Le 18 mars 2008, l'Etat partie a remis un court rapport sur l'état de conservation du bien. Le rapport signale qu'un atelier, qui a permis le développement d’un plan d’action triennal assorti d’un budget proposé de 14 milliards de francs CFA (environ 33 millions de dollars EU) s'est déroulé en septembre 2007. Aucun exemplaire de ce plan et aucun détail sur les moyens visant à mobiliser ces fonds n'ont été fournis. Le rapport signale qu'un certain nombre d'actions urgentes seront financées par le budget 2008 et que l'Etat partie s'est engagé à mettre en place un partenariat public/privé afin de mettre en œuvre le plan d'action.
Le rapport fait également état des progrès accomplis dans la mise en œuvre de certaines des mesures correctives demandées par le Comité du patrimoine mondial (décision 31 COM 7B.1)
a) Mettre en œuvre d'urgence des mesures pour faire cesser le braconnage
Le rapport signale que les actions de lutte contre le braconnage ont été renforcées par la création d'un poste spécifique, les forces de frappe anti-braconnage ont été dotées d'un véhicule tout-terrain supplémentaire et du personnel a été recruté en décembre 2007. Des efforts sont actuellement accomplis afin d'impliquer les communautés locales dans la gestion du bien. Le rapport ne fait pas état de la surveillance aérienne travaillant en collaboration avec des équipes sur le terrain et ne donne aucune donnée permettant de suivre les progrès accomplis dans le contrôle du braconnage, telle que le nombre de jours de patrouille, les zones couvertes par celles-ci, les taux de braconnage, les interventions réussies, les arrestations de braconniers et les poursuites judiciaires qui sont données.
b) Former rapidement le personnel récemment recruté
Le personnel nouvellement recruté a reçu une formation sur les lois relatives à la gestion des aires protégées et sur l'usage du GPS, à l'occasion des deux ateliers en octobre et décembre 2007. Les informations données ne précisent pas si cette formation concernait aussi la lutte contre le braconnage et le nombre d'employés du bien concernés par celle-ci.
c) Faire un relevé des limites du parc et les borner
Un atelier destiné à finaliser le zonage de la Réserve de biosphère a été prévu pour avril 2008, il sera suivi d'un bornage des différentes zones, y compris le noyau central correspondant au Parc national. La date exacte de cette action n'est pas précisée.
d) Etudier les possibilités de sondage et de forage de puits à l'extérieur du Parc afin de minimiser les mouvements illégaux de bétail et de population locale à la recherche d'eau dans les limites du parc
Des rencontres avec les bergers locaux se sont déroulées en mai et juillet 2007 afin de déterminer les zones dans le périmètre du bien où le bétail peut s'alimenter en eau à certaines périodes, car le nombre de points d'eau se réduit dans la région. La possibilité de forer des puits supplémentaires à l'extérieur des limites du bien a aussi été examinée mais elle a été rejetée car elle pourrait créer une surconcentration de bétail autour du parc et augmenter ainsi les risques de surparturage. Un forum sur la transhumance a été prévu, il visera à résoudre le problème du bétail qui entre dans le périmètre du bien.
e) Mettre en place un moratoire à long terme sur la chasse au grand élan de Derby, ainsi qu’un système de quotas de chasse dans les zones tampons autour du parc, basés sur des statistiques tirées d’un recensement fiable de la population animale
Aucune information n'a été remise concernant ce moratoire ou sur la mise en place d'un système de quotas basés sur des statistiques fiables. Aucune statistique sur la faune n'a été remise par l'Etat partie. Une zone large de 3 kilomètres a été mise en place, elle sépare les zones de chasse et le bien. Les raisons qui ont conduit à la création de cette zone d'exclusion de 3 kilomètres ne sont pas précisées.
f) Modifier le programme de suivi écologique du parc pour le recentrer sur un nombre limité d’indicateurs et de repères qui peuvent être mesurés de façon à allier coût et efficacité.
Aucun indicateur n'a jusqu'alors été mis en place afin de suivre les progrès ou l'efficacité de la mise en œuvre des mesures correctives. Seuls les éléphants et les élans de Derby bénéficient de programmes de suivi spécifiques. En août 2007, un groupe de recherche a été mis en place afin d'étudier et de suivre la population d'éléphants et un suivi de la population d’élans de Derby par radiogoniométrie est en cours dans le cadre du Programme de gestion intégrée des écosystèmes (PGIES) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Aucun résultat n'a été donné en ce qui concerne le suivi de ces deux espèces.
g) Faire de la conservation du bien une priorité de la politique, des projets et des budgets nationaux et prendre des mesures dynamiques afin de solliciter l'aide des donateurs pour la gestion du bien
L'Etat partie déclare vouloir accorder la priorité au bien dans son budget 2008. Aucune information complémentaire n'est donnée qui permettrait d'estimer les implications de cette déclaration en terme de budget de fonctionnement accru pour le bien.
h) Mettre en place un Plan de survie des espèces pour les élans de Derby, les éléphants, les bubales roux, les chimpanzés et les autres espèces menacées
Aucune information n'a été fournie concernant cette mesure
i) Améliorer la coopération transfrontalière et les mesures visant à protéger les zones tampons et les corridors écologiques à l'extérieur du parc
Quelques actions transfrontalières se sont déroulées, dont des visites réciproques des gestionnaires de sites originaires de Guinée dans le cadre du complexe écologique transfrontalier Niokolo-Biadar, mais aucune information sur les conclusions de ces échanges en termes d'amélioration de la gestion du bien n'a été fournie.
j) Mettre à jour le plan de gestion élaboré en 2000 et initier sa mise en œuvre
Aucune information n'a été fournie concernant cette mesure.
Il est à noter qu'une somme de 25.000 dollars EU a été accordée par le Fonds du patrimoine mondial afin de faciliter la mise en œuvre d'actions urgentes, en particulier l'acquisition d'équipements anti-braconnage et de lutte contre les incendies et afin de financer la restauration du puits de Simenti.
Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN remarquent que, bien que l'Etat partie ait initié la mise en œuvre des mesures correctives, il n'a pas pu achever les actions planifiées pour les 12 premiers mois, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session. Le rapport de l'Etat partie n'apporte que des informations partielles sur les mesures mises en œuvre afin de lutter contre le braconnage et le pacage de bétail, par ailleurs, l'état actuel de la plupart des menaces vis-à-vis de l'intégrité du bien n'est pas précisé. Aucune clarification n'est faite sur la situation de l'exploitation forestière illégale, de la construction de route, du projet de barrage à Mako sur le fleuve Gambie, de l'exploration et l'exploitation minières potentielles dans la région. Les menaces sont encore très graves et il est urgent que des efforts tant nationaux qu'internationaux soient faits afin d'inverser la tendance et de les faire cesser.