Coro et son port
Année d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril : 2005
Brève description
Construite dans un style de construction en terre unique aux Caraïbes, la ville est le seul exemple qui subsiste d'une synthèse réussie de traditions locales et de techniques architecturales mudéjares espagnoles et néerlandaises. L'une des premières villes coloniales, elle a été fondée en 1527 et possède quelque 602 bâtiments historiques.
Description longue
[Uniquement en anglais]Coro is an outstanding example of a historic town, dating from the earliest years of Spanish colonization on the Caribbean coast of South America, which has conserved its original layout and early urban landscape to a remarkable degree. It is the only surviving example of a remarkable fusion of styles over time, and is also important for the large number of ecclesiastical buildings and ensembles that it contains. Although a number of the Spanish colonial settlements on this coast, such as Maracaibo, were originally primarily of earthen construction, Coro is the only one in which such structures have survived intact to the present day.
Santa Ana de Coro is the largest town with buildings of earthen construction in Venezuela, and one of the most important in the Caribbean region. Unlike other towns in this coast, even its public buildings are of earthen construction, not stone. In this, and in its plan, deriving from the towns of Andalusia and the Canary Islands of the 15th century, it exercised considerable influence over other settlements in the region.
The city of Coro was founded in 1527 by the expedition sent from Santo Domingo by Juan de Ampiés, factor of the Spanish Crown there. Before the arrival of the Spaniards, the area was inhabited by Caquetios Indians, who irrigated the lands by means of a large channel from a dam on the Coro River, which explains the choice of site. The settlement acquired legal status with the creation of a municipal council in 1529.
The Christianization of the province also had its roots in Coro. In 1531 Pope Clement VII created the first bishopric in South America there. This resulted in the small town being elevated to the grade of city. In 1583 work began on the construction of the cathedral proper on the site of the first church. Unhappily, Coro was exposed to pirate raids by virtue of its position, and so in the early years of the 17th century the seat of the governor was transferred to Caracas, to be followed in 1637 by the bishopric. In 1681 the city was grievously damaged by a disastrous cyclone, which explains why the present-day town has a largely 18th-century appearance. Reconstruction was leisurely, but marked by the early introduction of roof tiles and the use of unbaked bricks: wealthier citizens raised their buildings to two storeys and embellished them with ornate facades.
In the historic centre of Coro there are three distinct sectors, corresponding with the official protection zones:
- the official National Historical Monuments are concentrated in the historic centre;
- the buildings in the zone of historical and artistic value are colonial, republican or traditional;
- the zone of controlled architecture lies to the north, west and south of the previous zone. Its southern sector represents the city's expansion in the 19th century.
The Parque Nacional Médanos de Coro (Coro Dunes National Park) is made up of three zones: an alluvial plain, formed by the delta of the Mitare River and some smaller streams; an aeolian plain, constituted of three type of dunes; and a littoral plain with a belt of mangrove swamps.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
La ville de Santa Ana de Core a été fondée en 1527 par une expédition envoyée de Saint-Domingue par Juan de Ampiés, représentant dans 1' ile de la couronne espagnole. Avant 1 'arrivée des Espagnols, la région était habitée par les Indiens Caquetios qui irriguaient les terres au moyen de larges canaux alimentés par un barrage sur le fleuve Core, ce qui explique l'emplacement de la ville dont le statut juridique date de la création de son conseil municipal en 1529.
Les terres entre le cap de la Vela et Maracapana, où se trouve Core, ont été concédées à une famille de banquiers, les Welser d'Augsbourg ; Ambroise Alfinger, premier gouverneur de Core, était Allemand. Partant de Core, de nombreuses expéditions explorèrent le lac Maracaibo, la Sierra de Perrija, les plaines vénézuéliennes et la région des Andes entre la Colombie et le Venezuela. Simultanément, d'autres expéditions quittèrent Coro à la recherche de l'Eldorado et atteignirent parfois les sources de l'Orenoque. L'un de ses gouverneurs, Nicolas de Federman, conduisit un groupe à travers les Andes et assista à la fondation de Santa Fé de Bogota. Les explorations financées par les Welser contribuèrent largement à l'ouverture de cette région avant que cette famille ne soit contrainte de céder sa concession en 1556.
La christianisation de la province est également originaire de Coro. En 1531, le pape Clément VII créa le premier évêché d'Amérique du Sud. En conséquence la petite bourgade se trouva promue au grade de ville. En 1583, les travaux de construction de la cathédrale commencèrent à 1' emplacement de la première église. Cependant, en raison de sa position Coro a été la cible de raids de pirates, ce qui a eu pour conséquence le déplacement du siège du gouverneur vers Caracas au début du 17ème siècle et de l'archevêché en 1637. En dépit de son pillage par les pirates notamment en 1567, 1595 et 1659, la ville a conservé des relations commerciales avec la toute proche colonie Néerlandaise de Curaçao et avec d'autres villes espagnoles des Caraïbes. Elle a également développé des activités agricoles en particulier de la canne à sucre et du cacao.
Les raids répétés des pirates et le terrible cyclone de 1681 expliquent que la ville actuelle ressemble à une cité du 18ème siècle. La reconstruction a été lente et marquée par les premières utilisations de tuiles et la mise en oeuvre de briques non cuites. Les plus riches habitants édifièrent des maisons de deux étages et embellirent leurs façades de riches ornements.
Une révolte des esclaves intervenue en 1795 a eu de graves conséquences sur 1 'agriculture et donc sur 1' économie de la ville. Cependant, une reprise économique suivit l'introduction de l'élevage ovin et la culture du café. Grâce à cette reprise, le rôle politique de Coro se renforça et la ville redevint le siège du gouverneur en 1812. Cette nouvelle prospérité prit fin avec la destruction de la ville en 1821 pendant la guerre d'Indépendance.
Avec la République et la politique de Bolivar d'ouverture du pays à 1' immigration, une importante colonie étrangère en provenance principalement des Antilles néerlandaises s'installa à Coro et se multiplia dans une relative prospérité. Le boom pétrolier du XXème siècle a eu un effet négatif sur la ville mais elle a ainsi échappé au destin de ses voisines Maracaibo et Banquisimeto qui ont perdu la quasi-totalité de leur patrimoine architectural.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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