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Centre historique de la ville d’Arequipa

Pérou
Facteurs affectant le bien en 2016*
  • Destruction délibérée du patrimoine
  • Habitat
  • Infrastructures de transport de surface
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Démolition délibérée de bâtiments historiques 
  • Infrastructure de transport terrestre
  • Projets de développement planifiés en cours
  • Systèmes de gestion (absence de plan de préparation aux risques) 
  • Absence de plan de gestion (question résolue)
  • Développement urbain incontrôlé 
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2016
Demandes approuvées : 1 (de 2001-2001)
Montant total approuvé : 75 000 dollars E.U.
2001 Consolidation and restoration of the Cathedral of ... (Approuvé)   75 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2016**

Février 2000: mission d’expert ICOMOS ; juillet 2001 : mission d’expert ; août 2001 : mission d’expert ; avril-mai 2008 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS; novembre 2014 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Le 13 février 2015 et le 27 janvier 2016, l’État partie a soumis des rapports annuels sur ses actions menées respectivement en 2014 et 2015. Un résumé du rapport de 2016 est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1016/documents/. Les réponses de l’État partie à chacune des recommandations du Comité sont les suivantes :

  • Aucun consensus n’a encore été atteint quant à l’extension éventuelle du périmètre du bien du patrimoine mondial et à la (re)définition de sa zone tampon. Toutefois, la Direction décentralisée de la culture (DDC-Arequipa) a déclaré comme patrimoine culturel la rive droite, le polygone du Barrio del Vallecito jusqu’à l’intersection transversale de la Selva Alegre, la ville traditionnelle et le réseau de terrasses de Carmen Alto (résolutions directoriales 094-DDC-ARE-MC, août 2015 et 062-DDC-ARE-MC, juin 2015).
  • L’évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) de l’élément du pont Chilina a été réalisée pendant que l’évaluation du projet de la Via Troncal Interconectora était en préparation.
  • La mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif a été effectuée en novembre 2014 et a conclu qu’en principe, le pont Chilina n’avait aucun impact visuel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. La mise en œuvre des recommandations de la mission est coordonnée par la DDC-Arequipa avec la Municipalité provinciale d’Arequipa.
  • L’approbation du plan directeur est soumise à l’approbation du plan de développement métropolitain ainsi qu’à la définition des nouvelles limites du centre historique et de la zone tampon. Le plan de gestion de la prévention des risques élaboré par la Municipalité provinciale d’Arequipa, par l’intermédiaire du Bureau de gestion pour le centre historique et la zone monumentale, a été approuvé par l’ordonnance municipale 932-2015 en date du 6 octobre 2015.
  • Une société privée a fait une proposition pour la construction d’un système de transport collectif rapide de type monorail à Arequipa. Le Ministère de la Culture a demandé à l’entreprise de soumettre une étude préliminaire sur le projet d’investissement public, de manière à pouvoir l’évaluer et le soumettre au Centre du patrimoine mondial. Ce document n’a pas encore été déposé à ce jour au Ministère de la Culture.

Les rapports de 2015 et 2016 contiennent des annexes importantes relatives aux questions susmentionnées ainsi que des rapports d’avancement sur la préparation du plan de gestion et la redéfinition du bien du patrimoine mondial et de ses zones tampon, le plan de gestion de la prévention des risques et le plan de travail pour les interventions dans le centre historique courant 2016.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2016

Le rapport sur la mission de suivi réactif de 2014 présente d’importantes recommandations sur la mise en œuvre de la décision du Comité concernant les limites du bien et de sa zone tampon, la gestion, le plan directeur, le plan de gestion de la prévention des risques, le plan de développement métropolitain, le pont Chilina et la Via Troncal Interconectora et le projet de monorail. Il est noté avec satisfaction que l’État partie tient compte de ces recommandations dans les actions de suivi.

Pour ce qui est de l’extension et/ou de la modification des limites, il convient de réitérer que la mission de 2014 et le Comité du patrimoine mondial ont recommandé, comme première mesure, l’extension de la zone tampon uniquement au titre de modification mineure des limites. Cela éviterait d’entrer dans un nouveau processus de proposition d’inscription et permettrait aux autorités d’orienter leurs actions vers les problèmes urgents en matière de conservation et de gestion. C’est pourquoi il est recommandé que le Comité prie à nouveau instamment l’État partie de finaliser de toute urgence le processus de définition de la zone tampon étendue, afin d’obtenir un certain niveau de protection des terrasses agricoles et des autres zones aux alentours du bien.

Il est noté que la construction du pont Chilina a continué en dépit des recommandations explicites du Comité de ne pas poursuivre les travaux avant la réalisation d’une EIP. La mission de 2014 a exprimé l’opinion qu’en principe, le pont n’a pas d’impact visuel grâce à la légèreté de sa conception, son horizontalité et sa transparence. Cependant, elle a noté également que la partie visuelle est seulement un aspect à prendre en compte lors de l’évaluation des impacts potentiels ; il peut aussi y avoir des aspects économiques, culturels, sociaux et physiques, à la fois directs et indirects, cumulatifs, temporaires et permanents, réversibles ou irréversibles. C’est ce que confirme l’EIP soumise par l’État partie en février 2015, qui indique que la construction du pont a eu pour conséquence de faire entrer les aires paysagères dans un processus accéléré de transformation avec l’inclusion de constructions hors contexte. Ce qui est considéré comme un impact positif est que le flux de trafic dans le centre historique a nettement diminué depuis la construction du pont. Des mesures correctives et d’atténuation devraient être mises en place en réponse aux résultats de l’EIP.

L’EIP culturelle sur le projet de la Via Troncal Interconectora devrait être réalisée de toute urgence et soumise au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives. Étant donné que le processus est en cours, il est recommandé que le Comité réitère sa demande à l’État partie d’inclure l’évaluation des impacts potentiels du projet sur les paysages de Lari Lari, Los Tucos, Cayma et Yanahuara.

Il est noté avec regret que l’approbation du plan directeur du bien demeure en suspens jusqu’à l’approbation du plan de développement métropolitain. En ce sens la protection des limites du bien et de sa zone tampon, en particulier les zones agricoles, reste un point préoccupant. Il est impératif que le processus de révision du plan de développement métropolitain intègre toutes les parties prenantes afin de coordonner tous les efforts de protection du bien.

Il est aussi recommandé que le Comité félicite l’État partie pour l’approbation du plan de gestion de la prévention des risques et pour les informations préliminaires sur un système de transport collectif rapide en monorail. L’impact potentiel d’un tel mode de transport devrait être très soigneusement analysé et des études préliminaires sont en effet requises pour permettre au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives de procéder à une analyse approfondie. L’État partie devrait être très fortement exhorté à ne pas continuer à développer le projet avant que le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ne soient en position de donner les conseils appropriés à ce sujet.

Décisions adoptées par le Comité en 2016
40 COM 7B.8
Centre historique de la ville d'Arequipa (Pérou) (C 1016)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.46, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Prend note de la mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif qui a eu lieu en 2014 et demande à l’État partie de mettre en œuvre ses recommandations ;
  4. Réitère sa recommandation à l’État partie de soumettre de toute urgence, conformément aux paragraphes 163-165 des Orientations, la proposition finale concernant la zone tampon comme une modification mineure des limites, afin d’améliorer la protection des zones visuellement sensibles aux alentours du bien ;
  5. Prend également note des informations communiquées sur le pont Chilina et le projet de la Via Troncal Interconectora et constate avec regret que ces travaux d’infrastructure ont été réalisés en dépit de ses recommandations des années passées de ne pas commencer les travaux tant qu’une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) n’avait pas été réalisée, et demande également à l’État partie de l’achever de toute urgence et de la soumettre pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  6. Note également que l’EIP du pont Chilina conclut que la construction du pont a eu pour conséquence de placer les aires paysagères dans un processus accéléré de transformation ;
  7. Prie instamment l’État partie d’établir un plan d’atténuation visant à contrôler les constructions et l’urbanisation indésirables qui sont déjà en cours du fait des travaux ;
  8. Salue l’achèvement du plan de gestion de la prévention des risques ;
  9. Réitère sa demande à l’État partie d’achever le processus d’examen du plan de développement métropolitain afin de rationaliser les incohérences avec le plan directeur du bien et de confirmer si ce plan est à considérer ou non comme le plan de gestion du bien, exigé par le Comité du patrimoine mondial pour assurer la protection de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  10. Invite l’État partie à soumettre dès que possible des informations plus détaillées sur la proposition de construction d’un système de transport en monorail dans la ville d’Arequipa, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et prie aussi instamment l’État partie de ne pas poursuivre le développement du projet sous réserve des consultations, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  11. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.
Projet de décision : 40 COM 7B.8

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.46, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Prend note de la mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif qui a eu lieu en 2014 et demande à l’État partie de mettre en œuvre ses recommandations ;
  4. Réitère sa recommandation à l’État partie de soumettre de toute urgence, conformément aux paragraphes 163-165 des Orientations, la proposition finale concernant la zone tampon comme une modification mineure des limites, afin d’améliorer la protection des zones visuellement sensibles aux alentours du bien ;
  5. Prend également note des informations communiquées sur le pont Chilina et le projet de la Via Troncal Interconectora et constate avec regret que ces travaux d’infrastructure ont été réalisés en dépit de ses recommandations des années passées de ne pas commencer les travaux tant qu’une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) n’avait pas été réalisée, et demande également à l’État partie de l’achever de toute urgence et de la soumettre pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  6. Note également que l’EIP du pont Chilina conclut que la construction du pont a eu pour conséquence de placer les aires paysagères dans un processus accéléré de transformation ;
  7. Prie instamment l’État partie d’établir un plan d’atténuation visant à contrôler les constructions et l’urbanisation indésirables qui sont déjà en cours du fait des travaux ;
  8. Salue l’achèvement du plan de gestion de la prévention des risques ;
  9. Réitère sa demande à l’État partie d’achever le processus d’examen du plan de développement métropolitain afin de rationaliser les incohérences avec le plan directeur du bien et de confirmer si ce plan est à considérer ou non comme le plan de gestion du bien, exigé par le Comité du patrimoine mondial pour assurer la protection de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  10. Invite l’État partie à soumettre dès que possible des informations plus détaillées sur la proposition de construction d’un système de transport en monorail dans la ville d’Arequipa, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et prie aussi instamment l’État partie de ne pas poursuivre le développement du projet sous réserve des consultations, conformément au Paragraphe 172 des Orientations ;
  11. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.
Année du rapport : 2016
Pérou
Date d'inscription : 2000
Catégorie : Culturel
Critères : (i)(iv)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2016) .pdf
arrow_circle_right 40COM (2016)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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