L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 5 février 2010, comme l’a demandé le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009). Le rapport livre une donnée sur le statut de la mise en œuvre des mesures correctives et un complément d’information sur les activités en cours d’exécution sur le bien du patrimoine mondial.
a) Mise en œuvre du plan de gestion
L’État partie informe que la mise en œuvre du plan de gestion se poursuit, en se focalisant sur les projets de conservation et d’entretien du site et plusieurs activités éducatives et de diffusion. Il rend également compte des fonds alloués à l’Unité de Gestion (Unidad Ejecutora 110) pour 2009 et 2010 et énumère la liste des projets devant être mis en œuvre au titre de ce budget.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives reconnaissent que les activités entreprises ces dernières années démontrent les progrès accomplis pour atténuer l’impact de divers facteurs sur la conservation du tissu physique du site. Il convient cependant de noter que le plan de gestion du bien, avec un plan d’action décennal, a été finalisé en 2000, de sorte qu’une évaluation et un bilan des progrès réalisés à ce jour s’imposent pour mieux répondre aux conditions et aux besoins actuels. Cette révision nécessite d’inclure des dispositions concernant l’usage public, comme cela a été demandé dans les décisions antérieures du Comité du patrimoine mondial, et de démontrer la manière dont le financement sera assuré à long terme pour garantir la viabilité du système de gestion en place. Cette révision doit aller de pair avec l’approbation et l’entrée en vigueur des mesures législatives et réglementaires, vu leur forte corrélation.
b) Cadres législatif et réglementaire
L’État partie note dans son rapport que les projets de décrets d’application de la loi n° 28261 sont produits par la Commission multisectorielle qui se compose d’autorités et d’organismes publics. La création d’un Secrétariat technique, par voie de ‘décret suprême’, pour aider à mettre la loi en application a été demandée au Ministère de l’Éducation. Le rapport indique que le projet est encore en cours d’évaluation. Aucun échéancier n’a été identifié pour son aboutissement et aucun avant-projet n’a été joint au rapport.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont extrêmement préoccupés du fait que la loi n° 28261 et ses mesures réglementaires, édictées pour remédier à des problèmes aussi fondamentaux que l’extraction de terre illégale, l’exploitation agricole et l’occupation illégale du bien, sont en attente d’exécution depuis au moins huit ans.
c) Large diffusion du plan de gestion
Le rapport confirme la poursuite des activités de diffusion du plan de gestion auprès des secteurs public et privé, comme cela a été demandé par le Comité du patrimoine mondial.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives reconnaissent les progrès réalisés par l’État partie à cet égard et leur importance dans l’essor de la participation et de la collaboration des différents secteurs, comme l’attestent les activités déployées sur le terrain.
d) Collaboration avec diverses entités afin de définir des mesures réglementaires pour la gestion de la zone tampon et du bien
L’État partie fait savoir que la collaboration se poursuit avec la Municipalité de Trujillo pour ce qui est de la définition exacte de la zone tampon du bien basée sur le plan révisé du site, qui sera à intégrer dans le plan d’utilisation du sol municipal. L’État partie signale que les règlementations concernant l’utilisation des terres dans la zone tampon en sont aux dernières phases de révision. Des mesures ont été prises pour contrôler l’urbanisation et l’impact des nouvelles constructions aux abords du site.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que la zone tampon a été révisée et intégrée avec d’autres instruments de planification à l’échelon municipal. Vu que les règlements ne sont pas approuvés ni appliqués, comme cela a été demandé par le Comité du patrimoine mondial, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives réitèrent la nécessité de finaliser les réglementations sur l’utilisation des terres dans les zones alentour et leur pleine application de façon à protéger les attributs qui garantissent la valeur universelle exceptionnelle du bien.
e) Délimitation physique du bien
L’État partie n’a pas encore soumis la délimitation officielle de la zone tampon.
f) Mesures de conservation prioritaires
L’État partie rend compte des différents projets mis en œuvre tout au long de l’année pour traiter les problèmes de conservation du bien. Cela comprend l’entretien des drains qui contrôlent le niveau des nappes phréatiques, la stabilisation des murs d’enceinte et des plateformes funéraires des Palais Bandelier, Rivero, Tschudi et Uhle, l’entretien des zones du Palais Tschudi à l’usage du public, et les travaux d’entretien général de l’ensemble du bien afin de maîtriser la croissance de la végétation et améliorer la présentation des lieux. L’entretien des barrières de végétation plantées au cours des années précédentes continue d’être assuré pour maintenir sa fonction adéquate.
En outre, le travail qui porte sur le Système d’information territoriale se poursuit, en collaboration avec l’Istituto per le Tecnologie Applicate ai Beni Culturali del Consiglio Nazionale delle Ricerche (ITABC-CNR) Rome, Italie. Parmi les autres activités mises en œuvre figurent notamment le renforcement des capacités des artisans locaux, les activités éducatives proposées aux élèves des écoles primaires et secondaires, les activités regroupant des personnes dotées de diverses capacités. Le rapport donne également des informations sur les projets dont la mise en œuvre est prévue courant 2010 pour la conservation du site.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives se félicitent des progrès réalisés par l’État partie aussi bien pour limiter le degré et l’ampleur des détériorations que pour améliorer la conservation du bien. Ils prennent acte de la création du Système d’information territoriale et sont heureux de sa pleine application en tant qu’instrument de conception et de planification de futures actions en matière de recherche, conservation, suivi, diffusion et usage public pour le bien et la zone tampon.
g) Établissement d’un plan d’urgence et de préparation aux catastrophes
Un avant-projet est joint au rapport. Il est actuellement utilisé à titre de préparation aux impacts potentiels du phénomène El Niño.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note de l’établissement du plan mais se disent préoccupés de voir que le projet porte uniquement sur les actions menées dans les cas d’urgence qui découlent du phénomène El Niño. Il n’a pas encore été officiellement approuvé et l’État partie a affirmé qu’il fallait plus de temps pour finaliser le plan entier. Le plan global de gestion des risques devrait aussi comprendre des dispositions pour tout autre type de catastrophes naturelles et d’origine humaine susceptible de constituer une menace potentielle pour les attributs qui démontrent la valeur universelle exceptionnelle du bien. Le projet a besoin d’être révisé dans le cadre d’une approche plus globale et d’être intégré dans le plan de gestion du bien.
L’État partie rend également compte des activités supplémentaires suivantes :
Les dispositions révisées requises en matière d’usage public et de gestion des visiteurs n’ont pas été soumises. Cependant, l’État partie indique que l’élaboration du projet ‘Tourist Enabling of Chan Chan’ est en cours dans le cadre de l’Accord de coopération interinstitutionnel entre l’INC (Instituto Nacional de Cultura) et la Municipalité provinciale de Trujillo.
L’État partie a soumis un projet de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle qui est actuellement examiné par les Organisations consultatives (voir le document WHC-10/34.COM/8D).
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que la mise en œuvre de mesures conservatoires soutenues et le renforcement des dispositifs de gestion ont amélioré l’état de conservation du bien et atténué des menaces naturelles importantes. Étant donné que les mesures législatives et réglementaires ne sont pas encore entrées en vigueur pour mettre un frein aux empiètements illégaux, le caractère durable de la gestion du bien et de sa zone tampon ne peut pas encore être assuré.