Le 16 janvier 2008, l'Etat partie a remis un rapport détaillé, faisant état de l'avancement constaté dans la mise en œuvre des mesures correctives et des autres recommandations de la mission de 2006.
Le 12 mai 2008, le Centre du patrimoine mondial a reçu un courrier de l'Etat partie réclamant le report de la mission de suivi demandée par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch, 2007). Le courrier reçu signale que, bien que des progrès aient été accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives, il reste encore beaucoup à faire, l'Etat partie considère donc que la visite du bien par une mission de suivi est prématurée.
Le rapport et le courrier du 12 mai font état des informations suivantes en ce qui concerne la mise en œuvre des mesures correctives:
a) Finaliser l’extension du SMNP avec des couloirs reliant les zones
Le rapport signale que l'extension du parc visant à inclure les monts Silki Yared et Kiddis Yared et le mont Ras Dejen est désormais bornée sur le terrain au moyen de 300 balises installées. Les communautés et les autorités locales ainsi que les anciens des villages ont été directement impliqués dans ce processus. La relocalisation du village de Arquazye, situé dans le couloir reliant le bien à sa zone d'extension, n'a cependant pas encore commencé. La mission de 2006 a fait remarquer l'importance de ce couloir pour l'intégrité du parc national suite à son extension. A ce jour, un comité directeur, composé de toutes les parties en présence et d'un groupe de travail représentant les autorités locales impliquées, a été mis en place, une base de données sur les 130 personnes vivant dans le village a été créée et un lieu de relocalisation à 5 kilomètres du village actuel a été identifié. L'Etat partie a fait une demande d'assistance internationale afin qu'une aide soit accordée à ce processus en cours. L'achèvement de la relocalisation est prévu avant la tenue de la 33e session du Comité du patrimoine mondial en 2009, sous réserve que le financement soit accordé en temps et en heure.
b) Publier officiellement les nouvelles limites du parc
Le projet de nouvelles limites du Parc national, y compris le réalignement et les deux extensions, a été décrit de façon détaillée au moyen des coordonnées GPS et des cartes ont été établies. Un projet de déclaration officielle a été préparé mais doit encore être soumis à l'approbation du gouvernement régional avant de l'être ensuite auprès du gouvernement national.
c) Elaborer une stratégie et un plan d’action afin de réduire de façon significative l’impact du pacage du bétail sur la conservation du bien et trouver des fonds pour leur mise en œuvre
Un projet de stratégie visant à réduire l'impact du pacage du bétail dans le parc a été soumis au Centre du patrimoine mondial en septembre 2008. Ce document comprend une analyse détaillée des pratiques d'élevage du bétail dans le périmètre et autour du bien, de la disponibilité de la nourriture et de la charge moyenne. La stratégie est composée des cinq éléments suivants:
i) Mise en place d'un système de zonage au sein duquel le pacage ne sera plus toléré dans les parties les plus écologiquement sensibles du parc, et sera contrôlé ou limité dans des zones de pacage spécifiques;
ii) mise en place d'une charge moyenne optimale dans les zones de pacage contrôlées et restriction de l'accès à ces zones aux membres des communautés locales pouvant en bénéficier;
iii) réduction de la population de bétail au moyen d'une gestion plus intensive du bétail avec production de fourrage;
iv) amélioration des soins apportés aux animaux et des prestations vétérinaires;
v) amélioration de la coopération entre le parc et les communautés afin de traiter les conflits.
Cette stratégie comprend un plan d'action triennal de mise en œuvre. Le coût global de cette stratégie est estimé à plus de 11 millions de dollars EU. Le défi consiste désormais à en trouver le financement. Cette stratégie fera partie du plan de gestion actuellement en cours d'élaboration (voir ci-dessous).
d) Elaborer une stratégie et un plan d’action pour soutenir la création de sources de revenus alternatifs pour la population vivant à l’intérieur et aux abords immédiats du parc et trouver des financements durables pour leur mise en œuvre
Comme mentionné dans le rapport de l'an passé, un projet détaillé et global de plan d'action pour la création de sources de revenus alternatifs a été élaboré avec l'aide du Fonds du patrimoine mondial. Le coût de la mise en œuvre de ce projet est estimé à 8,7 millions de dollars EU. Par manque de financement, la mise en œuvre de ce projet n'a pu commencer.
L'Etat partie fait également état de progrès accomplis dans la mise en œuvre de quelques unes des recommandations de la mission de 2006.
En ce qui concerne la route Bwahit-Dilyibza, le rapport confirme que suite à l'étude technique et à l'Evaluation d'impact environnemental (EIE), le tracé alternatif de la route traversant les vallées à l'extérieur des extensions prévues a été accepté. Le rapport fait aussi état des efforts entrepris afin d'atténuer l'impact de la route Debark-Mekane Birhan qui traverse le parc, en particulier afin de contrôler l'érosion du sol et de fermer la route à la circulation la nuit. En outre, le gouvernement régional a donné son accord à la construction d'une nouvelle route reliant Debark à Mekane Birhan, qui constituerait une alternative plus courte pour une bonne partie des usagers actuels de la route et pourrait ainsi réduire considérablement son impact sur le bien. Le financement de ce projet doit cependant encore être trouvé.
Le 4 mai 2008, un nouveau projet de plan de gestion a été soumis au Centre du patrimoine mondial. Ce nouveau projet a été élaboré avec l'aide financière du Fonds du patrimoine mondial et l'assistance technique de la Société zoologique de Francfort. Le plan de gestion présente une vision sur les dix ans à venir pour le parc et un plan d'action triennal détaillé pour sa mise en œuvre. Au moment de la préparation du présent rapport, le Centre du patrimoine mondial et l'lUICN n'avaient pas pu examiner le nouveau projet mais des commentaires suite à son examen seront remis à l'Etat partie dès que possible. Il est prévu que le plan de gestion soit finalisé au cours des prochains mois.
Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN ont reçu des informations faisant état du contrôle direct du bien désormais exercé par le gouvernement central. Le rapport de l'Etat partie n'en fait pas mention et l'impact de cette mesure sur la gestion du bien n'est pas clairement établi.
Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment que l'Etat partie a accompli des progrès dans la mise en œuvre des mesures correctives et des autres recommandations de la mission de suivi de 2006. D'importantes stratégies et des documents de planification sont en cours de finalisation et le principal défi à relever concerne leurs mises en œuvre dès que possible afin d'apporter des réponses aux principales menaces, à savoir, la pression liée au pacage et les impacts liés à la présence de communautés encore sur le territoire du bien. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN apportent leur soutien à la position exprimée par l'Etat partie dans son courrier du 12 mai 2008, estimant qu'il est difficile de résoudre ces problèmes de longue date dans le cadre d'un calendrier à courte échéance et que la mission de suivi devrait être reportée d'un an. Le financement défaillant étant actuellement une source de retard pour la mise en œuvre des mesures, l'Etat partie est invité à organiser une conférence de donateurs pour lever des fonds. Il a été signalé que la Coopération autrichienne au développement, qui a accordé une aide substantielle à la gestion du bien par le passé, va aider un nouveau "programme destiné au bétail" dans la zone du nord Gonder dont le bien fait partie, mais la portée de ce projet dans la réduction de la pression exercée par le pacage sur le bien n'est pas précisée. Dans le cadre de son rapport, l'Etat partie a également soumis des projets de révision de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN proposent que ces projets soient examinés avant la visite de la mission de suivi et soient discutés au cours de cette visite. L'établissement d'un Etat de conservation souhaité est demandé afin de constituer une base de travail pour décider du retrait potentiel du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.