À sa 32e session (Québec, 2008), le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’État partie d’élaborer, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle et de continuer à travailler sur le plan de gestion intégrée (PGI) en y intégrant les recommandations de la mission de 2005. Un échéancier est prévu pour le programme d’activités à entreprendre à cet effet. Le Comité du patrimoine mondial a aussi demandé à l’État partie d’éviter d’exécuter tout projet de développement en attendant la finalisation du PGI.
Le 30 janvier 2009, l’État partie a soumis un rapport indiquant les progrès suivants :
a) Rédiger un projet actualisé de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle incluant les conditions d’authenticité et d’intégrité et l’avancement dans la préparation d’un PGI :
Grâce au soutien offert par l’Assistance internationale au titre du Fonds du patrimoine mondial, un projet du PDI a pu être préparé et est en cours d’évaluation. Le plan est axé sur la conservation du bien, mais inclut la prise en considération de deux sites actuellement sur la Liste indicative du Népal, qui sont étroitement associés à la vie du Bouddha –Ramagrama, stupa reliquaire de Bouddha, et Tilaurakot, vestiges archéologiques de l’ancien royaume de Shakya (le père de Bouddha). Le processus d’élaboration du PGI sera analogue à celui utilisé pour le bien de la Vallée de Kathmandu, autrement dit la gestion en sera confiée aux instances chargées de sa mise en œuvre (à savoir le Development Trust de Lumbini et le Département d’archéologie) et s’accompagnera de vastes consultations avec toutes les parties prenantes.
Le projet du PGI présentée au cours de l’atelier de lancement d’avril 2008 à Lumbini contenait un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, proposé alors pour discussion au Development Trust de Lumbini et à tous les acteurs.
b) Éviter d’exécuter tout projet d’aménagement en attendant la finalisation du PGI
Le rapport note qu’il n’y a pas eu de travaux d’aménagement exécutés dans le périmètre du bien ni dans la zone tampon en attendant la finalisation du plan de gestion, à l’exception de toilettes provisoires pour les visiteurs, construites en bordure de la zone tampon. La pose de clôtures autour du bien a été étendue de façon à le protéger contre les nuisances humaines et animales.
c) Élaborer une stratégie garantissant la protection à long terme des importants vestiges archéologiques du bien
Le rapport indique également que d’autres travaux ont été entrepris sur l’excavation du canal, sous la stricte supervision de l’Archéologue en chef de Lumbini. L’aire située au sud-ouest de la zone tampon, emplacement présumé de l’ancien village de Lumbini, et les parties sud-est et nord de la zone tampon, ont été identifiées en tant que zones archéologiques potentielles pour une future excavation possible. Une documentation plus détaillée et des procédures de suivi seront intégrées dans le futur PGI.
d) Élaborer une stratégie de réhabilitation du temple de Maya Devi en intégrant les recommandations et la mise en œuvre des mesures correctives proposées par la mission de 2005
Plusieurs mesures correctives ont été appliquées au temple de Maya Devi, y compris l’étanchéification de la toiture et la suppression des escaliers extérieurs. L’accès au toit est restreint à l’entretien. En ce qui concerne le démontage du faux plafond à l’intérieur du temple de Maya Devi et son remplacement par des matières naturelles, comme du contreplaqué en bambou ou du tissu, et la révision des balustrades de la toiture du temple, l’État partie suggère que ces aspects seront examinés dans le cadre du PGI en préparation. S’agissant de la protection des vestiges archéologiques menacés par les eaux souterraines et l’humidité, l’État partie indique que les eaux souterraines sont l’objet d’un contrôle régulier mais que l’expertise fait défaut pour analyser les données, comprendre les menaces et définir une méthode de traitement des eaux souterraines et de l’humidité. L’État partie a demandé à l’UNESCO de fournir un expert pour étudier et analyser ce problème.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent les progrès réalisés dans les recommandations contenues dans les décisions du Comité de ces dernières années. Toutefois, ils remarquent également que le rapport de l’État partie ne comporte pas le projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle incluant les conditions d’intégrité et d’authenticité, ni le calendrier du programme d’activités demandé.
En ce qui concerne le PGI, le Centre du patrimoine mondial a accordé son soutien en 2006 à la préparation d’un projet global en vue de son élaboration, avec une estimation des coûts détaillée. À l’heure actuelle, des moyens sont recherchés pour permettre la mise en œuvre de cette important activité. De nouvelles possibilités de mobiliser des ressources pour la conservation de Lumbini, y compris le PGI, sont actuellement à l’étude, dont un projet éventuel financé au titre du Fonds-en-dépôt japonais auprès de l’UNESCO et un partenariat avec l’Alliance pour la Protection des sites du patrimoine culturel oriental, ONG basée en France et en Chine. Le Bureau de l’UNESCO à Kathmandu explore aussi une possibilité de coopération avec la Banque asiatique de développement dans le cadre d’un prêt accordé au Népal pour stimuler le développement du tourisme lié aux sites bouddhistes en Asie du Sud-Est.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont préoccupés au sujet de certains projets d’aménagement proposés, comme l’extension de l’aéroport existant et la construction d’une route circulaire au sud de Lumbini. Les informations sur ces aménagements proposés ont été communiquées par le Bureau de l’UNESCO à Kathmandu ainsi que par un groupe d’acteurs qui s’est donné le nom de « Lumbini Institutions », dans une lettre datée du 30 octobre 2008. La route circulaire, en particulier, semble être située en dehors du bien inscrit et de sa zone tampon, mais il n’en est pas moins vrai que le projet pourrait quand même avoir un impact négatif sur sa valeur universelle exceptionnelle, notamment du fait de la circulation et de la pollution sonore qui risquent d’affecter le caractère sacré des lieux. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que les décisions au sujet de ces propositions devront être basées sur une Étude d’impact environnemental tenant compte de la valeur universelle exceptionnelle du bien, dans le cadre du PGI en préparation.