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Meidan Emam, Ispahan

Brève description

Construit par le shah Abbas Ier le Grand au début du XVIIe siècle, et entièrement entouré de constructions monumentales reliées par une série d'arcades à deux étages, ce site est célèbre pour sa mosquée Royale, la mosquée du cheikh Lotfollah, le magnifique portique de Qeysariyeh et le palais timouride qui date du XVe siècle. C'est un témoignage de la vie sociale et culturelle en Perse durant l'ère des Séfévides.

© UNESCO

Description longue

Le chah de la dynastie des Séfévides, Abbas, qui régna de 1587 à 1629, choisit pour capitale Ispahan, qu'il embellit et remodela de manière exceptionnelle. Le centre de la ville est occupé par la vaste place royale (Meidan-e Chah), qui est si belle et si grande qu'on l'appelait « l'image du monde ». Cette place est un monument de la vie socio-culturelle d'Ispahan au cours de la période séfévide (jusqu'à 1722). Il s'agit là d'un phénomène urbain unique en Iran où les villes présentent généralement un parcellaire serré, sans dégagements spatiaux, à l'exception des cours de caravansérail. C'est un exemple d'architecture urbaine naturellement vulnérable.

La place royale est longée sur chacun de ses côtés par quatre édifices monumentaux reliés entre eux par une série d'arcades sur deux niveaux : au nord, le portique de Qeysariyeh (1602-1619), au sud, la mosquée Royale (1612-1630), à l'est, la mosquée du cheikh Lotfollah (1602-1618), à l'ouest, le pavillon d'Ali Qapu, un petit palais timouride (XVe siècle), agrandi et décoré par le chah et par ses successeurs.

La mosquée Royale, qui ouvre sur le côté sud de la place par un porche immense et profond, à pans coupés, présente un intérêt particulier. Elle est surmontée par une demi-coupole dont l'intérieur est revêtu de mosaïques de faïence émaillée, encadrée par deux minarets, et prolongée vers le sud par un iwan menant à la cour intérieure qui décrit avec lui un angle droit. Grâce à cette disposition, bien que la mosquée soit construite en partie sur un axe nord/sud, elle demeure orientée, conformément à la tradition, en direction nord-est/sud-est.

Le pavillon d'Ali Qapu forme l'entrée monumentale de la zone du palais et des jardins royaux qui s'étendent derrière lui. Ses appartements, entièrement décorés de peintures et largement ouverts sur l'extérieur, sont justement renommés. Sur la place se trouve un portail de 48 m de hauteur flanqué par deux séries de salles et surmonté par une terrasse couverte (talar) dont la couverture raffinée repose sur de fines colonnes de bois.

Tous les éléments architecturaux du Meidan-e Chah, y compris ses arcades, sont décorés d'une profusion de carreaux de céramique émaillée et de peintures qui figurent pour l'essentiel des motifs floraux, des arbres en fleurs, des vases, des bouquets, ainsi que des compositions figurées dans le style de Riza-i Abbasi, qui fut à la tête de l'école de peinture d'Ispahan au cours du règne du chah Abbas, et dont l'œuvre est célèbre à l'intérieur comme à l'extérieur de la Perse. La mosquée royale demeure l'exemple le plus célèbre de l'architecture colorée qui atteint son apogée en Iran sous la dynastie séfévide.

Le Meidan-e Chah était le cœur de la capitale séfévide. Ses vastes esplanades de sable étaient utilisées comme promenades, lieu de rassemblement des troupes, du jeu de polo, de cérémonies et d'exécutions publiques. Tout autour, les arcades abritent des boutiques. Une tribune destinée aux musiciens donnant des concerts publics se trouve au-dessus du portail du grand bazar de Qeysariyeh. Le talar d'Ali Qapu communique, par-derrière, avec la salle du trône où le roi recevait les ambassadeurs.

Source : UNESCO/CLT/WHC