Une mission de l’UNESCO entreprise en janvier 2002 a découvert qu’un complexe commercial avait été construit au sein de la zone tampon du bien. La construction n’était pas autorisée par le gouvernement central, dépassait la hauteur limite de construction et avait un impact négatif sur l’intégrité visuelle du bien. Le Comité du patrimoine mondial a demandé la modification du complexe pour s’assurer qu’il respecte les restrictions et les réglementations sur la hauteur établies par l’Organisation du patrimoine culturel iranien (décision 26 COM 21B.53). Le Comité du patrimoine mondial a par la suite encouragé l’État partie à réduire la hauteur de la tour du complexe Jahan-Nama (décisions 29 COM 7B.54 et 30 COM 7B.57).
Le Comité du patrimoine mondial a également demandé à l’État partie de mettre au point des mécanismes d'évaluation systématique des impacts culturels, sociaux et environnementaux avant tout projet d'aménagement de grande envergure et de promouvoir une proposition d’extension du bien pour inclure l’axe historique de la mosquée du Vendredi, les bazars, les vieux ponts, la rivière Zayandeh Rud, et le sud de l’avenue Chahar Bagh.
L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation au Centre du patrimoine mondial le 4 février 2009, qui fait part des informations suivantes :
a) Aménagement urbain non coordonné - construction d’un large complexe commercial
La démolition des deux étages supérieurs (niveaux 13 et 14) du complexe Jahan-Nama a commencé en octobre 2005 et a été déclarée achevée fin 2006. L’État partie signale que la démolition des deux niveaux suivants (niveaux 11 et 12) a commencé, à la suite d’un accord avec le gouvernorat de la province d’Ispahan acceptant d’allouer les fonds nécessaires à la démolition. De plus, la municipalité d’Ispahan s’est engagée à mettre en place un comité d’experts qui mettra en œuvre, coordonnera et supervisera la création d’espaces verts entre les constructions et les places voisines, ainsi qu’un jardin suspendu sur le toit du complexe Jahan-Nama dans un effort d’harmonisation du paysage urbain.
Par la décision prise par le Conseil des ministres (2004), les administrations gouvernementales iraniennes sont tenues d’évaluer les impacts de leurs projets de grande envergure sur les éléments culturels et de se conformer aux conclusions des évaluations. En vertu des dispositions de cette loi, l’Organisation iranienne pour le tourisme, l’artisanat et le patrimoine (ICHHTO) contrôle le projet du métro. Toutefois, bon nombre des projets de grande envergure sont antérieurs à la loi de 2004.
b) Trajet du métro traversant l’axe historique d’Ispahan
La question du projet de ligne de métro passant sous l’avenue Chahar Bagh est récemment réapparue et le rapport indique que :
1. Les impacts physiques de la ligne de métro ainsi que les impacts des stations de métro sur le cadre culturel et environnemental sont examinés ;
2. La Régie a poursuivi ses travaux après l’interprétation technique de la décision du Conseil supérieur de la Circulation. Il a été considéré que les trains n’avaient aucun impact négatif sur les monuments historiques et l’environnement si des précautions appropriées étaient prises. Cela inclut une légère modification du trajet de 20 m de la madrasa Chahar-Bagh (école) et de faire circuler les trains sur des coussins anti-vibrations, 5 mètres plus bas que précédemment planifié ;
3. Le gouvernorat d’Ispahan et la Régie ont récemment accepté qu’il soit demandé à des ingénieurs d’étudier les points susmentionnés et de trouver des solutions conformes aux principes du patrimoine mondial. Si l’utilisation de ces techniques et matériels n’est pas appropriée, un nouveau trajet pour la circulation des trains devra être recherché. Aucune décision ne peut être prise sans l’approbation préalable de l’ICHHTO.
Dans un courrier daté du 28 janvier 2009, l’ICHHTO a demandé au Centre du patrimoine mondial d’entreprendre une mission consultative à Ispahan en vue d’assister les autorités dans l’identification de la solution la plus appropriée pour le projet de nouvelle ligne de métro.
c) Possible extension du bien
L’extension de Meidan Emam en vue d’inclure l’axe historico-culturel ou le paysage culturel est en cours. L’identification, la documentation et l’inscription sur la liste des Monuments nationaux des édifices, monuments, lieux de culte, rues et places du secteur susceptibles d’être envisagés pour l’extension ont été réalisées. Néanmoins, la définition des zones proposées pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial constitue un défi, étant donné, d’une part, la superficie de la zone, et d’autre part, les besoins sociaux, économiques et urbains. L’État partie espère que le Centre du patrimoine mondial pourra aider les autorités vis-à-vis de ces questions afin que le dossier de proposition d’inscription soit soumis en 2010.
Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent la lente progression dans la réduction de la hauteur du complexe Jahan-Nama demandée par le Comité depuis 2003. Ils pensent qu’une mission sur le bien afin de conseiller les autorités sur la question de la ligne de métro serait utile, lorsque toutes les études en cours, dont une Évaluation d’impact environnemental, auront été effectuées. Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives prêteront également assistance à l’État partie dans la préparation d’une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle pour le bien, dans le cadre du prochain exercice de soumission de rapports périodiques pour la région Asie-Pacifique.