Le 1er février 2012, l'État partie a remis un rapport présentant les progrès accomplis dans la démolition progressive des 11e et 12e étages du bâtiment Jahan-Nama ainsi que le "Rapport sur le suivi des effets de la construction du métro d'Ispahan le long de Chahar-Bagh". Le rapport de l'État partie n'évoquait cependant ni les plans révisés de construction de la ligne de métro, ni les évaluations d'impact environnemental ou patrimonial demandés, et pas non plus référence à un plan de gestion et de conservation urbaine intégré.
a) Construction des lignes de métro
Ligne N°1 du métro
L'État partie signale qu'à la demande de l'Organisation iranienne du patrimoine culturel, de l'artisanat et de tourisme, une enquête sur les dommages potentiels que la construction et l'exploitation du métro pourraient provoquer a été menée par l'École d'ingénieurs de l'Université des sciences et de technologie. Selon cette étude, aucun dommage, à court ou long terme, sur les bâtiments ne résultera du métro d'Ispahan. Dans le cadre de l'étude, il a été proposé de mettre en place un système permanent et continu de suivi des vibrations sur les bâtiments et monuments du secteur et de réduire les vibrations provoquées par le trafic en surface grâce à:
i) Une réparation de l'asphalte aux alentours des structures monumentales;
ii) Un relocalisation des gares d'autobus et de taxis à au moins 100 mètres des structures monumentales situées sur le Boulevard Chahar-Bagh;
iii) Une réduction de la densité du trafic sur le Boulevard Chahar-Bagh, sur le pont Si-o-se Pol et autour de la médersa Chahar Bagh, et
iv) Une interdiction de circulation pour les véhicules lourds (camions et remorques) sur l'Avenue ou aux alentours du pont Si-o-se Pol et de la médersa Chahar Bagh.
Ligne N°2 du métro
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives font remarquer qu'en 2010 l'État partie leur avait assuré que le trajet de la ligne de métro N°2, initialement prévu sous Meidan Emam, serait modifié.
Ils signalent que des informations publiées dans les médias prétendent qu'en dépit des demandes exprimées par l'UNESCO et par l'Organisation iranienne du patrimoine culturel, de l'artisanat et du tourisme, le percement de tunnels pour la ligne N°2 du métro a commencé selon son trajet prévu à l'origine.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives estiment que des informations sur l'envergure et l'état d'avancement du projet doivent être remises de toute urgence par l'État partie afin de permettre un examen de ses impacts potentiels sur le bien.
b) Plan de gestion et de conservation urbaine intégrées
Le rapport remis par l'État partie ne fait pas état d'efforts entrepris ou de progrès accomplis dans le développement d'une stratégie de prise de décisions ou d'accord d'autorisations à de nouvelles constructions sur l'axe historique d'Ispahan. Cependant, le dossier d'inscription et le plan de gestion associé de l'axe historique d'Ispahan sont en cours de préparation et seront soumis au Centre du patrimoine mondial fin 2012
c) Bâtiment Jahan-Nama
Suite à l'engagement pris en 2006, la démolition des 11e et 12e étages du bâtiment Jahan-Nama s'est poursuivie. Le 12e étage a été complètement éradiqué, alors qu'au 11e étage les murs ont été démolis mais les travaux se poursuivent en raison de difficultés techniques à retirer les structures internes. Bien que le calendrier prévisionnel ait été considérablement dépassé, on peut raisonnablement penser que la démolition sera achevée pour la fin 2012.
d) Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle et limites du bien
En raison de l'ancienneté de son inscription, en 1979, les limites précises du bien de Meidan Emam n'ont pas été définies, la déclaration de valeur universelle exceptionnelle non plus. L'État partie a soumis à l'examen du Centre du patrimoine mondial une Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle. En tant que base sur laquelle reposent les plans de gestion et de conservation urbaine demandés, la Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle devra être adoptée et les limites précises du bien et de sa zone tampon fournies.