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Villes anciennes de Djenné

Mali
Facteurs affectant le bien en 2014*
  • Déchets solides
  • Guerre
  • Habitat
  • Modification du régime des sols
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Autres menaces :

    Détérioration des maisons d’habitation

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Absence de plan de gestion et de conservation ;
  • Pression du développement urbain ;
  • Détérioration des maisons d’habitation ;
  • Problème de gestion des déchets ;
  • Empiétements sur les sites archéologiques.
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2014

Montant total accordé : 110 000 dollars EU (Fonds-en-dépôt italien) ; 23 100 dollars EU (Croisi Europe) ; 86 900 dollars EU (Commission européenne) ; 53 000 dollars EU (Fonds-en-dépôt néerlandais)

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2014
Demandes approuvées : 3 (de 1981-2012)
Montant total approuvé : 59 577 dollars E.U.
2012 Assistance internationale d’urgence pour la protection ... (Approuvé)   21 600 dollars E.U.
2007 Plan de gestion et de conservation des villes anciennes ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
1981 Provision of one expert and financial assistance for ... (Approuvé)   7 977 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2014**

2002, 2005 : missions du Centre du patrimoine mondial ; 2006 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM ; 2014 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a visité le bien du 10 au 15 mars 2014. Par la suite, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 24 mars 2014. Les deux rapports sont disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/116/documents/.

Le rapport de l’État partie souligne un certain nombre de problèmes de conservation qui se sont aggravés depuis la crise au Mali. L’absence de ressources a freiné les capacités institutionnelles à traiter l’état actuel du bien, notamment l’entretien du patrimoine bâti, les problèmes d’assainissement, les pressions du développement et autres. D’autre part, le tourisme culturel – qui représentait une source considérable de revenus pour les communautés locales et la municipalité – a pratiquement cessé. Des efforts ont cependant été déployés pour réaliser une étude sur l’état des lieux afin de définir un plan d’action prioritaire, d’évaluer le plan de gestion et de déterminer comment actualiser le système pour le rendre plus opérationnel et plus adapté à l’évolution de la situation. Un travail a également été entrepris pour faire adopter le règlement d’urbanisme et pour créer un Comité de gestion réunissant les parties prenantes des secteurs administratif, politique, religieux et communautaire. L’État partie signale aussi que, malgré les difficultés rencontrées, la communauté de Djenné a organisé l’entretien annuel de la mosquée qui a essentiellement porté sur le ré-enduisage de l’architecture en terre. D’autres mesures ont été mises en œuvre sur les sites archéologiques pour empêcher toute nouvelle érosion physique des vestiges.

La mission de suivi réactif dans le bien a permis d’en évaluer l’état de conservation et de vérifier que les conditions actuelles de tous ses éléments exigeaient un traitement d’urgence. La mission a souligné que si l’on n’agissait pas, les attributs justifiant la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et ses conditions d’authenticité et d’intégrité seraient gravement menacés. La mission a toutefois noté l’accord des différentes parties prenantes au niveau national et local pour coordonner les efforts afin d’assurer un traitement des problèmes urgents de conservation et de gestion. Un plan d’action prioritaire chiffré sur douze mois a été mis au point et il est prévu d’en commencer la mise en œuvre dès que les ressources nécessaires seront mobilisées.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2014

L’État partie a fait beaucoup d’efforts, malgré des conditions difficiles, pour mettre en œuvre les recommandations du Comité du patrimoine mondial. Il faut cependant agir en urgence sur place pour empêcher que la Valeur universelle exceptionnelle ne soit irréversiblement compromise. La crise au Mali a aggravé les problèmes liés à la détérioration progressive du tissu urbain du bien, à l’absence de mise en œuvre effective de mesures réglementaires pour contrôler l’empiétement et les autres impacts dans les composantes archéologiques du bien, pour réglementer les interventions dans le tissu ancien et pour traiter les problèmes des nouvelles constructions illégales. Des problèmes comme la gestion des déchets, le traitement des eaux usées et l’assainissement en général sont toujours loin d’être résolus et constituent une menace considérable pour les communautés locales. La nature même de la construction de l’architecture en terre la rend particulièrement vulnérable et il faudra déployer d’importants efforts pour entretenir et maintenir activement les différents attributs du bien.

Il a été pris acte des conclusions de la mission et du projet de plan d’action prioritaire considéré comme une étape importante de la conservation du bien. En effet, ce plan propose des mesures générales qui pourraient être effectivement mises en œuvre au niveau local si l’on pouvait disposer des ressources financières nécessaires – soit environ 120 000 dollars EU. Des interventions comme la finalisation de la délimitation des sites archéologiques, le renforcement des mesures contre l’érosion, l’actualisation du plan de gestion et l’adoption de réglementations urbaines sont essentielles pour améliorer la conservation du bien à court terme. Il y a actuellement une volonté politique, administrative et communautaire de régler les problèmes les plus urgents et il convient d’en profiter pour prendre des dispositions vraiment fonctionnelles de gestion susceptibles de soutenir les efforts à long terme.

Enfin, si l’on ne note pas d’avancement notable d’ici un an, il est recommandé que le Comité du patrimoine mondial envisage l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril – appel à l’action pour mobiliser le soutien nécessaire et durable pour la mise en œuvre des mesures de conservation, de protection et de gestion.

Décisions adoptées par le Comité en 2014
38 COM 7B.50
Villes anciennes de Djenné (Mali) (C 116 rev)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.41 adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Reconnaît les efforts de l’État partie pour la mise en œuvre des précédentes recommandations du Comité du patrimoine mondial, malgré les difficultés rencontrées ;
  4. Se déclare gravement préoccupé par l’état actuel du bien et par le peu de ressources actuellement disponibles pour faire sensiblement progresser le traitement des problèmes de conservation et de gestion ;
  5. Note les conclusions de la mission de suivi réactif dans le bien et prie instamment l’État partie de commencer la mise en œuvre du plan d’action prioritaire d’urgence, en s’attachant tout particulièrement à ce qui suit :
    1. Définir les limites des sites archéologiques et leurs zones tampons et établir une réglementation pour les protéger efficacement contre l’empiétement,
    2. Mettre en œuvre des mesures de lutte contre l’érosion sur les sites archéologiques, à partir d’une étude de la dynamique hydrologique sur les différents sites,
    3. Mettre en œuvre des mesures pour traiter les occupations illégales sur les berges de la rivière,
    4. Définir une réglementation pour la conservation et l’entretien du patrimoine bâti de la ville historique et faciliter l’accès aux matériaux pour les actions d’entretien réalisées par la population locale,
    5. Obtenir les fonds nécessaires pour renforcer les activités de la Mission culturelle et faire en sorte que les dispositions de gestion deviennent totalement opérationnelles,
    6. Finaliser le processus d’adoption du règlement d’urbanisme et renforcer les cadres institutionnels permettant de les faire appliquer ;
  6. Demande à l’État partie de finaliser l’actualisation du plan de gestion et de fournir un exemplaire électronique et trois exemplaires imprimés du plan de gestion révisé, pour étude par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  7. Prie aussi instamment à l’État partie, dans le cadre du Plan d’action pour le Mali adopté le 18 février 2013, de coopérer avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, ainsi qu’avec tous les autres organismes internationaux concernés, pour définir les moyens de mettre en œuvre le plan d’action prioritaire sur douze mois ;
  8. Demande également à l’État partie d’inviter une mission commune de suivi réactif UNESCO/ICOMOS pour évaluer l’avancement réalisé dans la mise en œuvre du plan d’action prioritaire et pour estimer si les critères d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril sont remplis ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2015, un rapport incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur les mesures prises pour mettre en œuvre les recommandations présentées au paragraphe 5 ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015, afin d’étudier, en cas de confirmation d’un danger avéré ou potentiel pour la valeur universelle exceptionnelle, l’inscription possible du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Projet de décision :   38 COM 7B.50

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.41 adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Reconnaît les efforts de l’État partie pour la mise en œuvre des précédentes recommandations du Comité du patrimoine mondial, malgré les difficultés rencontrées ;
  4. Se déclare gravement préoccupé par l’état actuel du bien et par le peu de ressources actuellement disponibles pour faire sensiblement progresser le traitement des problèmes de conservation et de gestion ;
  5. Note les conclusions de la mission de suivi réactif dans le bien et prie instamment l’État partie de commencer la mise en œuvre du plan d’action prioritaire d’urgence, en s’attachant tout particulièrement à ce qui suit :
    1. Définir les limites des sites archéologiques et leurs zones tampons et établir une réglementation pour les protéger efficacement contre l’empiétement,
    2. Mettre en œuvre des mesures de lutte contre l’érosion sur les sites archéologiques, à partir d’une étude de la dynamique hydrologique sur les différents sites,
    3. Mettre en œuvre des mesures pour traiter les occupations illégales sur les berges de la rivière,
    4. Définir une réglementation pour la conservation et l’entretien du patrimoine bâti de la ville historique et faciliter l’accès aux matériaux pour les actions d’entretien réalisées par la population locale,
    5. Obtenir les fonds nécessaires pour renforcer les activités de la Mission culturelle et faire en sorte que les dispositions de gestion deviennent totalement opérationnelles,
    6. Finaliser le processus d’adoption du règlement d’urbanisme et renforcer les cadres institutionnels permettant de les faire appliquer ;
  6. Demande à l’État partie de finaliser l’actualisation du plan de gestion et de fournir un exemplaire électronique et trois exemplaires imprimés du plan de gestion révisé, pour étude par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  7. Prie aussi instamment à l’État partie, dans le cadre du Plan d’action pour le Mali adopté le 18 février 2013, de coopérer avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives , ainsi qu’avec tous les autres organismes internationaux concernés, pour définir les moyens de mettre en œuvre le plan d’action prioritaire sur douze mois ;
  8. Demande également à l’État partie d’inviter une mission commune de suivi réactif UNESCO/ICOMOS pour évaluer l’avancement réalisé dans la mise en œuvre du plan d’action prioritaire et pour estimer si les critères d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril sont remplis ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2015, un rapport incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur les mesures prises pour mettre en œuvre les recommandations présentées au paragraphe 5 ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015, afin d’étudier, en cas de confirmation d’un danger avéré ou potentiel pour la valeur universelle exceptionnelle, l’inscription possible du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Année du rapport : 2014
Mali
Date d'inscription : 1988
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(iv)
Liste en péril (dates) : 2016-présent
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2014) .pdf
arrow_circle_right 38COM (2014)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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