acte des progrès notoires accomplis dans la mise en œuvre de quelques-unes des mesures correctives fixées par le Comité, en particulier le réalignement de la frontière pour exclure les villages (ancien repère 1) et l’extension du bien pour inclure les réserves de faune de Mesareya et Lemalimo (ancien repère 2). La mission a noté, par ailleurs, que même si ces extensions ont amélioré la conservation effective d’une population accrue de Walia ibex dans le parc, 75 % de la population de renards du Simien restent encore à l’extérieur du périmètre actuel et qu’une nouvelle extension du parc aux monts Silki Yared – Kiddis Yared et aux monts Ras Dejen s’imposerait pour satisfaire pleinement à l’ancien repère 4. La mission a conclu que l’ancien repère 3 qui préconisait la réduction significative et durable de la densité de population dans la zone centrale, n’avait pas atteint son objectif. La mission a également reconnu que le pacage du bétail était très préoccupant pour l’intégrité et la conservation des valeurs du bien et que ce problème n’était pas abordé dans les mesures correctives fixées par le Comité. En s’appuyant sur les recommandations de la mission, le Comité a adopté quatre nouvelles mesures correctives qui pourraient servir de repères (voir ci-dessus). La mission a ensuite examiné un certain nombre d’autres sujets critiques, à savoir la route qui traverse le bien, la nouvelle route prévue à proximité de l’extension proposée, la récente construction d’un hôtel et le risque de transmission de maladies provenant du bétail, ainsi que la préparation du plan de gestion et la planification du tourisme dans la région, et a émis à cet égard des recommandations précises qui figurent dans le rapport de la mission.
Le 21 février 2007, un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie. Ce rapport donne des informations sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre des mesures correctives adoptées :
a) Finaliser l’extension du parc avec les couloirs qui le relient
Le rapport mentionne que les travaux sur la démarcation de l’extension jusqu’à Ras Dejen doivent être réalisés au cours du premier semestre 2007 et seront financés au titre du Projet de développement intégré–PNMS financé par l’Autriche. Les consultations avec les communautés locales sont déjà engagées et les travaux sur le terrain vont commencer d’ici peu. Le rapport indique que le problème critique de la réimplantation du village d’Arqwaziye établi de façon illégale, dont fait état la mission de 2006, sera négocié lors du processus de démarcation et que les villageois sont invités à se réinstaller sur un site longeant la route qui mène à la ville de Dilibza, actuellement construction.
b) Republier officiellement les nouvelles limites du parc
L’État partie note que la republication des nouvelles limites du parc est prévue dès que l’extension aux monts Ras Dejen sera finalisée. Cette nouvelle publication officielle devrait pouvoir être finalisée d’ici deux ans.
c) Élaborer une stratégie et un plan d’action afin de réduire de façon significative l’impact du pacage du bétail sur la conservation du bien et trouver des financements durables pour sa mise en œuvre
Les termes de référence d’une mission de consultant à court terme visant à développer cette stratégie ont été préparés par l’État partie, avec les commentaires techniques de l’UICN et de l’UNESCO. Le rapport du consultant indique que la stratégie pourrait être mise en place d’ici un à deux ans mais qu’à ce jour aucun financement n’a pu être trouvé pour sa mise en œuvre, sachant que la poursuite du projet autrichien n’est pas garantie à l’avenir.
d) Élaborer une stratégie et un plan d’action pour soutenir la création de sources de revenus alternatives pour la population vivant à l’intérieur du parc et dans ses environs immédiats, et trouver des financements durables pour sa mise en œuvre
Avec l’aide financière du Fonds du patrimoine mondial, un consultant international a mis au point une proposition de projet détaillée et exhaustive sur un système de revenu alternatif. Dans la proposition, les 30 différents types d’entreprises qui sont passés en revue et envisagés, seraient susceptibles de créer 725 emplois dont profiteraient plus de 3 800 personnes. Il est certain que la mise en œuvre du projet offrirait des perspectives aux communautés locales qui inciteraient les habitants à quitter le parc. Il semble que les communautés locales soient favorables au plan. L’obstacle majeur à sa mise en œuvre est le coût estimé à 8,7 millions de dollars EU. C’est pourquoi l’État partie sollicite l’appui de l’UNESCO et de l’UICN pour le financement de ce projet.
Le rapport de l’État partie rend compte, par ailleurs, des progrès réalisés dans la mise en œuvre de plusieurs des autres recommandations de la mission de 2006 :
Le rapport confirme qu’à l’issue de la mission, le tracé initialement proposé de la route Bwahit-Dilyibza à travers les monts Silki Yared - Kiddis Yared, dont l’inclusion était envisagée dans la nouvelle extension du parc, a été interdit suite à un courrier officiel du Président du gouvernement de l’État d’Amhara et que le gouvernement régional a alloué des fonds supplémentaires pour l’aménagement et la construction d’une route de délestage dans les vallées au-delà de l’extension proposée. Le Centre et l’UICN saluent cette décision mais notent qu’il faudra surveiller étroitement la densité de la circulation sur la route Debark – Mekane Birhan qui traverse le parc afin de mesurer l’affluence du trafic suite à l’extension de la route et prendre au besoin les mesures appropriées pour en assurer le contrôle.
En octobre 2006, l’État partie a soumis pour commentaires au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN un plan de gestion préliminaire préparé par un consultant local. Malgré la description très complète du parc dont fait état le projet, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN estiment que les objectifs de gestion ne font pas clairement référence à la Valeur universelle exceptionnelle du bien et que le zonage proposé manque de clarté et ne règle pas le problème essentiel du pacage dans le bien. Le Centre du patrimoine mondial tente actuellement d’instaurer une coopération entre la direction du parc et la Société zoologique de Francfort (FZS) afin de fournir une aide supplémentaire à la finalisation du plan de gestion. La FZS a une longue expérience en matière de conception de plans de gestion et vient d’en préparer un pour le Parc national des monts Mbale en Éthiopie. Au moment de rédiger le présent rapport, une équipe de la FZS et les responsables du parc, avec l’appui du Centre du patrimoine mondial, effectuent une mission conjointe qui a pour but d’identifier les lacunes du projet de plan de gestion et d’établir une stratégie et un budget pour le finaliser.
Le rapport mentionne également que la préparation d’un schéma directeur du tourisme dans le parc est prévue dans les prochains mois. Le Centre du patrimoine mondial, à travers son programme de planification du tourisme, a déjà fourni des conseils techniques à l’État partie et s’efforce de trouver les moyens d’accroître son assistance technique.