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Ancienne ville d'Alep

République arabe syrienne
Facteurs affectant le bien en 2019*
  • Activités de gestion
  • Guerre
  • Modification du régime des sols
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Avant le conflit :

  • Absence de définition des limites du bien et de sa zone tampon
  • Absence de conservation et/ou de plans de gestion
  • Travaux de restauration inadéquats
  • Empiétement urbain

Depuis 2013 :

  • Destruction et dommages dus au conflit armé
Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Destruction et menaces avérées et potentielles à la suite du conflit armé en Syrie qui a démarré en mars 2011

Mesures correctives pour le bien

Pas encore identifiées

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives
Pas encore identifié
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2019
Montant total accordé : 95 255 dollars EU par le Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine
Montant total accordé aux six biens syriens du patrimoine mondial : 200 000 euros du Gouvernement italien ; pour le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel: 2,46 millions d’euros de l’Union européenne, 170 000 dollars EU du Gouvernement flamand, 63 000 euros du Gouvernement autrichien, 200 000 dollars EU du Gouvernement allemand ; pour le patrimoine en conflit : 200 000 dollars EU du Centre régional arabe pour le patrimoine mondial à Bahreïn
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2019
Demandes approuvées : 2 (de 1986-2001)
Montant total approuvé : 5 250 dollars E.U.
2001 Photo exhibition on Syrian cultural heritage (Approuvé)   1 250 dollars E.U.
1986 ICOMOS' assistance to the authorities for preparing the ... (Approuvé)   4 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2019**

Janvier 2017 : mission d’évaluation rapide de l’UNESCO

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 8 janvier 2019, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation des six biens syriens du patrimoine mondial, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/21/documents/, et qui comprend les informations détaillées suivantes sur les avancées et les difficultés s’agissant de plusieurs problèmes de conservation signalés par le Comité :

  • Le processus de relèvement a démarré lentement, principalement en raison du niveau élevé de destruction, de la grande quantité de débris et du coût élevé des travaux de réhabilitation, nécessitant des matériaux traditionnels qui sont rares sur le marché. L’absence d’un plan de gestion intégrée complet a donné lieu à des priorités contradictoires entre les parties prenantes, malgré des réunions de coordination et une communication régulières. Le manque de sensibilisation des communautés locales et l’inadéquation des lois et des procédures constituent des difficultés supplémentaires ;
  • Plusieurs édifices se sont effondrés au cours de l’hiver en raison des conditions climatiques difficiles et du manque de fonds pour les travaux d’urgence ;
  • Malgré une situation extrêmement difficile, la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) met activement en œuvre un plan d’urgence sur la base des recommandations de la mission d’évaluation rapide de l’UNESCO (janvier 2017) et de la réunion de coordination technique (mars 2017). Des comités et des équipes ont été créés et se réunissent chaque semaine pour déterminer les risques, documenter les édifices, sensibiliser les communautés locales et assurer le suivi de la mise en œuvre des activités de relèvement, notamment :
    • La gestion des débris, qui est effectuée afin d’ouvrir des routes et de sauver les vestiges historiques. 70 % des rues principales de la vieille ville ont rouvert,
    • La préparation d’études de réhabilitation, y compris pour le musée national,
    • Les travaux de réhabilitation de la Grande Mosquée des Omeyyades, financés par la République de Tchétchénie (1,4 million de dollars EU), en collaboration avec l’université d’Alep : Les travaux du souk al-Saqatiyya sont menés en collaboration avec le gouvernorat d’Alep, le Service culturel Aga Khan en Syrie et le Syrian Trust for Development. Des travaux de réhabilitation de plusieurs édifices religieux et de la citadelle ont également été réalisés,
    • 335 permis ont été délivrés pour des travaux simples de réhabilitation de bâtiments résidentiels et commerciaux ;
  • Lors d’une réunion internationale à Alep (janvier 2019), le « Cadre de vision et de planification » pour la reconstruction et le relèvement du bien a été présenté ;
  • En août 2018, la DGAM a soumis une demande de fonds au Bureau de l’UNESCO à Beyrouth pour appuyer la mise en œuvre du plan de relance 2018-2020 (385 620 dollars EU) ;
  • Une proposition de modification mineure des limites est en préparation.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2019

Voir la décision générale 43 COM 37 de ce document sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne.

La publication conjointe UNESCO-UNITAR « Cinq ans de conflit : l’état du patrimoine culturel dans l’ancienne ville d’Alep » a été rendue publique en novembre 2018 et est disponible à https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000265826?locale=fr. Elle est en cours de traduction en arabe et en français.

Le document stratégique intitulé « Vision et cadre de planification » transmis à l’UNESCO à la suite de la réunion internationale de janvier 2019 est un document complet qui éclaire la voie à suivre pour le bien tout en offrant une bonne compréhension de la situation concernant les interventions de réhabilitation menées entre 1990 et 2018. Il fixe des objectifs clés pour plusieurs domaines d’action, notamment l’élaboration d’un plan de reconstruction et de relèvement, la mise en place d’un nouveau cadre de gouvernance et de planification avec des plans de zones spéciales, la création d’outils opérationnels et financiers pour la reconstruction et le relèvement, et le financement de la reconstruction dans un délai déterminé. Les possibilités offertes par la phase de reconstruction et de relèvement sont mises en évidence, ainsi que la nécessité de réévaluer l’intégrité et l’authenticité de l’ensemble du bien à la lumière des dommages qu’il a subis.

L’élaboration d’un plan directeur de reconstruction et de relèvement de la ville et d’un plan de gestion actualisé pour le bien est considérée comme une priorité dans le document. Ces deux plans faciliteraient la collaboration continue au sein du site, rendue difficile étant donné le nombre d’activités à entreprendre. Il est recommandé que ces plans soient élaborés conformément à la Recommandation sur le paysage urbain historique (UNESCO, 2011) et en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives.

La DGAM, ses partenaires et la communauté locale doivent être félicités pour les travaux réalisés au sein du bien malgré les conditions extrêmement difficiles et encouragés à poursuivre les activités décrites dans le plan d’urgence 2018-2020 et dans le document stratégique « Vision et cadre de planification ». Il convient de souligner que les femmes et les jeunes participent activement, sur une base volontaire, au déblaiement des gravats et à d’autres tâches de réhabilitation des principaux monuments historiques. Cela transmet un message fort sur l’importance du patrimoine culturel pour les habitants d’Alep et leur engagement pour sa préservation. Toutefois, l’un des principaux défis est le manque de fonds disponibles. Cela peut déjà avoir eu un impact sur l’authenticité du tissu historique puisque des matériaux aisément disponibles sur le marché sont utilisés. De plus, le manque de ressources techniques et financières a également entraîné un nouvel effondrement de certaines structures historiques pour lesquelles il n’a pas été possible de réaliser des travaux de consolidation.

Étant donné les immenses défis de la reconstruction et du relèvement d’Alep, et considérant qu’il est essentiel d’intervenir rapidement dès les premiers stades pour éviter de nouvelles pertes irréversibles, il est recommandé d’encourager la communauté internationale à soutenir la mise en œuvre des activités décrites dans le document « Vision et cadre de planification » dans le cadre du plan d’urgence et du plan de relèvement de la DGAM 2018-2020 pour ce bien.

Étant donné l’instabilité des édifices au sein du bien, il est recommandé que l’État partie entreprenne une évaluation détaillée des risques pour ceux qui sont les plus concernés et élabore des mesures d’urgence pour améliorer la sécurité des habitants.

Il est également recommandé que le Comité encourage l’État partie à finaliser et à soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, la modification mineure des limites proposée de préparation afin de renforcer la protection du bien et de le protéger de grands aménagements en son sein.


37.     Décision générale sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne
Problèmes de conservation actuels

Le conflit armé en Syrie a commencé en mars 2011 et s’est continuellement intensifié, conduisant à de graves actes de violence et à une dégradation des conditions humanitaires. Il a infligé des dommages aux biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial et à 12 sites figurant sur la Liste indicative. Des sites ont été endommagés par des pilonnages, des incendies, d’importantes excavations illicites, une utilisation à des fins militaires, des violations concernant les constructions, venant s’ajouter à des destructions intentionnelles et à l’utilisation inappropriée de sites archéologiques par des populations déplacées à l’intérieur du territoire. Certains sites sont encore exposés à des risques, en raison du conflit.

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 8 janvier 2019, disponible à http://whc.unesco.org/fr/sessions/43COM/documents/#state_of_conservation_reports. Ce rapport représente une déclaration officielle des autorités syriennes et rassemble des informations disponibles auprès des Services de la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM), allant jusqu’au 31décembre 2018. Dans certaines zones, l’accès aux sites patrimoniaux est extrêmement limité. En particulier, le site des Villages antiques du Nord de la Syrie demeure inaccessible, ce qui ne permet pas une pleine compréhension de l’étendue des dommages dans ce bien.

L’État partie a rendu compte d’actions menées par la DGAM, malgré les conditions de travail difficiles. Il s’agit notamment du suivi de biens du patrimoine mondial et du patrimoine culturel en général, de l’évaluation de dommages, de la réalisation d’actions de conservation d’urgence et d’atténuation des risques dans la mesure du possible, et de la préparation d’inventaires du patrimoine bâti et mobilier. Le rapport a également souligné les difficultés financières extrêmes auxquelles la DGAM est confrontée dans ses efforts concernant la préservation du patrimoine culturel et le financement international restreint pour soutenir ces efforts.

Des informations actualisées sur des sites inscrits sur la Liste indicative ont également été fournies dans le rapport, précisant ce qui suit :

  • Le site de l’« Île d’Arwad » fait l’objet de pressions dues au tourisme, avec un vaste projet prévu sur une zone de 7 acres appartenant au ministère du Tourisme ;
  • Sur le site des « Noréas de Hama », la Direction des Roues et la DGAM ont effectué des travaux d’entretien sur les roues en bois et des travaux de consolidation sur les structures en pierre, malgré le manque de matériaux adéquats et de main d’œuvre qualifiée étant donné que d’énormes leviers sont nécessaires pour ces travaux ;
  • À « Maaloula », suite aux travaux de restauration réalisés par la municipalité et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) concernant des infrastructures, des maisons à usage résidentiel et le monastère de Mar Takla, 35% des habitants sont revenus sur le site ;
  • À « Ugrarit (Tell Shamra) », la mission d’archéologie nationale a éliminé la végétation ayant poussé sur le site et effectué des travaux d’entretien sur l’infrastructure de ce site ;
  • À « Tartus : la cité-citadelle des Croisés », la DGAM a réalisé des travaux d’entretien ;
  • L’accès à « Apamea (Afamia) » est encore limité, toutefois la DGAM a documenté des dommages sur le site, dont des milliers de trous d’excavation illégale, en employant la technologie des drones ;
  • Le site d’« Ebla » n’est toujours pas accessible. Des communautés locales ont la DGAM que le musée d’Idlib, qui abritait les « archives d’Ebla », a été en grande partie pillé ;
  • Les sites de « Mari (Tell Hariri) et Dura Europos » sont encore inaccessibles, et aucune information nouvelle n’a été rapportée ;
  • Aucun autre dommage n’a été signalé sur les sites « un Château du désert : Qasr al-Hayr ach-Charqi » et « Raqqa-Rafiqa : la cité abbasside City ».

Activités entreprises par l’UNESCO

  • Depuis la 42e session du Comité (Manama, 2018), l’UNESCO a poursuivi ses actions visant à assister l’État partie dans ses efforts continus et soutenus pour la sauvegarde du patrimoine culturel ;
  • Au niveau international, l’UNESCO continue de sensibiliser la communauté internationale à l’égard de la destruction du patrimoine culturel de la Syrie, dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 2199 (février 2015) et de la résolution 2347 (mars 2017) du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU), reconnaissant pour la première fois l’importance de la protection du patrimoine pour la paix et la sécurité ;
  • Au niveau national, l’UNESCO a poursuivi ses activités pour surveiller la situation du patrimoine culturel syrien, sensibiliser sur sa protection, entreprendre des actions pour sauvegarder ce patrimoine et coordonner les travaux des entités nationales et internationales œuvrant à sa sauvegarde ;
  • Dans le cadre du projet « Sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel syrien » (2,46 millions d’euros), financé par l’Union européenne et co‑financé par l’Autriche et la Flandre, et mis en œuvre en partenariat avec l’ICOMOS et l’ICCROM (mars 2014 – décembre 2018), les activités suivantes ont été entreprises :
  • Un documentaire de 52 minutes intitulé « Gardiens des pierres », en arabe, anglais et français, a été produit et sera distribué prochainement,
  • En juillet 2018, un évènement de sensibilisation de l’opinion a été organisé à Bruxelles pour lancer une publication sur la musique traditionnelle syrienne,
  • Du 22 au 27 juin 2018, une formation sur la conservation et la restauration de manuscrits et documents d’archives syriens a été organisée au Matenadaran d’Erevan (Arménie) ;
  • La publication conjointe UNESCO-UNITAR « Cinq années de conflit : état du patrimoine culturel dans l'ancienne ville d'Alep » a été lancé en novembre 2018 et est disponible à https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000265826?locale=fr. Elle est en cours de traduction en arabe et en français. Une autre publication sur l’état des biens du patrimoine mondial en Syrie et sur des sites inscrits sur la Liste indicative syrienne est en cours de préparations ;
  • Deux demandes d’assistance internationale ont été approuvées, l’une pour l’Ancienne ville de Bosra (21 décembre 2018 au titre du Fonds d’urgence du patrimoine mondial) et l’autre pour le Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (6 février 2019) ;
  • Un projet de Fonds en dépôts italien intitulé « Renforcer la protection du patrimoine mondial en Syrie, et dans l’Ancienne ville de Bosra en particulier, suite aux décisions du Comité du patrimoine mondial » (200 000 euros) a été approuvé par les autorités syriennes. Le projet permettra de continuer à fournir un soutien technique aux biens du patrimoine mondial.

Activités entreprises par les Organisations consultatives

Des membres du groupe de travail de l’ICOMOS sur la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie et de l’Iraq ont participé à un colloque sur destruction du patrimoine archéologique syrien organisé à Paris et été invités par la Direction générale des Antiquités et des Musées de la Syrie à prendre part à un atelier intitulé « Développer la stratégie nationale pour la restauration de l’Ancienne ville d’Alep ». Au travers au projet Anqa, qui a été géré en coopération avec Cyark, et financé par la Fondation Arcadia, et s’est achevé en 2019, l’ICOMOS a contribué à l’enregistrement 3D de sept sites du patrimoine mondial en péril à Damas et au renforcement des capacités de professionnels syriens.


Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La situation de conflit armé en Syrie a affecté six biens du patrimoine mondial et substantiellement restreint les capacités en matière de soutien et protection appropriés de leur valeur universelle exceptionnelle. Les biens sont de plus en plus menacés par des dangers prouvés et potentiels, en particulier l’Ancienne ville d’Alep, qui a subi des destructions importantes et croissantes, et qui court le risque de nouvelles destructions irréversibles pendant la phase délicate de relèvement.

Des excavations illégales dans des sites archéologiques et des tells syriens provoquent des dommages importants et irréversibles sur ces sites, dont beaucoup figurent sur la Liste indicative de la Syrie. Elles constituent également une source majeure d’approvisionnement pour le trafic illicite de biens culturels, fournissant des objets pillés qui seront vendus sur le marché noir régional ou international.

Il est recommandé au Comité de féliciter la DGAM, les professionnels du patrimoine en Syrie et les communautés locales qui ont déployé des efforts soutenus pour protéger le patrimoine culturel, en assurer étroitement le suivi et mettre en œuvre des mesures de première nécessité pour sa sauvegarde, malgré la situation très difficile. 

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives continueront d’apporter leur soutien à l’État partie pour identifier les mesures correctives nécessaires et élaborer des déclarations d’État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), pour l’ensemble des six biens, dès que la situation le permettra.

Il est important que des actions humanitaires et associées à la sécurité soient menées en coordination avec des parties prenantes du patrimoine culturel, afin d’éviter aux biens d’autres dommages irréversibles et de permettre la prise de mesures de première nécessité en faveur de son patrimoine culturel. Par ailleurs, il est recommandé qu’une documentation systématique de tous les dégâts causés aux biens du patrimoine mondial soit dûment poursuivie, dans les cas où la situation le permet et que le Comité réitère son appel à l’État partie pour qu’il sauvegarde des biens endommagés à travers des interventions minimales de première nécessité afin d’empêcher le vol, de nouveaux éboulements et la dégradation naturelle, et s’abstienne de prendre d’autres mesures jusqu’à ce que la situation permette d’élaborer une stratégie globale et un plan d’action qui répondent à des normes internationales et des méthodes scientifiques de grande qualité.

S’agissant des interventions post-conflit, il est recommandé au Comité de demander à l’État partie de planifier l’avenir des biens du patrimoine mondial conformément aux chartes et normes internationales concernant la conservation, en pleine consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives.

Il est recommandé au Comité de demander également aux professionnels du patrimoine, nationaux et internationaux, de continuer à s’unir en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie, et à soutenir davantage sa préservation au moyen de fonds réservés et de contributions au Fonds d’urgence de l'UNESCO pour le patrimoine.

En attendant que les conditions s'améliorent, il est recommandé au Comité de prier instamment toutes les parties associées au conflit en Syrie de s’abstenir de toute action susceptible de causer d’autres dommages au patrimoine de ce pays, en particulier aux biens et sites du patrimoine mondial inclus dans la Liste indicative, et de remplir leurs obligations en vertu du droit international, en particulier la résolution 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations unies, en partie en prenant toutes les mesures possibles pour protéger un tel patrimoine et en évitant tout dommage qui pourrait résulter d’actions prenant pour cibles des biens du patrimoine mondial.

Il est également recommandé au Comité de réitérer sa suggestion à l’État partie d’envisager la ratification du deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

Il est en outre recommandé au Comité d’appeler toutes les parties associées au conflit en Syrie et la communauté internationale, en particulier les pays voisins de la Syrie, à assurer des mesures efficaces pour lutter contre le trafic illicite d’objets culturels, conformément à la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations unies. 

Décisions adoptées par le Comité en 2019
43 COM 7A.31
Ancienne ville d'Alep (République arabe syrienne) (C 21)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 42 COM 7A.30 et 42 COM 7A.36 adoptées à sa 42esession (Manama, 2018),
  3. Prenant en compte la décision 43 COM 7A.37 sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne,
  4. Exprime sa grande préoccupation quant à l’impact du conflit armé, de la crise humanitaire et des destructions irréversibles qu’il a entraînées au sein du bien, y compris des destructions de quartiers entiers ;
  5. Réitère sa profonde préoccupation quant à l’instabilité des édifices situés au sein du bien et prie instamment l’État partie de mener une évaluation détaillée des structures les plus à risque, et de prendre les mesures d’urgence nécessaires afin de garantir la sécurité des habitants ;
  6. Note les efforts mobilisés par l’État partie pour le relèvement d’Alep depuis décembre 2016, l’encourage à poursuivre ses efforts pour documenter et évaluer les dommages et mener les interventions d’urgence définies dans le plan d’urgence malgré la situation extrêmement difficile et salue l’engagement de la communauté locale qui se porte volontaire pour la réhabilitation des édifices historiques ;
  7. Accueille favorablement le document stratégique intitulé « Vision et cadre de planification » et encourage également l’État partie à mettre en œuvre ses actions prioritaires, en particulier l’élaboration d’un plan directeur de reconstruction et de relèvement et d’un plan de gestion actualisé pour le bien, et recommande que ces derniers soient élaborés conformément à la Recommandation sur le paysage historique urbain (UNESCO, 2011) et menés en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  8. Appelle tous les États membres de l’UNESCO à soutenir les mesures de sauvegarde et de relèvement d’urgence décrites dans le document stratégique intitulé « Vision et cadre de planification », dans le cadre du plan d’urgence et du plan de relèvement 2018-2020 élaborés par la Direction générale des antiquités et des musées de Syrie (DGAM), ainsi que les activités menées par le Fonds d’urgence pour le patrimoine de l’UNESCO ;
  9. Réitère sa demande pour que la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM ait lieu dès que la situation le permettra, afin de procéder à une évaluation complète de l’état de conservation du bien et d’identifier les mesures nécessaires pour assurer sa conservation et sa protection même lorsque des travaux de réhabilitation et d’aménagement d’infrastructures seront effectués dans d’autres parties de la ville ;
  10. Encourage en outre l’État partie à finaliser la proposition de modification mineure des limites pour le bien, conformément aux paragraphes 163-164 des Orientations, et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2020, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44session en 2020 ; 
  11. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  12. Décide de maintenir Ancienne ville d’Alep (République arabe syrienne) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
43 COM 7A.37
Décision générale sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add.2,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.36, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Déplore la situation de conflit qui règne dans le pays, la perte de vies humaines et la dégradation des conditions humanitaires ;
  4. Prenant note des rapports fournis par l’État partie sur l’état de conservation des six biens du patrimoine mondial syrien et des sites inscrits sur la Liste indicative syrienne, félicite la Direction générale des Antiquités et des Musées (DGAM) et tous les professionnels du patrimoine et les communautés locales en Syrie qui œuvrent au suivi et à la protection du patrimoine culturel, pour leurs efforts soutenus dans des conditions extrêmement difficiles, mais exprime sa plus vive préoccupation devant les dommages subis et les menaces auxquelles sont exposés ces biens et le patrimoine culturel en général ;
  5. Prie de nouveau instamment toutes les parties liées à la situation en Syrie de s’abstenir de toute action susceptible de causer de nouveaux dégâts au patrimoine culturel du pays et de s’acquitter de leurs obligations conformément au droit international et, en particulier, à la résolution 2347 du Conseil de sécurité des Nations Unies de mars 2017, en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, y compris en prévenant tout dommage pouvant résulter de la prise pour cible de biens du patrimoine mondial, de sites inclus dans la Liste indicative et d’autres sites du patrimoine culturel ;
  6. Prie aussi instamment l’État partie et la communauté internationale d’inclure des mesures de rétablissement des biens du patrimoine culturel dans la réponse globale en termes humanitaires, de sécurité et de consolidation de la paix ;
  7. Prie en outre instamment l’État partie de sauvegarder les biens endommagés à travers des interventions minimales de première nécessité pour empêcher le vol, les éboulements et la dégradation naturelle, et de s’abstenir d’entreprendre des travaux de conservation et de restauration avant que la situation permette l’élaboration de stratégies de conservation d’ensemble et d’actions qui répondent aux normes internationales, en pleine concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  8. Réitère son appel à tous les États membres de l’UNESCO pour qu’ils coopèrent à la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel provenant de la Syrie, en vertu de la résolution 2199 de février 2015 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et qu’ils s’engagent dans la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé en vertu de la résolution 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et réitère sa suggestion à l’État partie d’envisager la ratification du deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ;
  9. Demande à l’État partie de poursuivre la documentation systématique de tous les dommages subis par les biens du patrimoine mondial, dès que les conditions le permettent, et de mettre en œuvre toutes les mesures d’atténuation des risques possibles, de donner des informations sur l’élaboration de l’État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) et l’identification de mesures correctives pour les six biens ;
  10. Rappelle à l’État partie la nécessité de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, des informations sur tout futur plan concernant des projets de restauration majeure ou de nouvelles constructions, y compris des plans d’aménagement d’infrastructures, susceptibles d’affecter la valeur universelle exceptionnelle (VUE) de biens du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant de prendre toute décision difficilement réversible ;
  11. Réitère son appel à la communauté internationale à apporter son soutien accru à la sauvegarde du patrimoine culturel syrien au moyen de fonds réservés ou de contributions au Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine ;
  12. Réitère également son appel aux spécialistes internationaux et nationaux du patrimoine culturel à s’unir en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie et à poursuivre leurs initiatives actuelles en coordination avec l’UNESCO ;
  13. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation des biens et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.
43 COM 8C.2
Mise à jour de la Liste du patrimoine mondial en péril (biens maintenus)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :
  • Afghanistan, Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan (décision 43 COM 7A.41)
  • Afghanistan, Minaret et vestiges archéologiques de Djam (décision 43 COM 7A.42)
  • Autriche, Centre historique de Vienne, (décision 43 COM 7A.45)
  • Bolivie (État plurinational de), Ville de Potosí (décision 43 COM 7A.48)
  • Côte d'Ivoire / Guinée, Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (décision 43 COM 7A.6)
  • Égypte, Abou Mena (décision 43 COM 7A.17)
  • États-Unis d'Amérique, Parc national des Everglades (décision 43 COM 7A.3)
  • Honduras, Réserve de la Biosphère Río Plátano (décision 43 COM 7A.4)
  • Îles Salomon, Rennell Est (décision 43 COM 7A.2)
  • Indonésie, Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (décision 43 COM 7A.1)
  • Iraq, Assour (Qal'at Cherqat) (décision 43 COM 7A.18)
  • Iraq, Hatra (décision 43 COM 7A.19)
  • Iraq, Ville archéologique de Samarra (décision 43 COM 7A.20)
  • Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (site proposé par la Jordanie) (décision 43 COM 7A.22)
  • Kenya, Parcs nationaux du Lac Turkana (décision 43 COM 7A.12)
  • Libye, Ancienne ville de Ghadamès (décision 43 COM 7A.26)
  • Libye, Site archéologique de Cyrène (décision 43 COM 7A.23)
  • Libye, Site archéologique de Leptis Magna (décision 43 COM 7A.24)
  • Libye, Site archéologique de Sabratha (décision 43 COM 7A.25)
  • Libye, Sites rupestres du Tadrart Acacus (décision 43 COM 7A.27)
  • Madagascar, Forêts humides de l’Atsinanana (décision 43 COM 7A.13)
  • Mali, Tombeau des Askia (décision 43 COM 7A.55)
  • Mali, Tombouctou (décision 43 COM 7A.54)
  • Mali, Villes anciennes de Djenné (décision 43 COM 7A.53)
  • Micronésie (États fédérés de), Nan Madol : centre cérémoniel de la Micronésie orientale (décision 43 COM 7A.43)
  • Niger, Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (décision 43 COM 7A.14)
  • Ouganda, Tombes des rois du Buganda à Kasubi (décision 43 COM 7A.56)
  • Ouzbékistan, Centre historique de Shakhrisyabz (décision 43 COM 7A.44)
  • Palestine, Palestine : pays d’olives et de vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir (décision 43 COM 7A.30)
  • Palestine, Vieille ville d’Hébron/Al-Khalil (décision 43 COM 7A.29)
  • Panama, Fortifications de la côte caraïbe du Panama : Portobelo, San Lorenzo (décision 43 COM 7A.50)
  • Pérou, Zone archéologique de Chan Chan (décision 43 COM 7A.51)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville d'Alep (décision 43 COM 7A.31)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Bosra (décision 43 COM 7A.32)
  • République arabe syrienne, Ancienne ville de Damas (décision 43 COM 7A.33)
  • République arabe syrienne, Villages antiques du Nord de la Syrie (décision 43 COM 7A.34)
  • République arabe syrienne, Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (décision 43 COM 7A.35)
  • République arabe syrienne, Site de Palmyre (décision 43 COM 7A.36)
  • République centrafricaine, Parc national du Manovo-Gounda St Floris (décision 43 COM 7A.5)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Garamba (décision 43 COM 7A.7)
  • République démocratique du Congo, Parc national de Kahuzi-Biega (décision 43 COM 7A.8)
  • République démocratique du Congo, Réserve de faune à okapis (décision 43 COM 7A.9)
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Salonga (décision 43 COM 7A.10)
  • République démocratique du Congo, Parc national des Virunga (décision 43 COM 7A.11)
  • République-Unie de Tanzanie, Réserve de gibier de Selous (décision 43 COM 7A.16)
  • Sénégal, Parc national du Niokolo-Koba (décision 43 COM 7A.15)
  • Serbie, Monuments médiévaux au Kosovo (décision 43 COM 7A.46)
  • Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, Liverpool – Port marchand (décision 43 COM 7A.47)
  • Venezuela (République bolivarienne du), Coro et son port (décision 43 COM 7A.52)
  • Yémen, Ville historique de Zabid (décision 43 COM 7A.38)
  • Yémen, Vieille ville de Sana’a (décision 43 COM 7A.39)
  • Yémen, Ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte (décision 43 COM 7A.40)
Projet de décision : 43 COM 7A.31

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 42 COM 7A.30 et 42 COM 7A.36 adoptées à sa 42esession (Manama, 2018),
  3. Prenant en compte la décision 43 COM 7A.37 sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne,
  4. Exprime sa grande préoccupation quant à l’impact du conflit armé, de la crise humanitaire et des destructions irréversibles qu’il a entraînées au sein du bien, y compris des destructions de quartiers entiers ;
  5. Réitère sa profonde préoccupation quant à l’instabilité des édifices situés au sein du bien et prie instamment l’État partie de mener une évaluation détaillée des structures les plus à risque, et de prendre les mesures d’urgence nécessaires afin de garantir la sécurité des habitants ;
  6. Note les efforts mobilisés par l’État partie pour le relèvement d’Alep depuis décembre 2016, l’encourage à poursuivre ses efforts pour documenter et évaluer les dommages et mener les interventions d’urgence définies dans le plan d’urgence malgré la situation extrêmement difficile et salue l’engagement de la communauté locale qui se porte volontaire pour la réhabilitation des édifices historiques ;
  7. Accueille favorablement le document stratégique intitulé « Vision et cadre de planification » et encourage également l’État partie à mettre en œuvre ses actions prioritaires, en particulier l’élaboration d’un plan directeur de reconstruction et de relèvement et d’un plan de gestion actualisé pour le bien, et recommande que ces derniers soient élaborés conformément à la Recommandation sur le paysage historique urbain (UNESCO, 2011) et menés en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  8. Appelle tous les États membres de l’UNESCO à soutenir les mesures de sauvegarde et de relèvement d’urgence décrites dans le document stratégique intitulé « Vision et cadre de planification », dans le cadre du plan d’urgence et du plan de relèvement 2018-2020 élaborés par la Direction générale des antiquités et des musées de Syrie (DGAM), ainsi que les activités menées par le Fonds d’urgence pour le patrimoine de l’UNESCO ;
  9. Réitère sa demande pour que la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM ait lieu dès que la situation le permettra, afin de procéder à une évaluation complète de l’état de conservation du bien et d’identifier les mesures nécessaires pour assurer sa conservation et sa protection même lorsque des travaux de réhabilitation et d’aménagement d’infrastructures seront effectués dans d’autres parties de la ville ;
  10. Encourage en outre l’État partie à finaliser la proposition de modification mineure des limites pour le bien, conformément aux paragraphes 163-164 des Orientations, et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2020, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44session en 2020 ; 
  11. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  12. Décide de maintenir Ancienne ville d’Alep (République arabe syrienne) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.


Projet de décision: 43 COM 7A.37

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add.2,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.36, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Déplore la situation de conflit qui règne dans le pays, la perte de vies humaines et la dégradation des conditions humanitaires;
  4. Prenant note des rapports fournis par l’État partie sur l’état de conservation des six biens du patrimoine mondial syrien et des sites inscrits sur la Liste indicative syrienne, félicite la Direction générale des Antiquités et des Musées (DGAM) et tous les professionnels du patrimoine et les communautés locales en Syrie qui œuvrent au suivi et à la protection du patrimoine culturel, pour leurs efforts soutenus dans des conditions extrêmement difficiles, mais exprime sa plus vive préoccupation devant les dommages subis et les menaces auxquelles sont exposés ces biens et le patrimoine culturel en général;
  5. Prie de nouveau instamment toutes les parties liées à la situation en Syrie de s’abstenir de toute action susceptible de causer de nouveaux dégâts au patrimoine culturel du pays et de s’acquitter de leurs obligations conformément au droit international et, en particulier, à la résolution 2347 du Conseil de sécurité des Nations Unies de mars 2017, en prenant toutes les mesures possibles pour protéger ce patrimoine, y compris en prévenant tout dommage pouvant résulter de la prise pour cible de biens du patrimoine mondial, de sites inclus dans la Liste indicative et d’autres sites du patrimoine culturel ;
  6. Prie aussi instamment l’État partie et la communauté internationale d’inclure des mesures de rétablissement des biens du patrimoine culturel dans la réponse globale en termes humanitaires, de sécurité et de consolidation de la paix ;
  7. Prie en outre instamment l’État partie de sauvegarder les biens endommagés à travers des interventions minimales de première nécessité pour empêcher le vol, les éboulements et la dégradation naturelle, et de s’abstenir d’entreprendre des travaux de conservation et de restauration avant que la situation permette l’élaboration de stratégies de conservation d’ensemble et d’actions qui répondent aux normes internationales, en pleine concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  8. Réitère son appel à tous les États membres de l’UNESCO pour qu’ils coopèrent à la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel provenant de la Syrie, en vertu de la résolution 2199 de février 2015 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et qu’ils s’engagent dans la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé en vertu de la résolution 2347 de mars 2017 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et réitère sa suggestion à l’État partie d’envisager la ratification du deuxième Protocole (1999) à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ;
  9. Demande à l’État partie de poursuivre la documentation systématique de tous les dommages subis par les biens du patrimoine mondial, dès que les conditions le permettent, et de mettre en œuvre toutes les mesures d’atténuation des risques possibles, de donner des informations sur l’élaboration de l’État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) et l’identification de mesures correctives pour les six biens ;
  10. Rappelle à l’État partie la nécessité de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, des informations sur tout futur plan concernant des projets de restauration majeure ou de nouvelles constructions, y compris des plans d’aménagement d’infrastructures, susceptibles d’affecter la valeur universelle exceptionnelle (VUE) de biens du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant de prendre toute décision difficilement réversible ;
  11. Réitère son appel à la communauté internationale à apporter son soutien accru à la sauvegarde du patrimoine culturel syrien au moyen de fonds réservés ou de contributions au Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine ;
  12. Réitère également son appel aux spécialistes internationaux et nationaux du patrimoine culturel à s’unir en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie et à poursuivre leurs initiatives actuelles en coordination avec l’UNESCO ;
  13. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation des biens et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020. 
Année du rapport : 2019
République arabe syrienne
Date d'inscription : 1986
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(iv)
Liste en péril (dates) : 2013-présent
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2019) .pdf
arrow_circle_right 43COM (2019)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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