L’État partie a soumis un rapport d’avancement au Centre du patrimoine mondial le 31 janvier 2006. Les principaux points du rapport, en rapport avec les quatre repères définis par le Comité du patrimoine mondial, sont notamment :
a) Réalignement des limites du parc pour exclure les villages qui le bordent :
A la suite d’un processus de consultation des communautés locales, les limites du parc ont été revues et démarquées à l’aide de 89 bornes en béton (111 autres doivent encore être posées) ; les relevés GPS ont été achevés et confirmés le long des nouvelles limites ; une carte montrant les nouvelles limites a été établie. Selon cette carte, le Parc national des montagnes du Simien couvre désormais quelque 23 200 hectares, contre 13 600 hectares actuellement inscrits en tant que bien du patrimoine mondial.
b) Extension du parc de manière à inclure au moins les réserves de faune sauvage de Mesareriya et Lemalimo :
Comme signalé précédemment, ce repère a été satisfait puisque les deux réserves sont comprises dans les limites révisées du parc. Mais le Centre du patrimoine mondial et l’UICN s’inquiètent d’informations récentes selon lesquelles une route serait en cours de construction à l’intérieur des nouvelles limites du parc.
c) Réduction notable et durable de la densité de population humaine à l’intérieur du parc, en particulier dans la zone centrale :
Les autorités du parc ont fait cesser tout nouvel établissement dans le parc. Une demande d’assistance du Fonds du patrimoine mondial en vue d’élaborer une stratégie de sources de revenus alternatives pour les populations locales a été soumise par l’État partie et approuvée. Une proposition de projet concrète et complète pour financer et mettre en œuvre cette stratégie est attendue d’ici la fin du premier semestre 2006. Cette stratégie guidera l’État partie dans ses efforts pour atteindre cet objectif.
d) Conservation effective à l’intérieur de la zone étendue du parc national ainsi étendu d’une plus grande population de Walia ibex et de renards du Simien:
La population de Walia ibex a été estimée à 623 animaux en novembre 2005 (contre 450-530 en novembre 2004, selon l’estimation d’un organisme indépendant, 579 fin 2003 et 200-250 au milieu des années 1990). La population de renards du Simien a été estimée à 71 animaux dans le parc et ses environs en juin 2005 (53 à la fin 2003). L’État partie continue à coopérer avec le Programme de conservation des loups d’Éthiopie et avec un nouveau projet de la Société zoologique de Francfort qui met l’accent sur la surveillance de la faune sauvage.
Le rapport donne également des informations sur les autres actions demandées par le Comité du patrimoine mondial à sa 29e session (Durban, 2005) :
a) Dresser la carte de l’empiètement des terres agricoles à l’intérieur du parc et contrôler le niveau d’empiètement :
En octobre 2005, le bureau du parc a recensé 582 foyers (3 171 personnes) vivant dans le parc et 1 477 foyers vivant à l’extérieur mais cultivant des terres dans le parc. Au total, 2 281 hectares de terres sont actuellement cultivés dans le parc. La réduction de 1 005 hectares par rapport à 1994 est toutefois due principalement au réalignement des limites du parc. Un système de surveillance des modifications des surfaces cultivées est maintenant en place.
b) Restreindre l’utilisation du parc par le bétail domestique :
Des tentatives sont faites pour restreindre progressivement le pacage en commençant par les sites les plus sensibles, ainsi qu’en élaborant et mettant en œuvre d’autres moyens de production de fourrage au niveau des foyers et des communautés. Mais il faudra peut-être plusieurs années pour que ces mesures aient un impact significatif.
c) Recenser un par un tous les foyers établis dans le parc et mettre en place un système de surveillance de la population humaine :
Cette action s’inscrit dans le projet d’élaboration d’une stratégie de sources de revenus alternatives pour les habitants du parc.
d) Poursuivre la politique de tolérance zéro des chiens domestiques :
C’est déjà devenu une pratique habituelle, ce qui a permis d’éradiquer la rage dans le parc.
e) Envisager des extensions stratégiques du parc ou de sa zone tampon :
Ceci est envisagé dans le projet de plan de gestion de 2002 qui sera actualisé en 2006-2007, mais toute nouvelle extension exigera des fonds pour dédommager les familles relogées.
Enfin, l’hôtel de tourisme privé en cours de construction à Buyit Ras a fait l’objet d’une EIE, après consultation de diverses parties prenantes. Le respect, par l’investisseur, des normes environnementales reconnues par la loi est régulièrement contrôlé. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN attirent l’attention sur la nécessité de mettre au point une planification du tourisme dans le cadre de l’actualisation prévue du plan de gestion du bien. L’État partie devrait également envisager un schéma directeur pour le tourisme dans la région.
Aucune information nouvelle n’a été reçue de l’État partie sur le réalignement de certains tronçons de la route Debark-Mekane.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que les limites révisées du Parc national du Simien diffèrent sensiblement des limites actuelles du bien du patrimoine mondial. Il faudra donc préparer une proposition de réinscription du bien sur la base des limites révisées. Cette question importante devra être réexaminée avec l’État partie lors de la mission de suivi réactif programmée.
Une mission de suivi réactif conjointe UNESCO/UICN est prévue du 9 au 17 mai 2006 pour évaluer l’état général de conservation du bien. Les objectifs sont en particulier d’évaluer : 1) les progrès dans la réalisation des repères ; 2) le retrait potentiel du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril ; et 3) la mise en œuvre des activités financées par le Fonds du patrimoine mondial. Le rapport final et les recommandations de la mission seront disponibles pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 30e session (Vilnius, 2006) et un projet de décision révisé sera proposé pour prendre en compte les conclusions de la mission.