Le 1er février 2012, l'État partie a remis un bref rapport sur l'état de conservation du bien qui donne des informations sur la mise en œuvre de quelques-unes des mesures correctives et qui apporte des réponses à quelques-uns des problèmes soulevés par le Comité lors de sa 35e session (UNESCO, 2011). Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN rappellent que trois des sept mesures correctives adoptées par le Comité devaient être mises en œuvre avant juillet 2011, deux autres avant juillet 2012, et les deux autres avant juillet 2013. En ce qui concerne les cinq mesures correctives qui devaient être effectives avant les 35e et 36e sessions du Comité, les éléments suivants sont précisés:
a) Renforcement et mise en place du dispositif de lutte anti-braconnage
L'État partie signale que les équipes de surveillance et le nouveau mécanisme anti-braconnage, mis en place depuis décembre 2010, sont actuellement financés par le RRF (Rapid Response Facility). Les opérations se poursuivent avec trois équipes mobiles, composée chacune de huit officiers et déployée pendant une durée de dix jours par mois, dans les zones où la pression est très forte. Par ailleurs, des patrouilles régulières supplémentaires sont menées, sur la base des données recueillies par les unités mobiles. L'État partie précise que ces patrouilles ont réussi à confisquer de nombreuses armes et munitions et à arrêter plusieurs contrevenants à la loi mais ne donne aucun détail sur sa capacité à enrayer considérablement le braconnage.
L'État partie rapporte en outre qu'un atelier de consultation s'est déroulé avec les partenaires et acteurs du tourisme de Tabacounda et de Kédougou, visant, entre autres, à créer des partenariats entre les opérateurs touristiques et les gestionnaires du parc et à fournir des revenus alternatifs aux ex-braconniers.
b) Renforcement du personnel en lui fournissant, dans les meilleurs délais, une formation centrée sur la protection du bien, sa gestion intégrée, les règles de sécurité, et en le dotant de l'équipement indispensable à sa mission
Le rapport de l'État partie fait état du recrutement et de la formation de 35 agents en décembre 2010 afin de renforcer leurs capacités dans la lutte contre le braconnage, dans la gestion de la faune et dans les méthodes d'approche participative à la périphérie du parc. L'État partie précise qu'avec l'aide du RFF, 11 des 12 véhicules ont été remis en service et 5 unités GPS ont été achetées. L'État partie réitère l’octroi d'un montant de 1 milliard de francs CFA (1,5 million d'euros) au titre du Plan de réhabilitation d'urgence du bien qui prévoit le développement d'un réseau de pistes, la réhabilitation, la construction et l'équipement de postes de gardes, le renforcement de la surveillance du parc et l'amélioration des conditions de travail du personnel. Certains de ces équipements ont déjà été livrés et les autres actions inclues dans le Plan d'urgence seront mises en place au cours de l'année 2012. L'État partie rapporte par ailleurs qu'une mission de l'UICN, qui s'est déroulée en mars 2011 et visait à déboucher sur l'élaboration d'un nouveau plan de gestion du bien, a eu pour conséquence, entre autres, l'élaboration d'un cadre de gestion ciblant les actions urgentes, cadre qui est désormais opérationnel et budgété pour deux ans. En outre, une vision et des objectifs pour un plan de gestion à dix ans ont été définis.
c) Proposition et mise en œuvre d'alternatives concrètes au forage des puits en dehors du parc afin de minimiser la divagation du bétail, dans le contexte global de la transhumance au Sénégal
L'Etat partie rapporte qu'avec l'aide du projet nommé "L'élevage en tant que moyen de subsistance: renforcement des stratégies d'adaptation au changement climatique par une meilleure gestion de la relation bétail-faune-environnement", des réunions supplémentaires ont été organisées avec les communautés locales de Diénoudiala, d'Oubadji de Médina Gounass et de Lingkering. L’objectif de ces rencontres était de résoudre dans un cadre participatif les problèmes liés aux pressions exercées sur le parc en améliorant la conservation des ressources naturelles et les pratiques d'élevage à la périphérie du bien. Aucune conclusion de ces rencontres n'est rapportée par l'État partie.
Par ailleurs, l'État partie fait état de la création, avec l'aide de l'UICN, d'un réseau unissant les quinze présidents des conseils ruraux des terres entourant le bien, dans le but de constituer un socle à une consultation ayant pour but la création de partenariats entre le parc et les communautés locales pour une meilleure gestion des valeurs du bien.
Enfin, l'État partie signale qu'un comité de pilotage du bien est en cours de création. Il donnera des conseils sur la conservation de la biodiversité du bien et de ses alentours.
Le rapport ne donne cependant aucune précision sur la possible résolution dans le cadre de ces actions des problèmes liés à la pression exercée par le pâturage sur le territoire et à l'extérieur du bien, en particulier sur le problème du forage de puits aux alentours du bien qui représente un risque de concentration de bétail autour du parc et une pression accrue sur les prairies et sur le parc.
d) Actualisation du programme de suivi écologique du parc basé sur des indicateurs simples, fiables et peu coûteux à mesurer, et sur des statistiques tirées de recensements fiables des populations d'espèces menacées (lions, élands de Derby, éléphants, chimpanzés, lycaons, ...) et d'espèces clés, et l'intégrer au Plan de gestion du bien
L'Etat partie n'évoque pas de progrès accomplis dans la mise en oeuvre de cette mesure corrective mais précise bien cependant que du 24 au 27 janvier 2012, s'est déroulé un recensement des espèces clés du bien, dans sa zone tampon sud-est entre Niokolo, Bangharé et Mako. Le rapport ne donne cependant aucune précision sur la méthodologie ou la zone couverte et ne fait état que des fréquences des rencontres d'animaux sur le secteur concerné. Ces fréquences de rencontre sont très faibles pour toutes les espèces, avec un taux plus élevé pour les antilopes rouannes, les buffles, les élans de Derby, un taux très faible pour les éléphants (1 rencontre sur les 350 kilomètres du transect), les bubales roux, les chimpanzés, les lions et les léopards. Aucun lycaon n'a été rencontré au cours de ce recensement bien que le rapport fasse état d'observations complémentaires faites au cours de l'année 2011 selon lesquelles le lycaon est encore présent sur le territoire du bien.
e) Amélioration du marquage des limites du bien et assurer une meilleure communication à ce sujet grâce à une signalétique adaptée aux spécificités de chaque communauté riveraine du bien
L'Etat partie déclare qu'il n'y a eu, à ce jour, aucun progrès accompli dans la mise en œuvre de cette mesure corrective. Il précise cependant qu'un projet de densification des bornes de délimitation du bien a été soumis au Fonds pour le patrimoine mondial africain en mars 2011, il est resté sans suite à ce jour.
f) Autres problèmes de conservation - carrière de basalte, barrage de Sambangalou
L'Etat partie déclare que la carrière de basalte présente sur le territoire du bien est fermée depuis octobre 2011 et que la zone d'exploitation est en cours de réhabilitation. L'État partie n'évoque pas le projet de barrage à Sambangalou, comme demandé par le Comité lors de ses 34e (Brasilia, 2010) et 35e (UNESCO, 2011) sessions.
g) État de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOC)
Le rapport de l'État partie ne donne aucune information sur les progrès accomplis dans l'élaboration de cet État de conservation souhaité, tel que recommandé par la mission de 2010.