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Île de Mozambique

Mozambique
Facteurs affectant le bien en 2018*
  • Activités de gestion
  • Déchets solides
  • Habitat
  • Ressources financières
  • Ressources humaines
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Vastes infrastructures et/ou installations touristiques / de loisirs
  • Autres menaces :

    Nombre croissant de bâtiments effondrés ou sérieusement détériorés

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Plan de gestion non encore finalisé
  • Nombre croissant de bâtiments effondrés ou sérieusement détériorés
  • Menaces pour l’authenticité du fait de réparations inopportunes
  • Absence de contrôle du développement
  • Absence de réseaux d’égouts et d’assainissement adéquats
  • Manque de ressources humaines et financières
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2018

Montant total accordé au bien : pour la réhabilitation de la forteresse de Saint-Sébastien : Fonds-en-dépôt japonais : 1 108 078 dollars EU ; UCCLA : 526 015 dollars EU et Portugal/IPAD : 397 122 dollars EU ; Fonds-en-dépôt flamand : 270 000 dollars EU ; Fonds-en-dépôt néerlandais : 729 729 dollars EU. Pour les autres projets de conservation et de gestion : Programme des Villes du patrimoine mondial (Pays-Bas) : 50 000 dollars EU ; IPAD : 89 000 dollars EU ; Africa 2009 : 23 175 dollars EU ; Fonds pour le patrimoine mondial africain (AWHF) : 13 450 dollars EU 

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2018
Demandes approuvées : 7 (de 1994-2018)
Montant total approuvé : 233 140 dollars E.U.
2018 Community Participation in the Management and ... (Approuvé)   23 260 dollars E.U.
2009 Structural repair and reconstruction of collapsed ... (Approuvé)   75 000 dollars E.U.
2001 Preparation of a management/conservation plan for the ... (Approuvé)   29 980 dollars E.U.
1999 Rehabilitation of the Market- Island of Mozambique (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
1996 Finalisation of an integral conservation plan for ... (Approuvé)   19 900 dollars E.U.
1995 2 high-level missions on the conservation and ... (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
1994 Financial contribution to repairs for the roofs of Sao ... (Approuvé)   35 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2018**

2005, 2006, 2007, 2008 : missions du Centre du patrimoine mondial ; février 2007 : mission de l’ICOMOS ; février 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; avril 2010 : mission de suivi réactif de l’ICOMOS ; mars 2018 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM 

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

L'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 8 décembre 2017, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/599/documents/. Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM s’est rendue sur le bien du 7 au 12 mars 2018. Le rapport de mission est disponible en ligne à l’adresse Internet ci‑dessus mentionnée. L’État partie rend compte de ce qui suit :

  • Un règlement pour la classification et la gestion du patrimoine bâti et du paysage de l’ Île de Mozambique a été adopté, donnant lieu à la création d’un inventaire et à la classification du patrimoine bâti du bien dans un registre officiel ;
  • Un processus de consultation des parties prenantes a été achevé pour finaliser le plan de gestion et de conservation de l’Île de Mozambique, dont l’élaboration a, pour sa part, été guidée par l’approche de l’UNESCO en matière de paysages urbains historiques et par les Objectifs du développement durable des Nations Unies (ODD) ;
  • D’autres activités, dont l’implication des parties prenantes, ont été entreprises afin de définir une zone tampon révisée pour le bien, permettant également de protéger le patrimoine archéologique subaquatique ;
  • Faire correspondre les initiatives de conservation privées avec les besoins locaux reste problématique ;
  • Des experts sont nécessaires pour conseiller l’État partie dans la recherche d’une utilisation appropriée de la forteresse de Sao Lourenço, étant donné que la proposition de sa conversion en hôtel a été rejetée par l’État partie ;
  • La réhabilitation du bâtiment a été engagée pour améliorer l’état de conservation du bien ;
  • L’État partie a indiqué qu’il allait réhabiliter l’hôpital historique en vue de son utilisation en tant qu’hôpital. Un architecte a été désigné et des fonds ont été mis à disposition ;
  • Un projet de réutilisation d’un centre sportif (« Complexo Desportivo ») en le réaménageant en hôtel a été soumis au Centre du patrimoine mondial et examiné par l’ICOMOS dans le cadre de son étude technique de novembre 2017. Le projet comprend la réhabilitation des bâtiments existants, la construction d’autres équipements hôteliers, et la mise à disposition d’installations sportives pour la communauté insulaire de la zone urbaine en macuti située dans le bien. La mission de mars 2018 s’est rendue sur le site du projet et a formulé dans le rapport de mission des recommandations concernant l’amélioration de ce projet.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2018

L’État partie a accompli des progrès pour traiter les problèmes auxquels le bien est confronté, parmi lesquels la révision du plan de gestion et de conservation de l’Île de Mozambique. Ce processus a été guidé par la décision du Comité de 2016 (40 COM 7B.15), en particulier en ce qui concerne l’engagement participatif de parties prenantes et de la communauté. Il est encourageant de constater que le document a été orienté par la recommandation sur le paysage urbain historique et par les ODD. Toutefois, la mission de mars 2018 a signalé que le plan de gestion devait encore être finalisé et que, du fait que la rédaction et la discussion du plan de gestion avait pris autant de temps, la période de validité du plan devrait être prorogée. Ce processus doit donc être achevé rapidement.

L’engagement de l’État partie concernant les contrôles législatifs exigés pour conserver le tissu urbain du bien est également apprécié. La création de mécanismes pour identifier, classer et énumérer des structures au sein du bien contribuera à leur sauvegarde. Toutefois, il y a lieu de noter que seules les structures de la ville en pierre et chaux au sein du bien ont été inscrites dans le registre, les structures de la ville en macuti étant omises. Elles demeurent particulièrement menacées en raison du manque d’approvisionnement en matériaux appropriés et de nouvelles constructions qui font appel à des matériaux inappropriés. Les défis posés par les conditions de vie, y compris les conditions sanitaires, dans la ville en macuti, qui constitue un élément essentiel du bien, restent pertinents et exigent un traitement d’urgence.

La mission de 2018 a également signalé que :

  • Le Bureau de conservation de l’Île de Mozambique (GACIM) doit nécessairement être consolidé par le renforcement des capacités, des effectifs supplémentaires qualifiés, et des efforts de sensibilisation au niveau municipal ;
  • Il est nécessaire d’adopter la réglementation régissant le GACIM pour donner à cette organisation un droit de véto final sur des projets de construction qu’il juge comme ayant un impact inapproprié sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  • La réglementation sur la conservation doit être modifiée pour remédier à la confusion terminologique qui engendre des projets d’adaptation et de constructions inappropriées ;
  • Il est nécessaire d’intégrer dans le Plan national de gestion des risques des procédures concernant la gestion des risques de catastrophes pour le patrimoine culturel et d’inclure ces procédures dans le plan de conservation et de gestion du bien. Des dispositions relatives aux évaluations de l’impact sur le patrimoine (EIP) et des orientations en matière de conservation pour guider des projets de rénovation et de restauration devraient également être incluses dans le plan de conservation. L’absence de ce dernier aspect a actuellement un impact négatif sur le bien.

La mission a également exprimé ses inquiétudes quant au rythme rapide des processus de transformation au sein du bien, aboutissant à des inégalités sociales. La circulation automobile accrue qui en résulte produit un effet négatif sur le bien. La croissance démographique dans la ville en macuti s’est également poursuivie et reste un problème à traiter.

S’agissant des projets de réutilisation de monuments importants, la mission de 2018 indique que le projet de restauration de l’hôpital a été arrêté, laissant l’édifice dépourvu de toit. Cette situation exige des mesures urgentes afin d’assurer la sauvegarde de cette structure Des restaurations inappropriées et le manque d’entretien sont toujours problématiques à l’intérieur du bien et de sa zone tampon, affectant, par exemple, la forteresse de Sao Lourenço.

L’État partie s’est engagé vis‑à‑vis du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en ce qui concerne le projet du Complexo Desportivo. La mission de mars 2018 a émis des recommandations portant sur ce projet, y compris sur la recherche d’un nouveau site. Des discussions sont en cours sur ce projet. Une attention particulière doit être accordée à de nouveaux projets pour éviter des reconstructions conjecturales , ne s’appuyant pas sur une documentation adéquate. 

La délimitation de la zone tampon est un processus en cours, étant donné que l’État partie espère inclure le patrimoine archéologique maritime dans les limites de cette zone. Ce processus reste urgent et il convient de le réaliser rapidement pour que la zone tampon proposée puisse être soumise conformément à la procédure prévue pour des modifications mineures des limites.

Décisions adoptées par le Comité en 2018
42 COM 7B.47
Île de Mozambique (Mozambique) (C599)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 40 COM 7B.15, adoptée à sa 40e session (Istanbul/UNESCO, 2016),
  3. Prend note des résultats et recommandations de la mission conjointe de suivi réactif sur le bien de 2018 ;
  4. Accueille favorablement les progrès accomplis dans l’élaboration du plan de conservation et de gestion, en particulier en ce qui concerne le processus participatif entrepris et l’application de la recommandation sur le paysage urbain historique et des Objectifs de développement durable ;
  5. Prie instamment l’État partie de terminer ce processus dans les meilleurs délais et d’inclure dans le plan de conservation et de gestion des dispositions pour la gestion du risque de catastrophe, des évaluations de l’impact sur le patrimoine, ainsi que des orientations en matière de conservation pour guider des projets de rénovation et de restauration ;
  6. Demande à l’État partie de terminer rapidement la modification de la zone tampon proposée afin qu’il soit plus facile de soumettre la proposition de zone tampon en tant que modification mineure des limites du bien au Centre du patrimoine mondial, pour évaluation par les Organisations consultatives et examen par le Comité du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 164 des Orientations ;
  7. Demande également à l’État partie d’entreprendre des travaux de conservation et consolidation d’urgence pour sauvegarder le bâtiment de l’hôpital et d’accélérer la reprise du projet de rénovation ;
  8. Note la mise en place d’un cadre législatif pour l’identification et le classement de structures de l’île, et l’achèvement d’un inventaire pour la zone de la ville en pierre et chaux située dans le bien, et demande en outre à l’État partie d’élargir cet inventaire pour y inclure la zone en macuti du bien ;
  9. Demande par ailleurs à l’État partie de :
    1. Modifier la réglementation guidant le Bureau de conservation de l’Île de Mozambique (GACIM), pour lui attribuer l’autorité appropriée afin que lui revienne l’approbation finale pour les projets d’aménagements proposés, et ainsi sauvegarder la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien,
    2. Désigner un personnel dûment qualifié pour renforcer le GACIM de manière appropriée et assurer que cette organisation puisse remplir les fonctions dont elle est chargée ;
  10. Demande de plus à l’État partie d’élaborer des stratégies qui :
    1. instituent un entretien régulier des bâtiments publics du bien,
    2. traitent les conditions de vie dans la ville en macuti d’une manière qui soit appropriée par rapport à la VUE du bien,
    3. permettent de contrôler l’augmentation de la circulation dans le bien,
    4. sensibilisent davantage les habitants du bien sur leur rôle en tant que gardiens de la VUE du bien,
    5. s’assurent de la mise en place de mécanismes d’entretien et de réparation appropriés pour la ville en pierre et chaux ainsi que pour la ville en macuti,
    6. fournissent un renforcement des capacités aux niveaux national et local pour assurer l’entretien et la conservation adéquats du bien,
    7. traitent les inégalités sociales croissantes signalées dans le bien ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.
Projet de décision : 42 COM 7B.47

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 40 COM 7B.15, adoptée à sa 40e session (Istanbul/UNESCO, 2016),
  3. Prend note des résultats et recommandations de la mission conjointe de suivi réactif sur le bien de 2018 ;
  4. Accueille favorablement les progrès accomplis dans l’élaboration du plan de conservation et de gestion, en particulier en ce qui concerne le processus participatif entrepris et l’application de la recommandation sur le paysage urbain historique et des Objectifs de développement durable ;
  5. Prie instamment l’État partie de terminer ce processus dans les meilleurs délais et d’inclure dans le plan de conservation et de gestion des dispositions pour la gestion du risque de catastrophe, des évaluations de l’impact sur le patrimoine, ainsi que des orientations en matière de conservation pour guider des projets de rénovation et de restauration ;
  6. Demande à l’État partie de terminer rapidement la modification de la zone tampon proposée afin qu’il soit plus facile de soumettre la proposition de zone tampon en tant que modification mineure des limites du bien au Centre du patrimoine mondial, pour évaluation par les Organisations consultatives et examen par le Comité du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 164 des Orientations ;
  7. Demande également à l’État partie d’entreprendre des travaux de conservation et consolidation d’urgence pour sauvegarder le bâtiment de l’hôpital et d’accélérer la reprise du projet de rénovation ;
  8. Note la mise en place d’un cadre législatif pour l’identification et le classement de structures de l’île, et l’achèvement d’un inventaire pour la zone de la ville en pierre et chaux située dans le bien, et demande en outre à l’État partie d’élargir cet inventaire pour y inclure la zone en macuti du bien ;
  9. Demande par ailleurs à l’État partie de :
    1. Modifier la réglementation guidant le Bureau de conservation de l’Île de Mozambique (GACIM), pour lui attribuer l’autorité appropriée afin que lui revienne l’approbation finale pour les projets d’aménagements proposés, et ainsi sauvegarder la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien,
    2. Désigner un personnel dûment qualifié pour renforcer le GACIM de manière appropriée et assurer que cette organisation puisse remplir les fonctions dont elle est chargée ;
  10. Demande de plus à l’État partie d’élaborer des stratégies qui :
    1. instituent un entretien régulier des bâtiments publics du bien,
    2. traitent les conditions de vie dans la ville en macuti d’une manière qui soit appropriée par rapport à la VUE du bien,
    3. permettent de contrôler l’augmentation de la circulation dans le bien,
    4. sensibilisent davantage les habitants du bien sur leur rôle en tant que gardiens de la VUE du bien,
    5. s’assurent de la mise en place de mécanismes d’entretien et de réparation appropriés pour la ville en pierre et chaux ainsi que pour la ville en macuti,
    6. fournissent un renforcement des capacités aux niveaux national et local pour assurer l’entretien et la conservation adéquats du bien,
    7. traitent les inégalités sociales croissantes signalées dans le bien ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.
Année du rapport : 2018
Mozambique
Date d'inscription : 1991
Catégorie : Culturel
Critères : (iv)(vi)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2017) .pdf
Rapport (2017) .pdf
arrow_circle_right 42COM (2018)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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