Un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie le 2 février 2011. Du 16 au 21 février 2011, une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a été réalisée comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session (Brasilia, 2010). Le rapport de la mission peut être consulté en ligne à l’adresse :http://whc.unesco.org/fr/sessions/35COM/documents
a) Mesures correctives mises en œuvre
L’État partie indique que depuis l’inscription du bien en 2005 sur la Liste du patrimoine mondial en péril, des mesures ont été prises pour remédier aux problèmes de conservation afférents au bien. Notamment des travaux sur les infrastructures afin d’atténuer l’impact de la pluie sur le patrimoine bâti, l’élaboration d’un plan de conservation et de développement ou encore des accords interinstitutionnels permettant de garantir l’adéquation des modalités de gestion. Les progrès accomplis à cet égard ont été notés par la mission de suivi réactif de 2008, qui a également souligné les actions devant encore être mises en œuvre.
b) État de conservation du bien
D’octobre 2010 à janvier 2011, l’État de Falcón, où le bien est situé, a connu une saison des pluies exceptionnellement intense ayant entraîné une déclaration d’état d’urgence fin novembre/début décembre 2010. Ces pluies ayant affecté le patrimoine bâti du bien, l’État partie précise que les conditions ne sont en conséquence pas satisfaites pour envisager le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.
Un relevé systématique des conditions existantes a été réalisé en novembre 2010 et, sur la base de ses résultats, des mesures d’ensemble ont été identifiées pour assurer un entretien continu, ainsi que des mesures d’intervention à long terme aux niveaux de l’urbanisme et des infrastructures afin de consolider l’unité urbanistique et architecturale. Le relevé a également identifié les édifices affectés par la pluie, soit 247 à Coro et 94 à La Vela ; à ce jour, 143 ont bénéficié du programme d’urgence.
La mission de 2011 a noté qu’en général, les conditions d’intégrité et d’authenticité du bien sont préservées. Toutefois, les conditions environnementales et la nature des sols inférieurs ont des effets manifestes qui affectent le bien. Ont ainsi été constatés infiltrations d’eau, perte de surfaces en terre, déformation des structures des murs, fissures, fentes, effondrements et éboulements. Elle a également indiqué que, bien que le réseau de drainage ait été achevé, il s’est avéré inefficace et insuffisant lors des lourdes pluies de 2010, ce qui a entraîné l’inondation de la zone centrale de la ville pendant plusieurs jours.
En plus des facteurs physiques, la mission a noté qu’avec les modifications apportées à la structure de gestion, plusieurs points restaient en suspens tels que l’élaboration de plans de conservation et les critères d’intervention afférents, ou encore les mécanismes de suivi, etc. ; ce qui a donné lieu à une situation où les interventions sont plus réactives que proactives. Elle a également noté qu’une décision avait été prise pour permettre la libre circulation des véhicules dans la zone historique, ce qui affecte de manière significative les qualités de la ville. De même, les réglementations pour les nouvelles constructions n’étant pas systématiquement appliquées, sont apparus des édifices qui, dans une certaine mesure, ont un impact sur la nature du bien.
c) Zone tampon
La mission a noté que l’examen des limites de la zone de protection, la définition de la zone tampon et leurs mesures réglementaires afférentes n’étaient pas encore achevés. Ces mesures auraient régi les interventions dans la zone tampon susceptibles d’avoir un impact sur le paysage urbain du bien. De même, aucun règlement pour protéger la zone historique de La Vela n’a été promulgué.
d) Outils de planification et de gestion
Le Plan Integral de Conservación y Desarrollo para Coro y La Vela (PLINCODE) qui a été élaboré en 2007 n’a pas encore officiellement été approuvé. Toutefois, un nouvel outil de gestion intitulé “Engagement de gestion” a été élaboré en faveur de la planification et conservation durable de la zone de protection. Il est reconnu comme une entité légale par la loi constitutionnelle de l’Administration publique et a été signé en janvier 2011 par les conseils de communautés et les institutions locales et régionales, dont le gouvernement de l’État de Falcón et les municipalités de Miranda-Coro et Colina-Puerto de la Vela ; il est en attente de publication officielle. Cela a donné lieu à la création d’une unité de gestion dotée d’un directoire composé de représentants de l’Institut du patrimoine culturel (IPC), du gouvernement de l’État de Falcón et des municipalités de Colina et Miranda, ainsi que de représentants de chacun des conseils de communautés, qui vont par la suite nommer un conseil technique chargé de la mise en œuvre des politiques et plans d’action. Cette nouvelle entité devrait remplacer l’actuel bureau de gestion afin que les conseils de communautés soient effectivement intégrés dans le processus de planification et de décision.
Bien qu’en attente de formalisation officielle, depuis 2010 des travaux ont commencé avec l’organisation de six réunions impliquant les parties prenantes et donnant lieu à la définition de deux stratégies pour la restauration de l’architecture domestique. La première envisage des interventions prioritaires dans les zones à risques et la seconde tend vers la création de moyens permettant d’inscrire les activités de restauration dans les pratiques quotidiennes. Pour la mise en œuvre de la dernière stratégie, des artisans spécialisés en architecture en terre seront mis en relation avec les propriétaires des édifices ; les matériaux seront fournis par diverses institutions et administrés par les conseils de communauté.
La mission a noté que ce développement positif s’est traduit par une plus grande participation sociale en matière d’efforts patrimoniaux et a confirmé que le degré de coopération existant actuellement entre les trois niveaux de gouvernement était approprié. Elle a toutefois indiqué que l’accord de gestion n’est qu’un instrument juridique, que la définition d’un plan de conservation, devant prendre en compte la recherche historique et archéologique dans la formulation des projets de restauration, reste nécessaire. De même, l’application des lois et réglementations reste essentielle afin que le bien soit efficacement protégé.