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Ecosystème et paysage culturel relique de Lopé-Okanda

Gabon
Facteurs affectant le bien en 2017*
  • Activités illégales
  • Grandes installations linéaires
  • Infrastructures de transport de surface
  • Ressources humaines
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Absence de structure de gestion pour les valeurs culturelles du bien 
  • Besoin en formation des gestionnaires de la conservation 
  • Projet d’infrastructure routière
  • Projet de fibre optique
  • Braconnage
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2017

Montant total accordé au bien : 300 000€ de l’Union européenne financé par le projet de « l’Initiative pour le patrimoine mondial forestier d’Afrique centrale - CAWHFI » de 2016 à 2018

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2017
Demandes approuvées : 3 (de 2002-2016)
Montant total approuvé : 68 600 dollars E.U.
2016 Valorisation de la Lopé (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
2006 Elaboration du Dossier d'Inscription de l'Ecosystème et ... (Approuvé)   28 600 dollars E.U.
2002 Elaboration du dossier de proposition d'inscription de ... (Approuvé)   10 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2017**

Janvier 2015 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

Le 13 janvier 2017, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1147/documents/ et apporte les informations suivantes :

  • Les autorités gabonaises ont pris la décision de faire dévier le projet de route Lastourville/ Mikouyi, qui devait passer par la Lopé, au profit d’un axe routier longeant la zone tampon orientale du bien. Cependant, ce projet a été suspendu pour des raisons économiques. L’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN), autorité en charge de la gestion du bien, suit de près l’éventuelle reprise des travaux et est dans l’attente de la soumission de l’Étude d’impact environnementale et sociale (EIES) du projet ;
  • Le projet de fibre optique a été mis en œuvre conformément à une EIES validée par l’ANPN. La fibre a été installée, selon le tracé, entre février et avril 2016 sous la supervision des équipes de l’ANPN ;
  • Le projet « Initiative pour le patrimoine mondial forestier d’Afrique centrale » (CAWHFI) va permettre de recruter en 2017 un assistant, basé dans le bien et chargé des aspects culturels. Une équipe ANPN/Ministère de la Culture a été formée et sera en charge de la valorisation des valeurs archéologiques du bien. CAWHFI va également permettre de développer le plan d’aménagement des ensembles historiques, de réhabiliter l’écomusée et de mener des nouvelles prospections des sites d’art rupestre ;
  • Le plan de gestion a été mis à jour et validé par le Comité consultatif de gestion locale (CCGL) ;
  • Un nouvel outil pour évaluer l’efficacité de la gestion a été établi et l’accent a été mis sur la résolution du conflit « homme-faune ». Grâce à un financement du Fonds pour le patrimoine mondial africain (FPMA), 3.5 km de clôture ont été posés pour protéger les champs agricoles de la faune, notamment des éléphants ;
  • Les activités de recherches continuent avec les partenaires tels que la Wildlife Conservation Society (WCS). L’ANPN assure la surveillance en dépit du faible effectif des gardes, néanmoins elle reconnait que la pression sur le bien est minime du fait de l’absence de route dans le bien. Grâce à un nouvel appui financier de l’Union européenne, l’ANPN va recruter 40 gardes en 2017/2018 pour renforcer sa surveillance.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2017

La décision de l’État partie de contourner le projet de route Lastourville/ Mikouyi vers le nord du bien devrait être accueillie favorablement. Il est noté que l’État partie est dans l’attente des résultats de l’EIES pour le projet de route, sans qu’il précise si celle-ci prendra en compte les ensembles historiques. Il est donc recommandé que le Comité réitère sa demande à l’État partie de s’assurer que l’EIES comprenne une Évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) conforme au Guide de l’ICOMOS pour les EIP appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial. Cette EIP doit inclure une section spécifique qui met l’accent sur l’impact potentiel du projet sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) des ensembles historiques du bien conformément à la décision 39 COM 7B.32.

S’agissant de la fibre optique, il est noté que les travaux d’installation se sont déroulés sous le contrôle de l’ANPN. Aucun impact négatif n’est mentionné dans le rapport puisque la fibre a été posée selon le tracé existant du chemin de fer.

La mission de suivi réactif de janvier 2015 avait identifié une série de mesures de conservation relatives aux sites archéologiques. Le Centre du patrimoine mondial appuie depuis 2016, à travers le projet CAWHFI, l’ANPN pour un montant de 300 000 euros pour une durée de 3 ans. Ces financements ont permis de recruter un agent en charge du patrimoine culturel. Tout au long du projet, l’appui va également permettre de développer un plan d’aménagement des ensembles historiques et de mener de nombreuses activités pour la délimitation et la valorisation des ensembles historiques (géo-référencement, poses de signalétique, etc..). Une assistance internationale du Fonds du patrimoine mondial pour la conservation a été approuvée en mai 2016 et a également permis de conduire des formations axées sur la gestion des aspects culturels du bien.

En ce qui concerne la surveillance du bien, la mission avait constaté que le manque de personnel ne permettait pas d’assurer une surveillance adéquate et de répondre à la menace du braconnage. L’information que l’ANPN va recruter 40 gardes sur la période 2017/2018 avec l’appui de l’Union européenne est donc accueilli favorablement. Cet effectif va contribuer à l’augmentation du nombre de patrouilles et au renforcement de la gestion du bien. L’adoption de l’outil de gestion IMET, par l’ANPN, (Efficacité intégrée de la gestion) devrait être saluée par le Comité puisque cette méthodologie va permettre d’évaluer l’efficacité de la gestion du bien et de répondre aux objectifs de conservation. Le plan de gestion du bien a été mis à jour et validé. Il est noté que les pressions sur le bien, comme le braconnage, restent relativement faibles et que l’ANPN met l’accent sur la résolution du conflit « homme-faune ». La pose de clôtures électriques autour des champs agricoles peut contribuer à la protection des récoltes dans l’objectif d’améliorer la vie des communautés locales. Toutefois, il est recommandé que le Comité demande l’État partie de suivre de près les impacts de ces clôtures sur la VUE du bien, afin d’assurer qu’elles ne forment pas de barrière aux mouvements de la faune et à la connectivité écologique entre le bien et les forêts alentours. Par ailleurs, l’ANPN va, grâce au financement de l’UE, renforcer l’implication du Comité consultatif de gestion locale (CCGL) dans la gestion du bien, ce qui devrait également permettre d’aborder le conflit « homme-faune ».

Il est à noter que le rapport ne contient aucune donnée sur les populations de faune et leurs tendances. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de transmettre au Centre du patrimoine mondial et à l’UICN ces informations, si elles sont disponibles, afin d’évaluer les populations fauniques et les tendances dans le bien, depuis son inscription en juillet 2007.

Décisions adoptées par le Comité en 2017
41 COM 7B.37
Ecosystème et paysage culturel relique de Lopé-Okanda (Gabon) (C/N 1147rev)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.32, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Accueille favorablement la décision de l’État partie de faire contourner le projet de route Lastourville/ Mikouyi vers le nord du bien mais demande à l’État partie, en amont de la reprise du projet, de s’assurer que l’Étude d’impact environnemental et social (EIES) comprenne une Évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) conforme au Guide de l’ICOMOS pour les EIP appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial, avec une section spécifique mettant l’accent sur l’impact potentiel du projet sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) des ensembles historiques du bien, afin de permettre un examen rigoureux des options proposées et de soumettre les résultats de cette évaluation au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  4. Prend note de l’achèvement des travaux de la fibre optique qui se sont déroulés sous la supervision de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) et conformément à l’EIES validée par l’ANPN ;
  5. Félicite l’État partie pour les progrès accomplis dans la conservation et la gestion du bien conformément aux recommandations de la mission de suivi réactif de 2015 et l’encourage à poursuivre leur mise en œuvre ;
  6. Note avec satisfaction l’appui financier de l’Union européenne à travers le projet « Initiative pour le patrimoine mondial forestier d’Afrique centrale » (CAWHFI) qui a permis de recruter un agent en charge du patrimoine culturel afin de conduire des activités de protection et de valorisation des ensembles historiques et archéologiques, et des nouveaux gardes pour renforcer la gestion du bien ;
  7. Encourage également l’État partie à soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, les plans d’aménagement des ensembles historiques lorsqu’ils seront disponibles ;
  8. Prend également note que le braconnage reste relativement faible et que l’État partie met l’accent sur la résolution du conflit « homme-faune » et demande également à l’État partie de suivre de près les impacts des clôtures électriques posés autour des champs afin d’assurer que la connectivité écologique du bien avec les forêts alentours soit maintenue ;
  9. Demande en outre à l’État partie d’actualiser les données de suivi de la faune afin d’évaluer les populations et tendances des espèces clés, et de mieux suivre et répondre aux impacts du braconnage, et de transmettre ces données dès qu’elles seront disponibles au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN ;
  10. Encourage en outre l’État partie à poursuivre ses efforts visant à assurer la conservation du bien et lui rappelle la nécessité d'informer le Centre du patrimoine mondial, en temps utile de tout projet de développement majeur qui pourrait nuire à la VUE du bien, avant que toute décision irréversible ne soit prise, conformément au paragraphe 172 des Orientations.
Projet de décision : 41 COM 7B.37

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.32, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Accueille favorablement la décision de l’État partie de faire contourner le projet de route Lastourville/ Mikouyi vers le nord du bien mais demande à l’État partie, en amont de la reprise du projet, de s’assurer que l’Étude d’impact environnemental et social (EIES) comprenne une Évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) conforme au Guide de l’ICOMOS pour les EIP appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial, avec une section spécifique mettant l’accent sur l’impact potentiel du projet sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) des ensembles historiques du bien, afin de permettre un examen rigoureux des options proposées et de soumettre les résultats de cette évaluation au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  4. Prend note de l’achèvement des travaux de la fibre optique qui se sont déroulés sous la supervision de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) et conformément à l’EIES validée par l’ANPN ;
  5. Félicite l’État partie pour les progrès accomplis dans la conservation et la gestion du bien conformément aux recommandations de la mission de suivi réactif de 2015 et l’encourage à poursuivre leur mise en œuvre ;
  6. Note avec satisfaction l’appui financier de l’Union européenne à travers le projet « Initiative pour le patrimoine mondial forestier d’Afrique centrale » (CAWHFI) qui a permis de recruter un agent en charge du patrimoine culturel afin de conduire des activités de protection et de valorisation des ensembles historiques et archéologiques, et des nouveaux gardes pour renforcer la gestion du bien ;
  7. Encourage également l’État partie à soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, les plans d’aménagement des ensembles historiques lorsqu’ils seront disponibles ;
  8. Prend également note que le braconnage reste relativement faible et que l’État partie met l’accent sur la résolution du conflit « homme-faune » et demande également à l’État partie de suivre de près les impacts des clôtures électriques posés autour des champs afin d’assurer que la connectivité écologique du bien avec les forêts alentours soit maintenue ;
  9. Demande en outre à l’État partie d’actualiser les données de suivi de la faune afin d’évaluer les populations et tendances des espèces clés, et de mieux suivre et répondre aux impacts du braconnage, et de les transmettre dès qu’elles seront disponibles au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN ;
  10. Encourage en outre l’État partie à poursuivre ses efforts visant à assurer la conservation du bien et lui rappelle la nécessité d'informer le Centre du patrimoine mondial, en temps utile de tout projet de développement majeur qui pourrait nuire à la VUE du bien, avant que toute décision irréversible ne soit prise, conformément au paragraphe 172 des Orientations.
Année du rapport : 2017
Gabon
Date d'inscription : 2007
Catégorie : Mixte
Critères : (iii)(iv)(ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2017) .pdf
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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