En août 2002, une mission de suivi réactif conjointe UNESCO/ICOMOS a été entreprise à Coro et son port afin d’en évaluer la gestion et l’état de conservation. La mission a conclu qu’il y avait de fortes indications que le site réponde aux critères d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril et a établi une liste de quatorze recommandations destinées à remédier à cet état de choses.
Conformément à la demande du Comité, l’Etat partie a soumis un rapport, en date du 22 janvier 2005, fournissant de nombreuses informations sur la création et la composition d’une Commission présidentielle pour la protection de Coro, du port de La Vela et de leurs zones d’influence, ainsi que sur les réunions de cette commission, ses objectifs et ses activités. Le rapport comprenait les détails des résultats de plusieurs études, le plan d’intervention d’urgence et les résultats de réunions techniques de travail avec les communautés de Coro, La Vela et leurs zones d’influence. De plus, l’UNESCO et l’ICOMOS ont effectué une seconde mission de suivi réactif pour évaluer si le site répond aux critères d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Cette mission a eu lieu du 12 au 19 avril 2005. Elle a passé en revue la mise en oeuvre des recommendations de la première mission de suivi réactif de 2002, évalué l’état général de conservation du site, estimé s’il répond aux critères de péril et préparé les éléments d’un programme d’action pour renforcer la conservation et la gestion.
La mission a conclu que l’Etat partie s’était engagé au plus haut niveau pour répondre aux soucis exprimés dans le rapport de la mission 2002 et aux décisions prises ensuite par le Comité, avec en particulier la création d’une Commission présidentielle pour la protection de Coro, du port de La Vela et de leurs zones d’influence. Cette Commission a pour tâche de préparer, sur une période trois ans, un plan intégré pour la conservation et le développement de cette zone, y compris la proposition d’une structure de gestion. De plus, la mission a noté l’accroissement de la présence et du contrôle de l’Institut national pour le patrimoine culturel (IPC) et les progrès accomplis dans le renforcement des Instituts municipaux pour le patrimoine (IMP) de Miranda (Coro) et de Colina (port de La Vela). La mission a toutefois noté que la plupart des actions étaient en phase de planification et que les résultats, la portée et l’impact des travaux de la Commission présidentielle sur l’état de conservation du site ne pourront être évalués que plus tard. Entre-temps, le bien du patrimoine mondial n’est pas géré comme un tout intégré, il n’y a pas de plan de conservation et toutes les interventions se font ad hoc et de manière isolée. La mission a donc conclu que toutes les conclusions et recommandations de la mission 2002 restent valables.
Par ailleurs, la mission a été informée que de fortes pluies, survenues entre novembre 2004 et février 2005, ont provoqué de graves dommages à un grand nombre de bâtiments, tant à Coro qu’à La Vela.
Une comparaison de l’état de conservation entre 2002 et 2005 a révélé un niveau de détérioration étonnamment élevé pour le centre historique de Coro. Les bâtiments bénéficiant du niveau de protection le plus élevé (monuments nationaux et bâtiments totalement protégés) sont les plus affectés par les pluies récentes (à 50 et 83 % respectivement). Pour La Vela, la mission, sans disposer d’une évaluation détaillée des dommages, a noté une détérioration marquée en comparaison avec 2002 et relevé que plus d’un quart des bâtiments est en condition critique.
De plus, la mission a observé une grave altération de l’authenticité et de l’intégrité de l’ensemble urbain, particulièrement à La Vela. En 2002, 41% des bâtiments ne possédaient pas de valeur patrimoniale, situation qui s’est aggravée à cause de l’état de détérioration de nombreux bâtiments historiques, ainsi que par la construction de murs et de clôtures inappropriés.
Il faut également noter que dans le cadre du bicentenaire de l’arrivée de Francisco de Miranda, la municipalité de Colina (le port de La Vela) prévoit la construction d’un nouveau monument, d’une promenade sur la plage et d’une porte d’entrée dans la ville. Ces éléments seront situés le long de la plage dans la zone tampon du site du patrimoine mondial et, sous leur forme actuelle, pourraient avoir un impact considérable sur les valeurs du bien et couper la relation entre la ville portuaire et la mer.
Par décision du Comité (28 COM 15B.106), le Centre du patrimoine mondial, en consultation avec l’ICOMOS, a lancé la préparation d’un atelier SIRCHAL des partenaires (Site International sur la Revitalisation des Centres Historiques des villes de l'Amérique Latine et Caraïbes) dans le cadre du programme de coopération France-UNESCO, prévu pour avoir lieu à Coro au début 2005, afin de contribuer au processus de planification. Toutefois, cet atelier n’a pu avoir lieu en raison des difficultés de communication et des retards.
La mission a conclu que le bien répond aux critères suivants d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril :
· Altération grave de matériaux
· Altération grave de bâtiments
· Altération grave de la cohérence urbanistique
· Absence de politique de conservation.
La mission a confirmé la validité des conclusions et recommandations de la mission de suivi réactif de 2002, identifié les éléments d’un programme d’action pour renforcer la gestion et la conservation du bien et fixé les repères suivants pour l’évaluation future de l’efficacité des mesures que l’Etat partie pourrait prendre :
· Adoption et mise en oeuvre effective d’un plan d’action d’urgence ;
· Adoption et mise en oeuvre d’un plan de gestion complet et intégré pour le bien du patrimoine mondial ;
· Adoption et mise en oeuvre d’une structure de gestion efficace ;
· Amélioration marquée de l’état de conservation du bien, aussi bien pour les bâtiments individuels que pour les ensembles urbains de Coro et La Vela.
Le Centre du patrimoine mondial a transmis, le 9 mai 2005, le rapport de mission aux autorités nationales de l’Etat partie pour commentaires. A la date du 10 juin 2005, moment de l’achèvement du présent rapport, aucune réponse n’avait été reçue.