1.         Ecosystème et paysage culturel relique de Lopé-Okanda (Gabon) (C/N 1147rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2007

Critères  (iii)(iv)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1147/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2006)
Montant total approuvé : 38 600 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1147/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2015 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1147/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN a visité le bien du 10 au 17 janvier 2015. Puis, le 31 janvier 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation. Les deux rapports sont consultables à https://whc.unesco.org/fr/list/1147/documents.

Ces rapports fournissent les informations suivantes :

La mission a fait part des observations complémentaires suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

La décision de créer un contournement pour l’autoroute nationale 3 vers le nord du bien doit être favorablement accueillie. Cela devrait garantir la protection des vastes sites archéologiques et d’art rupestres le long du paysage culturel de la vallée de l’Ogooué. Étant donné la forte sensibilité des zones archéologiques qu’un des quatre tracés de route est susceptible de traverser, il est essentiel qu’une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) soit effectuée pour évaluer le meilleur tracé et identifier les mesures permettant d’en atténuer les impacts. Une base de données détaillée et une protection active des sites archéologiques et culturels s’avèrent également nécessaires.

Qui plus est, la mission a recommandé la réhabilitation de la route existante, comme route secondaire pour la circulation locale, afin de maintenir les liaisons de transport pour les populations locales, et la mise en place de mesures visant à limiter l’utilisation de la route qui traverse le bien par des poids lourds.

La mission a considéré que, bien que les menaces du projet de fibre optique sur des sites archéologiques non identifiés soient limitées, des mesures de surveillance pour le bien culturel devraient être prises et une haute priorité accordée à la formation du personnel. Les projets de fibre optique et de route exigeront, l’un et l’autre, une attention particulière en termes de gestion lors de leur mise en œuvre. Toutefois, il convient de noter que le nombre de collaborateurs a considérablement diminué entre 2006 et 2014. Ce manque de personnel, qui empêche déjà une surveillance adéquate pour répondre à la menace de braconnage, devrait être résolu avant le lancement de ces projets, dans la mesure où leur mise en œuvre pourrait augmenter le risque de braconnage. Il est par conséquent recommandé que le Comité du patrimoine mondial prie l’État partie de veiller à ce qu’un effectif professionnel adéquat soit en place et que le personnel existant reçoive une formation appropriée en matière de patrimoine culturel. Qui plus est, le plan de gestion pour 2013-2017 doit encore être approuvé et mis en œuvre dès que possible et ses recommandations traitées – en particulier celles afférentes à la composition des effectifs.

La situation économique dans la région qui entoure le bien, marquée par un exode rural et un manque d’emplois, aggrave encore les menaces de braconnage. Il est par conséquent recommandé que le Comité encourage l’État partie à élaborer un projet de développement économique général pour le bien et ses environs.

En ce qui concerne la survenance régulière observée de décès d’éléphants et/ou buffles à la suite de collisions avec des trains, il est recommandé que l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) soit encouragée, en collaboration avec la compagnie ferroviaire, à mettre en place de toute urgence un mécanisme de prévention de ces accidents.

Les données disponibles sur les populations et les tendances concernant la faune étant anciennes, une actualisation s’impose afin de permettre une évaluation plus précise de ces populations et tendances dans le bien, pour mieux suivre les impacts du braconnage et y répondre.

Décision adoptée: 39 COM 7B.32

Le Centre du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.59, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Se félicite de la décision de l’État partie d’envisager un contournement pour l’Autoroute Nationale 3 vers le nord du bien ; toutefois, note que les quatre tracés de route possibles risquent de passer au travers de zones archéologiques sensibles et prie instamment l’État partie d’entreprendre une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) détaillée conforme aux orientations de l’ICOMOS sur les EIP, incluant une évaluation des impacts sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, comme moyen d’étudier le tracé optimal et les possibilités d’atténuation des impacts, et de soumettre cette EIP au Centre du patrimoine mondial dès qu’elle sera disponible ;
  4. Prie aussi instamment l’État partie d’identifier les options de réhabilitation de la route existante qui traverse le bien comme route secondaire pour la circulation locale afin de maintenir des liaisons de transport adéquates pour les populations locales, d’en évaluer les impacts potentiels sur la VUE, et de mettre en place des mesures visant à limiter l’utilisation de cette route par les poids lourds ;
  5. Considère que le projet de route tout comme le projet de fibre optique augmentent le risque de braconnage, qui est la principale menace pesant sur les valeurs naturelles du bien et prie en outre instamment l’État partie de résoudre la question du manque de personnel afin de garantir une surveillance adéquate ;
  6. Note avec inquiétude que peu de progrès ont été accomplis pour augmenter l’effectif en charge du patrimoine culturel et demande à l’État partie de dispenser une formation en gestion du patrimoine culturel au personnel en place, et d’instaurer une base de données détaillée et une protection active des sites archéologiques et culturels ;
  7. Prie par ailleurs instamment l’État partie de finaliser et d’approuver le plan de gestion pour 2013-2017 et de le mettre en œuvre dès que possible, en particulier ses dispositions relatives à la composition des effectifs ;
  8. Note également avec inquiétude que la situation économique sur le bien, marquée par un exode rural et un manque d’emplois, aggrave encore les conflits entre le parc et les populations locales, et encourage l’État partie à élaborer un projet de développement économique général pour le bien et ses environs ;
  9. Demande également à l’État partie d’actualiser les données de suivi de la faune afin d’évaluer les populations et tendances des espèces clés, et de mieux suivre et répondre aux impacts du braconnage ;
  10. Encourage également l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), en collaboration avec la compagnie ferroviaire, à mettre en place de toute urgence un mécanisme pour prévenir les accidents récurrents entre trains et animaux ;
  11. Demande en outre à l’État partie de mettre en œuvre les autres recommandations de la mission de 2015, en particulier :
    1. de mettre en œuvre les recommandations pour la mise en valeur des gravures sur le site de Doda et l’écomusée et de continuer à réfléchir sur la valorisation des autres sites culturels,
    2. de réaliser une mission sur les sites possédant des gravures rupestres afin d’en examiner tout changement et leur état de préservation,
    3. de mettre en place un mécanisme pour systématiquement contrôler les mouvements de personnes et de véhicules pendant toute la durée des travaux du projet de fibre optique, et d’envisager des sessions de sensibilisation et de communication pour sensibiliser le personnel du projet à la fragilité de la zone ;
  12. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.