Le Comité du patrimoine mondial,
- Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
- Rappelant la décision 42 COM 7B.48, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
- Félicite l’État partie pour les initiatives engagées en faveur de la restauration et de la reconstruction de certains des bâtiments traditionnels du bien qui ont été endommagés par les attaques des insurgés de 2014, en particulier à l’intérieur et autour du palais du Hidi ;
- Note avec satisfaction la capacité d’adaptation de la communauté de Sukur face aux menaces persistantes dans la zone étendue entourant le bien, et encourage l’État partie et la communauté locale à maintenir leurs efforts pour la conservation du patrimoine, en particulier en ce qui concerne la mobilisation de la jeunesse ;
- Note néanmoins que des travaux de conservation considérables doivent encore être entrepris sur les voies pavées et les murs ainsi que sur l’ensemble du bien au-delà du palais du Hidi, en particulier sur les ensembles de maisons traditionnelles et de terrasses agricoles traditionnelles, qui ont été dévastés par les insurgés et sont des attributs essentiels de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien en tant que paysage culturel vivant ;
- Accueille favorablement les efforts déployés par l’État partie pour sécuriser la zone en assurant une protection accrue de la population de Sukur, en particulier au sommet de la colline, mais exprime sa préoccupation quant aux menaces persistantes pour la sécurité dans la zone plus vaste en raison des attaques sporadiques des insurgés de Boko Haram le long de la route d’accès à Sukur ;
- Reconnaissant à nouveau qu’en raison du sentiment de sécurité relative que procure le sommet de la colline, la population s’est réinstallée et a augmenté à Sukur, note également avec inquiétude que la hausse de la pression démographique est un facteur qui contribue à la dégradation de l’environnement, entraînant une raréfaction des matériaux de construction locaux, et favorise une utilisation inappropriée de nouveaux matériaux et technologies de construction ;
- Demande à l’État partie de prendre des mesures pour renforcer la sensibilisation à la conservation du patrimoine en encourageant la communauté Sukur, par la promotion et des incitations, à maintenir l’architecture traditionnelle et les pratiques agricoles traditionnelles et de sauvegarder le patrimoine culturel immatériel associé grâce à la coordination entre la Commission nationale des musées et des monuments (NCMM) et les départements compétents responsables de l’agriculture et du patrimoine vivant ;
- Note également que des échanges ont eu lieu avec l’État partie du Cameroun sur la possibilité d’une extension transfrontalière du bien pour y inclure les sites archéologiques de Diy-Gid-Biy, et encourage également l’État partie à envisager de demander un avis en amont sur le potentiel de cette extension à témoigner de la VUE du bien en tant que paysage culturel vivant ;
- Note en outre que la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif de 2018 n’a pas pu visiter le bien lui-même en raison de problèmes de sécurité, et demande également à l’État partie d’inviter à nouveau une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif sur le bien, une fois que l’autorisation de sécurité nécessaire pourra être obtenue, afin d’évaluer l’état de conservation du bien et l’efficacité des mesures mises en place concernant les bâtiments traditionnels et les paysages agricoles traditionnels en terrasses pour sauvegarder la VUE du bien ;
- Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e