Le 30 janvier 2012, l'État partie a remis un rapport détaillant les progrès accomplis dans l'élaboration du plan de gestion intégrée (PGI), dans les actions de conservation des vestiges archéologiques et dans les études archéologiques. Dans le cadre du projet du fonds en dépôt japonais de l'UNESCO pour la "Conservation et la gestion de Lumbini, lieu de naissance de Bouddha" et de l'Alliance pour la protection des sites du patrimoine culturel oriental, huit missions internationales ont été organisées par l'UNESCO entre 2011 et mars 2012 afin d'aider le Service archéologique et le Comité de développement de Lumbini dans diverses actions, en particulier afin d'élaborer et de finaliser le PGI.
a) Plan de gestion intégrée (PGI)
Sur les bases des conclusions tirées de quatre consultations et d'ateliers de formation avec les acteurs locaux concernés, un projet de plan de gestion intégrée (PGI) a été rédigé et sera soumis au Cabinet pour adoption par le Gouvernement népalais. Une fois adopté par le Gouvernement, le cadre de gestion intégrée sera mis en place pour une période d'essai au cours de l'année fiscale allant de juillet 2012 à juillet 2013. La partie "mise en oeuvre" du PGI sera ensuite finalisée et, si nécessaire, améliorée.
b) Projets d'aménagement prévus
Le rapport fait état de nombreux projets dans et autour de Lumbini. Il s'agit d'un schéma d'amélioration de l'infrastructure, de la présentation du bien et d'équipements destinés aux visiteurs, projet financé par la Banque asiatique de développement (12.750.000 dollars EU); du projet de plan d'aménagement de Lumbini qui a pour but la création d'une Ville mondiale de la paix, s'étendant sur le territoire de trois districts (Rupandehi, Kapilavastu et Nawalparashi), projet actuellement en cours d'élaboration en coopération avec l'Agence coréenne de coopération internationale (Korean International Cooperation Agency - KOICA); et du projet de plus haute statue de Bouddha au monde à ériger dans le village de New Lumbini à l'extérieur du périmètre du bien. Dans son rapport, l'État partie déclare que ces projets n'auront aucun impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives ne sont pas tout à fait d'accord avec cet avis en ce qui concerne certains projets et ils rappellent que toute décision relative à ces projets devra se baser sur une évaluation d'impact patrimonial (EIP) conformément aux Orientations de l'ICOMOS sur les évaluations d'impact patrimonial pour les biens du patrimoine mondial culturel et devra être envisagée dans le cadre du PGI finalisé. Par ailleurs, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives font remarquer que des informations sur tout projet à venir devront être remises dès que possible, conformément au paragraphe 172 des Orientations.
c) Détérioration de l'environnement due à l'activité industrielle
L'État partie signale qu'une évaluation d'impact environnemental du développement industriel autour de Lumbini a été menée par l'UICN-Népal et qu'un projet de rapport a été présenté en août 2011. En conséquence, le Comité de promotion industrielle du Gouvernement népalais a décidé d'interdire l'installation de nouvelles activités industrielles dans et autour du périmètre du bien du patrimoine mondial de Lumbini. Cette interdiction spécifie que dans une zone de 15 kilomètres au nord, à l'est et à l'ouest des limites de la zone du projet de Lumbini (1 mile X 3 miles, selon le plan d'aménagement du Professeur Kenzo Tange),s'étendant vers le sud jusqu'à la frontière avec l'Inde et sur 800 mètres de chaque coté du corridor Lumbini-Bhairahawa, l'installation de nouvelles industries sera interdite, à l'exception de celles n'émettant pas d'oxyde de carbone. En outre, l'État partie a fait une demande d'assistance technique auprès du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) afin de traiter le problème de l'actuelle détérioration de l'environnement du bien.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives estiment que la situation environnementale du bien s'est détériorée au cours des dernières années et que le développement industriel pourrait avoir un impact défavorable sur le cadre du bien, dont une partie a été étudiée comme une possible extension lors de la 34e session du Comité du patrimoine mondial (Brasilia, 2010). Ils considèrent par ailleurs que tout projet à venir devra être soumis à une évaluation d'impact patrimonial afin d'envisager l'impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et de son cadre, et ce, dans le cadre plus vaste d'évaluations d'impact environnemental.
d) Autres problèmes
Le Secrétaire général des Nations unies et le Directeur général de l'UNESCO envisagent d'organiser une action, en collaboration avec l'État partie, visant à faire prendre conscience de la nécessité d'une meilleure sauvegarde et d'une meilleure gestion du bien. Á cette fin, ils souhaitent établir un Comité international d'experts pour la sauvegarde de Lumbini, dans le cadre du projet du fonds en dépôt japonais.
Plusieurs projets de restauration ont été entrepris avec l'aide de partenaires internationaux. Parmi ces projets, on notera la restauration sur site du pilier d'Ashoka, de la sculpture de la Nativité et de la pierre marquant le lieu de naissance du Bouddha (Marker stone). Des études archéologiques ont confirmé la présence de couches antérieures à la période d'Ashoka dans le temple Maya Devi.