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Coro et son port

Coro and its Port

With its earthen constructions unique to the Caribbean, Coro is the only surviving example of a rich fusion of local traditions with Spanish Mudéjar and Dutch architectural techniques. One of the first colonial towns (founded in 1527), it has some 602 historic buildings.

Coro et son port

Construite dans un style de construction en terre unique aux Caraïbes, la ville est le seul exemple qui subsiste d'une synthèse réussie de traditions locales et de techniques architecturales mudéjares espagnoles et néerlandaises. L'une des premières villes coloniales, elle a été fondée en 1527 et possède quelque 602 bâtiments historiques.

كورو ومرفأها

تشكل هذه المدينة المبنية بالتراب حسب أسلوب فريد متّبع في جزر الكاريبي آخر نموذج عن خلاصة موفقة من التقاليد المحلية والتقنيات المعمارية المدجّنة الإسبانية والهولندية. وقد تأسست عام 1527 لتكون أولى المدن الاستعمارية وهي تحوي 602 بناء تاريخي.

source: UNESCO/ERI

科罗及其港口

科罗的建筑与加勒比地区的风格迥然不同,是当地西班牙和荷兰风格相交融唯一现存的例证。科罗是最早的殖民地之一,建于1527年,城内有602座历史建筑。

source: UNESCO/ERI

Город Коро и его порт

Город Коро, уникальный для стран Карибского бассейна, благодаря глинобитным постройкам представляет собой единственный сохранившийся пример сплава местных традиций с испанскими (в стиле мудехар) и голландскими архитектурными приемами. Это один из первых колониальных городов, основанный в 1527 г., где сохранилось 602 исторических здания.

source: UNESCO/ERI

Coro y su puerto

Con sus construcciones en tierra únicas en toda la región del Caribe, la ciudad de Coro es el único ejemplo subsistente de una fusión lograda de las técnicas y estilos arquitectónicos autóctonos, mudéjares españoles y holandeses. Fundada en 1577, fue una de las primeras ciudades coloniales de América y posee unos 600 edificios históricos.

source: UNESCO/ERI

コロとその港

source: NFUAJ

Coro en zijn haven

Coro werd gesticht in 1527 en is een historische stad uit de vroegste jaren van de Spaanse kolonisatie aan de Caribische kust van Zuid-Amerika. Voor de komst van de Spanjaarden, werd het gebied bewoond door Caquetios indianen, die het land irrigeerden via een groot kanaal vanuit de Cororivier. Coro is opmerkelijk omdat de aarden constructies in de stad - uniek voor het Caribische gebied - als enige helemaal intact zijn gebleven. Daarmee is het een voorbeeld van een vruchtbare fusie tussen lokale tradities met de Spaanse Mudejar-stijl en Nederlandse architectuur. De havenstad telt ongeveer 602 historische gebouwen.

Source : unesco.nl

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© David Geldhof
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Datant des premières années de colonisation espagnole de la côte caraïbe d’Amérique du Sud, Coro et son port, avec leurs bâtiments construits en terre en une synthèse réussie de traditions locales et de techniques architecturales mudéjares espagnoles et néerlandaises, ont remarquablement conservé leur plan d’origine et leur paysage urbain. Situées sur la côte de l’État de Falcón, dans l’ouest du Venezuela, entre les montagnes de la Sierra de San Luis et le Parque Nacional de los Médanos de Coro (Parc national des Dunes de Coro), les deux zones urbaines couvrent 18,40 ha – soit 7,85 ha pour Coro, et 10,55 ha pour le port de La Vela. La ville a été fondée à partir de 1527 et l’on a utilisé pour ses bâtiments résidentiels, ses monuments religieux et ses bâtiments civils des techniques de construction en terre toujours utilisées aujourd’hui. Coro a été la première capitale de la capitainerie générale du Venezuela et le premier évêché du continent américain, établi en 1531. Son port de La Vela a été la première ville sud-américaine à obtenir l’indépendance par rapport à l’Espagne.

Critère (iv) : Contrairement à d’autres villes de la côte caraïbe, les bâtiments de Coro et son port sont construits en terre et les bâtiments d’habitation sont des exemples uniques de techniques de construction traditionnelle en terre, dont le bahareque (système utilisant la terre, le bois et le bambou), l’adobe et la tapia (le pisé). Ces techniques de construction sont encore en usage aujourd’hui, modifiées et adaptées aux conditions sociales, climatiques et environnementales, ainsi qu’aux matériaux locaux, ce qui donne un exemple unique d’architecture de terre.

Critère (v) : Coro est un exemple exceptionnel de ville historique datant des premières années de colonisation espagnole sur la côte caraïbe de l’Amérique du Sud, qui a remarquablement conservé sa disposition originale et le paysage urbain de ses débuts.

La valeur urbaine de Coro réside dans un style de construction dérivé d’un processus colonisateur qui a abouti à la convergence d’un style de construction et d’architecture espagnol et mudéjar affirmé et d’une tradition de construction autochtone. Ultérieurement, à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, ce style a été influencé par un modèle architectural néerlandais venu des îles de Curaçao et d’Aruba.

Intégrité

La disposition originale et le paysage urbain des débuts de Coro et son port subsistent et une grande partie de son architecture reste intacte malgré les difficultés que posent au bien sa fragilité matérielle et les changements radicaux de son environnement. Tous les attributs de la valeur universelle exceptionnelle du bien – tels que la cathédrale, la Plaza Bolivar, les églises San Nicolas et San Gabriel et le Cimetière juif – ne sont pas inclus à l’intérieur de ses limites, qui ont besoin d’être étendues. Le bien est vulnérable à l’impact d’un développement inadéquat dans son périmètre à cause de l’absence de contrôle de l’urbanisme, et à ses abords, à cause de l’absence de zone tampon réglementée.

Authenticité

Coro a subi de nombreuses vicissitudes depuis sa fondation. Une grande partie de ce qui subsiste remonte au XVIIe siècle. Beaucoup d’efforts délibérés ont été faits depuis pour maintenir intact le plan urbain en damier de la ville et son caractère unique, en conservant l’utilisation généralisée de son système de construction en terre.

Coro et son port ont totalement conservé leur tracé urbain aux blocs irréguliers caractéristiques de l’influence espagnole, organisé en raison de la proximité du canal d’irrigation autochtone. Les bâtiments conservent totalement leur configuration spatiale, structurelle et de construction. De plus, de nombreux artisans en activité continuent à utiliser les techniques de construction en terre employées pour édifier tous les bâtiments, ce qui explique que les qualités du site reflètent l’esprit et le caractère sensible de son évolution historique.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le site du patrimoine mondial de Coro et son port de La Vela est protégé par la loi sur la Protection et la Défense du Patrimoine culturel (1993), et par son classement en tant que Monument national en 1960, 1977, 1984, 1992, 1993, 1996 et 2005.

Depuis la création de la Commission présidentielle pour la Protection de Coro et La Vela en décembre 2003, des mesures ont été définies et appliquées pour une meilleure gestion du site. Cette Commission présidentielle a achevé et officialisé la soumission du Plan intégral pour la Conservation et l’Aménagement de Coro et La Vela (PLINCODE) qui définit clairement les besoins et les directives d’action à mettre en œuvre à court, moyen et long terme.

En raison des pluies diluviennes inhabituelles et des dommages subséquents aux villes de Coro et La Vela fin 2004 et début 2005, le site du patrimoine mondial a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2005. De ce fait, des actions d’urgence ont été entreprises pour limiter les dommages causés à l’architecture et aux espaces publics. En février 2006, l’Institut du Patrimoine culturel a signé un « Accord-cadre pour une intervention d’urgence dans la zone de Coro et son port de La Vela », avec le Gouvernement de l’État de Falcón, les maires des municipalités de Miranda (Coro) et Colina (La Vela), la compagnie publique Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA). L’objectif était de coordonner les efforts pour résoudre les problèmes du patrimoine bâti du site du patrimoine mondial, avec une contribution de 64 000 000 bolivars, soit l’équivalent de 30 000 000 de dollars EU à l’époque. Les actions ont été réalisées selon le PLINCODE, en créant une unité de gestion dénommée Bureau technique d’intervention d’urgence (OTAE).

Les membres de la mission commune de suivi UNESCO/ICOMOS de 2008 ont reconnu les efforts techniques, administratifs et économiques de l’État vénézuélien face à la situation critique qui a entraîné l’inclusion du site sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Ils ont également reconnu le niveau de responsabilité de l’État vénézuélien dans l’étude des recommandations faites par le Comité du patrimoine mondial.

De même, et compte tenu des modifications législatives nationales entraînées par la création et la mise en œuvre de nouvelles lois accordant une participation accrue à des organisations sociales comme les conseils communautaires, les termes du PLINCODE ont été revus et il a été décidé d’inclure tous les conseils communautaires dans tous les organes décisionnels de la zone de patrimoine mondial de Coro et du port de La Vela. Résultat, tous les conseils communautaires de Coro et La Vela ont signé l’Engagement de gestion pour la protection, la conservation et la réhabilitation des zones classées patrimoine mondial de Coro et son port de La Vela et ses aires protégées.

Cet instrument établit des stratégies pour la protection, la préservation et la revitalisation des zones patrimoniales classées en définissant des objectifs, des indicateurs de performance, un contexte organisationnel ainsi que des avantages et des obligations des organismes concernés, des objectifs pour l’administration publique et les communautés organisées. Il définit également le travail, les pouvoirs et les engagements de l’Institut de la Culture ainsi que la structure organisationnelle et financière de la mise en œuvre du plan de gestion, entre autres aspects. Il prévoit la création d’un Bureau d’engagement de gestion, assorti d’un Conseil de directeurs et d’un Conseil technique.

La nouvelle méthode de gestion (L’Engagement de gestion), avec la participation active des conseils communautaires, peut représenter une expérience unique et précieuse pour la gestion des biens du patrimoine mondial. Cette expérience est une source d’espoir car l’action est centrée sur une planification participative et stratégique visant à préserver la valeur universelle exceptionnelle de Coro et son port de La Vela.

Le plan de gestion a pour objectif d’établir et de mettre en œuvre des actions dans le cadre d’une conservation durable de la ville de Coro et son port de La Vela en raison de son importance en termes de caractéristiques architecturales, historiques et de construction. Il s’en remet à la sagesse populaire concernant les techniques et procédés traditionnels pour les mettre en œuvre avec les créateurs du patrimoine. Cela se fera grâce aux efforts conjugués des communautés en tant que partenaires décisionnels essentiels, des artisans qui exécutent et qui ont l’expérience de la construction, et des institutions nationales et locales, par leur soutien permanent aux communautés dans la gestion du plan. Ce plan de gestion est centré sur les questions urbaines, architectoniques, patrimoniales, économiques, sociales et environnementales.

Description longue
[Uniquement en anglais]

Coro is an outstanding example of a historic town, dating from the earliest years of Spanish colonization on the Caribbean coast of South America, which has conserved its original layout and early urban landscape to a remarkable degree. It is the only surviving example of a remarkable fusion of styles over time, and is also important for the large number of ecclesiastical buildings and ensembles that it contains. Although a number of the Spanish colonial settlements on this coast, such as Maracaibo, were originally primarily of earthen construction, Coro is the only one in which such structures have survived intact to the present day.

Santa Ana de Coro is the largest town with buildings of earthen construction in Venezuela, and one of the most important in the Caribbean region. Unlike other towns in this coast, even its public buildings are of earthen construction, not stone. In this, and in its plan, deriving from the towns of Andalusia and the Canary Islands of the 15th century, it exercised considerable influence over other settlements in the region.

The city of Coro was founded in 1527 by the expedition sent from Santo Domingo by Juan de Ampiés, factor of the Spanish Crown there. Before the arrival of the Spaniards, the area was inhabited by Caquetios Indians, who irrigated the lands by means of a large channel from a dam on the Coro River, which explains the choice of site. The settlement acquired legal status with the creation of a municipal council in 1529.

The Christianization of the province also had its roots in Coro. In 1531 Pope Clement VII created the first bishopric in South America there. This resulted in the small town being elevated to the grade of city. In 1583 work began on the construction of the cathedral proper on the site of the first church. Unhappily, Coro was exposed to pirate raids by virtue of its position, and so in the early years of the 17th century the seat of the governor was transferred to Caracas, to be followed in 1637 by the bishopric. In 1681 the city was grievously damaged by a disastrous cyclone, which explains why the present-day town has a largely 18th-century appearance. Reconstruction was leisurely, but marked by the early introduction of roof tiles and the use of unbaked bricks: wealthier citizens raised their buildings to two storeys and embellished them with ornate facades.

In the historic centre of Coro there are three distinct sectors, corresponding with the official protection zones:

  • the official National Historical Monuments are concentrated in the historic centre;
  • the buildings in the zone of historical and artistic value are colonial, republican or traditional;
  • the zone of controlled architecture lies to the north, west and south of the previous zone. Its southern sector represents the city's expansion in the 19th century.

The Parque Nacional Médanos de Coro (Coro Dunes National Park) is made up of three zones: an alluvial plain, formed by the delta of the Mitare River and some smaller streams; an aeolian plain, constituted of three type of dunes; and a littoral plain with a belt of mangrove swamps.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La ville de Santa Ana de Core a été fondée en 1527 par une expédition envoyée de Saint-Domingue par Juan de Ampiés, représentant dans 1' ile de la couronne espagnole. Avant 1 'arrivée des Espagnols, la région était habitée par les Indiens Caquetios qui irriguaient les terres au moyen de larges canaux alimentés par un barrage sur le fleuve Core, ce qui explique l'emplacement de la ville dont le statut juridique date de la création de son conseil municipal en 1529.

Les terres entre le cap de la Vela et Maracapana, où se trouve Core, ont été concédées à une famille de banquiers, les Welser d'Augsbourg ; Ambroise Alfinger, premier gouverneur de Core, était Allemand. Partant de Core, de nombreuses expéditions explorèrent le lac Maracaibo, la Sierra de Perrija, les plaines vénézuéliennes et la région des Andes entre la Colombie et le Venezuela. Simultanément, d'autres expéditions quittèrent Coro à la recherche de l'Eldorado et atteignirent parfois les sources de l'Orenoque. L'un de ses gouverneurs, Nicolas de Federman, conduisit un groupe à travers les Andes et assista à la fondation de Santa Fé de Bogota. Les explorations financées par les Welser contribuèrent largement à l'ouverture de cette région avant que cette famille ne soit contrainte de céder sa concession en 1556.

La christianisation de la province est également originaire de Coro. En 1531, le pape Clément VII créa le premier évêché d'Amérique du Sud. En conséquence la petite bourgade se trouva promue au grade de ville. En 1583, les travaux de construction de la cathédrale commencèrent à 1' emplacement de la première église. Cependant, en raison de sa position Coro a été la cible de raids de pirates, ce qui a eu pour conséquence le déplacement du siège du gouverneur vers Caracas au début du 17ème siècle et de l'archevêché en 1637. En dépit de son pillage par les pirates notamment en 1567, 1595 et 1659, la ville a conservé des relations commerciales avec la toute proche colonie Néerlandaise de Curaçao et avec d'autres villes espagnoles des Caraïbes. Elle a également développé des activités agricoles en particulier de la canne à sucre et du cacao.

Les raids répétés des pirates et le terrible cyclone de 1681 expliquent que la ville actuelle ressemble à une cité du 18ème siècle. La reconstruction a été lente et marquée par les premières utilisations de tuiles et la mise en oeuvre de briques non cuites. Les plus riches habitants édifièrent des maisons de deux étages et embellirent leurs façades de riches ornements.

Une révolte des esclaves intervenue en 1795 a eu de graves conséquences sur 1 'agriculture et donc sur 1' économie de la ville. Cependant, une reprise économique suivit l'introduction de l'élevage ovin et la culture du café. Grâce à cette reprise, le rôle politique de Coro se renforça et la ville redevint le siège du gouverneur en 1812. Cette nouvelle prospérité prit fin avec la destruction de la ville en 1821 pendant la guerre d'Indépendance.

Avec la République et la politique de Bolivar d'ouverture du pays à 1' immigration, une importante colonie étrangère en provenance principalement des Antilles néerlandaises s'installa à Coro et se multiplia dans une relative prospérité. Le boom pétrolier du XXème siècle a eu un effet négatif sur la ville mais elle a ainsi échappé au destin de ses voisines Maracaibo et Banquisimeto qui ont perdu la quasi-totalité de leur patrimoine architectural.

Source : évaluation des Organisations consultatives