Faites une recherche à travers les informations du Centre du patrimoine mondial.

Parc national de Chitwan

Népal
Facteurs affectant le bien en 2014*
  • Activités illégales
  • Infrastructures de transport de surface
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Projet d'irrigation détournant les eaux de la Rapti (problème résolu) 
  • Augmentation du taux naturel de mortalité du rhinocéros  (problème résolu) 
  • Pollution de la rivière Narayani  (problème résolu) 
  • Projets de pont et de route (problème résolu) 
  • Projet de construction d’une ligne de transport de 33 kV (problème résolu) 
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2014
Demandes approuvées : 2 (de 1988-1989)
Montant total approuvé : 80 000 dollars E.U.
1989 Public awareness programmes and development of an ... (Approuvé)   50 000 dollars E.U.
1988 Consultancy services for the preparation of a plan for ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2014**
Décembre 2002: mission de suivi de l'UICN
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont reçu des informations extraites de reportages publiés dans les medias au sujet de projets de construction d’une route et d’une voie ferrée qui traverseraient le bien. Le 7 février 2014, le Centre du patrimoine mondial a envoyé un courrier à l’État partie demandant d’informations complémentaires à ce sujet :

Les reportages et les informations complémentaires reçues par l’UICN font état des faits suivants :

  • Le Ministère des finances a dévoilé des projets de construction d’une voie ferrée électrifiée est-ouest et d’une autoroute, Tarai Hulaki, qui traverseraient le bien. Les projets de tracés alternatifs empiéteraient également sur le territoire du bien. Un autre tracé alternatif qui suit l’actuelle autoroute est-ouest au nord et à l’extérieur du bien ne semble pas être envisagé bien que, selon certaines sources, il présenterait des avantages pour des populations plus nombreuses ;
  • La construction de ponts pour le projet d’autoroute a commencé dans la zone tampon du parc national. La voie ferrée n’en est, quant à elle, qu’à sa phase de conception et le Gouvernement du Népal serait en train de préparer un rapport de projet détaillé pour la partie de la voie ferrée qui traverse le bien ;
  • Selon des informations, le Gouvernement indien aurait accordé son soutien financier au projet autoroutier ;
  • L’opposition à ces projets et à ces tracés actuellement envisagés est très vive, notamment de la part d’ONG locales et internationales, de groupes communautaires, des autorités du parc national de Chitwan et du Département des parcs nationaux et de la conservation de la faune et la flore sauvages. Le Ministère de la conservation des forêts et des terres se serait également prononcé contre tout développementaux dépens de l’environnement.

Le 5 février 2014, l’UICN a été contacté par un bureau de consultants mandaté par le Gouvernement du Népal pour définir le tracé précis de la voie ferrée et entreprendre une évaluation d’impact environnemental, qui sollicitait de plus amples informations sur l’application de la note explicative de l’UICN sur les évaluations environnementales et le patrimoine mondial. Le 7 février 2014, dans sa réponse, l’UICN a affirmé sa volonté d’apporter son concours technique à l’État partie.

Le 28 avril 2014, le Centre du patrimoine mondial a reçu une réponse de l’État partie confirmant le soutien financier du Gouvernement indien à la construction de la route et du pont. L’État partie a également confirmé que la route et la voie ferrée traversaient le bien et que malgré l’interruption de la construction d’un pont dans la zone tampon à la demande du Département des parcs nationaux et de la conservation de la faune et la flore sauvages, la construction d’un autre pont plus au nord était prévue. Le Département des chemins de fer rédige actuellement un rapport de projet détaillé et une évaluation d’impact environnemental pour la partie de la voie ferrée qui traverse le bien, avec un examen de tracés alternatifs.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2014

Les projets évoqués de construction d’une voie ferrée électrifiée est-ouest et de l’autoroute Tarai Hulaki à travers le bien suscitent des inquiétudes. Ces projets, s’ils sont mis en œuvre tels qu’ils sont envisagés, c’est à dire traversant le bien, représenteraient un danger potentiel évident pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien telle que définie au paragraphe 180 des Orientations, en raison notamment, du morcellement des habitats, des perturbations de la faune et la flore sauvages surtout dans la restriction des déplacements d’où, une reproduction potentiellement diminuée, et d’un risque accru d’augmentation d’activités illégales comme le braconnage, l’exploitation forestière illégale et l’empiétement sur le territoire du bien. La situation est particulièrement préoccupante au vu de l’importance pour la planète des populations de tigres et de grands rhinocéros unicornes présentes sur le territoire du bien, des succès rencontrés en matière de conservation comme en atteste l’absence de braconnage de rhinocéros au cours des récentes années (2011 et 2013), et du soutien appuyé de la communauté à la conservation du bien comme les medias en ont récemment témoigné.

Il conviendrait également de noter que l’évaluation d’impact environnemental (EIE) de la voie ferrée est actuellement entreprise et que la demande d’informations complémentaires sur l’application de la note explicative de l’UICN sur les évaluations environnementales et le patrimoine mondial a été accueillie favorablement. Il n’est cependant pas certain qu’une EIE ait été entreprise pour le projet d’autoroute et les rapports faisant état de la construction de ponts dans la zone tampon sont particulièrement préoccupants. Il conviendrait de rappeler qu’entre 2001 et 2004, le Comité a exprimé ses inquiétudes quant à la construction du pont de Kasara sur la rivière Rapti, qui matérialise la limite nord du bien, et à l’absence d’EIE pour la réalisation de ce projet. Dans sa décision 28 COM 15B.11, le Comité a également recommandé « que le Centre du patrimoine mondial et l’UICN poursuivent leurs contacts avec tous les bailleurs de fonds concernés pour bien comprendre comment un projet d’infrastructure ayant un impact sur le patrimoine mondial a pu être financé sans EIE et comment une telle pratique peut être évitée à l’avenir au Népal et ailleurs. ». Il est en conséquence recommandé au Comité de demander à l’État partie d’achever sans délai toutes les évaluations environnementales nécessaires à ces projets, y compris une évaluation des tracés alternatifs ne traversant pas le bien, avant d’investir dans la construction d’infrastructures susceptibles de ne pas faire cas de la viabilité de tels tracés alternatifs.

Décisions adoptées par le Comité en 2014
38 COM 7B.69
Parc national de Chitwan (Népal) (N 284)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 28 COM 15B.11, adoptée à sa 28e session (Suzhou, 2004),
  3. Accueille avec satisfaction le succès dans la lutte contre le braconnage, comme en témoigne l’absence de braconnage de rhinocéros au cours des deux récentes années (2011 et 2013), ainsi que le soutien appuyé des communautés à la conservation du bien tel qu’évoqué dans les medias ;
  4. Note avec inquiétude les projets de voie ferrée électrifiée est-ouest et d’autoroute Tarai Hulaki traversant toutes deux le territoire du bien, la construction de ponts en lien avec le projet autoroutier dans la zone tampon du parc national, dont les medias se sont faits l’écho, et estime que ces projets, s’ils sont mis en œuvre tels que prévus, c’est à dire sur le territoire du bien, représenteraient un danger potentiel évident pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, notamment en raison du morcellement des habitats, des perturbations de la faune et la flore sauvages et d’un risque accru de braconnage et d’autres activités illégales ;
  5. Note avec satisfaction les conseils sollicités par les consultants de l’État partie sur l’application de la note explicative de l’UICN sur les évaluations environnementales et le patrimoine mondial ;
  6. Demande à l’État partie de garantir l’achèvement des évaluations d’impact environnemental (EIE) des deux projets en conformité avec la note explicative de l’UICN, assorties d’une évaluation des impacts cumulatifs et des tracés alternatifs ne traversant pas le territoire du bien, et demande également à l’État partie de soumettre ces EIE et tous les détails complémentaires sur les projets au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  7. Demande en outre à l’État partie de suspendre toute construction d’infrastructures qui pourrait nuire à la viabilité des tracés alternatifs évitant la traversée du territoire du bien jusqu’à l’achèvement des EIE des deux projets ;
  8. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport, incluant un résumé d’une page, sur l’état de conservation du bien, sur l’état d’avancement des projets d’infrastructures ci-dessus présentés et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.
Projet de décision :    38 COM 7B.69

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 28 COM 15B.11, adoptée à sa 28e session (Suzhou, 2004),
  3. Accueille avec satisfaction le succès dans la lutte contre le braconnage, comme en témoigne l’absence de braconnage de rhinocéros au cours des deux récentes années (2011 et 2013), ainsi que le soutien appuyé des communautés à la conservation du bien tel qu’évoqué dans les medias ;
  4. Note avec inquiétude les projets de voie ferrée électrifiée est-ouest et d’autoroute Tarai Hulaki traversant toutes deux le territoire du bien, la construction de ponts en lien avec le projet autoroutier dans la zone tampon du parc national, dont les medias se sont faits l’écho, et estime que ces projets, s’ils sont mis en œuvre tels que prévus, c’est à dire sur le territoire du bien, représenteraient un danger potentiel évident pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, notamment en raison du morcellement des habitats, des perturbations de la faune et la flore sauvages et d’un risque accru de braconnage et d’autres activités illégales ;
  5. Note avec satisfaction les conseils sollicités par les consultants de l’État partie sur l’application de la note explicative de l’UICN sur les évaluations environnementales et le patrimoine mondial ;
  6. Demande à l’État partie de garantir l’achèvement des évaluations d’impact environnemental (EIE) des deux projets en conformité avec la note explicative de l’UICN, assorties d’une évaluation des impacts cumulatifs et des tracés alternatifs ne traversant pas le territoire du bien, et demande également à l’État partie de soumettre ces EIE et tous les détails complémentaires sur les projets au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  7. Demande en outre à l’État partie de suspendre toute construction d’infrastructures qui pourrait nuire à la viabilité des tracés alternatifs évitant la traversée du territoire du bien jusqu’à l’achèvement des EIE des deux projets ;
  8. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport, incluant un résumé d’une page, sur l’état de conservation du bien, sur l’état d’avancement des projets d’infrastructures ci-dessus présentés et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.
Année du rapport : 2014
Népal
Date d'inscription : 1984
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(ix)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2014) .pdf
arrow_circle_right 38COM (2014)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


top