Le 2 février 2011, l'État partie a remis un rapport sur l'état de conservation qui examine les problèmes identifiés par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session (Brasilia, 2010). Tout en apportant des informations actualisées sur les progrès accomplis sur la voie d'un retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, l'État partie fait remarquer la lenteur de ceux-ci.
a) Enquêtes topographiques et archéologiques de surface
Le rapport de l'État partie ne fait état d'aucun progrès dans la mise en œuvre de ces enquêtes.
b) Problèmes des limites
Le rapport de l'État partie observe que la documentation cartographique, réalisée au moyen de technologies modernes afin de définir les limites du bien inscrit, a été mise à jour. Un travail identique a été entrepris dans la zone tampon mais avec moins de succès car, depuis l'inscription du bien, tant les circonstances que la propriété des terres ont changé. Le 4 mars 2011, l'État partie a informé le Centre du patrimoine mondial que les limites des trois composantes du bien en série (l'église de Sveti Tskhoveli, l'église et le monastère de Samtavro et le Mtskhetis Jvari) ont été récemment clarifiées. La première option proposée par la mission de suivi réactif de 2010 a donc été choisie, elle ne nécessite pas de réinscription. L'État partie cependant fait remarquer qu'une possible modification des limites du bien pourrait être proposée à l'avenir afin que soient inclus des composantes supplémentaires d'un grand intérêt archéologique. L'État partie déclare que les limites clarifiées de la zone tampon seront soumises à l'examen du Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.
c) Programme de formation à la conservation et à la gestion du site
L'État partie précise qu'il est en train d'élaborer un programme de formation à long terme de spécialistes de la conservation et des gestionnaires du patrimoine avec l'aide de Raymond Lemaire, du Centre international de la conservation de Louvain (Belgique).
d) Mécanisme de suivi de la conservation physique des bâtiments et des sites archéologiques
L'État partie précise que le suivi des biens du patrimoine culturel de Géorgie est accompli au moyen de visites annuelles sur le territoire des biens afin de définir les priorités en termes de prévention, de conservation, de réhabilitation et de réparation et qu'aucun mécanisme de suivi complémentaire pour le bien n'a été mis en place.
e) Mesures de conservation à long terme et de consolidation
L'État partie signale que ses priorités en termes de conservation sont celles définies par la mission conjointe de suivi réactif de mars 2010, bien que celles-ci ne soient pas détaillées. Le rapport précise également que les priorités incluent la réhabilitation du monastère de Jvari, la conservation des peintures murales de la cathédrale de Sveitskhoveli et la réhabilitation du campanile du couvent de Samtavro.
Pour chaque site, des détails spécifiques sont donnés. Au monastère de Jvari, des mesures urgentes ont été prises afin d'évaluer l'état du mur ouest de l'église principale et des échanges avec un expert de l'ICCROM spécialiste de la conservation de la pierre ont eu lieu, celui-ci à élaboré un projet de proposition de conservation des bas-reliefs de Jvari. Le projet de proposition de conservation de l'église mineure de Jvari sera soumis sous peu au Centre du patrimoine mondial ainsi qu'une proposition de réhabilitation de l'infrastructure d'accueil des visiteurs.
En ce qui concerne la cathédrale Svetitskhoveli, l'UNESCO a soutenu financièrement un projet destiné à préparer une série de relevés actualisés. En 2010, un projet a été mené à bien afin d'estimer la fluctuation annuelle du niveau des eaux souterraines dans la zone de la cathédrale.
Les projets pour l'année 2011 comprennent entre autres la conservation des peintures murales du mur sud de la cathédrale, des travaux de réparation de petite envergure sur le toit et le remplacement des gouttières et des tuyaux de descente d'eau pluviale. La conservation des peintures murales a été inscrite au programme des priorités pour l'année 2011 ainsi qu'au Plan d'action de l'Agence nationale.
En 2010, un projet de réhabilitation du campanile du couvent de Samtavro a été préparé, sa mise en œuvre fait partie du Plan d'action de l'Agence nationale pour l'année 2011.
f) Déclaration de valeur universelle exceptionnelle
En 2010, l'Agence nationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel a préparé un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle pour les Monuments historiques de Mtskheta. Ce projet doit être retravaillé par l'État partie suite aux commentaires de l'ICOMOS.
g) Plan de gestion
La préparation d'un plan de gestion du bien est en partie soutenue financièrement par le Fonds du patrimoine mondial. Le projet, cofinancé par les autorités nationales, sera mis en œuvre en 2011, dès que le plan d'action détaillé et actualisé aura été finalisé. Il est proposé que les autorités locales et nationales soient aidées par une équipe d'experts internationaux afin de définir le schéma d'une gestion améliorée du bien.
h) Cadre institutionnel
Selon l'accord constitutionnel entre l'état et l'Église orthodoxe apostolique autocéphale de Géorgie, tous les monuments géorgiens (même en ruine) liés à la Chrétienté orthodoxe ainsi que leurs terrains et vestiges archéologiques, dont la cathédrale Svetotskhoveli, l'ensemble architectural de l'église de Jvari et le couvent de Samtavro font partie, sont sous la juridiction de l'Église orthodoxe.
Le rapport de l'État partie signale qu'un accord n'a pas encore été trouvé avec les autorités locales afin de prévenir un usage inapproprié et une privatisation des terrains aux alentours du bien. Les moyens nécessaires à l'obtention de cet accord sont, entre autres, des discussions ininterrompues, une plus grande sensibilisation et un échange d'informations.