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Paysage culturel de Sukur

Nigéria
Facteurs affectant le bien en 2021*
  • Activités illégales
  • Troubles civils
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Dommages causés par des insurgés au palais du Hidi, à la place du palais, au Black Smith Homestead, aux chemins pavées et aux structures rituelles
  • Troubles civils
  • Activités illégales
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2021

Montant total accordé: en 2016, le bien a reçu une dotation de 22 296 dollars EU dans le cadre du Fonds-en-dépôt de la Hongrie pour des actions de réhabilitation et de conservation

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2021
Demandes approuvées : 3 (de 1997-2017)
Montant total approuvé : 47 017 dollars E.U.
2017 Conservation and restoration of key features of the ... (Approuvé)   19 867 dollars E.U.
2004 Purchase Fire prevention equipment for Sukur Cultural ... (Approuvé)   19 650 dollars E.U.
1997 Complete the nominations of Benin Earthworks and the ... (Approuvé)   7 500 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2021**

Mai 2018 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2021

L’État partie a soumis le 7 septembre 2019 un rapport sur l’état de conservation ainsi que des informations supplémentaires et actualisées le 16 mars 2020, qui sont disponibles à http://whc.unesco.org/frlist/938/documents/ et qui signalent les points suivants :

  • Des travaux de conservation et de restauration ont été réalisés grâce à l’assistance internationale du Fonds du patrimoine mondial.
  • Cette assistance a permis la restauration de 12 bâtiments dans le palais du Hidi et sur la place du palais et de certaines sections du mur d’enceinte en pierre autour du palais du Hidi, de la salle d’initiation (Buk), de deux toilettes à fosse fermées par un mur en pierre sur la place du palais, du centre de premiers soins de santé, ainsi que d’un ensemble de salles de classe d’école primaire ;
  • Les financements apportés par le Lagartt Trust England et le Pr Nicholas David à la communauté de Sukur ont permis d’acheter des matériaux pour la toiture du bâtiment de l’école primaire ;
  • L’érosion progressive de la voie pavée du pied au sommet de la colline en raison des conditions météorologiques et de l’utilisation continue est avérée. La population locale a accepté de planter des arbres pour réduire l’érosion des sols ;
  • L’impact du changement climatique a entraîné une modification des cycles météorologiques, ce qui a eu des répercussions sur la disponibilité de l’herbe à chaume. Les nouvelles constructions et les rénovations de maisons au sommet de la colline sont souvent réalisées avec des tôles ondulées en zinc plutôt qu’avec du chaume. Le palais du Hidi et la place du palais ne sont cependant pas concernés par cette situation ;
  • En ce qui concerne la situation sécuritaire, le bien lui-même continue de jouir d’une sécurité relative, comme l’indique la vigueur des activités économiques. De nombreuses personnes se sont installées au sein du bien. Néanmoins, une appréhension importante demeure dans la région en raison des attaques sporadiques des insurgés de Boko Haram le long de la route d’accès à Sukur ;
  • Une coopération avec le Cameroun a été engagée afin de travailler à l’extension du bien. En décembre 2019, une mission menée conjointement par des responsables camerounais et nigérians dans les monts de Mandara a permis de progresser sur une proposition d’extension en vue de l’établissement du bien transfrontalier du paysage culturel de Sukur Diy-Gid-Biy. Une telle extension devrait offrir une interprétation intégrale du site, renforcer la coopération transfrontalière et améliorer les opérations de maintien de la paix.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2021

Comme l’a déjà observé la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2018, la situation sécuritaire s’est considérablement améliorée et stabilisée sur le site. Avec le retour d’une paix relative dans le nord-est du Nigeria, y compris à Sukur, une proportion importante de la communauté est revenue dans ses maisons traditionnelles au sommet de la colline, considérées comme plus sûres. Cela a été confirmé, non seulement dans le rapport de l’État partie, mais aussi par d’autres comptes rendus, tels que les rapports d’activité préparés dans le cadre de l’assistance internationale ou du projet financé par la Hongrie. Cela a permis à l’État partie et à la population locale de rester impliqués dans la poursuite des travaux de conservation.

Dans ce contexte, il est pris note des dommages importants subis lors des attaques des insurgés de Boko Haram en décembre 2014, et du fait que certains édifices ont maintenant été réparés et réhabilités, notamment le palais du Hidi. Il est recommandé au Comité de féliciter l’État partie pour les efforts fournis importants, non seulement en matière de conservation, mais aussi pour la mobilisation de financements et le renforcement des capacités du gestionnaire du site. Comme il ressort également des rapports d’activité d’assistance internationale, les différents travaux de restauration ont été réalisés grâce à une implication forte des jeunes, ce qui est positif, notamment au palais du Hidi, où les jeunes sont intervenus sur les bâtiments de la place du palais ; les chefs et les anciens de la communauté étaient responsables de la salle d’initiation (Buk) et des bâtiments des invités du palais, certaines pratiques coutumières étant associées à leur usage.

La dispersion de la communauté pendant les attaques des insurgés a également eu un impact très négatif sur le bien situé à l’extérieur du palais du Hidi, en particulier sur les groupes de maisons traditionnelles et les terrasses agricoles traditionnelles avec leurs systèmes rituels associés, qui sont tous des attributs à la valeur universelle exceptionnelle (VUE). Aucune information n’a été fournie jusqu’à présent sur la manière dont ces autres aspects essentiels sont restaurés afin de conserver le paysage en terrasses visuellement spectaculaire des monts Mandara.

La pression démographique exercée par les réfugiés continue d’avoir des effets négatifs sur l’environnement en raison du défrichement de la brousse pour l’agriculture et de la récolte de bois pour le combustible. C’est l’une des causes de la raréfaction des matériaux locaux comme l’herbe à chaume pour les toits, remplacée par des tôles métalliques.

L’État partie devrait donc continuer à prendre des mesures pour renforcer la sensibilisation à la conservation du patrimoine en encourageant la communauté Sukur, par la promotion et des incitations, à maintenir l’architecture traditionnelle mais aussi les pratiques agricoles traditionnelles et les rituels associés. Ces mesures pourraient s’appuyer sur l’expérience encourageante des travaux réalisés au palais du Hidi et sur la forte capacité d’adaptation de la communauté observée ces dernières années, mais elles doivent être étendues à la conservation du paysage agricole traditionnel et à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel associé. La coordination doit être encouragée entre la Commission nationale des musées et des monuments (NCMM) et les services compétents en matière d’agriculture et de patrimoine vivant.

Il est reconnu que la sécurisation de la zone s’appuie toujours sur des mesures importantes de déploiement des forces armées nationales le long des routes menant à la colline de Sukur, ce qui explique une grande partie des progrès observés même si ces mesures ont rendu l’accès au bien beaucoup plus difficile. Toutefois, cette vaste zone reste exposée à la menace de nouvelles attaques d’insurgés qui pourraient entraîner une nouvelle migration de la population des plaines de basse altitude vers le sommet de la colline, exerçant ainsi une pression accrue sur le paysage culturel déjà affecté par les effets négatifs de la dégradation de l’environnement et du changement climatique sur les moyens de subsistance traditionnels.

On notera que la possibilité d’une extension transnationale du bien pour inclure les vestiges archéologiques de Diy-Gid-Biy fait l’objet d’une réflexion conjointe avec l’État partie du Cameroun. Il est proposé que l’État partie puisse demander un avis en amont sur le potentiel de ce site à témoigner de la valeur universelle exceptionnelle du bien en tant que paysage culturel vivant.

Décisions adoptées par le Comité en 2021
44 COM 7B.10
Paysage culturel de Sukur (Nigéria) (C 938)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7B.48, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Félicite l’État partie pour les initiatives engagées en faveur de la restauration et de la reconstruction de certains des bâtiments traditionnels du bien qui ont été endommagés par les attaques des insurgés de 2014, en particulier à l’intérieur et autour du palais du Hidi ;
  4. Note avec satisfaction la capacité d’adaptation de la communauté de Sukur face aux menaces persistantes dans la zone étendue entourant le bien, et encourage l’État partie et la communauté locale à maintenir leurs efforts pour la conservation du patrimoine, en particulier en ce qui concerne la mobilisation de la jeunesse ;
  5. Note néanmoins que des travaux de conservation considérables doivent encore être entrepris sur les voies pavées et les murs ainsi que sur l’ensemble du bien au-delà du palais du Hidi, en particulier sur les ensembles de maisons traditionnelles et de terrasses agricoles traditionnelles, qui ont été dévastés par les insurgés et sont des attributs essentiels de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien en tant que paysage culturel vivant ;
  6. Accueille favorablement les efforts déployés par l’État partie pour sécuriser la zone en assurant une protection accrue de la population de Sukur, en particulier au sommet de la colline, mais exprime sa préoccupation quant aux menaces persistantes pour la sécurité dans la zone plus vaste en raison des attaques sporadiques des insurgés de Boko Haram le long de la route d’accès à Sukur ;
  7. Reconnaissant à nouveau qu’en raison du sentiment de sécurité relative que procure le sommet de la colline, la population s’est réinstallée et a augmenté à Sukur, note également avec inquiétude que la hausse de la pression démographique est un facteur qui contribue à la dégradation de l’environnement, entraînant une raréfaction des matériaux de construction locaux, et favorise une utilisation inappropriée de nouveaux matériaux et technologies de construction ;
  8. Demande à l’État partie de prendre des mesures pour renforcer la sensibilisation à la conservation du patrimoine en encourageant la communauté Sukur, par la promotion et des incitations, à maintenir l’architecture traditionnelle et les pratiques agricoles traditionnelles et de sauvegarder le patrimoine culturel immatériel associé grâce à la coordination entre la Commission nationale des musées et des monuments (NCMM) et les départements compétents responsables de l’agriculture et du patrimoine vivant ;
  9. Note également que des échanges ont eu lieu avec l’État partie du Cameroun sur la possibilité d’une extension transfrontalière du bien pour y inclure les sites archéologiques de Diy-Gid-Biy, et encourage également l’État partie à envisager de demander un avis en amont sur le potentiel de cette extension à témoigner de la VUE du bien en tant que paysage culturel vivant ;
  10. Note en outre que la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif de 2018 n’a pas pu visiter le bien lui-même en raison de problèmes de sécurité, et demande également à l’État partie d’inviter à nouveau une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif sur le bien, une fois que l’autorisation de sécurité nécessaire pourra être obtenue, afin d’évaluer l’état de conservation du bien et l’efficacité des mesures mises en place concernant les bâtiments traditionnels et les paysages agricoles traditionnels en terrasses pour sauvegarder la VUE du bien ;
  11. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e
44 COM 8D
Clarifications des limites et des superficies des biens par les Etats parties

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/8D,
  2. Rappelant la décision 43 COM 8D, adoptée lors de sa 43e session (Bakou, 2019),
  3. Reconnaît l’excellent travail accompli par les États parties pour la clarification des limites de leurs biens du patrimoine mondial et les félicite pour leurs efforts visant à améliorer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial ;
  4. Rappelle que le Centre du patrimoine mondial ainsi que les Organisations consultatives ne seront pas en mesure d’examiner des propositions de modifications mineures ou importantes des limites pour les biens du patrimoine mondial dont les limites à l’époque de l’inscription n’ont pas encore été clarifiées ;
  5. Prend note des clarifications des limites et des superficies fournies par les États parties pour les biens suivants et telles que présentées en Annexe du document WHC/21/44.COM/8D :

    AFRIQUE

    • Mozambique, Île de Mozambique
    • Nigéria, Paysage culturel de Sukur

    AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES

    • Guatemala, Parc national de Tikal

    ASIE ET PACIFIQUE

    • Australie, Parc national de Purnululu
    • Iran (République islamique d'), Behistun
    • Japon, Shiretoko

    EUROPE ET AMÉRIQUE DU NORD

    • France, Canal du Midi

  6. Demande au Centre du patrimoine mondial de poursuivre l'identification et la collecte d'informations géographiques et cartographiques sur les biens du patrimoine mondial dans les propositions d'inscription lorsque les informations requises ne sont pas disponibles ou ne sont pas adéquates ;
  7. Demande en outre aux États parties n’ayant pas encore répondu aux questions soulevées dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif et du Rapport périodique de bien vouloir fournir toutes les clarifications ainsi que la documentation le plus rapidement possible, et jusqu’au 1er décembre 2021, afin de les soumettre, si les conditions techniques sont remplies, à la 45e session du Comité du patrimoine mondial.
Projet de décision : 44 COM 7B.10

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/21/44.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7B.48, adoptée à sa 42esession (Manama, 2018),
  3. Félicite l’État partie pour les initiatives engagées en faveur de la restauration et de la reconstruction de certains des bâtiments traditionnels du bien qui ont été endommagés par les attaques des insurgés de 2014, en particulier à l’intérieur et autour du palais du Hidi ;
  4. Note avec satisfaction la capacité d’adaptation de la communauté de Sukur face aux menaces persistantes dans la zone étendue entourant le bien, et encourage l’État partie et la communauté locale à maintenir leurs efforts pour la conservation du patrimoine, en particulier en ce qui concerne la mobilisation de la jeunesse ;
  5. Note néanmoins que des travaux de conservation considérables doivent encore être entrepris sur les voies pavées et les murs ainsi que sur l’ensemble du bien au-delà du palais du Hidi, en particulier sur les ensembles de maisons traditionnelles et de terrasses agricoles traditionnelles, qui ont été dévastés par les insurgés et sont des attributs essentiels de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien en tant que paysage culturel vivant ;
  6. Accueille favorablement les efforts déployés par l’État partie pour sécuriser la zone en assurant une protection accrue de la population de Sukur, en particulier au sommet de la colline, mais exprime sa préoccupation quant aux menaces persistantes pour la sécurité dans la zone plus vaste en raison des attaques sporadiques des insurgés de Boko Haram le long de la route d’accès à Sukur ;
  7. Reconnaissant à nouveau qu’en raison du sentiment de sécurité relative que procure le sommet de la colline, la population s’est réinstallée et a augmenté à Sukur, note également avec inquiétude que la hausse de la pression démographique est un facteur qui contribue à la dégradation de l’environnement, entraînant une raréfaction des matériaux de construction locaux, et favorise une utilisation inappropriée de nouveaux matériaux et technologies de construction ;
  8. Demande à l’État partie de prendre des mesures pour renforcer la sensibilisation à la conservation du patrimoine en encourageant la communauté Sukur, par la promotion et des incitations, à maintenir l’architecture traditionnelle et les pratiques agricoles traditionnelles et de sauvegarder le patrimoine culturel immatériel associé grâce à la coordination entre la Commission nationale des musées et des monuments (NCMM) et les départements compétents responsables de l’agriculture et du patrimoine vivant ;
  9. Note également que des échanges ont eu lieu avec l’État partie du Cameroun sur la possibilité d’une extension transfrontalière du bien pour y inclure les sites archéologiques de Diy-Gid-Biy, et encourage également l’État partie à envisager de demander un avis en amont sur le potentiel de cette extension à témoigner de la VUE du bien en tant que paysage culturel vivant ;
  10. Note en outre que la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif de 2018 n’a pas pu visiter le bien lui-même en raison de problèmes de sécurité, et demande également à l’État partie d’inviter à nouveau une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif sur le bien, une fois que l’autorisation de sécurité nécessaire pourra être obtenue, afin d’évaluer l’état de conservation du bien et l’efficacité des mesures mises en place concernant les bâtiments traditionnels et les paysages agricoles traditionnels en terrasses pour sauvegarder la VUE du bien ;
  11. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2022, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session en 2023.
Année du rapport : 2021
Nigéria
Date d'inscription : 1999
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(v)(vi)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2020) .pdf
Proposé initialement pour examen en 2020
arrow_circle_right 44COM (2021)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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