La zone archéologique de Chan Chan est sur la Liste du patrimoine mondial en péril depuis son inscription au patrimoine mondial en 1986. L'État partie a entrepris plusieurs actions visant à atténuer le délabrement du site, y compris en élaborant un plan de gestion mais des ressources financières insuffisantes et un manque de continuité dans la mise en œuvre des mesures ont entravé leur réussite. Une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM s'est déroulée du 19 au 23 février 2007 et a établi une liste d'actions à entreprendre afin de retirer le bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.
A sa 32e session (Québec, 2008), le Comité du patrimoine mondial, constatant de nouvelles pressions exercées par l'industrie touristique, a demandé à l'État partie d'inclure au sein du plan de gestion un projet de gestion des visites et de l'usage public du bien. Le Comité a également demandé à l'État partie de développer un État de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.
Le rapport de l'État partie a été reçu le 3 février 2009. Il détaille les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives identifiées et dans le respect des échéances fixées pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.
a) Mise en œuvre totale et systématique du plan de gestion
La structure de gestion (l'Unité exécutrice 110- Unidad Ejecutora 110) poursuit la mise en œuvre et l'application du plan de gestion, en mettant l'accent sur la conservation et la diffusion d'informations.
b) Faire appliquer la loi et les règlements
Les décrets d'application de la loi No 28261 sont en attente depuis 2005, ils sont actuellement en cours d'examen par le Ministère de l'éducation. Des actions ont été entreprises afin de faire cesser l'extraction de terre (à des fins agricoles) dans la zone "d'usage extensif" et de résoudre les problèmes liés à l'occupation illégale dans la zone tampon, et ce, afin de protéger une route préhispanique ayant un lien avec le bien. Grâce à une surveillance accrue, les activités illégales, telles que l'agriculture, le trafic routier et l'occupation de terres ont été contrôlées.
c) Vaste diffusion du plan de gestion
L'État partie a poursuivi la diffusion du plan par différents moyens tant auprès du public que des entités privées. La structure de gestion a en outre mis en place un programme visant à faire connaître le plan de gestion auprès des élèves des écoles primaires et secondaires et des étudiants de l'université pour qu'ils prennent conscience de l'importance du bien et qu'ils emploient tous les efforts nécessaires à la conservation du bien. A ce jour, l'État partie recense 15.000 participants au programme.
d) Collaboration avec diverses entités afin de définir des règlementations pour la gestion de la zone tampon et du bien
Le plan du site et ses limites ont été mis à jour au moyen d'une technologie moderne. La version révisée du plan a été approuvée en novembre 2008 par la Résolution nationale (No 1605 INC). Le projet a été mis en œuvre en collaboration avec l'Instituto per le Tecnologie Applicate ai beni Culturali del Consiglio Nazionale delle Ricerche (ITABC-CNR) de Rome, l'Italie et l'INC (Instituto Nacional de la Cultura). Outre le relevé topographique, il est prévu que soit ensuite créé un Système d'information territoriale. Ces plans ont été inclus dans le rapport de l'État parti. L'Institut National de la Culture a collaboré avec la Municipalité de Trujillo dans la définition d'une zone tampon sur la base des résultats de la nouvelle cartographie. La zone tampon inclura des sites archéologiques ayant un lien avec ceux présents dans le périmètre du bien, mais qui sont à l'extérieur des limites de la zone protégée, de nouvelles mesures règlementaires seront prises pour assurer leur protection. Le plan mis à jour du site et de sa zone tampon sera inclus dans le plan de développement territorial et dans les plans de développement urbain de la Municipalité de Trujillo, accompagné de règlements de zonage et d'usage des terrains actuellement en cours d'examen. Dès qu'ils auront été approuvés, une vaste diffusion sera envisagée.
e) Délimitation physique du bien: barrières de végétation, murs de périmètre, etc.
Des barrières de végétation ont été plantées pour délimiter physiquement le bien au nord, à l'est et à l'ouest. La limite sud du bien a été débarrassée des débris issus de démolitions et des déchets accumulés, contribuant ainsi à la reconquête du paysage et à la promotion de la conservation environnementale.
f) Mesures prioritaires de conservation
Afin de contrôler les niveaux de surface des nappes phréatiques, des dossiers techniques ont été établis en collaboration avec les autorités locales en charge de l'eau afin que des canalisations d'évacuation complémentaires (DM12A et DM14A) fassent baisser les niveaux actuels au sud du bien. Les canalisations actuelles (10, 11, 12, 13 et 14) ont été entretenues, agrandies et nettoyées afin qu'elles soient plus performantes.
Les actions de conservation se sont concentrées sur les murs d'enceinte des Palais Tschudi et Bandelier et sur des zones prioritaires pour stabiliser les architectures risquant de s'écrouler. Les Palais ont été entretenus régulièrement, la végétation a été supprimée et les murs ont été temporairement protégés. Pour prévenir les effets de la pluie sur le tissu historique, l'installation d'abris provisoires et de systèmes d'évacuation est en cours d'évaluation afin de remplacer les structures existantes au palais Tschudi, à Huacas Arco Iris et à Esmeralda. Le financement est assuré pour 2009 et 2010 afin de poursuivre les actions de conservation conformément au plan d'action prioritaire présenté dans le plan de gestion.
g) Etablissement d'un plan d'urgence et de préparation aux désastres
La première phase de l'évaluation des risques est achevée et est utilisée comme base de travail pour la préparation de la révision du plan d'urgence de l'Institut National de la Culture et de la structure de gestion. Des études complémentaires s'avérant nécessaires, l'État partie prévoit l'achèvement du plan pour fin 2009.
En ce qui concerne le calendrier de mise en œuvre des mesures correctives, l'État partie signale:
a) Financement nécessaire garanti à la mise en œuvre du plan de gestion en 2008
Le financement a été assuré en 2008 pour la mise en œuvre des mesures prioritaires, cependant pour 2009, il dépend du budget de l'état établi par le Gouvernement pour l'année fiscale 2009.
b) Accords institutionnels en cours en 2008 (par l'entremise du plan de gestion)
L'État partie a renforcé la collaboration institutionnelle et favorisé des synergies durables et permanentes pour la mise en œuvre du plan, les interventions pour le contrôle des niveaux de surface de la nappe phréatique, les travaux d'urgence, les projets de conservation et de protection du bien en témoignent.
c) Problème de l'occupation illégale résolu et activité sur le site réglementée pour 2009 et au-delà
Des mesures règlementaires sont actuellement à l'examen pour approbation.
d) Plan d'urgence et de préparation aux risques en 2008
En cours d'établissement, son achèvement est prévu pour fin 2009.
e) Travaux d'évacuation des eaux achevés en 2007
Le calendrier a été suivi, l'installation de canalisations complémentaires est à l'étude afin d'atténuer les risques potentiels liés aux niveaux de surface des nappes phréatiques.
f) Travaux de conservation prioritaires en 2009
Le plan d'action proposé permettra de poursuivre les interventions destinées à résoudre les problèmes de conservation prioritaires, en accord avec le schéma directeur, l'exécution de ces interventions dépendra du budget de l'année fiscale 2009.
g) Autres travaux de conservation et d'entretien en 2008 et au-delà
Une collaboration durable entre des entités tant au plan national qu'international est à l'étude afin d'assurer la mise en œuvre du plan de gestion.
h) Gestion et coordination de travaux entrepris par d'autres entités dans la zone tampon en 2008 et au delà
La collaboration entre l'INC et la Municipalité de Trujillo a connu de grands succès concrétisés par la création d'une zone tampon et la prise de mesures règlementaires.
Bien que d'importants progrès aient été accomplis dans l'amélioration de l'état de conservation du bien, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives restent préoccupés par l'application encore partielle des mesures et des règlementations destinées à assurer la protection du bien et de son environnement. De même, les progrès accomplis dans le domaine du plan de gestion sont réels mais les structures et les ressources nécessaires afin d'assurer un caractère durable à la gestion du bien restent à définir. Ceci ne concerne pas seulement les moyens financiers mais aussi l'expertise technique nécessaire afin de relever les grands défis représentés par la conservation d'un bien aussi fragile et de répondre de façon appropriée et efficace aux problèmes quand ils se présentent.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note que la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, incluant les conditions d'intégrité et d'authenticité, et l'État de conservation souhaité n'ont pas été remis, mais ont pu comprendre que l'État partie travaillait actuellement à la rédaction de ceux-ci.