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Paysage culturel de la province de Bali : le système des subak en tant que manifestation de la philosophie du Tri Hita Karana

Indonésie
Facteurs affectant le bien en 2014*
  • Gouvernance
  • Habitat
  • Identité, cohésion sociale, modifications de la population locale / des communautés
  • Perturbations du mode de vie et des systèmes de savoir traditionnels
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Les facteurs suivant ont été identifiés au moment de l’inscription du bien en 2012 :

  • Vulnérabilité du système subak ;
  • Manque de soutien pour les systèmes agricoles traditionnels et des avantages qui permettraient aux agriculteurs de rester sur la terre ;
  • Protection du cadre du paysage afin de protéger la source d'eau qui sous-tend le système subak ;
  • Pressions du développement ;
  • Manque de gouvernance opérationnelle pour réaliser le plan de gestion.
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2014
Demandes approuvées : 1 (de 2001-2001)
Montant total approuvé : 30 000 dollars E.U.
2001 Preparation of a Tentative List and a nomination ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2014**
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

En réponse aux lettres du Centre du patrimoine mondial des 14 août 2013 et 29 janvier 2014 sur les menaces pesant sur le système intégré de gestion de l’eau des subak qui a contribué à l’existence des rizières en terrasse de Bali pendant plus d’un millénaire, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 21 février 2014, disponible sur https://whc.unesco.org/fr/list/1194/documents.

Lors de l’inscription en 2012, le gouvernement provincial a adopté un plan de gestion qui visait à soutenir les pratiques agricoles traditionnelles subak et contrer tout projet de développement inadapté. Il a présenté une structure de gouvernance rassemblant les individus, les organisations, les agences et les institutions au sein d’une Assemblée directrice démocratique qui fut approuvée en 2010 par la réglementation no 17 du gouvernement de Bali. Ce décret définit la constitution de l’Assemblée directrice, laquelle comprend des représentants de différents départements gouvernementaux et habilite les membres des communautés subak à assumer conjointement un rôle majeur dans la gestion des sites.

Au début de l’année 2014, ce système de gestion concerté n’avait toujours pas été mis en place de façon à permettre l’instauration du plan de gestion. Ce manque de structure et de progrès dans la mise en œuvre du plan aurait conduit les principaux agriculteurs subak à vendre leurs terres à des fins de projets de développement, ce qui pourrait conduire à l’effondrement de l’intégralité du système subak.

L’État partie indique que l’Assemblée directrice s’est réunie périodiquement et que des représentants de diverses institutions sont membres de son conseil. Il mentionne également la mise en œuvre de plans de travaux annuels, mais sans plus de détails. Aucune précision n’a été donnée concernant la composition et les responsabilités de l’Assemblée directrice, et il semble que les membres de la communauté subak ne soient pas formellement impliqués dans la gestion des sites ou dans la mise en œuvre du plan de gestion.

L’État partie indique en outre que le gouvernement provincial prépare actuellement un Plan de régulation provincial pour la sauvegarde du patrimoine culturel de Bali qui constituera le fondement de la mise en œuvre de la conservation et de la gestion du bien. Il décrit en outre diverses activités de coordination entre les ministères au niveau national et d’autres activités comme un atelier, une cartographie sociale, des brochures bilingues et un guide à paraître, tout ceci devant constituer le fondement d’une large participation des communautés à la gestion du patrimoine culturel.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2014

Lors de l’inscription, il fut reconnu que le système subak était extrêmement vulnérable et qu’il avait atteint un stade critique au-delà duquel il serait difficile d’inverser la tendance. Dans son évaluation, l’ICOMOS félicitait l’État partie d’avoir élaboré un système de gestion général prenant en compte la «priorité critique» nécessaire pour développer plus de connaissances, de compétences et d’expertise afin de gérer le bien comme un paysage culturel complexe et évolutif. Le plan de gestion visait à utiliser les outils sociaux et économiques pour renforcer les systèmes traditionnels et fournir un cadre de référence reliant les pratiques traditionnelles aux priorités nationales. Le plan de gestion avait été élaboré de manière inclusive et encourageait les communautés subak à soutenir la proposition d’inscription comme moyen permettant de pérenniser leurs pratiques traditionnelles - ce qui sous-tendait la candidature.

Le plan de gestion devrait être mis en œuvre par l’Assemblée directrice dans laquelle une représentation des communautés était envisagée. Si tel n’est pas encore le cas, alors il serait manifeste qu’aucun mécanisme ne permette aux communautés subak d’avoir une voix dans la gestion générale du bien.

L’absence de mise en œuvre de ce plan de gestion sera perçue comme une déception majeure par les communautés participantes et pourrait constituer un problème sérieux pour la gestion actuelle du bien visant à sauvegarder sa Valeur universelle exceptionnelle (VUE).

Bien que l’État partie ait réitéré son soutien au bien en des termes généraux, peu de détails ont été fournis pour montrer que les plans d’action décrits dans le plan de gestion ont été menés à bien. Par exemple, il a été indiqué lors de l’inscription que la première phase du plan d’action serait mise en œuvre en 2012 et traiterait des actions dépendant des priorités stratégiques suivantes : protection des moyens de subsistance et renforcement des institutions subak et de leurs membres, conservation et promotion des services écosystémiques pour assurer une utilisation durable des ressources naturelles, conservation de la culture matérielle, développement raisonné du tourisme, des infrastructures et des aménagements. En particulier, l’État partie a aussi confirmé lors de l’inscription que l’Assemblée directrice fournirait une assistance technique et une aide financière aux agriculteurs subak en vertu de propositions censées être soumises à l’Assemblée directrice.

Le paysage culturel est extrêmement vulnérable aux changements rapides et irréversibles qui pourraient être amenés si les agriculteurs quittent leurs terres ou les vendent à des promoteurs. L’engagement d’offrir des mesures incitatives et des subventions pour les appuyer de moyens de subsistance ruraux prospères et d’institutions subak fortes, couplées avec le pouvoir législatif et la mise en application de la réglementation foncière afin d’interdire les projets de développement inappropriés dans les composantes du bien, semblent, jusqu’à présent, ne pas avoir été respectés. Il est recommandé que  le Comité encourage l’État partie à inviter une mission consultative afin d’étudier les meilleures façons d’activer le système de gestion participatif auquel l’État partie s’est lui-même engagé lors de l’inscription.

Décisions adoptées par le Comité en 2014
38 COM 7B.14
Paysage culturel de la province de Bali : le système des subak en tant que manifestation de la philosophie du Tri Hita Karana (C 1194rev) (Indonésie)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 36 COM 8B.26 adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Prend note des informations fournies par l’État partie sur les mesures prises, depuis juin 2012, pour la gestion du bien ;
  4. Note avec préoccupation que la vulnérabilité du paysage culturel, reconnue lors de l’inscription, et la nécessité de soutenir les pratiques traditionnelles des communautés subak par leur implication dans la gestion du bien n’ont pas été clairement prises en compte ;
  5. Regrette que le développement louable de structures directrices et d’un plan de gestion liés à la candidature n’aient pas été concrétisés et mis en œuvre, et que les mesures incitatives et les subventions pour des moyens de subsistance ruraux prospères et des institutions subak fortes ainsi qu’une plus stricte application de la réglementation de l’usage foncier afin d’interdire les projets de développement inappropriés au sein du bien n’aient pas produit les effets envisagés ;
  6. Prie instamment l’État partie de rendre opérationnelle dès que possible l’Assemblée directrice qui intègre les pratiques traditionnelles fondant le bien, comme prévu dans le décret de 2010, et d’élargir sa composition aux représentants des communautés subak ;
  7. Prie aussi instamment l’État partie d’autoriser l’Assemblée directrice à mettre en œuvre le plan de gestion approuvé tel que présenté lors de l’inscription, de manière à ce que les divers plans d’action multidisciplinaires fondés sur des priorités stratégiques convenues soient réalisés ;
  8. Demande à l’État partie d’étudier la manière dont les divers engagements pour la protection et de la gestion pris lors de l’inscription et approuvés par le Comité dans la déclaration de Valeur universelle exceptionnelle pourraient être mis en œuvre dès que possible ;
  9. À la lumière de la vulnérabilité potentielle importante du paysage subak, encourage l’État partie à inviter une mission consultative ICOMOS/ICCROM sur le bien, financée par l’État partie, afin d’étudier les avancées possibles visant à asseoir la gestion du bien sur des fondements solides garantissant un avenir durable aux communautés subak ;
  10. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport actualisé, incluant un résumé exécutif d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.
Projet de décision :   38 COM 7B.14

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B,

2.  Rappelant la décision 36 COM 8B.26 adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Prend note des informations fournies par l’État partie sur les mesures prises, depuis juin 2012, pour  la gestion du bien ;

4.  Note avec préoccupation que la vulnérabilité du paysage culturel, reconnue lors de l’inscription, et la nécessité de soutenir les  pratiques traditionnelles des communautés subak par leur implication dans la gestion du bien n’ont pas été clairement prises en compte ;

5.  Regrette que le développement louable de structures directrices et d’un plan de gestion liés à la candidature n’aient pas été concrétisés et mis en œuvre, et que les mesures incitatives et les subventions pour des moyens de subsistance ruraux prospères et des institutions subak fortes ainsi qu’une plus stricte application de la réglementation de l’usage foncier afin d’interdire les projets de développement inappropriés au sein du bien n’aient pas produit les effets envisagés ;

6.  Prie instamment l’État partie de rendre opérationnelle dès que possible l’Assemblée directrice qui intègre les pratiques traditionnelles fondant le bien, comme prévu dans le décret de 2010, et d’élargir sa composition aux représentants des communautés subak ;

7.  Prie aussi instamment l’État partie d’autoriser l’Assemblée directrice à mettre en œuvre le plan de gestion approuvé tel que présenté lors de l’inscription, de manière à ce que les divers plans d’action multidisciplinaires fondés sur des priorités stratégiques convenues soient réalisés ;

8.  Demande à l’État partie d’étudier la manière dont les divers engagements pour la protection et de la gestion pris lors de l’inscription et approuvés par le Comité dans la déclaration de Valeur universelle exceptionnelle pourraient être mis en œuvre dès que possible ;

9.  À la lumière de la vulnérabilité potentielle importante du paysage subak, encourage l’État partie à inviter une mission consultative ICOMOS/ICCROM sur le bien, financée par l’État partie, afin d’étudier les avancées possibles visant à asseoir la gestion du bien sur des fondements solides garantissant un avenir durable aux communautés subak ;

10.  Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport actualisé, incluant un résumé exécutif d’une page, sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.

Année du rapport : 2014
Indonésie
Date d'inscription : 2012
Catégorie : Culturel
Critères : (ii)(iii)(v)(vi)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2014) .pdf
arrow_circle_right 38COM (2014)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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