Faites une recherche à travers les informations du Centre du patrimoine mondial.

Byblos

Liban
Facteurs affectant le bien en 2021*
  • Erosion et envasement / dépôt
  • Habitat
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Projet d'expansion du port (problème résolu)
  • Nécessité d'un Plan de gestion et d'un Plan directeur (problème résolu)
  • Plans d’extension de la jetée (problème résolu)
  • Infrastructure touristique : projet «Club diplomatique» avec des structures hors sol en béton armé construites au sud du bien sur des terrains à potentielle valeur archéologique
  • Système de gestion/plan de gestion : délimitation du bien et de la zone tampon peu claire
  • Érosion et envasement / dépôt : Risques environnementaux - érosion côtière du monticule de Byblos en raison du fort impact des marées
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2021
Demandes approuvées : 1 (de 1999-1999)
Montant total approuvé : 10 000 dollars E.U.
1999 Seminar on Byblos at Delft University of Technology ... (Approuvé)   10 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2021**
1995, 1997, 1998 et 2001 : Plusieurs missions pour évaluer l’état de conservation et l’exécution des projets au Liban (Byblos inclus). Novembre 2001 : Mission de suivi réactif ICOMOS. Septembre 2006 : mission d’experts UNESCO au Liban, Février 2017 : mission du Centre du patrimoine mondial ; 2018 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

L'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 4 mars 2021, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/295/documents. Les progrès réalisés sur un certain nombre de problèmes de conservation examinés par le Comité lors de ses précédentes sessions sont présentés comme suit :

  • Tous les travaux liés au projet de complexe balnéaire ‘Club Diplomatique’ adjacent à la zone archéologique ont été stoppés, et aucune exploration archéologique n’a été menée dans la propriété privée depuis que l’exécution du projet a été suspendue en avril 2017 ;
  • La conservation et la consolidation de vestiges fouillés sont des mesures de conservation prioritaires visant les éléments archéologiques en péril et l’élimination de la végétation nuisible ;
  • Un plan de gestion de la végétation est en cours d’élaboration au « Centre de conservation de la nature » de l’université américaine de Beyrouth afin de favoriser les plantes endémiques et contrôler les espèces qui pourraient constituer une menace pour les vestiges archéologiques ;
  • Des activités de documentation détaillées sont conduites, notamment des études topographiques et architecturales réalisées avec la technologie du scanner laser ;
  • Les travaux de rénovation et de restauration de deux bâtiments historiques sur les sites archéologiques destinés à recevoir les bureaux de gestion du site et les fonctions muséales ont dû être reportés en raison de la crise économique ;
  • Dans la vieille ville voisine du site archéologique, le nouveau Centre de recherche et de conservation du patrimoine culturel libanais (CRCPL) est entièrement équipé et opérationnel avec des activités en cours.

L’État partie indique que le pays a été gravement touché par la pandémie de COVID-19 et la crise économique en cours et que, par conséquent, toutes les interventions majeures prévues sur le site archéologique ont été stoppées.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2021

L’ouverture du nouveau CRCPL est saluée et il est recommandé que le Comité encourage l'État partie à organiser d’autres activités de renforcement des capacités afin de développer le Centre en tant qu’établissement de recherche et d’enseignement reconnu au niveau international sur les pratiques de gestion et de conservation archéologique.

Il est rappelé que le projet de complexe balnéaire ‘Club Diplomatique’ avait initialement été proposé comme un projet d’éco-tourisme avec un parc paysager et quelques équipements de loisir sur un terrain privé. Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS ont soutenu le principe de cette proposition car il devait produire des résultats souhaitables du point de vue écologique et archéologique, en préservant les attributs reflétant la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien tout en aidant à séparer le bien des activités touristiques de bord de mer dans la partie sud du bien du patrimoine mondial, pour lequel il n’existe à ce jour aucune limite claire ou zone tampon.

La mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a vérifié que des changements progressifs importants avaient été apportés à la conception initiale du projet, qui créerait un grand équipement touristique consommateur de ressources naturelles et qui donc ne serait pas conforme au concept initial d’éco-tourisme ni n’offrirait de zone tampon par rapport aux activités touristiques voisines. Les activités suscitaient par conséquent l’inquiétude du Comité, qui demandait à l'État partie de suspendre les travaux de construction et permettre des recherches archéologiques approfondies afin de clarifier l’existence de preuves susceptibles de refléter la VUE du bien, telles que celles relatives aux installations d’un port phénicien, qui serait un site d’une grande importance archéologique directement liée à la ville antique de Byblos.

On considère que la demande précédente du Comité de suspendre le projet dans sa forme actuelle et non-révisée reste justifiée. En outre, des fouilles supplémentaires seraient nécessaires pour déterminer si des vestiges matériels, en particulier dans les couches archéologiques les plus profondes, sont associées à l’ancien port de Byblos. L'État partie a indiqué que le projet et les recherches archéologiques qui devaient être entrepris avant la poursuite des travaux ont été suspendus. Étant donné l’impact potentiel qu’un projet pourrait avoir sur la VUE du bien, il est primordial que tout futur projet prévu dans cette zone soit précédé d’une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) préparée conformément aux Orientations de l’ICOMOS de 2011, en tenant compte des résultats des recherches archéologiques sur la nature et l’étendue des éléments archéologiques.

En 2019, une proposition de clarification des limites relative à l’étendue du bien au moment de l’inscription a été soumise par l'État partie, qui entreprend actuellement sa révision sur la base de données fournies par le Centre du patrimoine mondial.

Il est recommandé que le Comité réitère sa demande à l'État partie de réviser les limites du bien, d’inclure une zone tampon et d’élaborer une proposition de modification mineure des limites en consultation avec les Organisations consultatives.

Les points traités par la mission de 2018 restent d’actualité et il est recommandé que le Comité demande instamment à l'État partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission, notamment celles qui traitent la conservation et la gestion du bien, les synergies possibles avec d’autres conventions de l’UNESCO et la nécessité d’avoir un plan de tourisme durable. La préparation d’un plan de gestion des ressources naturelle du bien est considérée comme une étape importante dans l’établissement de pratiques durables d’entretien du site, adaptées aux conditions environnementales difficiles qui prévalent sur le bien.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives comprennent les difficultés auxquelles fait face l'État partie en raison de la pandémie de COVID-19 et de la situation économique. Il est recommandé que le Comité encourage l'État partie à demander l’assistance internationale afin de traiter les problèmes en suspens, tels que l’élaboration du plan de gestion et d’autres outil de gestion.

Il est recommandé en outre que le Comité demande à l'État partie de l’informer, au travers du Centre du patrimoine mondial, de tous plan à venir pour des restaurations majeures ou de nouveaux projets de construction susceptibles d’affecter la VUE du bien, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant que des décisions qu’il serait difficile d’inverser soient prises. 

Décisions adoptées par le Comité en 2021
44 COM 7B.130
Byblos (Liban) (C 295)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 42 COM 7B.56 et 43 COM 7B.48, adoptées à ses 42e (Manama, 2018) et 43e(Baku, 2019) sessions respectivement.
  3. Reconnaît que le Centre le Centre de recherche et de conservation du patrimoine culturel libanais est opérationnel et encourage l'État partie à effectuer d’autres activités de renforcement des capacités afin de développer le Centre en tant qu’établissement de recherche et d’enseignement reconnu au niveau international sur les pratiques de gestion et de conservation archéologique ;
  4. Note que tous les travaux liés au complexe balnéaire ‘Club Diplomatique’ adjacent au bien ont été suspendus, comme demandé dans sa décision précédente, et qu’aucune recherche archéologique n’a été réalisée depuis lors ;
  5. Réitère son inquiétude au sujet du projet dont la forme actuelle n’est pas adaptée, et note aussi que toute mise en valeur de l’environnement immédiat de la zone archéologique doit garantir des résultats environnementaux et archéologiques appropriés pour le bien du patrimoine mondial, et que tout projet prévu dans le voisinage immédiat des zones fouillées du bien du patrimoine mondial doit être soumis à une évaluation de l’impact sur le patrimoine avant toute construction ;
  6. Note aussi les efforts de l'État partie pour clarifier l’étendue du bien au moment de son inscription et demande à l'État partie, en consultation avec les Organisations consultatives, d’élaborer et de soumettre une modification mineure des limites, conformément au paragraphe 107 et 164 et à l’Annexe 11 des Orientations;
  7. Prie instamment l'État partie de mettre en œuvre les recommandations du rapport de mission de 2018, en accordant une attention particulière aux points suivants :
    1. Explorer les synergies avec la Convention de l'UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique de 2001 et la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003,
    2. Élaborer un plan de gestion favorisant le tourisme durable, les activités de conservation et un entretien régulier,
    3. Définir une stratégie de gestion des données nationales qui garantisse la diffusion des données d’inventaire et documentaires pour la gestion du site et la recherche au niveau local,
    4. Envisager l’approche Paysage urbain historique (HUL) afin d’intégrer le plan de gestion dans le développement urbain de la vieille ville de Byblos ;
  8. Encourage aussi l’État partie à soumettre une demande d’assistance internationale pour soutenir ses efforts dans l’élaboration d’outils de gestion nécessaires ;
  9. Invite l'État partie à informer le Comité, par l’intermédiaire du Centre du patrimoine mondial, de tous projet futur de restauration majeure ou de nouvelle construction susceptible d’affecter la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  10. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e
Projet de décision : 44 COM 7B.130

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 42 COM 7B.56 et 43 COM 7B.48, adoptées à ses 42e (Manama, 2018) et 43e(Baku, 2019) sessions respectivement.
  3. Reconnaît que le Centre le Centre de recherche et de conservation du patrimoine culturel libanais est opérationnel et encourage l'État partie à effectuer d’autres activités de renforcement des capacités afin de développer le Centre en tant qu’établissement de recherche et d’enseignement reconnu au niveau international sur les pratiques de gestion et de conservation archéologique ;
  4. Note que tous les travaux liés au complexe balnéaire ‘Club Diplomatique’ adjacent au bien ont été suspendus, comme demandé dans sa décision précédente, et qu’aucune recherche archéologique n’a été réalisée depuis lors ;
  5. Réitère son inquiétude au sujet du projet dont la forme actuelle n’est pas adaptée, et note aussi que toute mise en valeur de l’environnement immédiat de la zone archéologique doit garantir des résultats environnementaux et archéologiques appropriés pour le bien du patrimoine mondial, et que tout projet prévu dans le voisinage immédiat des zones fouillées du bien du patrimoine mondial doit être soumis à une évaluation de l’impact sur le patrimoine avant toute construction ;
  6. Note aussi les efforts de l'État partie pour clarifier l’étendue du bien au moment de son inscription et demande à l'État partie, en consultation avec les Organisations consultatives, d’élaborer et de soumettre une modification mineure des limites, conformément au paragraphe 107 et 164 et à l’Annexe 11 des Orientations ;
  7. Prie instamment l'État partie de mettre en œuvre les recommandations du rapport de mission de 2018, en accordant une attention particulière aux points suivants :
    1. Explorer les synergies avec la Convention de l'UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique de 2001 et la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003,
    2. Élaborer un plan de gestion favorisant le tourisme durable, les activités de conservation et un entretien régulier,
    3. Définir une stratégie de gestion des données nationales qui garantisse la diffusion des données d’inventaire et documentaires pour la gestion du site et la recherche au niveau local,
    4. Envisager l’approche Paysage urbain historique (HUL) afin d’intégrer le plan de gestion dans le développement urbain de la vieille ville de Byblos ;
  8. Encourage aussi l’État partie à soumettre une demande d’assistance internationale pour soutenir ses efforts dans l’élaboration d’outils de gestion nécessaires ;
  9. Invite l'État partie à informer le Comité, par l’intermédiaire du Centre du patrimoine mondial, de tous projet futur de restauration majeure ou de nouvelle construction susceptible d’affecter la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  10. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session en 2023.
Année du rapport : 2021
Liban
Date d'inscription : 1984
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(iv)(vi)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2021) .pdf
arrow_circle_right 44COM (2021)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


top