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Ecosystème et paysage culturel relique de Lopé-Okanda

Gabon
Facteurs affectant le bien en 2015*
  • Activités illégales
  • Grandes installations linéaires
  • Infrastructures de transport de surface
  • Ressources humaines
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Absence de structure de gestion pour les valeurs culturelles du bien 
  • Besoin en formation des gestionnaires de la conservation 
  • Projet d’infrastructure routière
  • Projet de fibre optique
  • Braconnage
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2015
Demandes approuvées : 2 (de 2002-2006)
Montant total approuvé : 38 600 dollars E.U.
2006 Elaboration du Dossier d'Inscription de l'Ecosystème et ... (Approuvé)   28 600 dollars E.U.
2002 Elaboration du dossier de proposition d'inscription de ... (Approuvé)   10 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2015**

Janvier 2015 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN a visité le bien du 10 au 17 janvier 2015. Puis, le 31 janvier 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation. Les deux rapports sont consultables à https://whc.unesco.org/fr/list/1147/documents.

Ces rapports fournissent les informations suivantes :

  • L’État partie reconnaît que les travaux d’amélioration de l’autoroute nationale 3 qui traverse le bien pourraient avoir des impacts négatifs sur son intégrité. La mission a été informée d’un accord d’abandon des travaux d’amélioration de la route nationale dans sa partie qui traverse le bien et de la création, à la place, d’une déviation vers le nord. Quatre autres tracés ont été envisagés, un en bordure de la zone tampon et tous dans des zones sensibles sur le plan archéologique. La mission a considéré que cette décision cruciale allait garantir la préservation du dense ensemble de sites archéologiques et d’art rupestre le long du paysage culturel de la vallée de l’Ogooué ;
  • La mission a considéré que les impacts du projet de fibre optique sur des sites archéologiques non identifiés étaient limités ;
  • Les efforts de surveillance sont concentrés dans les zones sensibles, essentiellement associés aux infrastructures (à la fois existantes et en développement) dans le nord-est du bien et aux concessions forestières à l’ouest. Toutefois, ces efforts sont limités par le nombre restreint de gardes forestiers (14) ;
  • La surveillance prend également en compte tous les sites archéologiques dans la zone tampon du parc. L’État partie a envisagé d’affecter trois archéologues sur le bien afin d’améliorer la capacité de gestion pour le patrimoine culturel. Ces personnes n’avaient pas encore été nommées au moment de la mission.

La mission a fait part des observations complémentaires suivantes :

  • Braconnage et commerce de l’ivoire sont les principales menaces qui pèsent sur la faune du bien, en particulier dans le nord-est du bien et près des concessions forestières où les chemins forestiers ont facilité l’accès à des forêts précédemment intactes ;
  • Un projet de plan de gestion pour 2013-2017 est en attente d’approbation ;
  • En moyenne, cinq éléphants et/ou buffles sont tués lors de collisions avec des trains chaque année ;
  • Les dernières données disponibles de 2006 indiquent que les populations d’espèces clés du bien, à savoir éléphants, singes et céphalophes, sont abondantes et stables ;
  • Le manque d’emplois au sein du bien et dans les concessions forestières environnantes contribue à un exode rural, ce qui exacerbe les conflits entre conservation du parc et activités des populations locales ;
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2015

La décision de créer un contournement pour l’autoroute nationale 3 vers le nord du bien doit être favorablement accueillie. Cela devrait garantir la protection des vastes sites archéologiques et d’art rupestres le long du paysage culturel de la vallée de l’Ogooué. Étant donné la forte sensibilité des zones archéologiques qu’un des quatre tracés de route est susceptible de traverser, il est essentiel qu’une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) soit effectuée pour évaluer le meilleur tracé et identifier les mesures permettant d’en atténuer les impacts. Une base de données détaillée et une protection active des sites archéologiques et culturels s’avèrent également nécessaires.

Qui plus est, la mission a recommandé la réhabilitation de la route existante, comme route secondaire pour la circulation locale, afin de maintenir les liaisons de transport pour les populations locales, et la mise en place de mesures visant à limiter l’utilisation de la route qui traverse le bien par des poids lourds.

La mission a considéré que, bien que les menaces du projet de fibre optique sur des sites archéologiques non identifiés soient limitées, des mesures de surveillance pour le bien culturel devraient être prises et une haute priorité accordée à la formation du personnel. Les projets de fibre optique et de route exigeront, l’un et l’autre, une attention particulière en termes de gestion lors de leur mise en œuvre. Toutefois, il convient de noter que le nombre de collaborateurs a considérablement diminué entre 2006 et 2014. Ce manque de personnel, qui empêche déjà une surveillance adéquate pour répondre à la menace de braconnage, devrait être résolu avant le lancement de ces projets, dans la mesure où leur mise en œuvre pourrait augmenter le risque de braconnage. Il est par conséquent recommandé que le Comité du patrimoine mondial prie l’État partie de veiller à ce qu’un effectif professionnel adéquat soit en place et que le personnel existant reçoive une formation appropriée en matière de patrimoine culturel. Qui plus est, le plan de gestion pour 2013-2017 doit encore être approuvé et mis en œuvre dès que possible et ses recommandations traitées – en particulier celles afférentes à la composition des effectifs.

La situation économique dans la région qui entoure le bien, marquée par un exode rural et un manque d’emplois, aggrave encore les menaces de braconnage. Il est par conséquent recommandé que le Comité encourage l’État partie à élaborer un projet de développement économique général pour le bien et ses environs.

En ce qui concerne la survenance régulière observée de décès d’éléphants et/ou buffles à la suite de collisions avec des trains, il est recommandé que l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) soit encouragée, en collaboration avec la compagnie ferroviaire, à mettre en place de toute urgence un mécanisme de prévention de ces accidents.

Les données disponibles sur les populations et les tendances concernant la faune étant anciennes, une actualisation s’impose afin de permettre une évaluation plus précise de ces populations et tendances dans le bien, pour mieux suivre les impacts du braconnage et y répondre.

Décisions adoptées par le Comité en 2015
39 COM 7B.32
Ecosystème et paysage culturel relique de Lopé-Okanda (Gabon) (C/N 1147rev)

Le Centre du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.59, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Se félicite de la décision de l’État partie d’envisager un contournement pour l’Autoroute Nationale 3 vers le nord du bien ; toutefois, note que les quatre tracés de route possibles risquent de passer au travers de zones archéologiques sensibles et prie instamment l’État partie d’entreprendre une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) détaillée conforme aux orientations de l’ICOMOS sur les EIP, incluant une évaluation des impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, comme moyen d’étudier le tracé optimal et les possibilités d’atténuation des impacts, et de soumettre cette EIP au Centre du patrimoine mondial dès qu’elle sera disponible ;
  4. Prie aussi instamment l’État partie d’identifier les options de réhabilitation de la route existante qui traverse le bien comme route secondaire pour la circulation locale afin de maintenir des liaisons de transport adéquates pour les populations locales, d’en évaluer les impacts potentiels sur la VUE, et de mettre en place des mesures visant à limiter l’utilisation de cette route par les poids lourds ;
  5. Considère que le projet de route tout comme le projet de fibre optique augmentent le risque de braconnage, qui est la principale menace pesant sur les valeurs naturelles du bien et prie en outre instamment l’État partie de résoudre la question du manque de personnel afin de garantir une surveillance adéquate ;
  6. Note avec inquiétude que peu de progrès ont été accomplis pour augmenter l’effectif en charge du patrimoine culturel et demande à l’État partie de dispenser une formation en gestion du patrimoine culturel au personnel en place, et d’instaurer une base de données détaillée et une protection active des sites archéologiques et culturels ;
  7. Prie par ailleurs instamment l’État partie de finaliser et d’approuver le plan de gestion pour 2013-2017 et de le mettre en œuvre dès que possible, en particulier ses dispositions relatives à la composition des effectifs ;
  8. Note également avec inquiétude que la situation économique sur le bien, marquée par un exode rural et un manque d’emplois, aggrave encore les conflits entre le parc et les populations locales, et encourage l’État partie à élaborer un projet de développement économique général pour le bien et ses environs ;
  9. Demande également à l’État partie d’actualiser les données de suivi de la faune afin d’évaluer les populations et tendances des espèces clés, et de mieux suivre et répondre aux impacts du braconnage ;
  10. Encourage également l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), en collaboration avec la compagnie ferroviaire, à mettre en place de toute urgence un mécanisme pour prévenir les accidents récurrents entre trains et animaux ;
  11. Demande en outre à l’État partie de mettre en œuvre les autres recommandations de la mission de 2015, en particulier :
    1. de mettre en œuvre les recommandations pour la mise en valeur des gravures sur le site de Doda et l’écomusée et de continuer à réfléchir sur la valorisation des autres sites culturels,
    2. de réaliser une mission sur les sites possédant des gravures rupestres afin d’en examiner tout changement et leur état de préservation,
    3. de mettre en place un mécanisme pour systématiquement contrôler les mouvements de personnes et de véhicules pendant toute la durée des travaux du projet de fibre optique, et d’envisager des sessions de sensibilisation et de communication pour sensibiliser le personnel du projet à la fragilité de la zone ;
  12. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.
Projet de décision : 39 COM 7B.32

Le Centre du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.59, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Se félicite de la décision de l’État partie d’envisager un contournement pour l’Autoroute Nationale 3 vers le nord du bien ; toutefois, note que les quatre tracés de route possibles risquent de passer au travers de zones archéologiques sensibles et prie instamment l’État partie d’entreprendre une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) détaillée conforme aux orientations de l’ICOMOS sur les EIP, incluant une évaluation des impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, comme moyen d’étudier le tracé optimal et les possibilités d’atténuation des impacts, et de soumettre cette EIP au Centre du patrimoine mondial dès qu’elle sera disponible ;
  4. Prie aussi instamment l’État partie d’identifier les options de réhabilitation de la route existante qui traverse le bien comme route secondaire pour la circulation locale afin de maintenir des liaisons de transport adéquates pour les populations locales, d’en évaluer les impacts potentiels sur la VUE, et de mettre en place des mesures visant à limiter l’utilisation de cette route par les poids lourds ;
  5. Considère que le projet de route tout comme le projet de fibre optique augmentent le risque de braconnage, qui est la principale menace pesant sur les valeurs naturelles du bien et prie en outre instamment l’État partie de résoudre la question du manque de personnel afin de garantir une surveillance adéquate ;
  6. Note avec inquiétude que peu de progrès ont été accomplis pour augmenter l’effectif en charge du patrimoine culturel et demande à l’État partie de dispenser une formation en gestion du patrimoine culturel au personnel en place, et d’instaurer une base de données détaillée et une protection active des sites archéologiques et culturels ;
  7. Prie par ailleurs instamment l’État partie de finaliser et d’approuver le plan de gestion pour 2013-2017 et de le mettre en œuvre dès que possible, en particulier ses dispositions relatives à la composition des effectifs ;
  8. Note également avec inquiétude que la situation économique sur le bien, marquée par un exode rural et un manque d’emplois, aggrave encore les conflits entre le parc et les populations locales, et encourage l’État partie à élaborer un projet de développement économique général pour le bien et ses environs ;
  9. Demande également à l’État partie d’actualiser les données de suivi de la faune afin d’évaluer les populations et tendances des espèces clés, et de mieux suivre et répondre aux impacts du braconnage ;
  10. Encourage également l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), en collaboration avec la compagnie ferroviaire, à mettre en place de toute urgence un mécanisme pour prévenir les accidents récurrents entre trains et animaux ;
  11. Demande en outre à l’État partie de mettre en œuvre les autres recommandations de la mission de 2015, en particulier :
    1. de mettre en œuvre les recommandations pour la mise en valeur des gravures sur le site de Doda et l’écomusée et de continuer à réfléchir sur la valorisation des autres sites culturels,
    2. de réaliser une mission sur les sites possédant des gravures rupestres afin d’en examiner tout changement et leur état de préservation,
    3. de mettre en place un mécanisme pour systématiquement contrôler les mouvements de personnes et de véhicules pendant toute la durée des travaux du projet de fibre optique, et d’envisager des sessions de sensibilisation et de communication pour sensibiliser le personnel du projet à la fragilité de la zone ;
  12. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.
Année du rapport : 2015
Gabon
Date d'inscription : 2007
Catégorie : Mixte
Critères : (iii)(iv)(ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2015) .pdf
arrow_circle_right 39COM (2015)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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