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Basse vallée de l'Omo

Éthiopie
Facteurs affectant le bien en 2016*
  • Erosion et envasement / dépôt
  • Habitat
  • Modification du régime des sols
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Zones industrielles
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Érosion et envasement/dépôt
  • Projets de développement
  • Habitat
  • Zones industrielles
  • Modification du régime des sols
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2016
Demandes approuvées : 2 (de 1996-2015)
Montant total approuvé : 17 018 dollars E.U.
2015 Defining the Boundary and Geo-mapping the Lower Omo ... (Approuvé)   15 018 dollars E.U.
1996 Review of Lalibela's restoration programmes, in situ ... (Approuvé)   2 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2016**
avril 2015: mission conjointe UNESCO/ICOMOS de suivi réactif
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Une mission conjointe UNESCO/ICOMOS de suivi réactif a été menée du 13 au 19 avril 2015 en réponse aux préoccupations exprimées par le Comité en 2014 concernant des impacts potentiels du projet de plantation de canne à sucre Kuraz Sugar Cane. Le rapport de mission est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/17/documents. Le 12 mai 2016, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à l’adresse Web susmentionnée.

La mission a signalé que le bien n’a pas de limites établies, ni de plan de gestion, ni de gestionnaire de site sur place. Elle s’est déclarée préoccupée que l’on ait pu autoriser le développement agricole comme par le biais du projet Kuraz sans tenir compte comme il convient de la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Bien qu’il n’y ait pas eu à ce jour d’impacts directs, certaines décisions ont été prises qui pourraient s’avérer extrêmement nuisibles pour le bien, notamment : autorisation de commencer des travaux d’infrastructure comme la construction d’un barrage, planification de l’étendue territoriale de la zone de plantation de canne à sucre, création d’une liaison routière Omo Rate-Kangaten, et octroi de droits de prospection de combustibles fossiles dans toute la zone dans laquelle se trouve le bien. Ces permis ont été accordés sans évaluation préalable d’impacts potentiels.

Les effets cumulés de ces interventions pourraient sérieusement affecter la VUE du bien et ses conditions d’intégrité, notamment en raison du fait qu’il n’y a ni limites précises ni zones tampons clairement établies. La mission a noté qu’une importante attention était accordée aux affleurements fossilifères connus mais que ceux-ci ne définissaient pas en eux-mêmes l’étendue du bien qui inclut son cadre physique et biotique, ainsi que les dépôts sous-jacents à l’illuvium de surface. Un autre problème soulevé est celui du transfert possible des communautés pastorales traditionnelles – comme le prévoit le projet Kuraz – ce qui pourrait modifier le paysage du bien.

Le rapport de l’État partie ne fournit pas de détails précis ni sur l’étendue ni sur l’emplacement précis du projet Kuraz, malgré la demande du Comité de lui communiquer ces informations dès que possible après sa session de 2014.

L’État partie indique en outre que :

  • Des dispositions de procédure sont à l’étude pour faciliter l’évaluation environnementale stratégique (EES) à mener dans les régions de la Basse vallée de l’Omo et du Lac Turkana ;
  • L’évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) va être améliorée mais le travail n’a pas encore été entrepris ;
  • La mise au point des dispositions de gestion se poursuit ;
  • Un projet triennal de l’Union européenne intitulé « Favoriser la contribution du patrimoine mondial au développement durable et au renforcement des capacités pour la protection et la conservation des sites paléontologiques d’Éthiopie » a été lancé le 17 mars 2016 ; ce projet va effectuer une géocartographie pour les limites proposées pour le bien et sa zone tampon, établir un plan de gestion du site et mettre en place des mécanismes législatifs, réglementaires et institutionnels appropriés.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2016

L’absence de limites clairement définies pour le bien et une zone tampon – ce qui était déjà considéré comme un problème lors du premier cycle de rapports périodiques en 2001 – a été préjudiciable pour la prise de décision concernant les projets de développement. L’EIP pour le projet Kuraz décrit trois sites distincts dotés de trois zones tampons distinctes, ce qui est incorrect par rapport au bien unique inscrit.

La mission a noté que les impacts potentiels du projet Kuraz pourraient entraîner des modifications paysagères très nuisibles sur une étendue d’environ 100 km², ce qui, selon l’endroit précis du projet, pourrait représenter environ les deux-tiers du bien. Cela inclurait des dommages irréversibles pour les gisements fossilifères dus à plusieurs facteurs, notamment fouilles, impact des machines, agriculture et irrigation, pillage et piétinement associés aux nouvelles installations, augmentation de la salinité du sol, modification du niveau des cours d’eau due à la construction d’un barrage, etc. Le bien est également menacé par des projets d’infrastructure et projets agricoles déjà approuvés – comme la construction d’un barrage et la nouvelle liaison routière d’Omo rate à Kangaten – ainsi que par des permis de prospection de carburants fossiles dans la totalité de la zone qui comprend le bien.

Le projet de géocartographie financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’UNESCO va traiter certains des problèmes de conservation du bien, notamment la question des limites et les questions de gestion. Toutefois, il est extrêmement préoccupant que les calendriers du projet financé par l’EU, de la finalisation de l’EES et de la mise en œuvre proposée du projet Kuraz ne soient pas alignés.

Dans sa lettre du 2 juin 2016, l’État partie a indiqué qu’il envisageait d’accélérer le travail concernant les limites du bien. Ce travail devrait être terminé au premier trimestre 2017. L’EES prévue pour étudier l’impact du projet Kuraz sur le bien ainsi que sur le bien du patrimoine mondial du Lac Turkana au Kenya est encore en cours de planification et ne devrait pas être soumise avant 2018 (cf. la décision 39 COM 7B.4 concernant le Lac Turkana). Le travail sur les plantations de canne à sucre, les barrages, les routes et les nouveaux villages pour le projet Kuraz est en cours, bien qu’aucun détail n’ait été fourni sur l’ensemble du projet et qu’aucune évaluation d’impact appropriée n’ait été entreprise.

Bien que l’isolement du bien lui ait permis de conserver ses vestiges paléontologiques exceptionnels, le projet Kuraz de plantation de canne à sucre pourrait constituer une menace irréversible pour la VUE du bien et son cadre paysager. Les importants travaux en cours dans le cadre du projet Kuraz en l’absence de limites reconnues, de système de gestion et de fourniture de documentation détaillée dont des évaluations d’impact appropriées, tout cela signifie que le bien est en grand danger.

Il est recommandé que le Comité se déclare sérieusement préoccupé de la poursuite des travaux du projet Kuraz sans que sa demande d’informations détaillées ait été satisfaite, et ce avant l’achèvement du travail essentiel sur les limites et la mise au point d’une EIP, d’une EIE (Evaluation d’impact environnemental) et d’une plus globale EES, ce qui constitue un danger confirmé et potentiel pour la VUE du bien, conformément au chapitre IV.B des Orientations. Il est donc également recommandé que le Comité inscrive le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Il est essentiel que tous les détails sur le projet Kuraz soient fournis immédiatement et que tous nouveaux travaux soient immédiatement interrompus jusqu’à ce que tous les impacts aient pu être étudiés par le Comité par le biais d’EIP et d’EIE fondées sur des limites précises du bien et de sa zone tampon, de façon à pouvoir envisager des mesures palliatives. Cela est capital avant que des engagements ne soient pris pour l’ensemble du projet, mais cela ne peut se faire qu’à partir des résultats du projet de géocartographie financé par l’UE. La clarification des limites est donc requise pour étayer l’EIP nécessaire et doit donc être entreprise dès que possible.

Décisions adoptées par le Comité en 2016
40 COM 7B.11
Basse Vallée de l'Omo (Ethiopie) (C 17)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.48, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Prend note des détails fournis par l’État partie dans son rapport sur le projet triennal financé par l’Union européenne intitulé « Favoriser la contribution du patrimoine mondial au développement durable et au renforcement des capacités pour la protection et la conservation des sites paléontologiques d’Éthiopie », récemment conclu, qui va étudier les questions des limites, de la conservation et de la gestion du bien ;
  4. Note que la documentation soumise par l’État partie ne fournissait pas d’informations claires et précises sur l’emplacement exact du projet de développement de l’Ethiopian Sugar Corporation (projet Kuraz), bien que cela ait été demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014 ;
  5. Apprécie toutefois le fait que l’État partie a récemment soumis un document au Centre du patrimoine mondial avec une carte officielle qui indique la localisation exacte du projet de développement de l’Ethiopian Sugar Corporation (projet Kuraz) vis-à-vis du site du patrimoine mondial de la Basse Vallée de l’Omo ;
  6. Accueille favorablement la révision du plan initial de zone de culture de canne à sucre de 175 000 ha à 100 000 ha par l’État partie afin d’atténuer les impacts possibles sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  7. Note avec préoccupation que les travaux sur l’infrastructure et les projets agricoles associés au projet Kuraz, incluant des plantations de canne à sucre, des barrages, des routes et de nouveaux villages, ont déjà démarré sans avoir soumis d’évaluations d’impact appropriées, et sans clarifications concernant les limites du bien ;
  8. Demande à l’État partie de garantir que le travail suivant soit entrepris et étudié par le Comité :
    1. Communication de détails complets sur le projet Kuraz d’ici le 31 décembre 2016,
    2. Clarification des limites et soumission de propositions pour une zone tampon,
    3. Finalisation et soumission d’une Evaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) plus approfondie et d’une Evaluation environnementale stratégique (EES) fondées sur les limites établies et sur les attributs précis de la VUE,
    4. Communication de détails sur le projet de transfert des communautés pastorales ;
  9. Prend note des résultats de la mission de suivi réactif d’avril 2015 et prie instamment l’État partie de mettre en œuvre ses recommandations, en particulier :
    1. Protéger la valeur scientifique et potentielle du bien, comme envisagé lors de l’inscription, en définissant clairement les zones à potentiel archéologique, et en définissant des stratégies de gestion du bien en tant que paysage visuellement cohérent sans marques de développement entre les affleurements visibles,
    2. Envisager des composantes appropriées en matière d’accueil des visiteurs et de gestion des risques dans le plan de gestion en vue des activités paléo-touristiques prévues dans le bien,
    3. Favoriser l’implication de la communauté locale dans la gestion du site comme dans le tourisme,
    4. Établir un suivi de base de l’érosion du sol pour définir des mesures de contrôle là où l’érosion pourrait constituer une menace pour les gisements fossilifères,
    5. Définir des protocoles pour le remblai et la réhabilitation des zones de fouilles pour la recherche à ciel ouvert et inclure une obligation de consolidation des nouvelles zones à ciel ouvert pour tous les nouveaux projets de recherche archéologique,
    6. Établir un suivi de base de la salinisation du sol dans les zones où une irrigation est prévue en dehors du bien, afin de contrôler et de traiter d’éventuels impacts en profondeur sur les sédiments et affleurements fossilifères ;
  10. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport sur l’état de conservation du bien et sur les mesures prises pour la mise en œuvre des recommandations ci-dessus mentionnées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.
Projet de décision : 40 COM 7B.11

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.48, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Prend note des détails fournis par l’État partie dans son rapport sur le projet triennal financé par l’UE intitulé « Favoriser la contribution du patrimoine mondial au développement durable et au renforcement des capacités pour la protection et la conservation des sites paléontologiques d’Éthiopie », récemment conclu, qui va étudier les questions des limites, de la conservation et de la gestion du bien ;
  4. Regrette que la documentation soumise par l’État partie ne fournisse pas d’informations claires et précises sur l’emplacement exact du projet de développement de l’Ethiopian Sugar Corporation (projet Kuraz), bien que cela ait été demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014 ;
  5. Note avec préoccupation que les travaux sur l’infrastructure et les projets agricoles associés au projet Kuraz, incluant des plantations de canne à sucre, des barrages, des routes et de nouveaux villages, ont déjà commencé en l’absence d’évaluations d’impact appropriées, et sans clarifications concernant les limites du bien ;
  6. Note également avec préoccupation que les calendriers du travail sur les limites financé par l’Union européenne (à finaliser en 2017), de la finalisation de l’évaluation environnementale stratégique (EES) (à soumettre en 2018, comme précisé dans la décision 39 COM 7B.4) et de la mise en œuvre proposée du projet Kuraz, ne sont pas alignés ;
  7. Demande à l’État partie d’interrompre tous nouveaux travaux et tous nouveaux engagements pour la mise en œuvre du projet Kuraz jusqu’à ce que le travail suivant ait été entrepris et étudié par le Comité :
    1. Fourniture de détails complets sur le projet Kuraz d’ici le 31 décembre 2016,
    2. Clarification des limites et soumission de propositions pour une zone tampon,
    3. Finalisation et soumission d’une Evaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) plus approfondie et d’une EES fondées sur les limites établies et sur les attributs précis de la valeur universelle exceptionnelle (VUE),
    4. Fourniture de détails sur le projet de transfert des communautés pastorales ;
  8. Prend note des résultats de la mission de suivi réactif d’avril 2015 et prie instamment l’État partie de mettre en œuvre ses recommandations, en particulier la suivante :
    1. Protéger la valeur scientifique et potentielle du bien, comme envisagé lors de l’inscription, en définissant clairement les zones à potentiel archéologique, et en définissant des stratégies de gestion du bien en tant que paysage visuellement cohérent sans marques de développement entre les affleurements visibles,
    2. Envisager des composantes appropriées en matière d’accueil des visiteurs et de gestion des risques dans le plan de gestion en vue des activités paléo-touristiques prévues dans le bien,
    3. Favoriser l’implication de la communauté locale dans la gestion du site comme dans le tourisme,
    4. Établir un suivi de base de l’érosion du sol pour définir des mesures de contrôle là où l’érosion pourrait constituer une menace pour les gisements fossilifères,
    5. Définir des protocoles pour le remblai et la réhabilitation des zones de fouilles pour la recherche à ciel ouvert et inclure une obligation de consolidation des nouvelles zones à ciel ouvert pour tous les nouveaux projets de recherche archéologique,
    6. Établir un suivi de base de la salinisation du sol dans les zones où une irrigation est prévue en dehors du bien, afin de contrôler et de traiter d’éventuels impacts en profondeur sur les sédiments et affleurements fossilifères ;
  9. Compte tenu de la poursuite des travaux pour le projet Kuraz, et étant donné le non-respect de la demande de détails complets à lui fournir, et avant l’achèvement du travail essentiel sur les limites et la réalisation d’une EIP, d’une EIE et d’une plus globale EES, considère que le bien est soumis à un danger potentiel pour sa VUE, conformément au chapitre IV.B des Orientations et décide d’inscrire la Basse vallée de l’Omo (Éthiopie) sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  10. Demande également à l’État partie, sur la base des informations demandées plus haut, de discuter de la possibilité de prise de mesures palliatives avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, ainsi que de la mise en place de mesures correctives et d’un Etat de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) ;
  11. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport sur l’état de conservation du bien et sur les mesures prises pour la mise en œuvre des recommandations ci-dessus mentionnées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.
Année du rapport : 2016
Éthiopie
Date d'inscription : 1980
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(iv)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2016) .pdf
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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